Quelques surprises et Jésus

Quatrième entretien

SCOTT : Bonjour.

DIEU : Bonjour. Heureux de voir que tu vas bien aujourd’hui.

SCOTT : Oui, ça va bien, merci beaucoup ! J’imagine qu’il est superflu de Te demander comment Tu vas.

DIEU : En ce qui concerne Ma santé, il est vrai que c’est inutile. Mais Je passe par toutes sortes d’émotions, par conséquent il y a des jours où Je me sens « mieux » que d’autres.

SCOTT : Décidément, Tu ne cesseras jamais de m’étonner. Je Te trouve fascinant. Je me faisais sur Toi un tas d’idées préconçues qui sont en train de s’envoler en fumée.

DIEU : Comme quoi, par exemple ?

SCOTT : Comme le fait que certains jours Tu te sentes mieux que d’autres.

DIEU : C’est pourtant logique, non ?

SCOTT : À la réflexion, oui ! Disons que ça ne me serait pas venu à l’esprit.

DIEU : N’est-ce pas la raison de ces interviews ? Tu voulais faire plus ample connaissance avec Moi et tu voulais que Je réponde à tes questions…

SCOTT : Au départ, c’était pour que Tu répondes à mes questions, mais il se trouve à présent que nous sommes allés beaucoup plus loin. J’ai découvert que Tu étais bien plus abordable et beaucoup plus intéressant que je ne le pensais. Je ne voudrais pas, en employant le mot « intéressant », Te donner l’impression que je Te manque de respect. C’est que certaines choses sont apparues auxquelles je ne m’attendais pas. Disons que je T’imaginais au-delà de mon entendement, et par conséquent je pensais qu’on allait parler de sujets très différents. Mais de toute manière, je ne pensais pas être en mesure de Te comprendre !

DIEU : Je suis heureux que tu Me trouves intéressant. Il est vrai que si tu Me considères globalement, Je dépasse ta compréhension, mais tu peux tout de même te réjouir du fait que tu Me comprendras de mieux en mieux.

SCOTT : On n’aura donc jamais fini de Te découvrir ?

DIEU : C’est juste !

SCOTT : Tu nous as beaucoup parlé de Toi-même. Puis-je maintenant Te poser quelques questions sur Jésus ?

DIEU : Mais certainement — Jésus est l’un de Mes sujets favoris ! Voilà un retournement de situation : en général, c’est à Jésus que l’on pose des questions sur Moi.

SCOTT : Oui, sans doute. On nous dit que Jésus est Ton fils. Comment Dieu peut-Il avoir un fils ?

DIEU : Et pourquoi ne pourrais-Je pas en avoir ? Si les hommes et les femmes peuvent avoir des fils et des filles, pourquoi serait-il si étrange que Dieu ait un fils ?

SCOTT : Mais alors pourquoi te contenter d’un fils unique ?

DIEU : D’une certaine manière, Je ne me suis pas contenté d’un fils unique puisque J’ai créé les hommes et que Je leur ai offert de devenir Mes fils et Mes filles.

SCOTT : Mais nous ne sommes pas tout à fait dans la même catégorie que Jésus.

DIEU : Non bien entendu, mais Je vous aime tous autant que Jésus.

SCOTT : Autant que Jésus ? Cela paraît incroyable ! J’aurais plutôt tendance à penser, encore que j’avoue bien volontiers mon incapacité à comprendre, que Ton amour pour Jésus est beaucoup plus fort, vu qu’Il est d’essence divine, comme Toi.

DIEU : J’ai tant aimé l’humanité que J’ai accepté que Jésus vienne sur terre, qu’Il soit séparé de Moi pour pouvoir être avec vous, et que finalement Il meure pour vous. N’est-ce pas la preuve que Je vous aime tout autant que Lui ?

SCOTT : Je n’ai rien à répondre à cela. Néanmoins, Vous devez bien avoir un amour spécial l’un pour l’autre.

DIEU : Absolument, notre amour est unique, et même tout à fait extraordinaire. Tu ne pourrais pas comprendre.

SCOTT : Allons bon, me voilà confus. D’un côté, Votre amour l’un pour l’autre est si extraordinaire que je ne peux pas le concevoir, et de l’autre, Tu nous aimes tout autant que Jésus. Tu ne trouves pas qu’il y a contradiction ?

