Le chaos de Satan et l’Argent

Douzième entretien

SCOTT : Me revoilà !

DIEU : Moi aussi.

SCOTT : Merci d’être revenu.

DIEU : Tout le plaisir est pour Moi.

SCOTT : Je me demande comment Tu fais pour trouver le temps de m’accorder ces interviews. Après tout, Tu pourrais exiger que je prenne rendez-vous… Mais j’arrive, je n’ai plus qu’à m’installer et à T’appeler, et Te voilà.

DIEU : C’est que Je suis omniprésent, Je peux être partout à la fois.

SCOTT : Autrement dit, en même temps que Tu me parles, il T’est possible de vaquer à Tes autres occupations.

DIEU : C’est juste.

SCOTT : Personnellement, je dois me concentrer sur une chose à la fois, autrement la qualité de mon travail s’en ressent.

DIEU : Dieu merci, tu n’es pas Dieu.

SCOTT : Je ne Te le fais pas dire !

DIEU : Je voudrais quand même clarifier ce point : le fait que Je puisse faire plusieurs choses en même temps ne M’empêche nullement de bien Me concentrer sur chacune de ces choses.

SCOTT : Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour être d’en faire autant ? Dis-moi, est-ce que ça Te plaît d’être Dieu ?

DIEU : Si Je ne l’avais pas voulu, Je n’aurais jamais accepté une telle responsabilité. Par moments, c’est une tâche ingrate, mais les marques de reconnaissance que M’expriment ceux qui M’apprécient en valent la peine.

SCOTT : Tu en as accepté la responsabilité, dis-Tu. Est-ce à dire qu’il y a quelqu’un d’autre là-haut qui Te l’a confiée.

DIEU : Ce que j’entends par là, c’est que Je n’aurais jamais créé l’humanité si Je ne l’avais pas voulu. Je n’aurais jamais créé le monde. Je me serais contenté du plaisir d’être au Ciel en compagnie de Jésus et du Saint-Esprit, sans oublier les anges. Mais Je voulais démontrer à toute la création, à tout le monde spirituel, que Nous, la Trinité, sommes tout-puissants et qu’avec Notre aide, le bien finira toujours par triompher du mal.

SCOTT : Donc, à un moment donné, Tu as créé le monde et tout ce qu’il contient. Mais avant la Création, que faisais-Tu ?

DIEU : C’est quelque chose qu’il te sera donné de découvrir quand tu viendras Ici.

SCOTT : Tu faisais bien quelque chose ; Tu n’étais quand même pas en sommeil ?

DIEU : (Il rit.) « En sommeil » ! Comme c’est cocasse ! Au contraire, il se passait plein de choses.

SCOTT : Donc, bien avant que ne commence le temps ici-bas, Tu étais déjà à l’œuvre dans Ta dimension ?

DIEU : Dans « Mes » dimensions, pour être exact.

SCOTT : J’ai un peu de mal à saisir ce que Tu veux dire. D’après ce que j’ai pu comprendre, nous avons trois dimensions : la longueur, la largeur et la profondeur, auxquelles on peut ajouter la dimension, un peu plus abstraite, du temps. Je suppose que dans Ton monde spirituel, il doit exister plus de dimensions que mon esprit ne peut en concevoir. Est-ce exact ?

DIEU : Oui. Ce serait pour toi un véritable casse-tête de chercher à appréhender ces réalités. De ton point de vue, il est proprement impossible de comprendre ce que cela veut dire ; tu peux tout au plus en avoir un concept extrêmement vague.

SCOTT : Donc, ce n’est même pas la peine que je m’y essaie ?

DIEU : Pourquoi ne pas attendre le moment voulu où « toutes choses seront révélées »?

SCOTT : À T’entendre, je me sens comme un gamin à la veille de Noël. Je vois qu’Il ne me reste plus qu’à être patient. En attendant et pour en revenir à ce que nous disions, Tu étais très actif dès avant la création du monde. Est-ce que Tu procédais à des essais en vue du grand chantier qui allait s’ouvrir ici-bas ? Ou peut-être ne sommes-nous que le produit d’expériences ultérieures ?

