Saint Patrick, le trèfle et les druides

Si de nombreux miracles lui sont attribués, il n’y a que peu de détails sur la vie de saint Patrick. Même son nom et sa date de naissance sont contestés. Mais une chose est certaine : ce grand saint est à l’origine de la conversion de l’Irlande au Ve siècle.

Irlande, 432

Sur l’herbe verte de la vaste plaine de Brega, se tient une foule impressionnante. Paysans et villageois de divers clans se sont rassemblés. Pourtant certains sont ennemis de longue date. Mais aucun d’eux ne semble s’en soucier. Toute leur attention est portée sur cet homme venu de Bretagne.

Il s’appelle Patrick et parle remarquablement bien la langue de cette terre païenne. Les six ans de captivité qu’il y a passé dans sa jeunesse n’ont jamais quitté sa mémoire. Sa vocation date de cette époque. Le paganisme de ces peuples peureux l’avait outré.

Et maintenant, c’est sa mission de débarrasser l’Irlande de ces superstitions. Et voilà qu’une foule d’entre eux vient l’écouter parler du Christ et du Dieu unique. Il faut dire qu’il n’y est pas allé de main morte pour attirer leur attention. Depuis son arrivée, il bouscule les traditions païennes pour instaurer celle de la chrétienté.

Par exemple, en illuminant la plaine pour la Vigile pascale le jour où, selon la tradition des druides, personne ne peut allumer son feu avant eux. Certains qui voulaient lui faire payer cet affront font aujourd’hui partie de la foule.

Mais alors que Patrick prêche la parole, des galops se font entendre. Un groupe de cinq cavaliers s’arrête près de la foule. Ils sont vêtus de longues tuniques blanches et de manteau à capuches. Des ossements d’animaux et autres talismans pendent à leurs ceintures.

Leurs barbes et leurs cheveux  descendent jusqu’à leur taille. Lorsque les druides descendent de leurs montures, la foule opère comme un mouvement de recul. Seul Patrick ne bronche pas et fixe les ennemis de sa mission. Le plus vieux du groupe s’avance vers lui.

– C’est donc toi, la langue fourchue qui vient injurier nos Dieux, dit-il. – On ne peut injurier ce qui n’existe pas, répond sèchement Patrick. – Prends garde, étranger. Tes blasphèmes ne seront pas impunis.

Le druide enragé se tourne alors vers la foule qui recule à nouveau.

– Avez-vous tous perdu la raison ? S’exclame-t-il. Pauvres fous ! Allez-vous repentir à l’arbre de Dagda si vous ne voulez pas que les mauvais esprits emportent vos enfants.

La foule apeurée recule encore. Certains s’enfuient déjà et Patrick sent monter en lui un sentiment de colère. C’est là le plus grand crime de ces croyances païennes : régner par la peur. Avec leur connaissance des herbes, les druides ont un pouvoir absolu sur les âmes ignorantes qui ne peuvent échapper à cette emprise.

– Le Dieu unique est mille fois plus puissant que les vents et corbeaux que vous craignez, déclare Patrick d’une voix forte. C’est Lui-même qui les a créés et ceux-ci ne se plient qu’à Sa volonté !

La foule cesse de reculer, tandis que Patrick et les druides s’affrontent du regard. Mais il ne s’arrête pas là. À son tour, il se tourne vers ceux qui étaient venus l’écouter.

– Vous avez raison d’admirer la nature. Elle est création de Dieu et l’un des plus beaux cadeaux qu’Il nous accorde. Mais elle n’est que le fruit de l’amour du Très-Haut pour nous, ses enfants indignes.

– Sornette ! s’écrie le vieux druide. Pourquoi ton Dieu offrirait-il quoi que ce soit à ceux qui ne l’adorent pas ?

– Vos idoles règnent par la peur, mais le Dieu unique règne par l’amour. Il ne méprise pas ceux qui ne l’adorent pas, mais les attend. Car il est le père patient et miséricordieux de tous.

