Siège de Leningrad – sur la Route de la vie à un cheveu de la mort

Le 27 janvier 1944 est la date anniversaire de la levée du siège de Leningrad. L’armée soviétique a repoussé les forces nazies à 100 km de la ville, mettant fin à 872 jours de siège. Voici un petit tour dans l’histoire pour rafraîchir dans la mémoire cet évènement.

En ce soir de janvier, tous ceux qui en avaient encore la force se sont rassemblés dans la rue pour admirer les feux d’artifice marquant la libération. Toutefois, ils n’étaient pas très nombreux: le siège avait fait plus de 630.000 morts. Ce chiffre a été cité au cours du procès de Nuremberg, mais, selon d’autres statistiques, il pourrait atteindre 1,5 million.

Or, seulement 3% de toutes ces morts peuvent être attribués aux bombardements et tirs de l’artillerie allemands, alors que 97% des victimes ont succombé à la faim. Les corps, qui gisaient dans les rues parce que ceux qui restaient en vie n’avaient même plus la force de les enterrer, faisaient partie du quotidien.

Le siège de Leningrad

Le 22 juin 1941, Hitler a attaqué l’Union soviétique par surprise. Très vite, l’étau s’est resserré autour de Leningrad. En effet, la ville représentait une menace pour le flanc gauche de l’armée nazie. En outre, avec son grand port et sa gare, elle était importante du point de vue logistique. Enfin, elle était le berceau de la Révolution, un symbole pour tout Soviétique.

À partir du 8 septembre 1941, la ville a été complètement coupée du reste du pays. La Wehrmacht bombardait sans relâche et visait surtout les stocks d’approvisionnement. Une terrible famine s’est installée. Des tickets de rationnement ont été mis en place, mais la norme initiale de pain quotidien a été rapidement divisée par deux, pour ne constituer que 125 grammes. Les historiens établiront plus tard que la ville n’avait de vivres que pour tenir un mois.

Un habitant mort de faim transporté par ses proches au cimetière

Il fallait l’aider à tout prix. Une solution se présentait: établir une voie sur la glace du lac Ladoga pour acheminer des vivres à Leningrad et en évacuer des habitants. Elle sera baptisée Route de la vie. Durant le premier hiver 1941-1942, les véhicules ont acheminé à Leningrad 361.000 tonnes de chargement, notamment 262.000 tonnes de vivres et ont sorti de la ville plus de 500.000 personnes, essentiellement des femmes et des enfants.

Le légendaire Poloutorka (une tonne et demie)

« Chaque véhicule transporte des vivres pour 10.000 rations, pour 10.000 personnes. Conducteur, à toi de sauver ces vies! » Cette annonce était affichée dans chaque camion, devant chacun des presque 5.000 chauffeurs qui ont desservi la route durant les deux hivers de son fonctionnement.

Le premier convoi de 60 camions GAZ-AA est sorti sur la glace du lac Ladoga le 22 novembre 1941. Ce véhicule sans prétention, simple mais fiable, a fidèlement servi l’Armée rouge tout au long de la Seconde Guerre mondiale, et a été très précieux sur la Route de la vie: relativement léger, il a pu se risquer sur la glace du lac Ladoga. Le véhicule possédait même un diminutif: Poloutorka (qui signifie en russe simplement un et demi) pour sa capacité de chargement de 1,5 tonne.

L’un des Poloutorka légendaires remontés du fond du lac de Ladoga

Dans un premier temps, les conducteurs étaient très nombreux à trouver la mort, car la route, qui leur était inconnue, n’était dotée d’aucun repère. Qui plus est, ils avaient ordre d’éteindre leurs feux, le front se trouvant par moments à une quinzaine de kilomètres à peine. Dans ces conditions, le chauffeur avait du mal à comprendre s’il avait devant lui une simple flaque à la surface de la glace ou un trou. Durant les deux premières semaines d’existence de la route, 157 camions ont coulé. Le chiffre a été d’un millier pour le premier hiver. Au total, un Poloutorka sur trois s’est retrouvé au fond du lac.

