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Opération Barbarossa, 22 juin 1941

Le 22 juin 1941, Hitler lance l’opération Barbarossa et ouvre le front de l’Est dans l’idée d’écraser l’Union soviétique afin de se retourner ensuite contre l’Angleterre et ce qui restait des démocraties en lambeaux.
Cette opération, a pu être qualifiée comme parmi l’une des opérations militaires les plus spectaculaires de l’histoire militaire, elle faisait suite à de tortueux calculs à la fois d’Hitler et de l’Allemagne nazie et de Staline. En effet depuis le 23 août 1939, Staline avait signé avec l’Allemagne un pacte d’alliance, le pacte de non-agression, qui prévoyait la liquidation commune de la Pologne, l’occupation par les russes des Etats baltes, puis par étape la liquidation de la Finlande et la mainmise sur la Bessarabie.
Beaucoup d’encre a coulé sur ce sujet, il n’a pas assez été dit quelle fut la responsabilité de Staline dans le déclenchement de la guerre, sa connivence intéressée dans l’aggravement de la situation et au final sa responsabilité directe dans la fin tragique de tant de citoyens de l’Union soviétique durant la guerre qui a finalement éclaté en ce 22 juin 1941. Plus tard Staline tentera d’expliquer par des artifices ses décisions catastrophiques mais nous n’allons pas revenir en ce jour sur des faits désormais lumineux.
La signature du pacte fut une décision consentie par Staline pour venger les échecs subit par l’Union Soviétique durant la guerre civile russe de 1918-1922. A cette époque, l’Armée rouge vaincue en Finlande avait dû accepter l’indépendance de ce petit pays. Vaincue également devant Varsovie dans une offensive racontée par Isaac Babel, la Pologne lui avait échappé, ainsi que les Etats baltes et la Bessarabie tombée grâce au soutien des alliés et notamment de la France entre les mains de la Roumanie, pays ayant fait le choix des alliés durant la 1ère Guerre mondiale.
C’est pour ces raisons que Staline principalement a préféré signer un pacte lui apportant des avantages directs offert sur un plateau par Hitler, avantages que par ailleurs les alliés n’auraient jamais consentis à lui donner. La Pologne écrasée et démantelée, les Etats baltes occupés, la Roumanie contrainte à céder la Bessarabie, Staline n’échoue qu’en Finlande où ayant sous-estimé gravement la combativité et la valeur de la petite armée finlandaise, les Russes reçoivent durant l’hiver 39-40 une véritable correction. La Finlande est toutefois bientôt vaincue, mais sa résistance lui permet d’avoir à céder seulement quelques territoires face à la soif du Camarade Staline.
De son côté, Hitler n’a jamais signé ce pacte dans l’idée de faire vraiment une alliance avec l’Union soviétique et Staline. Pour lui, les concessions faites à l’Est ne sont que provisoires, elles lui ont apporté les mains libres à l’Ouest, des matières premières, notamment du pétrole, du caoutchouc et des métaux précieux pour alimenter son armée et son industrie de guerre afin d’écraser les démocraties occidentales. Nous connaissons la suite, la France est balayée et humiliée, la Grande Bretagne sauve les meubles in extremis dans la bataille aérienne d’Angleterre durant l’automne et l’hiver 1940. Les objectifs d’Hitler s’ils n’ont pas tous été atteints sont réalisés en grande partie.
En grande partie, oui mais pas tous. La Grande Bretagne est encore debout, l’Italie est mise en difficulté dans une campagne contre la Grèce. Hitler pour voler au secours de son allié italien en difficulté doit changer ses plans. L’invasion en effet de l’URSS était planifiée de longue date et dans l’esprit d’Hitler, cette invasion devait être le véritable but de sa guerre, l’élimination de l’ennemi bolchevique, la destruction du Peuple russe, son asservissement et son exploitation par les Allemands. Ce plan d’invasion se trouve dérangé par la débandade italienne de Mussolini qui en Grèce se voit défait et même attaqué en Albanie où il est menacé.
Hitler lance alors une campagne contre la Yougoslavie et la Grèce qui sont vaincues et occupées malgré l’intervention anglaise. Les Allemands iront même bientôt jusqu’en Crête. Cette perte de temps, des mois de mars, avril, mai et juin 1941, va se trouver être fatal aux plans de domination d’Hitler. Car en Russie, des conditions climatiques dures, une immensité des territoires, un peuple décidé et entouré de chefs déterminés attendent l’Allemagne nazie. L’invasion est déclenchée le 22 juin 1941, avec des opérations commandos qui eurent lieu plusieurs heures auparavant.
Cette opération, l’opération Barbarossa est soutenue non seulement par l’Armée allemande mais par les armées de nations satellites ou humiliées par Staline dans les derniers mois. Son manque de discernement et de prudence augmente de manière importante le danger mortel de cette invasion, car les Roumains, les Finlandais, les Slovaques et les Hongrois rejoignent les assaillants et fournissent des troupes qui n’ont pas la valeur de celle des Allemands mais qui renforcent considérablement la puissance de l’attaque, notamment en ouvrant la Russie du Sud et en menaçant directement et gravement Leningrad.
