Saint François Xavier, le samouraï et le projet d’évangélisation du Japon

Pourtant issu de l’ancienne noblesse basque et de caractère paresseux, saint François Xavier (1506-1552) est séduit par la foi et l’exemple d’Ignace de Loyola (1491-1556) et devient prêtre.

Après avoir aidé à la fondation de la Compagnie de Jésus, on lui donne la charge d’évangéliser les terres de l’Extrême-Orient. Mais c’est la rencontre avec un ancien samouraï qui va le pousser à se rendre au Japon qu’il voit comme la parfaite terre d’évangélisation.

Malacca, décembre 1545. En ce début d’après-midi, alors que les rues marchandes sont pleines de monde, un homme d’une quarantaine d’années se faufile tant bien que mal parmi la foule.

Anjiro, un noble japonais issu de la classe samouraï de son pays d’origine, n’hésite pas à bousculer les passants pour se frayer un chemin. Sa pauvre mère se retournerait dans sa tombe si elle le voyait agir avec si peu d’élégance. Mais il n’y peut rien. Après deux ans de recherche, il va enfin rencontrer le maître François Xavier.

Depuis des années, le souvenir d’un meurtre qu’il a commis dans son pays natal le ronge de l’intérieur. À tel point qu’il avait failli mettre fin à ses jours. Mais des marchands portugais lui avaient alors parlé du père François Xavier.

Un homme arrivé d’Espagne d’une grande sagesse et qui servait les pauvres et les malades au nom de son Dieu. D’abord envoyé à Goa en tant que nonce apostolique, il avait choisi de vivre avec les pauvres et d’apporter son aide à qui en avait besoin.

Malgré une grande sévérité vis-à-vis de l’observation de la morale chrétienne, on dit que jamais il ne rabaissait ses ennemis et portait un grand respect aux les personnes ayant des valeurs solides, chrétiennes ou non.

Un homme d’une grande humilité

En 1542, le vice-roi de Goa l’avait ensuite envoyé dans le sud de l’Inde, vers les côtes des Paravers. Là, le père s’était dévoué à la conversion des pêcheurs de perles, l’avant-dernière classe sur l’échelon des castes.

Sa charité et son exemple avaient eu raison de la barrière de la langue en peu de temps. Le conflit de deux rajahs était survenu peu après et François avait emmené ses Paravers se réfugier au Travancor, à l’ouest du Cap Comorin. Là encore, il avait réussi à baptiser dix mille personnes. Tous ceux qu’il croisait n’étaient pas forcément convertis, mais tous bénéficiaient également de cette charité et du pardon de Dieu.

– Où se trouve cet homme désormais ? avait demandé Anjiro avec empressement. – J’ai ouï dire qu’il se trouve maintenant à Malacca, lui avait-on répondu.

C’était il y a deux ans, en 1545. Le temps de mettre quelques affaires en ordre, Anjiro s’était empressé de prendre la mer pour aller retrouver le saint homme.

Par malchance, le père Xavier avait déjà quitté Malacca pour l’Indonésie. Dépité, Anjiro avait repris la mer pour rentrer à Kagoshima. Mais la Providence revint à la charge et une tempête fit échouer le vaisseau sur les côtes chinoises.

Voilà comment Anjiro fut forcé de retourner à Malacca pour prendre un autre bateau… avant d’apprendre que le père François Xavier était de retour.

Lorsqu’il le trouve enfin à l’église Notre-Dame-de-la Montagne, le samouraï s’incline profondément pour présenter son respect à celui qu’il appelle déjà shisho ou maître.

Ce dernier l’invite à demeurer avec lui un certain temps. Mais il suffit de quelques conversations pour alléger l’âme et éveiller la foi d’Anjiro. Plus surprenant encore, c’est l’intérêt que le père Xavier semble avoir pour le Japon, terre ignorante du message du Christ.