DIEU : Non, c’est simplement que ton esprit limité reçoit des informations qu’il est incapable d’absorber. La clé de l’amour qui M’unit à Jésus, c’est que Nous sommes, par essence, l’amour même. Notre amour l’un pour l’autre est parfait et parfaitement réciproque. Mais tu peux comprendre que chaque relation d’amour que tu as dans ta vie est d’une certaine manière tout à fait unique. L’amour que tu portes à tes enfants est différent de l’amour que tu portes à ta femme; ces deux formes d’amour sont uniques, néanmoins toutes deux sont amour. De même, un bon père n’aime aucun de ses enfants plus qu’un autre, pas vrai ? En fonction des circonstances, il peut être amené à accorder plus de temps à l’un qu’à l’autre, il peut se sentir plus proche de l’un que de l’autre, mais en réalité il les aime tous autant. J’avais une tâche à accomplir avec Mon Fils, Jésus, celle de vous sauver, vous tous qui êtes Mes autres enfants ! Mais cela ne veut pas dire que Je L’aime plus que vous.

SCOTT : D’accord, je crois que je commence à comprendre. Donc, dans la même ligne, pourquoi avoir choisi Marie et Joseph pour être les parents de Jésus sur terre ?

DIEU : Marie était une fille remarquable à bien des égards, mais dans son rôle de mère terrestre de Jésus, il ne faut pas la considérer dans son individualité : elle représente toute l’humanité. Elle fut pour Jésus une merveilleuse mère, mais sans être pour autant extraordinaire. C’était une femme typique, tout comme Joseph était un homme typique. Une partie de la mission de Jésus consistait à naître et à grandir dans une famille qui serait représentative de la vaste majorité des autres familles. Il allait faire l’expérience d’une vie typique, pour découvrir par Lui-même ce que c’est que d’être un homme ordinaire.

SCOTT : Je crois que Tu as anticipé sur la question suivante : pourquoi Jésus n’était-Il pas issu d’une classe sociale plus élevée ? Il se trouve que les circonstances qui entourèrent Sa naissance furent encore plus humbles que les conditions de vie habituelles de ses parents.

DIEU : C’est très juste. Tout cela faisait partie du plan. Quel test pour les humains ! Allaient-ils croire qu’un homme né dans une étable, en un pays obscur alors sous occupation étrangère, un simple charpentier devenu saint homme itinérant qui finirait par être exécuté comme un vulgaire criminel, pouvait en fait être Dieu ? Le seul fait qu’on ait pu croire que Jésus était Dieu est un témoignage à la puissance de cette vérité. D’autant plus que, de nos jours, c’est par milliards que se comptent les croyants.

SCOTT : On ne peut pas dire qu’Il ait bénéficié du soutien des autorités civiles et religieuses de Son temps.

DIEU : Certainement pas. Ses détracteurs les plus virulents auraient dû être Ses plus ardents partisans.

SCOTT : Tu fais allusion aux Juifs religieux de Son époque ?

DIEU : Certains crurent en Lui, mais ils n’étaient pas nombreux. La plupart Le considérèrent comme un anathème, ceux-là même qui, par la suite, devaient L’accuser. Puis ce furent les chefs des Romains, pourtant convaincus de Son innocence, qui Le firent exécuter, et de la façon la plus cruelle qui soit. Nombreux sont ceux qui ont eu une lourde part de responsabilité dans cette affaire.

SCOTT : Oui, j’imagine. Mais, en dépit du fait que certains Juifs s’opposèrent à Lui, il n’en reste pas moins que tous Ses disciples de la première heure étaient des Juifs.

DIEU : Bien sûr, et certains d’entre eux débordaient de zèle et d’énergie.

SCOTT : Dis-moi, à propos des disciples choisis par Jésus, ils n’étaient pas des plus éduqués, n’est-ce pas ?

DIEU : C’est le moins qu’on puisse dire ! Tu es bien charitable dans le choix de tes épithètes. Aurais-tu peur d’avoir à leur rendre des comptes quand tu monteras là-haut ?

SCOTT : Franchement non ! À vrai dire, c’est pour une toute autre raison : il m’arrive souvent d’être ébahi par les exploits de ces hommes et de ces femmes qui ont repris le flambeau après Son départ, et qui ont si bien propagé Ses enseignements à travers tout le monde connu.

DIEU : Encore une fois, c’est un témoignage rendu au message plus encore qu’aux messagers. Néanmoins ce furent des hommes et des femmes remarquables, une fois qu’ils furent remplis du feu sacré. C’est leur audace et leur conviction qui conquirent les cœurs. Paul fut le plus zélé d’entre eux, bien qu’il n’ait pas connu Jésus de Son vivant.

