Vertus et vices, plaisirs et délices

Treizième entretien

SCOTT : Allô !

DIEU : Comment vas-tu ? Alors, on a pris le temps de réfléchir ?

SCOTT : Oui, en effet. Et comme Tu peux le voir, Je suis à pied d’œuvre pour une nouvelle séance.

DIEU : Formidable ! On commence?

SCOTT : Tu es particulièrement enthousiaste aujourd’hui.

DIEU : Je le suis toujours. Lorsque quelqu’un est prêt à M’écouter, Je saute sur l’occasion. Autrement, la personne risque de se fatiguer et Moi, J’en serai réduit à parler tout seul.

SCOTT : Ce doit être frustrant.

DIEU : Terriblement frustrant ! Heureusement que Je suis patient.

SCOTT : Je suppose que toutes les vertus, la patience en l’occurrence, font partie de Ta nature.

DIEU : Au moins toutes celles que l’on devrait considérer comme telles.

SCOTT : Et inversement, tous les vices appartiennent-ils au Vilain ?

DIEU : Tu vas vraiment l’énerver à le traiter de la sorte. Mais vas-y, ne te gêne pas! Tu as tout à fait raison, car il est l’incarnation du vice.

SCOTT : À l’origine, a-t-il été créé avec ces vices, ou les a-t-il inventés ?

DIEU : Ces vices sont les contraires des vertus. Il a vu le bien et il a trouvé le moyen d’inventer le mal.

SCOTT : Et puis il nous a mis tout cela sur le dos ?

DIEU : Non, vous n’êtes pas obligés de l’accepter ! Vous avez le choix de vous soumettre à la vertu ou au vice. L’humanité a une tendance naturelle à graviter vers le mal ; cela demande plus d’efforts de s’engager sur la voie du bien. Mais les gens aspirent à être bons, ce qui les pousse à reconnaître qu’ils ont besoin de Moi et de recevoir Jésus et le Saint-Esprit dans leur vie. Une fois qu’ils sont habités par Notre puissance, le bien vient beaucoup plus naturellement.

SCOTT : Comme ça, on peut être « tout beaux tout gentils ».

DIEU : Non, par pitié ! Je ne veux pas faire de vous des hypocrites. Non, le fait d’être des instruments de Notre puissance ne fera pas de vous des petits saints, mais cela vous aidera à accomplir le bien.

SCOTT : Je dois dire que cela me laisse un peu perplexe. Quelle différence cela fait-il exactement ?

DIEU : Jouer les petits saints et faire le bien sont deux choses très différentes. Si tu t’emploies à faire le bien envers ton prochain, on te verra souvent d’un mauvais œil, tes bonnes actions ne seront pas forcément appréciées, elles seront peut-être mal interprétées, ou laisseront penser que tu en fais trop etc. Chercher à paraître, c’est penser à soi-même. C’est, en quelque sorte, rechercher la perfection pour soi-même ou être amoureux de sa propre personne. Mais faire le bien, c’est vouloir venir en aide aux autres, s’intéresser à leurs besoins et leur condition, et les faire passer avant soi.

SCOTT : Alors quelle est la plus grande vertu ?

DIEU : L’amour, voyons ! Parce que si tu aimes tes semblables, cela va te motiver à les aider de toutes les manières possibles, et cela te donnera la volonté et les ressources nécessaires pour mettre en pratique toutes les autres vertus, comme la patience, la gentillesse, l’honnêteté, pour ne citer que celles-ci.

SCOTT : Et le plus grand vice ?

DIEU : L’orgueil de l’hypocrite.

SCOTT : Je m’attendais à ce que Tu dises la haine.

DIEU : Les orgueilleux qui se drapent dans leur « moralité » ont causé au monde d’énormes ravages. Les pires fléaux du siècle passé furent des hommes qui étaient persuadés d’être justes et de détenir la vérité. Hitler, Staline, Mao et j’en passe, étaient tellement convaincus du bien-fondé de leur cause qu’ils n’eurent pas le moindre scrupule à faire régner la terreur et à verser le sang pour parvenir à leurs « justes » fins. Forts de leur suffisance, ils surent persuader les masses que les atrocités perpétrées par eux contribuaient au plus grand bien de tous.

