On émet plus de gaz à effet de serre à chauffer les serres de tomates du Québec qu’à transporter par camion les fruits qui ont poussé au Mexique. Dilemme pour les consommateurs.

On entend de plus en plus parler des vertus environnementales de l’alimentation locale, c’est-à-dire la consommation de produits cultivés à proximité. Le principal argument des défenseurs de ce mouvement est la réduction des gaz à effet de serre (GES) produits par le transport.

ATTENTION! Manger local réduit l’impact du transport sur l’environnement, mais cet impact diffère selon les produits, explique Manuele Margni, agent de recherche au Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), un organisme fondé par l’École Polytechnique en collaboration avec l’Université de Montréal et HEC Montréal.

” Ce n’est pas parce qu’un aliment est produit ailleurs qu’il a nécessairement plus d’impact sur l’environnement “, affirme Jean-Sébastien Trudel, président d’Ellipsos, une firme-conseil en développement durable.

Pour tenter d’estimer l’impact du transport sur l’environnement, il faut d’abord se demander d’où vient le produit et par quels moyens il a été transporté. L’avion émet 100 fois plus de GES que le bateau et 10 fois plus que le camion.

Il faut aussi prendre en compte l’importance relative du transport dans le cycle de vie du produit. Le cycle de vie sert à déterminer les impacts environnementaux causés par les émissions polluantes, de l’extraction et la transformation des matières à la fin de vie du produit, en passant par la fabrication, l’emballage, la distribution et l’utilisation.

” Un produit européen venu ici par bateau peut parfois avoir un impact plus faible sur l’environnement qu’un produit du Québec transporté par camion “, explique M. Margni.

Pour avoir l’heure juste, il faut connaître la distance et le moyen de transport entre le lieu de production du produit et le port, en Europe, et le port et le point de distribution final, au Québec.

Il faut aussi tenir compte du volume de la cargaison; plus il y a de barquettes de fraises transportées en même temps, moins chaque barquette produira de GES.

Un autre exemple : on dépense plus de carburant et on produit plus de GES à chauffer les serres de tomates du Québec qu’à transporter par camions des tomates du Mexique. À moins que les serres soient chauffées par la chaleur résiduelle d’une usine.

Non, y’en a pas de faciles!

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