Une nouvelle nation entière à évangéliser

La plupart des lieux de mission où on l’envoie sont souvent peuplés de pauvres gens illettrés et peu curieux d’esprit. Dieu sait que la présence de prêtres est nécessaire pour les éveiller au Christ.

Mais, émerveillé par les visions du Japon plein d’hommes savants et spirituels, François Xavier y voit un potentiel extraordinaire. Une nouvelle nation entière à évangéliser.

– Dis moi, Anjiro, demande-t-il, les Japonais se feraient-ils volontiers chrétiens ?

– Je ne pense pas, maître, répond Anjiro. Mais les Japonais sont guidés par la loi de la raison. Si la noblesse n’a rien à blâmer à votre conduite et si vous répondez avec finesse à leurs questions, elle vous acceptera et se fera chrétienne.

– Si les grands hommes savants reconnaissent le Christ, alors le reste suivra en confiance…

Anjiro est stupéfait. Le savoir et l’humanité de maître Xavier l’ont séduit dès leur première discussion. Il découvre maintenant l’audace du saint homme. Un ingrédient sans doute vital à l’extension de la charité de celui-ci. Si quelqu’un est capable d’amener la chrétienté au Japon, ça ne peut être que lui.

Malgré les difficultés qui se présenteront pour rencontrer l’empereur et faire connaître le Christ au pays du soleil levant, rien n’arrête François. La barrière de la langue est un obstacle de taille.

Et si l’expulsion des étrangers cent ans plus tard mettra un terme à cette tentative d’évangélisation, François Xavier et sa charité laisseront une marque profonde dans l’esprit des chrétiens japonais comme celui d’Anjiro.

Ce dernier deviendra frère Paulo de Santa Fé et poursuivra la mission commencée par son maître sur sa terre natale.

François Xavier rend malheureusement l’âme le 3 décembre 1552 avant de poursuivre sa mission en Chine. Il est canonisé en mars 1622 par Grégoire XV en même temps qu’Ignace de Loyola.

Il est le saint patron des missions. Malgré les nombreuses difficultés et la réticence de l’Extrême-Orient à recevoir le Christ, le témoignage vivant qu’a été saint François Xavier a résonné dans le cœur de tous les chrétiens.

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On l’appelle le Saint Paul des Indes

François Xavier le saint qui a baptisé entre 100.000 et 700.000

Rome, Lisbonne, Goa, Malacca, les Moluques (Indonésie), Japon

Plus de 62.000 kilomètres en dix ans

Pour apporter l’Evangile à tout l’Orient

François Xavier, né en 1506, dans une famille noble, de Navarre (Espagne)

François Xavier est parmi les fondateurs de la Compagnie de Jésus,

avec Saint Ignace

Mars 1541, il devient missionnaire par hasard

Ignace doit partit en Inde, mais tombe malade,

Il décide d’envoyer Xavier à sa place

Pendant toute sa vie, François Xavier suit le chemin de l’Asie

Et de la foi tracé par Ignace

Il l’appelait le père de mon âme

Le voyage pour Goa dura 13 mois

Il reste en Inde 7 ans

De là, il se dirige vers Malacca et les Moluques

François Xavier était un vrai conquérant d’âmes

Il baptise 30.000 personnes

Laisse des communautés florissantes partout où il passe

5 août 1549, François arrive au Japon

Il est le premier missionnaire à entrer dans le pays du Soleil levant

Il est convaincu que la conversion de l’Extrême-Orient est la Chine

Mais frappé par une forte fièvre, il meurt à l’âge de 46 ans

3 décembre 1552, île de Shangchuan, Jiangmen, Chine

En 1662, François Xavier est proclamé Saint

Avec son meilleur ami Ignace de Loyola

En 1927, il devient le saint patron des missions

Avec sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

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La prière d’abandon de saint François-Xavier pour avoir du courage au quotidien

Marzena Devoud

Ce n’est pas toujours facile d’assumer sa foi et de dire ce en quoi l’on croit. Cette prière de saint François-Xavier, missionnaire hors pair célébré ce 3 décembre, aide à retrouver le courage pour suivre le Christ au quotidien.