DIEU : Vous n’êtes nullement le résultat d’une expérimentation. Je vous ai créés pour être Mes compagnons et la terre est un terrain d’essai, elle fait partie intégrante de votre préparation pour le Ciel.

SCOTT : Il y a quelque temps, Tu parlais du sacrifice de Jésus en disant qu’il était nécessaire en raison de certaines règles immuables qui régissent le monde de l’esprit. Comment se fait-il que Tu sois soumis à ces règles ? On pourrait croire qu’étant Dieu, Tu n’es assujetti à aucune règle.

DIEU : Certaines limites ont été mises en place dès le commencement. C’est Moi qui les ai établies, mais Je ne Me permets de les changer que sous certaines conditions. Prenons l’exemple d’un jeu. Loin de Moi de considérer le monde et son histoire comme un jeu, mais le parallèle est néanmoins intéressant.

Dans les jeux, comme dans les sports, il existe des règles que nul n’a le droit de modifier, en tout cas pas unilatéralement. Je ne fais pas exception à ce principe. Je n’ai pas le droit de changer les règles, pour la simple raison que Je Me les suis imposées dès le départ.

SCOTT : L’espace d’un instant, je me suis demandé si ces règles T’avaient été dictées par une instance supérieure.

DIEU : Non, il n’existe aucune autorité supérieure.

SCOTT : Tu as mentionné que Ton adversaire était Satan. Est-il, lui aussi, assujetti à ces règles ?

DIEU : Évidemment. Bien qu’il cherche constamment à les enfreindre, et qu’il ne cesse de Me rappeler que Je suis tenu de les respecter.

SCOTT : C’est vraiment un triste sire, hein ?

DIEU : Malheureusement.

SCOTT : A-t-il toujours été comme ça ?

DIEU : Tout allait bien au départ, mais il a eu à faire un choix, comme tous les anges, et il a finalement décidé de faire le mal.

SCOTT : Et c’est alors qu’il a fomenté ce soulèvement ?

DIEU : Oui, et il s’est montré assez persuasif, puisqu’en fin de compte, un tiers des anges se sont rebellés avec lui.

SCOTT : Tu en as gardé deux sur trois, ce n’est pas si mal. Ici-bas, un politicien qui remporterait les deux tiers des suffrages considérerait ça comme une victoire écrasante.

DIEU : Je ne suis pas politicien et, crois-Moi, ce fut pour Moi extrêmement décourageant de perdre tous ceux qui l’ont suivi dans sa déchéance.

SCOTT : Étant donné que les anges sont libres de leur choix, y en a-t-il encore qui choisissent de suivre Satan plutôt que Toi ?

DIEU : Pareille tragédie (où le tiers du Ciel fit le choix de suivre Satan) ne s’est produite qu’une seule fois. Mes anges peuvent voir dans quel état de dépravation sont tombés les anges déchus, et ils n’ont nulle envie de subir le même sort. Mes forces angéliques savent qu’elles sont du côté des vainqueurs ; elles n’ont aucun doute là-dessus. D’ailleurs, leur loyauté a déjà été mise à rude épreuve et elles ont passé le test avec succès puisqu’elles ont fait le choix de demeurer loyales. Ce fut un moment tout à fait décisif : à présent elles ne sont plus tentées de passer à l’ennemi.

SCOTT : Qui ont été créés les premiers, les hommes ou les anges ?

DIEU : Les anges. La rébellion de Satan et de ses partisans a eu lieu peu de temps après que J’ai créé le monde physique. C’est pourquoi Satan est allé tenter Adam et Ève dans le Jardin d’Eden. La bataille pour les âmes de l’humanité s’est engagée entre lui et Moi dès le début.

SCOTT : Et il a gagné la première manche ?

