Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,

Ce matin, je vous offre mes bons voeux pour l’année 2005 9si vous ne les avez pas reçus la veille du Jour de l’an) et aussi, un poème pour vos enfants. J’avais écrit ce texte, il y a vingt ans, en 1983.
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Janvier

Janvier est le fils aîné d’une famille de douze enfants. Dans le pays, on l’appelle souvent l’enfant de la neige. Il est arrivé au monde, une nuit de Nouvel An et personne ne sait qui sont ses parents.

Lorsqu’on le questionne, « Comment t’appelles-tu? D’où viens-tu? » Janvier reste silencieux. Pourtant, il n’est pas timide et n’a peur de rien. On voit souvent ses traces sur les routes glacées même lorsque le vent souffle en tempête. Comme il est brave ce petit bonhomme aux cheveux argentés. Plus le thermomètre descend, plus il est content.

Lysette Brochu

Janvier, À l’aventure (collectif), Éditions Guérin, 1983 p. 196
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BONNE ET HEUREUSE ANNÉE!

Nostalgie!
Les années passent…
Hier encore, espiègle, je courais dire à mon frère « Bonne année grand nez… »
Il rétorquait : « Pareillement grandes dents… » Fou rire!

Maman avait préparé un festin, jambon, beignes, tartes au raisin, et nous attendions avec joie la parenté.
J’embrassais toute la maisonnée!

« Rentrez vous réchauffer Mémére, déneigez-vous devant le poêle, donnez-moi votre manteau ma tante, voulez-vous un p’tit chocolat, du sucre du pays, un verre de “pop”, une liqueur rouge? »

Que j’aimais la veillée du jour de l’an!
Ah! la tournée de la guignolée, les chansons à répondre
« Alouette… », les danses carrées « Faites tourner la compagnie… », les histoires que je ne comprenais pas toujours, mais qui faisaient s’esclaffer les grands.

Ombre au tableau… peurs!
À la veille de 1960, je me consolais auprès de ma sœur
Rumeurs…
La révélation du troisième document de Fatima annonçait de grands malheurs
Je tremblais, j’avais peur.

Réconfort… émotions!
Papa nous rassemblait…
Il étendait les mains sur ses enfants agenouillés pour la bénédiction paternelle. : « Seigneur… bénissez notre famille. Gardez-la bien unie. Portez un regard de bonté sur cette marmaille que tu nous as donnée. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit… »
Ainsi soit-il!

P’tit bonheur…
Jeune maman, je restais à la maison à veiller sur le sommeil de mes chers enfants…
À onze heures, tout en grignotant du céleri, du fromage et des canapés, j’écoutais, toute blottie sur l’épaule de mon mari, les folies du Bye bye à la télé…
À minuit, nous levions notre verre de vin, heureux de recommencer une nouvelle année et confiants d’oublier les fautes du passé!

Le lendemain, tout endimanchée, j’amenais les marmots à la messe du “Jour de l’an”.
Je m’attardais au grand rassemblement sur le perron de l’église, je remettais les souhaits « La santé et le paradis à la fin de vos jours… »

Ensuite, un bon dîner chez mes beaux-parents.
Parfois, je revois mon beau-père, en tablier, peler les carottes et ma belle-mère nous offrir sa soupe, des glissants dans le ragoût, son sucre à la crème…
Bof! On se moquait bien alors du gras ou du sucré…

Les temps ont changé…
Avec nos ados, en 1984, nous sommes allés festoyer dans les Laurentides, dans un condo…
Mon père était parti cette année-là… un infarctus qui ne pardonne pas.

L’année suivante? Nous étions dans un grand party impersonnel, dans un club de nuit… avec des chapeaux, des flûtes, du champagne et le cœur gros.

En 1986…
Oncle Léo nous a bénis en pleurant… il n’a jamais eu d’enfants alors en étendant les mains sur la famille de son frère, des larmes enfouies sont montées malgré lui…

L’an 2000…
La terre entière frissonne… on parle de bogue, de catastrophe, d’apocalypse. Je reste calme. Je me souviens de mes peurs enfantines… je ne veux plus blêmir, je ne veux plus gaspiller le temps.

Aujourd’hui…
Mes enfants sont mariés…
Ils viennent à la maison avec nos dix petits-enfants.
« On s’donne la main… on s’embrasse… »

« Bonne année grand nez » dit le p’tit Denis à sa grande sœur…
« Toujours pareil, grandes oreilles? » répond Myriam.
Je souris.
Heureusement, tout n’a pas changé.

« Papa, tu veux nous bénir? » dit Julie ou Manon… Oui, mon mari a conservé cette tradition… pourquoi pas?

Je cuisine beaucoup… Pas trop de sucre, pas trop de gras… quand même…
Mais « … c’est bien l’temps de s’amuser. Ça n’arrive qu’une fois par année. »

BONNE ANNÉE 2005 à vous tous…
Bien de « l’agrément… » comme disait pépére Lapointe.
Année pour recommencer en beauté!
Tout est possible… à qui sait rêver…
Je nous souhaite donc un monde renouvelé. Serrons-nous les coudes “en parenté”!

Lysette

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