La Route automobile

Toutefois, entre le danger de devenir la cible de l’aviation nazie et celui de perdre sa route dans des conditions d’une très mauvaise visibilité et de mourir de froid, les conducteurs étaient très nombreux à choisir la première option et à allumer leurs feux.

« On n’éteignait plus les feux parce qu’il était dangereux de conduire dans le noir. D’ailleurs, l’ennemi, qui connaissait très bien la route, était impuissant à arrêter le flux de la vie. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était de détruire un ou deux véhicules. Chacun voulait que ce sort lui soit évité, mais chacun savait également que seule la mort l’empêcherait d’accomplir son devoir et d’exécuter les ordres », a écrit dans ses mémoires Leonid Barkovitch, chauffeur sur la Route de la vie.

Leonid Barkovitch, chauffeur sur la Route de la vie pendant la Seconde Guerre mondiale

Or, ce n’étaient pas les seuls dangers qui guettaient les conducteurs. Les camions se lançaient à l’aventure avec un minimum d’essence et uniquement pour l’aller. Non seulement pour économiser du carburant, mais également pour alléger le véhicule le plus possible. Les conducteurs roulaient avec la porte ouverte et à faible vitesse, tout cela pour pouvoir abandonner le véhicule si celui-ci venait à tomber dans un trou.

La Route de la vie sur la glace du lac Ladoga

Dans son premier voyage, Leonid Barkovitch est parti avec son père, mais, en raison d’une panne, il a pris du retard. Rentrant dans le noir, il a remarqué juste au bout du trajet, un camion aux vitres complètement givrées. C’était le véhicule de son père qui était tombé en panne sèche. Pourtant, il restait dans la voiture, prêt à mourir à son poste. Fait rare pendant la guerre: l’histoire a connu une fin heureuse puisque Leonid Barkovitch a remorqué son père jusqu’à la rive.

Un camion qui sombre sur la Route de la vie

Officiellement, la Route de la vie portait l’appellation route militaire automobile 101. Elle était longue de 44 kilomètres dont 30 passaient par la glace du lac Ladoga. C’était une route à deux bandes de 10 mètres de large chacune à une distance d’une centaine de mètres l’une de l’autre. Toutefois, ce n’était pas une route « statique » comme celles d’aujourd’hui: sous le poids des véhicules, la glace ne pouvait tenir qu’une quinzaine de jours, après quoi il fallait tracer une autre route.

Sur la Route de la vie menant à Leningrad

Le premier hiver a été très rude: dans la nuit du 31 décembre, le thermomètre affichait —51,7°С. Par un tel froid, l’un des véhicules est tombé en panne. Le chauffeur actionnait la clé de contact, mais sans résultat. Il ne restait plus qu’à aller chercher la manivelle. Mais ses mains étaient tellement engourdies par le froid qu’il ne pouvait saisir la pièce métallique. Après avoir décollé les mains du volant, il a décidé de les asperger d’essence et d’y mettre le feu. Surmontant la douleur, il s’est emparé de la manivelle a réussi à mettre en marche le moteur. Il est arrivé jusqu’à la tente de l’infirmerie, mais n’a accepté de quitter la cabine et d’être soigné que lorsqu’il a remis à son remplaçant le chargement: des sacs de farine pour Leningrad.

L’histoire, reprise par le site automobile russe kolesa.ru, a été racontée par Anna Ivanova, aide-médecin sur la Route de la vie, qui a vu arriver un jour aux abords de son infirmerie un chauffeur qui tenait le volant avec les coudes, ses mains étant gravement brûlées.

La Route navigable

La Route de la vie fonctionnait également l’été, le relais était pris par les bateaux. Les victimes étaient également nombreuses. La première navigation, en 1942, a fait des centaines de victimes. Les bombardements ennemis et les tempêtes ont coulé cinq remorqueurs et 46 péniches, dont une transportait 520 militaires (320 ont péri) et une autre, 300 habitants de Leningrad qui étaient évacués de la ville et qui ont tous trouvé la mort dans ce drame.

