Les anges et les esprits

Deuxième entretien

SCOTT : Dans notre première interview, nous avons abordé un certain nombre de thèmes. J’espère que Vous ne voyez pas… je veux dire que Tu ne vois pas d’inconvénients, à ce que nous approfondissions certains d’entre eux.

DIEU : Pas du tout !

SCOTT : Ces dernières années, dans la presse et ailleurs, on a beaucoup parlé des anges. Il suffit de jeter un coup d’œil dans les librairies : leurs rayons sont remplis d’ouvrages sur le sujet, sans parler des programmes télévisés, et même des films. Je dirais que le public, submergé par une telle abondance de documentation, ne sait plus trop quoi penser et ne parvient pas à distinguer la réalité de la fiction.

DIEU : Je suis d’accord.

SCOTT : Étant donné que Tu es l’expert incontesté en la matière, ce serait merveilleux que Tu puisses remettre les pendules à l’heure.

DIEU : Avec plaisir. Qu’est-ce que tu aimerais savoir ?

SCOTT : Pour commencer, à quoi ressemblent les anges ?

DIEU : Il en existe…, si Je puis m’exprimer ainsi, de toutes les formes et de toutes les tailles. Et c’est peu dire.

SCOTT : Donc, il y en a de toutes sortes. Ils ne sortent pas tous du même moule.

DIEU : Bonté divine, non ! « Du même moule » ?

SCOTT : Oh pardon ! C’était une façon de parler, je voulais savoir s’ils se ressemblaient tous, s’il suffisait d’en avoir vu un pour les avoir tous vus… Encore une fois, pardonne-moi.

DIEU : Il se pourrait que tu en aies offensé quelques-uns en utilisant cette expression. Bien qu’ils soient fondamentalement de même nature, il en existe une variété infinie, certains remplissant des fonctions plus spécialisées. Ainsi leur apparence et leurs pouvoirs varient énormément.

SCOTT : Tu as parlé de pouvoirs ?

DIEU : Oui, ils ont tous des pouvoirs, mais ces pouvoirs dépendent des tâches qui leur sont confiées.

SCOTT : Comme par exemple ?

DIEU : Un ange est personnellement affecté à chaque être humain pour être son ange gardien.

SCOTT : Je peux comprendre que les « bons » aient un ange gardien, mais Tu dis que même les « méchants » en ont un ?

DIEU : Oui.

SCOTT : Pourquoi ?

DIEU : J’aime chaque être humain, sans exception. Par conséquent, Je lui attribue des anges qui pourront l’aider. Tout le monde ne les apprécie pas pour autant, et, étant donné les choix que font certaines personnes, leurs anges ne peuvent pas faire grand-chose pour elles.

SCOTT : Mais alors pourquoi devraient-ils rester plantés là à leurs côtés ?

DIEU : Ils font de leur mieux pour aider. Tout le monde, même le pire des individus, a ses bons moments, et les anges tirent parti de ces moments-là.

SCOTT : Veux-Tu dire que les choses seraient bien pires si les anges n’étaient pas là ?

DIEU : Absolument.

SCOTT : Dans bien des cas, il doit s’agir d’une tâche plutôt ingrate.

DIEU : En effet, mais c’est leur responsabilité. Par conséquent, ils trouvent leur satisfaction dans tout le bien qu’ils peuvent faire, même lorsque la situation n’est pas des plus prometteuses.

SCOTT : Tu as employé le terme de « gardien », ce qui semblerait indiquer qu’ils ont un rôle protecteur ?

DIEU : Parfaitement. Ils s’efforcent de veiller sur leur protégé, mais ils se doivent de respecter certaines limites. Si leur protégé accepte de coopérer, leur tâche s’en trouve grandement facilitée.

SCOTT : Plus précisément ?

DIEU : Si la personne dont ils ont la charge reste dans les limites du bon sens, c’est déjà un bon point de départ. Mais bien sûr, c’est encore mieux lorsqu’elle se donne la peine d’écouter leurs instructions.

SCOTT : Donc les anges communiquent avec nous ?
DIEU: Ils essayent, pour sûr. Mais c’est comme au téléphone : tous leurs efforts sont vains si, à l’autre bout de la ligne, le correspondant ne répond pas.

