Les négociations sur le plan européen de lutte contre le changement climatique s’annoncent difficiles pour les dirigeants européens face à des eurodéputés sourds aux alarmes de l’industrie et intransigeants sur le principe de faire payer les pollueurs.

La crise financière et les annonces de fermetures d’usines automobiles en Allemagne sont restées sans effet : les élus de la commission Environnement ont approuvé mardi par 44 voix contre 20 et une abstention une position de négociation très ferme, infligeant un revers à l’industrie, furieuse de devoir payer pour ses émissions polluantes.

Catastrophée, l’industrie a renouvelé ses menaces de délocalisation et s’en remet aux dirigeants européens. “Nous espérons que l’Europe va décider de conserver une base industrielle forte”, a ainsi déclaré dans un communiqué le secrétaire général d’Eurometaux, Guy Thiran.

“L’industrie de la métallurgie est déçue. Nous espérons que les Etats vont comprendre que seules des allocations gratuites vont aider à éviter les délocalisations”, a pour sa part averti son association européenne, Eurofer.

Le problème? En agissant ainsi, L’Europe va s’imposer une lourde charge alors que l’industrie aux Etats-Unis et en Chine va bénéficier d’un régime allégé et elle va perdre des emplois.

L’une des mesures-clés du plan est la mise aux enchères dès 2013 des permis d’émissions de CO2 –droits à polluer– actuellement accordés gratuitement aux industries lourdes telles centrales à charbon, cimenteries, sidérurgie et chimie.

Elle devrait rapporter 44 milliards d’euros par an aux budgets des pays européens, mais va poser de gros problèmes à des pays comme la Pologne, dont 95% de l’électricité est produite par des centrales à charbon, très polluantes.

Plus de 10.000 installations dans les secteurs énergétique et industriel bénéficient actuellement de quotas gratuits. Elles sont collectivement responsables de près de la moitié des émissions de CO2 et de 40% de celles de tous les gaz à effet de serre de l’UE.

Les eurodéputés ont réclamé des pénalités si les Etats ne respectent pas leurs objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre dans les secteurs des transports, du chauffage urbain et de l’agriculture. L’amende préconisée est de 100 euros par tonne de CO2 de dépassement.

Ce n’est qu’en décembre que les accords seront sanctionés et il est possible que ça ne passe pas.

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