En fonction du temps, les deux Routes — automobile et navigable — fonctionnaient parallèlement. Ainsi, en 1941, la route de glace a ouvert le 20 novembre, tandis que la navigation ne s’est achevée que le 25 novembre.

Acheminement de vivres à Leningrad à bord d’un bateau

Cette Route, ce n’était pas seulement les vivres à l’aller et les habitants de la ville assiégée au retour. Les usines n’avaient pas fermé et Leningrad continuait de fabriquer des matériels militaires: les chars KV n’étaient fabriqués en 1941 qu’à Leningrad. Ils prenaient eux aussi la Route de la vie, mais ils étaient lourds et il fallait trouver une solution pour réduire le poids. Il a été décidé alors de démonter la tourelle du véhicule pour… la remorquer à bord d’un traîneau.

La Route de la vie est restée ouverte jusqu’en mars 1943. Elle a été empruntée par plus de 20.000 personnes. Combien ont sacrifié leur vie pour que Leningrad puisse survivre? Le chiffre précis n’est toujours pas connu.

Mais le 28 janvier 2018, comme tous les ans, des milliers de sportifs et de passionnés de course à pied et de jogging prendront cette célèbre route pour rendre hommage aux victimes et aux défenseurs de Leningrad.

 

Patrick commentaire :

Pourquoi écrire un tel blog ? Ici, il n’est nulle intention de glorifier la guerre ou les batailles. Ni de la grandeur de la Russie. Mais ce blog est un hommage pour ce peuple qui a tant souffert pendant cette guerre. On a du mal à imaginer ce qu’ils ont dû endurer et souffrir pour repousser l’armée allemande.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et comme les poilus de 14-18, j’ai une profonde admiration pour ces gens qui sont tombés pour la libération de leur pays et pour la liberté.

Les gens aujourd’hui, et spécialement les jeunes, ne réalisent pas que cette bataille de Stalingrad a été le tournant décisif de la guerre ; après cela, les Allemands ont perdu l’initiative de la guerre (une armée entière allemande venait de se rendre pour la première fois depuis le commencement de la guerre)

Beaucoup de révisionnistes de nos jours essaient de changer l’histoire, spécialement ceux qui viennent des États-Unis. Ils veulent implanter dans l’esprit des jeunes générations que c’est grâce aux Etats-Unis que la guerre et la libération de l’Europe ont eu lieu.

Mais la réalité est tout autre. Défaite de l’armée allemande à Moscou ; défaite de l’armée allemande à Stalingrad ; défaite de l’armée allemande à Koursk (la plus grande bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale) ; défaite de l’armée allemande à Berlin

Le point est, si les forces Russes dans l’est de l’Europe avaient été vaincues par l’armée Allemande, il n’aurait jamais eu de débarquement en Europe, et sûrement aujourd’hui, nous serions sous la botte Nazy !

Les faits sont là, qu’on les aime ou pas ! Je pense qu’ils (les Russes) méritent un peu de notre gratitude. Et S.V.P., arrêtons de glorifier ces Américains comme les super-héros de la seconde guerre mondiale !

Un autre facteur qu’il ne faut pas oublier : Les États-Unis n’ont jamais été occupés par l’armée allemande. Ce qui a permis à leur industrie de fleurir et faire des merveilles, spécialement dans le domaine militaire. C’est grâce à cela en grande partie qu’ils se sont enrichis et sont devenus rapidement la première puissance mondiale.

Quant à la Russie et l’Europe, ils sont dus se reconstruire, ce qui a mis pas mal d’argent dans les caisses américaines !… Et une grande mainmise sur les gouvernements européens, qui nous font souffrir encore aujourd’hui cruellement !

Pour finir ce blog, comme je l’ai dit plus haut, qu’on aime ou pas la Russie n’est pas le but d’écrire ce blog, mais de remettre certaines vérités en place.

Ce sont les hommes qui écrivent l’histoire. Et tout dépend qui contrôle les institutions de ce monde, ils écrivent leurs propres faits de cette histoire, comme cela leur convient.

Allons-nous être une voix qui s’élève pour la vérité ?

 

 

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