La foule se concerte, se rappelant l’histoire du fils prodigue dont Patrick parlait ce matin même. Le Dieu unique n’attend donc pas les offrandes et les sacrifices des hommes pour les aimer ?

Personne n’a jamais tenu tête aux druides ainsi, mais les yeux de Patrick ne montrent aucune crainte. Ce sont plutôt les druides qui s’agitent face à son éloquence. Ivre de rage, le vieux druide pointe alors un doigt accusateur vers le serviteur de Dieu.

– Tu clames la grandeur du Dieu unique mais toi aussi tu adores trois Dieux ! Le père, le fils et le saint esprit.

Patrick se tait quelques instants, laissant le vent passer. Puis, prenant une grande inspiration, il se penche pour cueillir un trèfle à ses pieds.

–  Voyez ce shamrock, dit-il en le montrant à la foule. Combien de feuilles comptez-vous ? – Trois mon père, lui répond-on. – Et combien de trèfles ai-je dans ma main ? – Un seul ! – Ainsi est le Dieu des chrétiens. Il est seul et unique Dieu, mais se manifeste en trois personnes. Dieu est le trèfle, et les trois feuilles sont le père, le fils et le saint Esprit.

La légende raconte que c’est à cette métaphore que l’Irlande doit son symbole national du trèfle. Saint Patrick s’éteint à la fin du Ve siècle.

Ce n’est qu’en 1631 que le pape Urbain VIII l’inscrit au calendrier liturgique. Le saint patron de l’Irlande est fêté le 17 mars qui est aussi la fête nationale du pays.

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Pourquoi la Saint-Patrick est-elle devenue une fête universelle ?

Le 17 mars, les Irlandais de toujours ou d’un jour fêtent la Saint-Patrick.

La Saint-Patrick aurait pu être l’histoire du premier moine brasseur d’Irlande mais non… Saint Patrick n’était même pas Irlandais ! Il serait né vers 393 à Kilpatrick en… Écosse !

Capturé et esclave sur l’île d’Irlande au début de sa vie, il finit par s’enfuir. Il part alors se former dans les monastères en Gaule et retourne en Irlande quelques années plus tard pour évangéliser les Irlandais.

C’est là que serait né le symbole du trèfle : saint Patrick aurait expliqué aux Irlandais, lors d’un sermon, le concept de la Sainte-Trinité grâce à un trèfle.

Depuis, les Irlandais accrochent un trèfle à leur boutonnière à la Saint-Patrick pour se souvenir du fameux sermon.

Les Irlandais célèbrent cette fête dès le IXe ou le Xe siècle. Par la force des choses et la durée de la pratique, la Saint-Patrick devient associée à l’Irlande dans le système du patronage religieux. C’est finalement au début du XVIIe siècle que l’Église catholique décide de l’inscrire au calendrier liturgique, le 17 mars.

La fête a donc toujours lieu pendant le Carême et devient un jour saint d’obligation pour les chrétiens irlandais. Certains adoptent la tradition de rompre le jeûne à l’occasion de la Saint-Patrick.

Pourquoi un tel rayonnement ?

Il faut pour cela faire un saut aux États-Unis notamment. À partir du XVIIIe siècle, les Irlandais sont nombreux à fuir l’île et émigrer de l’autre côté de l’Atlantique. C’est là que la Saint-Patrick prend de l’ampleur : la diaspora irlandaise installée aux États-Unis fait du 17 mars le jour où l’on célèbre le saint patron, et de manière générale l’Irlande.

Contrairement à une idée répandue, la Saint-Patrick n’est pas pour autant la fête nationale en Irlande : l’État irlandais n’a jamais pris acte de le faire et n’a, d’ailleurs, pas de fête nationale.