DIEU : Tu fais allusion à la chute d’Adam et Ève ?

SCOTT : Oui.

DIEU : Il n’a jamais gagné leur âme ; il les a simplement incité à pécher. D’une certaine manière, on pourrait y voir une victoire en sa faveur, mais J’ai permis la chute d’Adam et Ève comme une étape dans Mon grand dessein.

SCOTT : Alors, à l’origine, Satan et toute sa bande ont été créés par Toi ?

DIEU : Oui.

SCOTT : En définitive, on pourrait en déduire que Tu as créé le mal.

DIEU : Je l’ai permis comme une alternative au bien. Comme le dit si bien le vieil adage : ce sont les ténèbres qui font ressortir la lumière.

SCOTT : Y a-t-il des anges déchus qui voudraient rejoindre le camp de la lumière ?

DIEU : Leur esprit est endurci à présent. Ils veulent triompher, donc ils font tout pour gagner.

SCOTT : Alors ils ne vont pas se repentir ?

DIEU : Ils n’ont aucune raison de le faire pour l’instant, puisqu’ils sont persuadés d’avoir une chance de gagner.

SCOTT : Mais leur sort est déjà scellé, non ? Ne savent-ils pas qu’ils vont perdre ?

DIEU : Ils se refusent à y croire. Autrement, pourquoi poursuivraient-ils le combat s’ils savaient qu’à long terme ils allaient perdre ?

SCOTT : Je pensais que c’était juste pour embêter le monde.

DIEU : Non, ils s’imaginent vraiment qu’ils vont gagner. Comme ils ont rejeté la vérité, ils ne peuvent faire autrement que de croire au mensonge.

SCOTT : Satan aussi ?

DIEU : Je Me suis arrangé pour qu’il sache, comme Moi, qu’il finira par perdre, mais il s’est tellement enfermé dans son orgueil qu’il persiste à croire qu’il a encore une chance de l’emporter. Sa victoire est impossible, c’est pourquoi il se contente d’un pis-aller, qui est de semer le chaos et d’en entraîner le plus grand nombre possible dans sa chute.

SCOTT : C’est complètement aberrant !

DIEU : Tu trouves ? N’y a–t-il pas eu, tout au long de votre histoire, de nombreux tyrans qui ont poursuivi leurs ambitions de guerre et d’autres objectifs, tout en sachant très bien qu’ils étaient voués à la destruction ; et qui n’ont pas hésité à entraîner des multitudes de gens dans leur chute, comme le font les lemmings ?

SCOTT : Pourquoi ont-ils fait une chose pareille?

DIEU : Par orgueil ! Leur orgueil les empêchait de céder. Alors ils se sont sacrifiés, et ils ont emporté avec eux le plus grand nombre de gens possible, dans le feu de leur ambition dévorante.

SCOTT : Comment les gens ont-ils pu être à ce point dupés ?

DIEU : C’est qu’au fond, ils le voulaient bien.

SCOTT : Mais pourquoi ?

DIEU : Comme Je l’expliquais plus haut, une fois que quelqu’un rejette la vérité, il ne lui reste plus qu’à croire un mensonge. Reconnaître qu’on s’est trompé est l’une des choses les plus difficiles qui soit, aussi bien pour un ange que pour un homme. L’orgueilleux préfère courir à sa perte plutôt que de reconnaître ses torts. Il arrive que l’instinct de conservation prenne le dessus et l’arrête dans son élan, mais pas toujours.

SCOTT : Cela nous amène à un autre thème : la confession de ses fautes.

DIEU : C’est une formidable libération de pouvoir reconnaître ses torts et confesser ses fautes.

SCOTT : Oui, on a coutume de dire : « La confession met du baume à l’âme ». Certains l’élèvent même au rang de sacrement. Qu’y a-t-il donc dans la confession qui lui confère un effet aussi bénéfique ?

DIEU : Tant que les gens ne confessent pas leurs fautes, ils en portent le fardeau. Et ce fardeau les accable terriblement. Une fois qu’ils ont avoué leurs fautes, ils sont pardonnés et sont soulagés.