SCOTT : Il était aussi le plus éduqué, avec une formation qui le prédisposait à cette tâche.

DIEU : Dans un certain sens, oui. Mais son éducation n’avait pas grand rapport avec ce qu’il allait accomplir. En fait, ses connaissances firent longtemps obstacle à sa foi, et ce n’est qu’après avoir été ébloui par l’éclair de la vérité qu’il accepta de reconnaître ses torts. Plus tard, dans ses écrits, il eut l’occasion de mettre à profit ses connaissances, mais Je serais le premier à admettre qu’il n’est pas donné à tout le monde de comprendre certains de ses traités.

SCOTT : Ébloui par l’éclair de la vérité : c’est le cas de le dire ! J’imagine que Tu fais allusion à cette lumière éblouissante qui le rendit aveugle pendant plusieurs jours ?

DIEU : C’est exact. C’était un partisan farouche de l’opposition, à tel point qu’il refusait de reconnaître la vérité, aussi évidente fût-elle.

SCOTT : Pour en revenir à Jésus, comment as-Tu vécu Son séjour sur terre ?

DIEU : J’étais partagé. D’un côté, J’étais heureux de Le voir progresser dans Sa mission — cette mission que Nous avions longtemps préparée ensemble; de l’autre, J’étais triste, parce que même si nous gardions le contact, entre nous ce n’était plus comme avant, du temps où Il vivait avec Moi dans le domaine spirituel.

SCOTT : Tu veux dire que Vous n’étiez plus en contact permanent ?

DIEU : Si, Nous étions en contact permanent, mais c’était un peu comme la relation que J’ai aujourd’hui avec les hommes et les femmes qui M’aiment, en plus constant toutefois. Il y a bien un contact, mais ce n’est pas toujours tangible ou apparent. Nous désirions avoir un contact plus fort, mais étant donné les limites que J’avais mises en place dès l’origine, à la Création, entre le monde physique et le monde spirituel, il ne nous était pas possible d’avoir ce contact intense. C’est à cette époque que J’ai appris à aimer l’humanité encore davantage, car J’ai Moi-même ressenti ce besoin vital qu’ont les hommes de pouvoir communiquer.

SCOTT : Ça alors, c’est une révélation ! Tu as « appris » ?

DIEU : Est-ce si surprenant ?

SCOTT : Absolument ! Nous avons toujours pensé que Tu étais omniscient. Si Tu sais tout, comment T’est-il possible d’apprendre ?

DIEU : Je n’avais jamais été séparé de Jésus. C’était une situation nouvelle, et J’en ai appris quelque chose.

SCOTT : Je n’en reviens pas. Tu devais bien savoir ce que c’est qu’une séparation, puisque Tu sais tout.

DIEU : Tout savoir ne veut pas dire avoir fait toutes les expériences possibles et imaginables. J’aimais l’humanité et J’éprouvais pour elle de la sympathie, mais on ne peut pas vraiment se mettre à la place de quelqu’un, si on n’a pas vécu quelque expérience commune. Pendant que Jésus était sur terre, J’ai ressenti maintes émotions que ressentent les humains. Telle qu’une infinie tendresse à la vue de ce petit bébé qui venait de naître. Telle qu’une immense fierté quand Je L’ai vu rejeter toutes les tentations qui se présentaient à Lui, lorsqu’Il refusa de suivre une autre voie que celle que Nous avions tracée pour Lui; et qu’au lieu de cela, Il prit la décision de poursuivre Sa mission. J’ai éprouvé un immense chagrin et la pire des angoisses quand Je l’ai vu souffrir et mourir sur la croix. J’ai dû Me retenir pour ne pas intervenir. Autrement, tout ce que nous avions souffert aurait été en vain. Puis j’ai ressenti une joie et un bonheur indicibles quand, après une telle épreuve, Nous nous sommes trouvés à nouveau réunis.

SCOTT : Tout cela est bien logique et extrêmement touchant, mais on dirait que ça Te rend moins « omnipotent », moins divin en quelque sorte. Cela Te rend plus…

DIEU : Plus humain ?

SCOTT : Oui, j’imagine que c’est le mot : « humain ».

DIEU : Tu ne veux pas que Je sois « humain » ?

SCOTT : Dans un certain sens, non. Le fait que Tu puisses encore apprendre quelque chose donne l’impression que Tu n’es pas parfait et que, par conséquent, Tu pourrais te tromper.

DIEU : Tu as peur que Je me trompe ?

SCOTT : C’est bien possible, je ne sais pas. Nous sommes suffisamment nombreux, ici-bas, à faire des erreurs, Alors si en plus, Tu t’y mets, on est mal partis !