C’est cet orgueil, doublé d’hypocrisie, qui pousse l’homme à croire qu’il peut être bon sans Mon aide. Il pense qu’il peut se passer de Moi et il finit par s’éloigner et s’égarer complètement. J’ai nommé quelques coupables, parmi les plus notoires, mais bien d’autres ne manqueront pas de te venir à l’esprit. Seulement, si Je les nomme, le bât peut blesser et Je risque fort de briser certaines de tes idoles.

SCOTT : Je me garderai donc d’insister. Je ne sais pas pourquoi, mais dès qu’on prononce les mots « vertu » et « vice », on pense aussitôt au sexe.

DIEU : Pour quelle raison à ton avis ?

SCOTT : Parce que les mots « vice » et « sexe » sont devenus synonymes. Quand on dit d’une femme qu’elle protège sa vertu, cela signifie qu’elle tient à rester chaste. Quand on pense au vice, on pense tout de suite aux boîtes de strip-tease, aux prostituées, voire à des moments chauds passés en compagnie de sa petite amie ou de son épouse.

DIEU : Mais les relations sexuelles ne sont pas un vice.

SCOTT : Je pense que dans la tête de beaucoup de gens, c’est quelque chose d’un peu coquin, quoique bien agréable.

DIEU : Les rapports sexuels sont censés procurer du plaisir. On devrait donc considérer ces moments chauds — ou « coquins » pour reprendre ton expression — passés avec son épouse comme l’une des expériences les plus gratifiantes qu’il vous soit donné de vivre ici-bas.

Le monde fait grand cas de tout ce qui touche au sexe. Le sexe joue un rôle merveilleux dans le mariage, c’en est même l’un des aspects les plus agréables.

SCOTT : Les deux partenaires ne devraient-ils pas attendre d’être mariés ?

DIEU : Ce peut être le cas pour quelques-uns, mais ce n’est pas essentiel. S’il y a incompatibilité sexuelle, ce serait bien de le savoir et de régler la chose avant le mariage, qu’en penses-tu ?

SCOTT : Puisqu’on parle d’incompatibilité : est-il permis de divorcer ?

DIEU : Bon sang, nous venons à peine d’aborder les relations pré-maritales, et tu en es déjà au divorce ! Tu ne penses pas que nous pourrions nous étendre un peu plus sur le mariage avant de parler de divorce ?

SCOTT : Si j’en ai parlé, c’est parce que Tu disais qu’il est préférable de régler les problèmes d’incompatibilité sexuelle avant le mariage. Je pensais à ces gens qui découvrent, une fois mariés, que leur union court à la catastrophe. Penses-Tu que le divorce puisse être une solution envisageable ?

DIEU : Si vous avez fait tout votre possible et que ça ne marche toujours pas entre vous, il serait sans doute préférable d’envisager le divorce plutôt que de vivre l’un et l’autre une vie misérable, mais ce devrait être un dernier recours. Il faut faire l’impossible pour sauver le mariage, et si des enfants sont issus de ce mariage, les parents se doivent de faire passer le bonheur et le bien-être de ces enfants avant le leur. Par contre, si la vie au foyer est un véritable enfer, il est sans doute préférable, pour le bien même des enfants, de se séparer. Mais les parents devraient pouvoir conserver un semblant de bienséance et de courtoisie, même s’ils ont du mal à s’entendre, si cela peut permettre aux enfants de vivre avec leur papa et leur maman.

SCOTT : De nos jours, il y a de nombreuses familles monoparentales.

DIEU : Et c’est bien malheureux, parce que les enfants ont besoin des deux parents, d’un père et d’une mère.

SCOTT : Dans une interview précédente, Tu disais que l’humilité est l’ingrédient clé pour avoir de bonnes relations.

DIEU : Oui, et c’est aussi le secret d’un mariage réussi.

SCOTT : Mais dans un mariage, qui commence souvent par une histoire d’amour — même si par la suite la relation évolue—, n’est ce pas plutôt l’amour qui est l’ingrédient essentiel ?

DIEU : Si vous vous aimez vraiment, vous ferez preuve d’humilité. J’entends par là que vous ferez passer votre partenaire avant vous. Si vous avez tous deux cet état d’esprit, le succès du mariage est garanti.

SCOTT : Cela voudrait dire que les parents devraient également considérer le bonheur des enfants comme plus important que le leur, n’est ce pas ?