SCOTT : Tu as évoqué la guerre qui T’oppose à Satan, mais lorsque Jésus était parmi nous, Il a fait certaines déclarations qui laissent à penser qu’Il voulait que Ses disciples soient des pacifistes.

DIEU : Lesquelles, par exemple ?

SCOTT : Il disait que si l’on vous frappait sur une joue, vous deviez tendre l’autre. Et que ceux qui se serviraient de l’épée périraient par l’épée.

DIEU : Quand l’homme prend les armes, c’est le plus souvent pour des raisons injustes. En règle générale donc, il vaudrait mieux qu’il ne s’en serve pas.

SCOTT : Même si c’est pour défendre son foyer et sa famille ?

DIEU : Dans ce cas, ça ne s’applique pas. Vous avez le devoir de protéger votre famille.

SCOTT : Alors pourquoi Jésus disait-Il cela ?

DIEU : Il voulait dire que si l’on vous frappe sur une joue, mieux vaut tendre l’autre que de déclencher une terrible bagarre. Jésus invite ceux qui croient en Lui à aimer leurs ennemis et même à leur faire du bien. L’arme du chrétien c’est l’amour.

Mais tu n’as que deux joues à offrir ; après quoi…

SCOTT : Au troisième coup, on a droit de riposter ?

DIEU : Oui, c’est à peu près ça. Mais dans certaines circonstances, vous n’êtes pas obligés d’attendre aussi longtemps.

SCOTT : Il est donc permis de se battre pour défendre sa famille ?

DIEU : Oui, bien sûr. L’usage de la force est justifié dans ce genre de situation et dans la défense du faible et de l’opprimé. Et n’oubliez pas que Je peux intervenir à tout moment. Les grosses brutes de ce monde devront rendre des comptes à un Dieu de colère. Tu peux parier tout ce que tu veux qu’ils vont le regretter amèrement, et pendant longtemps.

SCOTT : Comme le sale type aux deux cornes ?

DIEU : C’est bien la pire des brutes.

SCOTT : Sommes-nous, nous aussi, des acteurs de la guerre spirituelle dont Tu parlais plus haut ?

DIEU : Oui, mais les fusils et les épées n’ont pas leur place dans cette guerre. La guerre spirituelle se mène avec des armes spirituelles. Vos prières augmentent la puissance de Mes forces angéliques.

SCOTT : Donc cette guerre spirituelle déborde sur le monde physique par l’entremise de toutes ces horribles petites brutes qui font leur sale boulot ?

DIEU : Oui, le Diable et ses démons sont bien décidés à stopper les croyants, une de leurs tactiques étant d’inciter d’autres humains à les persécuter. C’est l’une des raisons pour lesquelles Jésus recommandait à Ses disciples de mener une vie exemplaire, pour qu’ils puissent bénéficier de la protection de la loi.

SCOTT : Tu veux dire que le Démon pourrait lancer ses sbires aux trousses des croyants ? Et que, pour cette raison, les croyants doivent demeurer dans la légalité, pour pouvoir bénéficier de la protection de la loi en cas de confrontation avec « l’opposition » ?

DIEU : Précisément.

SCOTT : Mais que se passe-t-il lorsque les lois d’un pays interdisent aux croyants de mettre Tes commandements en pratique ? Ceux qui sont responsables de faire respecter la loi sont censés être les garants de la liberté religieuse, mais bien souvent ce sont eux qui donnent aux chrétiens le plus de fil à retordre. Citons pour exemple les pays où il est interdit de parler de Toi et de Te rendre un culte.

DIEU : Toute loi qui vous interdit de pratiquer votre foi est une loi inique.

SCOTT : Mais elle n’en demeure pas moins une loi. Peut-on l’ignorer en pareil cas ?

DIEU : Oui.

SCOTT : Les croyants, dis-Tu, peuvent enfreindre la loi ?

