Bon lundi matin chères lectrices et chers lecteurs,

Le 18 novembre, il y aura soixante-trois ans, Émile Nelligan, figure mythique de notre littérature, est décédé. Pauvre homme! Je me demande parfois, s’il avait vécu aujourd’hui, aurait-on su soigner sa maladie mentale? Son œuvre comprend quelque 170 poèmes, sonnets, rondeaux et chansons qu’il a écrit alors qu’il était âgé entre 16 et 19 ans.

J’aimais beaucoup enseigner le poème suivant à mes élèves… plusieurs jeunes reconnaissaient l’état d’âme que le jeune Émile décrit si bien…

SOIR D’HIVER

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A la douleur que j’ai, que j’ai.

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire! Où-vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai…

…………………………………………………..
Né le 24 décembre 1879, à Montréal, il est le fils de David Nelligan venu d’Irlande et d’Émilie Amanda Hudon de Rimouski.

En 1897, il devient membre de l’École littéraire de Montréal. Il lit ses poèmes à quelques réunions et assiste aux quatre séances publiques organisées par les jeunes écrivains à la fin de 1898 et au début de 1899.

Parmi ses amis il faut mentionner Joseph Melançon et Arthur de Bussières. Dès l’âge de seize ans, il est marqué par l’influence de poètes symbolistes tels Verlaine, Baudelaire, Rodenbach, Rollinat et Edgar Poe.

La musique de Chopin et de Paderewski lui est particulièrement chère.

Le surmenage finit par produire une “dégénérescence mentale” (verdict médical) et le 9 août 1899, il doit être interné à la Retraite Saint-Benoît d’où il sera transféré en 1925 à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu; il y restera jusqu’à sa mort, le 18 novembre 1941. Quel tragique destin!

Sa poésie reflète un coeur prématurément meurtri et une sensibilité exacerbée.

Trois de ses poèmes résument l’essentiel de son destin d’homme et d’artiste: La Romance du vin , Le Vaisseau d’or et Devant deux portraits de ma mère.

Grâce à ses formes d’expression originales, l’oeuvre de Nelligan marque une étape importante dans l’histoire de la poésie canadienne-française.

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