SCOTT : Et comment fait-on pour répondre ?

DIEU : Il faut s’arrêter pour écouter. Cette voix intérieure que tu entends n’est souvent rien d’autre que ton ange qui cherche à te parler. On l’appelle aussi la conscience.

SCOTT : Tu veux dire que la voix de la conscience est en fait celle des anges ?

DIEU : Oui, c’est souvent le cas. Ou celle d’autres agents. Ces voix ne sont pas les seules à se bousculer dans la tête des humains, mais elles sont bien là et on peut les reconnaître.

SCOTT : De quelle manière ?

DIEU : Ce sont celles qui vous incitent à faire le bien.

SCOTT : Dans notre interview précédente, Tu as dit que c’était Toi qui nous parlais.

DIEU : Exact. Parfois, Je parle directement; d’autres fois, comme Je l’expliquais, Je passe par l’un de Mes agents, un des anges ou des esprits que Je vous envoie.

SCOTT : J’ai encore des questions sur les esprits, mais J’aimerais en finir avec les anges, si Tu veux bien. Mis à part les anges gardiens, quels sont les autres types d’anges ?

DIEU : Certains ont plus de pouvoir que d’autres, et leurs fonctions diffèrent. Quelques-uns sont connus sur terre, sous différents noms, comme les séraphins et les chérubins.

SCOTT : Oh, les chérubins, ces petits angelots qui ressemblent à des amours…

DIEU : Voilà une idée totalement erronée. En réalité, Mes chérubins sont énormes et puissants et ils ont de grandes responsabilités. Rien à voir avec des bébés.

SCOTT : Pourrais-Tu nous expliquer un peu mieux ce que sont les responsabilités et les pouvoirs des anges ?

DIEU : Certains sont comme des soldats. Ils sont en guerre contre les forces du mal. Une guerre des mondes est en train de se dérouler, mettant aux prises les bons anges et les bons esprits d’un côté (Mon côté, pourriez-vous dire), et de l’autre, les anges déchus (qu’on appelle aussi les démons) et les mauvais esprits. Cette guerre est invisible à vos yeux, mais vous en constatez les effets. Il s’agit d’un conflit qui a lieu dans le domaine de l’esprit, lequel coexiste avec le monde matériel. Ceux qui habitent le monde de l’esprit peuvent voir ce qui se passe dans le monde matériel, mais leur interaction avec le monde physique est limitée.

SCOTT : Et qui est en train de gagner la guerre ?

DIEU : Les anges ! Mais — et c’est là un secret que bien peu comprennent — leur victoire dépend des prières de l’humanité.

SCOTT : Tu veux dire que nous contrôlons leurs pouvoirs ?

DIEU : Le mot est mal choisi. Disons que vous complétez et multipliez leur capacité d’intervention. En fait, ils tirent du monde physique une grande dose de puissance, et ce, grâce à vos prières. Quand vous priez pour une certaine situation, leur capacité d’intervention s’en trouve considérablement amplifiée. Et plus vos prières sont ferventes, plus ils peuvent accomplir.

SCOTT : Alors nous devrions prier les anges qu’ils…

DIEU : Non, on ne prie pas les anges. La prière doit M’être adressée. Elle est ensuite transformée en énergie spirituelle, laquelle est transférée aux anges ou aux esprits concernés.

SCOTT : Mais je pense qu’il nous est tous arrivé de prier — parfois même avec ferveur — sans aucun résultat apparent.

DIEU : À vrai dire, les résultats dépendent d’une multitude de facteurs, d’où la complexité du problème. Quoi qu’il en soit, je pense que tu admettras qu’il t’est arrivé de prier et d’être exaucé. Tu ne peux pas toujours Me juger, ou mesurer l’effet de tes prières à leur succès ou leur échec apparent. Toutes tes prières sont efficaces. Même si la situation ne se développe pas comme prévu, tes prières auront amené un résultat positif, qu’il soit visible ou non. Imagine à quel point les choses auraient pu mal tourner si tu n’avais pas prié du tout.

