Bon matin chères lectrices et chers lecteurs,

Clin d’oeil à une amie de la Provence!

S’il y a un lieu où je serais restée, autre que dans mon coin, c’est bien en Provence. Quand je pense que Jean Giono a écrit “Je crois que si j’avais pu, j’aurais quitté la Provence. J’aime la pluie, j’aime le froid, je n’aime pas le soleil… Je lui pardonne car il y a des plantes de soleil et des plantes d’ombre. J’imagine que certaines personnes, comme les plantes, ont beaucoup de peine à vivre au soleil. Et de plus, il écrit si bien cet écrivain…
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II est évident que nous changeons d’époque. Il faut faire notre bilan.

Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres. Des paysages ont été des états d’âmes et peuvent encore l’être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous; une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir.

Les choses se transforment sous nos yeux avec une extraordinaire vitesse. Et on ne peut pas toujours prétendre que cette transformation soit un progrès.

Nos “belles” créations se comptent sur les doigts de la main, nos “destructions” sont innombrables.

Telle prairie, telle forêt, telle colline sont la proie de bulldozers et autres engins; on aplanit, on rectifie, on utilise; mais on utilise toujours dans le sens matériel, qui est forcément le plus bas. Telle vallée, on la barre, tel fleuve, on le canalise, telle eau, on la turbine.

On fait du papier journal avec des cèdres dont les croisés ont ramené les graines dans leurs poches. Pour rendre les routes “roulantes” on met à bas les alignements d’arbres de Sully.

Pour créer des parkings, on démolit des chapelles romanes, des hôtels du XVIIe, de vieilles halles. Les autoroutes flagellent de leur lente ondulation des paysages vierges. Des combinats de raffineries de pétrole s’installent sur des étangs romains.

On veut tout faire fonctionner. Le mot “fonctionnel” a fait plus de mal qu’Attila; c’est vraiment après son passage que l’herbe ne repousse plus.

On a tellement foi en la science (qui elle-même n’a foi en rien, même pas en elle-même), qu’on rejette avec un dégoût qu’on ne va pas tarder à payer très cher tout ce qui, jusqu’ici, faisait le bonheur des hommes.

Jean GIONO, II est évident, in “La chasse au bonheur” (1988), (Chroniques 1966-1970)
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Jean Giono, écrivain français, dont les romans ont pour cadre la Provence, est né à Manosque en 1895 où il passera toute sa vie jusqu’à sa mort (1970).

Ayant connu à titre de combattant les horreurs de la guerre 1914-1918, il défendra le pacifisme de façon telle qu’il sera emprisonné au début, puis à la fin de la seconde guerre mondiale.

Sa carrière d’écrivain avait commencé avec Colline, 1929, Regain, 1930, entre autres, et s’est affirmée dans les années 1950 avec la parution de Un hussard sur le toit et de nombreux autres livres. Toute sa vie, ce marcheur infatigable fut un amant de la nature contemplée.
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Bonne lecture! Si vous n’avez jamais lu L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono, je ne peux asssez vous le recommander. C’est un texte de toute beauté! Le film est aussi très touchant…

Lysette

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