DIEU : Absolument !

SCOTT : Mais ça ne risque pas d’en faire des enfants gâtés ?

DIEU : Je suis d’accord pour dire que le bonheur des enfants est « plus important », mais Je n’ai pas dit de les gâter.

SCOTT : Quelle est la différence ?

DIEU : Si vous leur passez tous leurs caprices, si vous négligez de les instruire et de bien les élever, et si vous les laissez vous mener par le bout du nez, alors vous en ferez des enfants gâtés. Mais quand Je dis que vous devez les considérer comme ce que vous avez de plus important, cela veut dire qu’il faut bien s’occuper d’eux, les éduquer et les guider en leur montrant le droit chemin.

SCOTT : Mais beaucoup d’entre nous poursuivent une carrière qui nous laisse peu de temps à consacrer à nos enfants.

DIEU : Une fois que vous avez des enfants, être papa ou maman devient votre carrière prioritaire. Si vos enfants sont négligés parce que vous poursuivez vos objectifs personnels au détriment de leur bonheur, vous le regretterez un jour ou l’autre. Le plus bel héritage que vous puissiez léguer à la postérité, ce sont vos enfants. Faites-les passer avant vos ambitions personnelles et vous ne pouvez pas vous tromper. Vous n’aurez pas à vivre vos vieux jours dans la solitude à regretter votre égoïsme. Même si vos enfants ne peuvent plus être avec vous ni s’occuper de vous, votre mémoire sera riche du souvenir de tous ces moments merveilleux que vous avez passés en leur compagnie.

SCOTT : Toutefois, beaucoup d’entre nous pensent que nous n’avons pas d’autre choix que de nous accrocher à notre travail avec toutes ses contraintes, si nous voulons nous garantir un niveau de vie un tant soit peu décent.

DIEU : Vous seriez surpris de découvrir qu’il y a beaucoup de choses dont vous pourriez vous passer sans que votre niveau de vie ne s’en ressente réellement ! Comme le dit la Bible : « Attention! Gardez-vous de tout amour des richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche » (Luc 12 :15))

SCOTT : Je ne pense pas que la plupart des gens soient cupides à ce point ou qu’ils aient un « amour des richesses », selon Ton expression.

DIEU : Il appartiendra à chacun d’en juger pour soi-même, en toute honnêteté.

SCOTT : La question, c’est surtout de pouvoir boucler les fins de mois.

DIEU : C’est là qu’on en arrive à force de vouloir rivaliser avec les voisins : ce n’est plus vous qui possédez les choses, ce sont elles qui vous possèdent. Réfléchissez : avez-vous vraiment besoin d’autant de choses ? Arrêtez les frais et adoptez un style de vie plus simple, vous ne vous en porterez que mieux.

SCOTT : C’est une perspective pour le moins inquiétante.

DIEU : Les besoins physiques essentiels de l’homme sont relativement minimes : il lui suffit d’avoir à manger, de pouvoir s’habiller et d’avoir un toit. Pourquoi perdre votre temps à courir après tant de choses qui sont accessoires et qui ne vous rendront pas heureux ? La vie est bien trop précieuse pour ne pas en profiter.

SCOTT : Donc Tu tiens à ce que nous profitions de la vie.

DIEU : Bien sûr que J’y tiens ! Je veux que vous profitiez pleinement de chaque instant de votre vie — qu’elle déborde d’amour, d’amour pour Moi et pour les autres.

SCOTT : Voilà qui ferait, semble-t-il, une bonne conclusion pour ce livre. Aimerais-Tu ajouter quelque chose ?

DIEU : Nous voilà donc arrivés à la fin de ton livre, mais j’espère bien que ce ne sera pas la fin de nos discussions et de nos entretiens. Et cela s’applique également à tes lecteurs. Nous avons discuté et débattu de nombreux sujets, mais il y en a tant d’autres dont nous pourrions parler. Chaque fois que tu le désires, n’hésite pas à Me rendre une petite visite. Je serai ravi de bavarder avec toi. Avec quiconque d’ailleurs, et de n’importe quel sujet.

Ne l’oubliez pas : vous pouvez M’appeler à tout moment ! Je suis tout près de chacun d’entre vous — juste à portée de voix. Je vous aime !

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