SCOTT : En effet, voilà une façon positive de considérer la question. Mais, vu que le bien, si j’ose dire, ne triomphe pas toujours, même à grand renfort de prières, on a l’impression que Toi et Tes forces sont loin d’être toutes puissantes.

DIEU : On peut avoir cette impression, mais Je te garantis qu’il n’en est rien.

SCOTT : Mais alors, cela me paraît injuste que du mal arrive aux innocents, quand Tu pourrais soi-disant tout arranger en levant le petit doigt.

DIEU : Es-tu bien certain que ce « mal » soit réellement mauvais ?

SCOTT : Il est évident, ou tout au moins il paraît évident que, lorsque des innocents sont maltraités, mutilés, chassés de leur foyer ou même tués, ou qu’ils voient leurs proches subir de pareils traitements, il s’agit d’un mal. Difficile d’y voir le moindre bien.

DIEU : Le plus souvent, c’est dû à la cruauté des hommes envers leurs semblables. Cela ne vient pas de Moi.

SCOTT : Certes, mais Tu pourrais intervenir pour y mettre un terme.

DIEU : Il se trouve que J’ai donné à l’homme le libre arbitre. Il n’y aurait plus de liberté si J’intervenais.

SCOTT : Ce libre arbitre n’est peut-être pas une si bonne idée, s’il doit engendrer la souffrance.

DIEU : Penses-tu qu’il aurait été préférable que Je crée des automates, programmés à réagir exactement à Mes commandes ?

SCOTT : À vrai dire… peut-être pas. Tu as raison.

DIEU : Ce que Je voulais, c’était un être libre, capable de faire le choix de M’aimer et d’aimer ses semblables. Il était important que l’homme soit entièrement libre de ses choix, pour qu’il puisse M’aimer, Moi et ceux que Je mets sur sa route, pour qu’il puisse faire le bien de son plein gré et non pas comme une machine. Cependant, nombreux sont ceux qui font mauvais usage de cette liberté. Ils font des choix désastreux et il en résulte de grandes souffrances.

SCOTT : Est-ce à dire que Tu n’interviens jamais quand Tu vois des hommes maltraiter leurs semblables ?

DIEU : Dans bien des cas, Je suis intervenu, notamment en réponse à la prière, pour enrayer le mal qui autrement aurait prospéré. Et pour ce faire, le plus souvent, J’ai recours à Mes agents qui s’efforcent d’influer sur la conscience des individus en question, pour les persuader de prendre les bonnes décisions, celles qui vont réparer les maux commis, ou les empêcher d’arriver. Mais s’ils refusent d’écouter, il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire de là-haut. Je ne force pas les gens à faire le bien, sinon, Je le répète, il n’y aurait plus de libre arbitre.

SCOTT : À vrai dire, je ne comprends toujours pas pourquoi Tu n’interviens pas davantage lorsque Tu vois d’extrêmes souffrances. Je suis sûr que ce serait apprécié.

DIEU : Je sympathise de tout cœur avec ceux qui raisonnent ainsi, même s’ils se trompent. Je sais que c’est très difficile à comprendre. C’est la raison pour laquelle les humains Me maudissent depuis l’aube des temps : « Pourquoi, Dieu, pourquoi ? Si Vous êtes si fort et si puissant, Vous auriez pu faire quelque chose. » Mais s’ils pensent ainsi, c’est parce qu’ils ont la vue courte.
Je m’efforce d’inspirer les uns et les autres à faire le bien — comme Je viens de l’expliquer — sinon, les choses seraient encore pires qu’elles ne le sont. Mais d’un autre côté, les hommes ne comprennent pas que, souvent, c’est à travers les difficultés et les épreuves que Je façonne leur vie et la vie de ceux qui les entourent, pour le plus grand bien de tous. Les difficultés, plus que toute autre chose, forgent le caractère. Quelquefois, le bien qui résulte des épreuves se manifeste aussitôt ; d’autres fois, on ne le voit pas clairement dans cette vie.

SCOTT : Dans cette vie ? Qu’entends-Tu par là ?