DIEU : Dans ce cas-là, oui, par rapport à cette question précise. Si une loi t’interdit de croire en Moi et d’exprimer librement ta foi, tu n’es pas tenu de la respecter.

SCOTT : Hé bien ! Voilà qui devient intéressant ! De la bouche même de Dieu : il est permis de désobéir à la loi.

DIEU : J’ai bien précisé dans quel cas de figure, et c’est seulement dans ce cas.

SCOTT : Pourrait-il y en avoir d’autres ?

DIEU : Pourquoi cette question ? Est-ce tu chercherais à enfreindre la loi ?

SCOTT : Ma foi, si Dieu me le permet…

DIEU : Minute ! Ce n’est pas du tout ce que je dis. Dans ton propre intérêt, tu ferais mieux de respecter la loi, sinon tu vas devoir rendre des comptes à la justice, et ça risque de te coûter cher.

SCOTT : D’accord, je plaisantais ! Pour en revenir à la guerre et tout ça, un chrétien a-t-il le droit de s’engager dans l’armée ?

DIEU : La vocation première d’un soldat est de faire la guerre. Pourquoi un chrétien voudrait-il faire la guerre ?

SCOTT : Je ne sais pas. Il considère peut être que c’est un travail comme un autre. Ou bien il pense qu’une menace pèse sur sa famille ou sur son pays, alors il décide de s’enrôler pour les défendre.

DIEU : Mise à part la légitime nécessité de défendre les siens, un soldat a pour mission d’être le bras fort d’un gouvernement. À de rares exceptions près, les gouvernements de ce monde ne sont rien d’autre que des instruments au service d’intérêts privés. Alors pourquoi un chrétien voudrait-il faire la guerre pour le compte d’un gouvernement inique ?

SCOTT : Alors Ta réponse est non ?

DIEU : Et toi, quelle est ta conclusion ?

SCOTT : À vrai dire, certains de nos gouvernements n’hésitent pas à T’invoquer et à proclamer haut et fort qu’ils envoient leurs soldats se battre pour « Dieu et Patrie ».

DIEU : Je ne me souviens pas avoir été consulté avant qu’on M’implique dans ces conflits. De tout temps, les gouvernements et leurs dirigeants ont prétendu que J’étais de leur côté. C’est comme ça qu’ils trompent les gens : ils leur ont fait croire que Je suis de leur côté pour qu’ils soient assurés de gagner. Mais Je n’ai rien à voir avec les gouvernements et les pays qui n’ont d’autre but que de s’accaparer les terres et les biens d’autrui — ce qui a presque toujours été la vraie raison des guerres. On se bat surtout pour des avantages économiques, mais rarement pour des causes justes. Il convient d’ajouter que les guerres dites de religion ont souvent été les plus sanglantes.

SCOTT : Mais pour en revenir à notre discussion sur la légitime défense, Saint Augustin n’a-t-il pas dit qu’une guerre pouvait être justifiée à condition qu’elle défende une cause juste et qu’elle emploie des méthodes moralement acceptables ? Il affirmait que les deux justifications fondamentales de la guerre étaient la légitime défense face à une attaque criminelle et le soutien apporté aux victimes de ce type d’agression.

DIEU : La légitime défense, ou la nécessité de se porter au secours des faibles, sont des raisons valables. Et de grâce, n’hésitez pas à prendre leur défense. Mais n’oubliez pas qu’il est souvent difficile de dire qui est le criminel et qui est la victime. Je constate que ce ne sont pas les criminels qui manquent des deux côtés. Alors Je ne vois pas pourquoi un chrétien voudrait être mêlé à tout ça.

SCOTT : Alors quel est mon devoir de chrétien vis-à-vis de mon gouvernement ?

DIEU : Comme l’indique la Bible, tu dois, autant que possible, vivre en paix au sein de ta communauté, sans causer de tort à personne, pour qu’on n’ait rien à te reprocher. Observe les lois de ton pays.