Tout au long du XVIIIe et du XIXe siècle, la Saint-Patrick prend donc une autre ampleur dans le cœur des Irlandais. Au début du XXe siècle, en 1903, la Saint-Patrick devient un jour chômé en Irlande pour célébrer cette fête.

Mais quelques années plus tard, une loi est adoptée pour interdire l’ouverture des pubs le jour de la Saint-Patrick : la consommation d’alcool était devenue hors de contrôle. Cette loi s’appliquera jusqu’en 1961.

Du spirituel au culturel

La fête religieuse s’est peu à peu transformée en fête de l’Irlande. C’est surtout à l’étranger, aux États-Unis bien sûr, mais aussi dans tous les pays où se trouve une diaspora irlandaise que la Saint-Patrick a pris un nouveau sens.

Le 17 mars, pour tous les Irlandais, d’un jour ou de toujours, c’est l’occasion de célébrer tout ce qui fait l’Irlande : le vert, le trèfle et la bière, bien sûr !

Le gouvernement irlandais ne s’est d’ailleurs pas privé dans les années 1990 pour tirer profit de l’engouement autour de la Saint-Patrick : il organise chaque année un festival pour promouvoir la culture irlandaise.

D’une fête chrétienne, la Saint-Patrick est devenue une fête culturelle et, bien sûr, commerciale : 13 millions de pintes de Guinness sont vendues chaque année le 17 mars …

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Connaissez-vous la soupe au cheddar dédiée à saint Patrick ?

Découvrez une soupe, dont la recette était jadis secrètement transmise de monastères en monastères, inspirée du grand saint irlandais :

la soupe de saint Patrick au cheddar !

Les moines ont leurs traditions, et notamment culinaires ! La soupe de saint Patrick au cheddar est l’une d’elles. Frère Victor-Antoine, moine bénédictin d’origine béarnaise, établi aux États-Unis dans l’État de New-York, cultive son potager et cuisine sa récolte pour la plus grande joie de sa communauté. Dans son livre Minestrones et Soupes du Monastère aux Éditions Marabout, il livre la fameuse recette de sa soupe de saint Patrick au cheddar irlandais.

Qui était saint Patrick ?

À 16 ans, Patrick, jeune gallois d’une famille chrétienne, est enlevé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande. Il y passe six ans puis s’enfuit, et retrouve ses parents. Après un séjour en France où il est consacré évêque, il se sent appelé à revenir dans cette Irlande de sa servitude pour l’évangéliser. Il y débarque en 432 et multiplie les prédications et les conversions.

Au Rock de Cashel, lors d’un sermon demeuré célèbre, il montre une feuille de trèfle afin d’expliquer la figure de la Sainte Trinité. Le trèfle deviendra le symbole de l’Irlande. À la mort de Patrick, à Armagh, l’Irlande est chrétienne sans avoir compté un seul martyr et les monastères y sont très nombreux.

Jean Paul II a dit de lui, lors d’un discours au Corps diplomatique en septembre 1979, qu’il fut le premier Primat d’Irlande, mais surtout celui qui sut mettre dans l’âme irlandaise une tradition religieuse si profonde que chaque chrétien en Irlande peut à juste titre se dire l’héritier de saint Patrick.

Recette de la soupe de saint Patrick au cheddar irlandais

Préparation : 20 minutes
Cuisson : 50 minutes

Pour 4 à 6 personnes :
• 2 poireaux • 2 pommes de terre • 4 carottes • 45 g de beurre • 1,5 l de bouillons de légumes ou de viande • 1 gousse d’ail hachée • 1 g de thym moulu • 1 g de sauge moulue • 25 cl de lait • 140g de cheddar irlandais (ou cheddar doux) • Sel, poivre du moulin

Réalisation :
Nettoyer, peler et hacher les légumes. Faire fondre le beurre dans une cocotte et y faire revenir les légumes pendant 3 minutes en remuant souvent.
Ajouter le bouillon, l’ail, les herbes aromatiques et les assaisonnements. Porter la soupe à ébullition, couvrir la cocotte et laisser mijoter pendant 30 minutes.
Homogénéiser la soupe au mixeur, puis la remettre dans la cocotte. Ajouter le lait et le cheddar. Réchauffer de nouveau sans laisser bouillir. Servir chaud.