DIEU : Votre vie ne s’arrête pas là. Elle n’est qu’une phase transitoire de votre existence, mais c’est durant cette phase, et cette phase seulement, qu’il vous est donné de faire certaines expériences et d’en tirer les bénéfices. Si vous considérez le schéma général, le tableau dans son ensemble — y compris l’éternité —, votre vie actuelle sera suivie d’une autre vie, très longue celle-là, où beaucoup de choses seront rectifiées. Les bons seront récompensés, les méchants punis. Tous les torts seront redressés, tout sera résolu. C’est une question de confiance. Je vous demande de Me faire confiance, étant assurés que Je sais ce que Je fais et que le résultat final en vaudra la peine.

SCOTT : Je constate que la question est loin de Te laisser indifférent.

DIEU : Tout à fait. J’éprouve des émotions et il M’arrive d’être blessé. Aimer, c’est aussi être vulnérable, et, parce que J’aime, Je suis vulnérable et Je ne suis pas à l’abri des peines. Mais cela ne veut pas dire que l’on peut triompher de Moi. Je demeure invincible et, au bout du compte, tout se passera comme Je l’ai prévu. La vraie justice et l’amour triompheront, tu verras.

SCOTT : Alors pourquoi ? Pourquoi le mal et la souffrance ?

DIEU : Je me suis efforcé de te l’expliquer mais Je vois que tu n’as pas encore compris. La douleur et la souffrance sont « mauvaises », J’en conviens, et un jour elles disparaîtront. Mais en attendant, certains aspects de la nature humaine ne peuvent être forgés autrement que par de telles réalités, aussi négatives qu’elles puissent paraître. Ceux qui ont été éprouvés de la sorte possèdent une certaine « grandeur d’âme » que les autres ne possèdent pas. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils soient meilleurs, mais ils savent ce qu’est la souffrance. Il se peut que Je généralise ici en énonçant une vérité qui ne semble pas s’appliquer à tous les cas, J’en suis conscient. Néanmoins, c’est la vérité. Toutefois, beaucoup d’autres facteurs entrent dans l’équation, et peuvent influer sur le résultat escompté.

SCOTT : Autrement dit, au bout du compte, nous devons Te faire confiance, même si, apparemment, ce qui nous arrive n’est pas bon ?

DIEU : Oui, c’est à cela que ça revient. Même si c’est difficile à comprendre, Je vous en prie, faites-Moi confiance. Rappelez-vous que la vie n’est pas toujours aussi pénible. Il y a aussi des jours où tout se passe bien, n’est-ce pas ?

SCOTT : Oui, c’est vrai. Mais dans ces moments-là, on ne recherche pas trop Ton aide, on ne se pose pas de questions.

DIEU : Tu veux dire qu’on Me reproche le mal, mais qu’on oublie de Me remercier pour le bien ?

SCOTT : C’est malheureusement le cas, semble-t-il, et j’admets que c’est parfaitement injuste. J’admire Ta patience envers nous tous.

DIEU: Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas facile d’être Dieu ! Que dirais-tu d’en revenir aux anges ?

SCOTT : Bonne idée ! Existe-t-il différents niveaux d’autorité parmi eux ? Une certaine hiérarchie ?

DIEU : Absolument, il y a les anges et, au-dessus d’eux, il y a les archanges. Puis il y a ceux qui remplissent des tâches spécialisées, auxquels J’ai confié la responsabilité de Mon trône ou de certains domaines.

SCOTT : Ceux-ci se distinguent-ils des autres par leur apparence ?

DIEU : Oui, mais nous avons affaire ici à des entités spirituelles. Il est donc un peu futile de vouloir les cerner par leurs caractéristiques physiques. Ces entités peuvent revêtir certaines caractéristiques physiques sans que ce soit pour autant leur forme habituelle.

SCOTT : On se les représente avec des ailes et des auréoles, mais par ailleurs avec un corps semblable au nôtre.

DIEU : En effet, c’est ainsi que les anges sont apparus et les descriptions qu’on en a faites sont exactes, puisqu’il leur arrive de se manifester sous cette forme. Toutefois, ils ne se limitent pas à ces apparences.

SCOTT : Alors, pourquoi les ailes ? Ont-elles une signification particulière ?