SCOTT : Autrement dit, je dois être un bon citoyen respectueux des lois.

DIEU : Tu peux toujours faire valoir que Dieu t’a dit que tu n’étais pas obligé d’obéir aux lois, mais dans un tribunal ça n’a jamais été un argument très efficace. D’autant plus que Je t’ai commandé d’observer les lois en vigueur.

SCOTT : Jésus a été exécuté en tant que criminel.

DIEU : Il a été accusé faussement puis condamné au cours d’un simulacre de procès.

SCOTT : Mais même dans le système judiciaire actuel, on n’attache pas une très grande importance au fait d’être coupable ou innocent, du moment qu’on a un bon avocat.

DIEU : Tu devrais quand même tout faire pour éviter de te retrouver devant le juge.

SCOTT : Ne T’en déplaise, c’est au tribunal que se sont retrouvés un grand nombre de Tes serviteurs, et ils ont souvent écopé de lourdes peines.

DIEU : C’est vrai. Si un chrétien est traîné en justice à cause d’accusations mensongères, c’est autre chose. Mais s’il s’avère qu’il est vraiment coupable de crimes, il est naturel qu’il en paye le prix. Les lois ont été établies pour votre protection. Si vous les respectez, vous pouvez exiger la protection de la loi. Dans le cas contraire, vous vous exposez au pire.

SCOTT : Et les impôts ? Est-ce que je dois payer des impôts au gouvernement ?

DIEU : S’ils sont exigibles, oui.

SCOTT : Même s’il s’agit de ces gouvernements iniques dont Tu parlais plus haut ?

DIEU : Si tu veux t’éviter des problèmes inutiles, tu as intérêt à payer tes impôts.

SCOTT : Un chrétien peut-il s’enrôler dans les forces chargées du maintien de l’ordre ?

DIEU : Ceux qui s’enrôlent dans la police pour maintenir l’ordre et la paix sont, indirectement, Mes instruments. Je leur suis reconnaissant de la tâche qu’ils effectuent. En effet, c’est grâce à leur vigilance que ceux qui croient en Moi, ainsi que le reste de la population, peuvent se sentir en sécurité. Le Diable et sa clique cherchent à perpétrer toutes sortes de crimes. Face à cette situation, les forces de police, Mes agents, sont là pour les empêcher de nuire. Cependant, J’énonce ici une généralité et cela ne veut pas dire que toutes les actions policières sont la traduction ou l’expression de Ma volonté. Certains policiers sont malintentionnés et corrompus.

SCOTT : Si j’ai bien compris, cela dépend des individus et de leurs actes.

DIEU : Absolument.

SCOTT : Que penses-Tu des emplois séculiers ?

DIEU : Que veux-tu savoir au juste ?

SCOTT : Un chrétien peut-il exercer un emploi séculier ou devrait-il plutôt poursuivre une vocation plus ou moins religieuse ?

DIEU : La responsabilité première d’un chrétien est de partager Mon amour avec ses semblables.

SCOTT : Mais tout le monde ne peut pas devenir ministre du culte, ou missionnaire, si c’est ça que Tu veux dire. Les uns s’en sentent incapables, les autres ont des obligations qui les en empêchent. Je peux très bien Te servir tout en continuant à exercer une profession séculière, n’est-ce pas ?

DIEU : Oui, absolument. Ce que J’entends par responsabilité première, c’est que, pour un chrétien, le fait de partager Mon amour avec les autres devrait être plus important que son travail séculier. Je sais bien que beaucoup ne peuvent Me servir à temps plein pour toutes sortes de raisons, mais il en est pour qui c’est possible, et le monde a grand besoin d’eux. Quant aux autres, Je les encourage à faire ce qu’ils peuvent. Certains ne peuvent pas faire grand-chose, mais ils font de leur mieux. C’est tout à fait louable, et Je récompenserai chacun en fonction de ce qu’il aura fait de sa vie et de la façon dont il aura fait fructifier les talents que Je lui ai donnés.