DIEU : Je vois ce que tu veux dire. Ne t’inquiète pas, Je ne fais jamais d’erreur. Mais toi, tu désires bien continuer à apprendre, et à vivre de nouvelles expériences, n’est-ce pas ? Et tu voudrais Me refuser le même plaisir ?

SCOTT : Non! Mais c’est une sacrée… euh…une toute nouvelle façon de voir les choses, et je ne sais plus trop où j’en suis dans tout ça !

DIEU : Tu allais dire une « sacrée embrouille ».

SCOTT : C’est vrai, mais je me suis repris. C’était déplacé.

DIEU : Je suis content que tu t’en sois rendu compte.

SCOTT : Moi aussi ! En lisant la Bible, on a l’impression que Tu as changé entre l’époque de l’Ancien Testament et celle du Nouveau Testament. Tu dis que Tu as « appris » de Tes expériences, et Toi-même Tu as fait une distinction entre le fait d’éprouver de la sympathie pour les humains et le fait de se mettre à leur place pour ressentir leurs émotions : cela explique-t-il ce changement apparent ?

DIEU : Fondamentalement, Je n’ai pas changé; c’est Mon attitude envers l’humanité qui a changé. Jésus et Moi savions tous deux que cette expérience aurait de telles répercussions, Nous y étions donc tout à fait préparés. Mais le fait que Jésus soit venu sur terre afin de mourir pour l’humanité nous a amenés à modifier certains principes fondamentaux. C’est ainsi que l’obéissance aux lois de l’Ancien Testament s’est trouvée remplacée par l’amour et la grâce du Nouveau Testament.

SCOTT : Il s’agit là d’un sujet important que nous pourrons peut-être aborder une autre fois. Comme il nous reste quelques minutes, puis-je Te poser une question assez personnelle ?

DIEU : Je t’en prie.

SCOTT : Quand Jésus est mort sur la croix, on dit qu’Il T’a appelé en Te demandant pourquoi Tu L’avais abandonné. Ce moment fut-il difficile pour Toi ?

DIEU : Aucun mot ne peut décrire la peine que nous avons endurée, Lui et Moi, à cet instant-là. Beaucoup d’entre vous savent combien il est difficile de voir quelqu’un qu’on aime souffrir et mourir. Cela vous donne une petite idée du chagrin que nous avons pu ressentir. Mais ce qui Nous a soutenus, c’est de savoir que ce sacrifice allait résulter en une merveilleuse victoire pour Nous et pour toute l’humanité. Au lieu de nous apitoyer sur Nous-mêmes, nous pensions au triomphe qui allait s’ensuivre, le triomphe sur la souffrance et sur la mort.

SCOTT : Autrement dit, Tu ne pouvais pas ignorer ce qui était en train de se passer.

DIEU : Non, bien sûr que non ! Mon Fils était exécuté de façon ignoble, cruelle et injuste, et Il était en train d’agoniser. Quel père digne de ce nom aurait pu tourner le dos à une scène pareille ? Mais Je ne pouvais intervenir. Je devais laisser les événements suivre leur cours, dans l’intérêt même de l’humanité.

SCOTT : Les retrouvailles ont dû être merveilleuses.

DIEU : Entre Jésus et Moi ? Oui, le plus beau moment que J’aie jamais vécu.

SCOTT : Mais il T’a fallu attendre 40 jours avant qu’Il ne monte au Ciel ?

DIEU : Tu plaisantes ? Pas du tout. Nous avons été réunis en esprit dès que possible après cette terrible épreuve. Pour beaucoup de gens, cela demeure un mystère. Chacun y est allé de son interprétation des événements, mais laisse-Moi te rassurer, Nous n’avons pas été séparés une seconde de plus qu’il n’était nécessaire.

SCOTT : Vous avez l’un pour l’autre un amour immense, n’est-ce pas ?

DIEU : Bien plus grand que tu ne pourras jamais le concevoir.

SCOTT : Mais Vous ne regrettez pas ce que Vous avez souffert.

DIEU : Cela fut extrêmement pénible pour Nous deux, mais Nous ne l’avons jamais regretté, parce que nous avons toujours su que ce sacrifice vous serait d’un grand secours et qu’il vous apporterait à tous un immense bonheur.

SCOTT : Je vois. Nous allons donc finir là-dessus, mais c’est une question que j’aimerais approfondir la prochaine fois, si Tu veux bien.

DIEU : Je m’en réjouis d’avance.

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