Annoncer Jésus n’est pas toujours simple, surtout dans un monde où la foi chrétienne est souvent l’objet de moqueries ou du rejet des autres.

Pourtant, et avant d’aller au-devant du monde pour témoigner de sa Foi, vivre avec Jésus, c’est d’abord se mettre en relation avec lui et témoigner de ce lien qui donne du souffle à sa vie. Sans toujours savoir ce à quoi cela conduira, mais en ayant la volonté d’être relié à lui jusqu’au bout.

Quand il a choisi de suivre le Christ, saint François-Xavier, véritable apôtre des Indes, se doutait-il que cela le mènerait jusqu’à Goa, à Ceylan, et même au Japon ? Probablement non. Mais il a fait confiance.

Pour avoir toujours le courage d’évangéliser et d’être fidèle au Christ, voici sa prière de confiance et d’abandon :

Je m’abandonne à Vous,

ô mon Seigneur et mon Père avec la confiance la plus entière !

Ô Dieu tout-puissant, créateur de toutes choses, c’est Vous qui m’avez créé, c’est Vous qui m’avez donné une âme, c’est Vous qui avez formé mon corps ; je tiens de Vous, ô mon Dieu, tout ce que je suis et tout ce que je possède. Vous m’avez fait à votre image, à Votre ressemblance, je suis créé pour Vous, et Vous serez un jour ma suprême félicité. Je m’abandonne à Vous, ô mon Seigneur et mon Père avec la confiance la plus entière ! J’espère de Votre adorable miséricorde obtenir mon salut éternel, par les mérites infinis de la sainte Passion et de la sainte mort de mon Sauveur, le Seigneur Jésus, quels que soient le nombre et l’énormité des péchés que j’ai commis depuis que je suis au monde. Je Vous remercie, ô mon Dieu ! Je Vous rends mille actions de grâces de m’avoir accordé le bonheur de connaître la foi de l’Église et votre divin Fils, mon Seigneur Jésus-Christ. Père des miséricordes ! Mettez dans la balance de Votre justice, d’un côté tous les péchés de ma vie, et de l’autre tous les mérites de la Passion et de la mort de mon divin Rédempteur, Jésus-Christ votre adorable Fils, et alors je serai pardonné, je serai délivré, j’obtiendrai la gloire éternelle du Paradis. Amen. 

Saint François Xavier (1506-1552)

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Patrick Commentaire :

Il a fallu 10 ans pour François Xavier pour accomplir sa mission sur terre, comme il a fallu 10 ans pour Alexandre le grand pour conquérir le monde (du moins une bonne partie)

La différence entre ces deux âmes, c’est que l’un l’a fait pour sa propre gloire et qu’il est mort dans l’alcool ; l’autre pour l’amour du Christ et des âmes et qu’il est mort dans la gloire des anges ! Une grande différence entre ces deux vies !

Une des raisons que je poste souvent ces figures de l’Église ou de foi chrétienne, c’est que c’est très facile de diaboliser l’Église et les chrétiens.

Les guerres de religion par exemple ! (toutes les guerres sont causées par la religion ?!) ; seulement on oublie de préciser que plus de 100 millions de gens sont morts durant le 20ème siècle, causés par des gouvernements athées !

Mais on s’abstient bien aussi, avec raison, d’oublier tout ce que l’Eglise et la chrétienté ont fait de bien tous ces siècles passés.

Le nombre innombrable de missionnaires et d’hommes et de femmes de Dieu qui ont vraiment accompli des choses extraordinaires pour le bien de l’humanité et d’autrui.

Si je devais dresser une liste de tous ces noms héroïques qui se sont donné corps et âme, il me faudrait des pages et des pages et des pages, pour le faire !

Alors, fêtons ce nouveau Noël dignement, en laissant l’amour être roi dans notre cœur et en remerciant toutes ces âmes précieuses qui ont aidé l’humanité à être meilleure !

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