SCOTT : Autrement dit, si quelqu’un Te consacre une plus grande part de sa vie, cette personne en recevra une plus grande récompense.

DIEU : Ce qui compte, ce n’est pas tellement ce qu’une personne donne, mais plutôt combien elle donne par rapport à ce qu’elle est capable de donner. C’est d’ailleurs pour cela qu’il importe de savoir quelles sont tes priorités. Si tu accordes la priorité à ton travail séculier, alors, soyons franc, ce n’est pas Moi que tu sers, c’est ton travail.

SCOTT : Le fameux choix entre Dieu et Mammon.

DIEU : Exactement. Vous ne pouvez pas servir deux maîtres, et il peut s’avérer difficile de concilier vos priorités. Cependant, le plus important, quel que soit votre travail, c’est d’être un exemple d’amour. Il y a toujours eu, et on trouvera toujours des tas de gens qui sont capables de prêcher de beaux sermons, mais, toutes seules, les paroles sont creuses. En outre, quand Je dis que vous devez être un exemple d’amour, Je n’entends nullement que vous devez être des petits saints. Je vois plutôt quelqu’un qui s’entend bien avec les autres, quelqu’un d’aimable et d’attentionné, qui n’hésite pas à se dévouer quand il le faut, et qui répond toujours présent quand on a besoin de lui.

SCOTT : Revenons à la question de Dieu et de Mammon. Il faut bien de l’argent pour vivre, pas vrai ? Et si ne je travaille pas, je n’aurai pas d’argent.

DIEU : Si tu travailles pour Moi, Je vais m’assurer que tu ne manques de rien.

SCOTT : Alors Tu vas m’écrire un chèque ?

DIEU : À la limite, oui. Mais tu sais, travailler pour Moi, c’est bien la meilleure sécurité de l’emploi que tu puisses trouver ici-bas.

SCOTT : Comment ça ?

DIEU : Un emploi garanti à vie et un excellent plan de retraite.

SCOTT : Un plan de retraite ? Ça y est, j’y suis.

DIEU : (Rires.)

SCOTT : Mais ce n’est pas ça qui va me donner à manger aujourd’hui.

DIEU : Comment peux-tu dire une chose pareille ? Crois-Moi, Je subviens aux besoins de tous ceux qui consacrent leur vie à Mon service.

SCOTT : Pour ça, il faut avoir la foi.

DIEU : Est-ce si difficile que ça ?

SCOTT : Pour beaucoup d’entre nous, oui.

DIEU : Vous avez la foi dans les feux rouges, n’est-ce pas ?

SCOTT : Les feux rouges ?

DIEU : Oui, tu sais bien : les feux rouges, verts, orange.

SCOTT : Je ne vois pas le rapport.

DIEU : Si vous pouvez croire qu’un feu rouge va empêcher un énorme semi-remorque de percuter de plein fouet votre véhicule au moment où vous franchirez l’intersection, pourquoi vous est-il si difficile d’avoir foi en Dieu ?

SCOTT : Mais les feux, je peux les voir. Ils sont visibles. Malheureusement, Toi Tu ne l’es pas.

DIEU : J’en conviens. Donc, tu es en train de Me dire que tu as plus de foi dans une ampoule électrique qu’en Moi?

SCOTT : C’est lamentable, n’est-ce pas ?

DIEU : Tu l’as dit.

SCOTT : Donc si je travaille pour Toi, Tu vas subvenir à mes besoins ?

DIEU : Il n’y a rien de plus vrai.

SCOTT : Eh bien là, il y a matière à réflexion !

DIEU : Je l’espère ! Et Je t’assure que tu auras une table bien garnie.

SCOTT : Merci beaucoup d’être venu. C’est toujours un grand plaisir de connaître Ton point de vue.

DIEU : Merci de M’en avoir donné l’occasion.

SCOTT : À la prochaine.

DIEU : Au revoir.

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