Bon matin chères lectrices et chers lecteurs,

Aujourd’hui, c’est une fête que j’aime beaucoup. J’ai vraiment de bons souvenirs d’enfance autour de la Sainte-Catherine et ce soir, quelques uns de mes petits-enfants viendront faire de la tire avec moi. Nous allons en envelopper pour oncles Pierre, Éric et Emmanuel… et pour tantes Brigitte, Julie et Manon. Nous en garderons pour les cousin.e.s et pour les ami.e.s aussi, bien entendu. Je veux leur offrir ce plaisir familial…
…………………………………………………..
Parfois nos ancêtres faisaient de la tire, même pour le jour de l’an… comme en témoigne le texte suivant.

Le jour de l’an n’ amena aucun visiteur. Vers le soir, la mère Chapdelaine, un peu déçue,
cacha sa mélancolie sous la guise d’ une gaieté exagérée.
–Quand même il ne viendrait personne, dit-elle, ce n’ est pas une raison pour nous laisser pâtir. Nous allons faire de la tire.
Les enfants poussèrent des cris de joie et suivirent des yeux les préparatifs avec un
intérêt passionné. Du sirop de sucre et de la cassonade furent mélangés et mis à cuire ;
quand la cuisson fut suffisamment avancée, Télesphore rapporta du dehors un grand plat
d’ étain rempli de belle neige blanche. Tout le monde se rassembla autour de la table, pendant que la mère Chapdelaine laissait tomber le sirop en ébullition goutte à goutte sur la neige, où il se figeait à mesure en éclaboussures sucrées, délicieusement froides.
Chacun fut servi à son tour, les grandes personnes imitant plaisamment l’ avidité gourmande des petits ; mais la distribution fut arrêtée bientôt, sagement, afin de réserver un bon accueil à la vraie tire, dont la confection ne faisait que commencer. Car il fallait parachever la cuisson, et, une fois la pâte prête, l’étirer longuement pendant qu’ elle durcissait. Les fortes mains grasses de la mère Chapdelaine manièrent cinq minutes durant l’écheveau succulent qu’ elles allongeaient et repliaient sans cesse ; peu à peu leur mouvement se fit plus lent, puis une dernière fois la pâte fut étirée à la grosseur du doigt et coupée avec des ciseaux, à grand effort, car elle était déjà dure.
La tire était faite.
Les enfants en mâchaient déjà les premiers
morceaux…

Louis Hémon, Maria Chapdelaine, Fides, Montréal et Paris, 1958, © 1924, p. 106

Aujourd’hui, je parle aussi de la Sainte-Catherine dans ma chronique de Plaisirs culturels (cliquez sur le lien plus bas) et vous y trouverez aussi la recette de la bonne tire.

Amusez-vous bien!
Lysette

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