L’assaut allemand dans les premières heures et les premières semaines de Barbarossa annihile les défenses russes qui sont sévèrement battus dans les premières batailles. Mais très vite, l’âme russe va se ressaisir et Staline après quelques jours de stupeur se révèlera un chef tenace et fédérateur. Si l’aviation soviétique opérationnelle est pour ainsi dire détruite dans les premières semaines, ses avions et ses pilotes se révélant bien inférieurs à ceux de leurs adversaires, les Soviétiques opposent un matériel blindé rustique et efficace qui posent vite de très importants problèmes aux Allemands. Les engins blindés de l’Armée rouge s’avère en effet plus blindé, plus armé et plus robuste que les meilleurs chars nazis. Cette découverte sera une très mauvaise surprise pour les assaillants qui ne pouvaient avoir raison de certains chars russes qu’avec l’aide du fameux canon de DCA de 88. Malgré la débâcle, partout les Russes se défendent bientôt avec l’énergie du désespoir.
Cette énergie est renforcée et supportée par la conscience que les nazis viennent en Union soviétique, en Russie, pour réduire en esclavage les peuples slaves. Même dans les pays baltes ou en Ukraine où les Allemands peuvent trouver des soutiens, ces derniers se comportent d’horribles manières, les populations civiles sont menacées, oppressées, des commandos spéciaux sèment la terreur derrière les troupes régulières de la Wehrmacht, avec la tâche d’éliminer les « ennemis » de la race aryenne, à savoir les communistes et les juifs. Ces violences, les assassinats, les massacres de masse, conduisent très vite, le Peuple russe à se rassembler autour du chef Staline et du drapeau.
Durant l’Opération Barbarossa, les pertes soviétiques notamment en tués et en prisonniers furent colossales. Les Russes perdent en quelques semaines plusieurs millions d’hommes, une saignée qui ne faisaient que commencer, ainsi que près de 4 millions de prisonniers. Mais l’Opération malgré les succès sur la carte et l’occupation des villes soviétiques les unes après les autres, va échouer. Hitler en effet, détourne dans le cours de l’été son offensive en direction du Sud pour détruire le saillant de Kiev et les armées soviétiques bousculées qui se trouvaient dangereusement en l’air. L’offensive s’empare en effet de Kiev, le gros des forces soviétiques dans le Sud a été encerclé et détruit. Des centaines de milliers de prisonniers ont été faits et mourront pour beaucoup dans les terribles camps nazis.
Hitler qui a transformé le plan initial ne sait pas qu’il vient sans doute de perdre la guerre. Car en négligeant Moscou, il compromet ses chances d’en finir avec une blitzkrieg qui trouve son tombeau en Russie. L’immensité du pays impose à l’Allemagne nazie et ses alliés une attrition des troupes très importante, une usure des matériels sans précédent et une mobilisation énorme de toutes les ressources. Après les succès impressionnants dans le Sud de la Russie, l’Armée hitlérienne va échouer sur plusieurs points.
Notamment devant Leningrad, le groupe d’armée Nord privé des moyens suffisants doit se contenter de faire un siège de la ville qui sera terrifiant pour les Soviétiques. Au Sud, les Allemands ne peuvent réduire le bastion de Sébastopol qu’au prix d’un rassemblement de moyens impressionnants et coûteux, et seulement en 1942. Enfin l’offensive allemande sur Moscou est enrayée, à la fois par l’arrivée précoce d’un hiver rigoureux qu’Hitler n’avait bizarrement pas appréhendé, et par le transfert des troupes sibériennes à l’Ouest, Staline ayant reçu l’assurance par son efficace réseau d’espionnage que les Japonais n’attaqueraient pas la Russie dans son dos.
Les Soviétiques ont eu le temps d’organiser la défense de Moscou, et de préparer une contre-offensive qui va bousculer les troupes d’Hitler. Ayant atteint les faubourgs de Moscou, les Allemands sont rejetés parfois à 200 kilomètres de leurs pointes les plus avancées. Vaincus, les Allemands doivent reculer et se retrancher, la guerre éclair a échoué, et la guerre s’enlise dans une guerre d’usure. De fait Hitler a déjà perdu près d’un million et demi d’hommes, tant tués que blessés, et l’essentiel de son matériel, notamment motorisés, certaines unités divisionnaires sont réduites à l’effectif d’un bataillon, l’hiver très froid vient aggraver la situation des envahisseurs. L’opération Barbarossa a vécu.
La suite nous la connaissons tous, nous connaissons toutefois beaucoup moins ces heures tragiques, des premiers mois de l’invasion, où des Soviétiques, des Russes, se sacrifièrent pour retarder l’ennemi dans un esprit remarquable. Staline sut imposer une discipline de fer, stopper les fuyards en réprimant sur les arrières toutes les velléités de faiblesses. Le non recul est finalement imposé aux forces soviétiques, mesure désespérée, parfois payée par le prix fort du sang, dans des charges à la baïonnette totalement surréalistes. Mais dans ces heures-là, le Peuple soviétique, le Peuple Russe, fut oh combien magnifique, d’héroïsme et de patriotisme. Les combattants de Koursk, de Stalingrad ou de Berlin ont fait oublier ou négliger, ceux de la terrible année 1941, c’est pourtant à eux que nous devons de vivre dans un Monde libre. Aujourd’hui célébrons dans le recueillement, la mémoire de ces innombrables vies qui furent fauchées dans le printemps de leur vie, ne les oublions pas. /L

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