DIEU : Les anges n’apparaissent pas toujours avec des ailes. Lorsqu’ils en ont, ils peuvent en avoir deux, ou quatre, ou même six. Les ailes sont une manifestation de leurs pouvoirs, de leur capacité à effectuer ce qui est impossible aux humains. L’homme a toujours désiré voler. Par conséquent, il ne peut s’empêcher d’éprouver crainte et admiration à la vue de ces merveilleuses créatures capables de s’arracher à l’attraction terrestre. C’est Moi qui ai inspiré et instruit les peintres et les sculpteurs du passé à représenter Mes anges avec des ailes.

SCOTT : Est-ce à mettre sur le compte d’une époque, disons… plus primitive ?

DIEU : « Plus primitive » ? Ce n’est pas vraiment le terme qui convient. Moins avancée, peut-être, dans les domaines de la science et de la technologie, mais Je dirais que les horreurs perpétrées par les hommes d’aujourd’hui sont d’une barbarie plus primitive et plus atroce que celle des hommes qui les ont précédés. Mais c’est là un tout autre sujet.

SCOTT : Les anges ont-ils des noms ?

DIEU : Tout à fait. Tu en connais certains grâce au récit biblique, comme Gabriel ou Michel, ou par d’autres sources.

SCOTT : Y a-t-il d’autres noms que Tu pourrais nous citer ?

DIEU : Oui, mais gardons cela pour un peu plus tard, si tu n’y vois pas d’inconvénients.

SCOTT : Bien sûr que non, si tel est ton souhait. Je ne voudrais pas T’offusquer, mais j’ai une… À vrai dire, je me sens un peu ridicule de poser une telle question, mais c’est une question qui a été soulevée à propos des anges : combien d’anges peuvent danser sur la tête d’une épingle ?

DIEU : Tu as raison, c’est une question ridicule. Mais puisque tu la poses, Je vais te répondre : aucun.

SCOTT : Aucun ?

DIEU : Parfaitement. Aucun d’entre eux n’est assez stupide pour aller danser sur la tête d’une épingle.

SCOTT : Oh, j’aurais dû m’en douter ! Alors, à présent, parle-moi des esprits. Comment les défunts en arrivent-ils à jouer le rôle d’esprits ?

DIEU : Tous les défunts sont des esprits. La tombe n’est pas l’aboutissement de la vie humaine. L’esprit de chaque personne continue de vivre après la mort physique. Quoique ces esprits ne vivent pas tous au même endroit. Comment, à ce stade de l’esprit, se retrouvent-ils avec différentes responsabilités ? Cela dépend de beaucoup de facteurs. Tout d’abord, de la destination que vous vous fixez : soit le Ciel, soit l’Enfer. En Enfer, les offres d’emploi sont limitées — tout au moins si vous voulez travailler pour Moi.

SCOTT : Je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup parmi nous qui demandent à être embauchés là-bas.

DIEU : En effet, Je te confirme que la plupart des gens n’y tiennent pas. Quant à ceux qui sont au Ciel, leurs désirs en la matière sont un facteur déterminant.

SCOTT : J’imagine que certains considèrent le Ciel comme une villégiature perpétuelle et qu’ils ne sont pas trop pressés de trouver un « travail ». Ils préféreraient se relaxer, se défouler.

DIEU : (qui ne peut s’empêcher de rire.) Oui, c’est très vrai ! Il y a des gens qui préfèrent ne rien faire du tout pendant longtemps, et Je ne saurais le leur reprocher. Mais, si on ne fait que s’amuser, on finit par se lasser… C’est alors qu’ils décident de se trouver une occupation. Au Ciel, le travail est beaucoup plus agréable et la majorité des gens trouvent que c’est infiniment plus gratifiant que sur terre où le travail s’apparente davantage à une corvée. Quelles que soient leurs tâches au Ciel, elles ont toutes une valeur et une portée éternelles. Contrairement aux occupations terrestres, dont la plupart sont un peu vaines puisqu’elles doivent être répétées jour après jour.

SCOTT : Alors, quel genre de travail peut-on espérer trouver dans les petites annonces du Ciel ?