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Le purgatoire de saint Patrick en Irlande,

l’Ironman des pèlerinages

Ce très ancien lieu de pèlerinage irlandais accueille 15 000 visiteurs par an.

L’histoire du purgatoire de saint Patrick, une grotte irlandaise située sur l’île des Saints, au milieu du lac Lough Derg, a plus de 1000 ans. Bien que la carte la plus connue de la région date de 1666, l’endroit était déjà mentionné et détaillé sur des cartes du XVe siècle. Des témoignages écrits évoquent même des pèlerinages, et des manuscrits du XIIe ont été retrouvés sur place.

La légende raconte que saint Patrick, découragé par l’incrédulité des habitants de l’île des Saints qui exigeaient des preuves irréfutables pour embrasser la foi chrétienne, implora l’aide de Dieu.

Ses prières furent entendues.

Dieu montra à Patrick une grotte dans laquelle celui qui y pénétrait pouvait, selon la tradition, voir les souffrances des âmes du Purgatoire, les tourments de celles séjournant aux Enfers, ainsi que les joies et les délices du Ciel.

En réalité, rien ne prouve que Patrick ait vraiment séjourné sur l’île. Cependant, on sait que les ruines du monastère qui s’y trouve datent du Ve siècle, et que celui-ci a très probablement été fondé par saint Dabheog, un contemporain de Patrick.

Le monastère, qui accueillait des bénédictins au début du XIIe siècle, comportait déjà une hôtellerie destinée à recevoir les pèlerins se rendant au purgatoire de saint Patrick.

Ce pèlerinage est connu pour être le plus exigeant et le plus rigoureux des pèlerinages chrétiens. Il faut remplir plusieurs conditions pour pouvoir y participer :

être âgé de 15 ans ou plus, être capable de s’agenouiller et de marcher sans aide, pouvoir tenir un jeûne des plus stricts pendant trois jours (à base d’eau, de flocons d’avoine, de pain, de thé et de café), et supporter le manque de sommeil puisque le pèlerinage comprend une veillée d’une durée de 24 heures. Le pèlerinage comporte 9 stations, qu’il convient d’effectuer pieds nus.

Cette visite du purgatoire a été surnommée l’Ironman des pèlerinages, en référence à l’épreuve de triathlon extrêmement exigeante du même nom.

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Patrick, c’est mon prénom et j’ai toujours été fier de ce prénom.

Je me rappelle dans mon enfance, avoir lu l’histoire de Saint Patrick dans une bande dessinée. Si je m’en rappelle bien, son histoire m’avait fasciné.

Dans l’histoire, il était un mauvais garçon et chef d’une bande. Puis, il a été enlevé par des pirates et il est devenu un esclave. Durant ce temps, sa vie a été bouleversée et changée du tout au tout. Il s’est converti au christianisme et il est retourné en Ireland pour convertir les gens là-bas.  Le reste, vous pouvez le lire plus haut dans les articles.

Comme un fait dans ma vie, je me suis retrouvé en Irlande (Limerick, côte ouest) où j’ai vécu avec mon fils pendant 6 mois. D’ailleurs, j’ai pu visiter Dublin aussi.

J’ai beaucoup aimé mon séjour là-bas, les gens sont très gentils et serviables. Ils sont de bons buveurs aussi et les pubs sont leurs lieux favoris de rencontre, (du vendredi au dimanche)

D’ailleurs, j’ai appris une anecdote quand j’étais là-bas : ne demandez pas à un Irlandais une rue que vous cherchez, mais plutôt le nom d’un pub proche ; il vous dira tout de suite l’adresse exacte !

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