DIEU : Voyons ce que tu aimerais faire.

SCOTT : Je crois que j’aimerais assez exercer une fonction de consultant ou quelque chose dans ce genre-là.

DIEU : On pourrait sûrement te trouver quelque chose au rayon des « mauvaises plaisanteries ». (Rires) Mais soyons sérieux, ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Si tu veux travailler en tant que conseiller, pourquoi ne pas devenir « l’aide spirituel » de quelqu’un sur terre ? C’est la fonction que remplissent de nombreux esprits.

SCOTT : Mais je pensais que chaque être humain avait déjà un ange gardien. Pourquoi aurait-il aussi besoin d’esprits pour l’assister ?

DIEU : Les esprits jouent plutôt un rôle d’instructeur spécialisé. D’ordinaire, ils sont mandatés pour une mission plus précise, d’une durée plus ou moins longue. En revanche, la mission d’ange gardien est une mission permanente.

SCOTT : Pourrais-Tu nous en dire davantage sur la fonction « d’instructeur spécialisé » ?

DIEU : Imaginons que quelqu’un doive accomplir une certaine tâche, comme écrire un livre, par exemple. L’esprit que Je choisirai de lui affecter apportera quelque expertise sur le sujet — ce pourrait être une connaissance approfondie du sujet lui-même, ou peut-être un talent de rédacteur.

SCOTT : Est-ce à dire que quiconque se met à écrire un livre, sera automatiquement assisté par un de ces aides spirituels ?

DIEU : Non, pas forcément. Il faut qu’il y ait une bonne raison à cela et, généralement, il faut que cette tâche s’inscrive, de près ou de loin, dans Mon plan général pour l’humanité.

SCOTT : C’est-à-dire…?

DIEU : Oh mon Dieu, n’en avons-nous pas déjà parlé ? Mon plan, bien évidemment, est de faire que le plus de monde possible aille vivre au Ciel.

SCOTT : Donc, dans le cas de cet auteur, les esprits qui l’assistent essayeront de lui faire dire dans son ouvrage quelque chose comme « Voulez-vous aller au Ciel… ? »

DIEU : Non, pas forcément. Mais ils feront tout leur possible pour inspirer l’auteur à influencer ses lecteurs de façon positive. Pour les amener, par exemple, à se poser des questions sur Moi ou sur la réalité du monde spirituel ; à vouloir faire un peu de bien dans le monde, à secourir leur prochain, à se montrer un peu plus — ou beaucoup plus — altruistes, plus justes, ou à faire preuve de plus de gentillesse et de considération à l’égard des autres. Ce genre de choses. Autant de marques d’amour qui témoignent de Moi.

SCOTT : Mais à en juger par les difficultés que nous avons, ici-bas, à rester à l’écoute du spirituel, jouer le rôle de partenaire spirituel d’un humain doit être terriblement frustrant.

DIEU : Ce peut être le cas. Mais lorsque la personne est sur la bonne longueur d’onde et que tout va comme prévu, c’est une expérience des plus gratifiantes. Il arrive souvent que les esprits demandent à être affectés à une personne avec laquelle ils ont une certaine affinité — que ce soit un descendant, un parent, un ami, ou quelqu’un qui a des intérêts communs, voire un conjoint, une conjointe, ou même un de leurs enfants. Mis à part le plaisir qu’ils éprouvent à venir en aide à un être aimé, c’est une façon de revivre leur vie et d’aider quelqu’un à réussir là où ils ont échoué, ou à accomplir quelque chose qui leur a toujours tenu à cœur.

Parfois, dans leur excès de zèle, certaines de leurs pensées ou souvenirs terrestres se trouvent transférés à leur protégé. Si bien que ce dernier a l’impression d’avoir des réminiscences d’une vie antérieure.

SCOTT : Et cela expliquerait la théorie de la réincarnation ?

DIEU : Oui, absolument. Ces pensées d’une autre vie sont en fait ressenties par le sujet comme les souvenirs d’une vie antérieure, et lui donnent cette impression de déjà vu. Alors qu’en réalité, ce sont les souvenirs de l’esprit qui l’assiste.

SCOTT : Est-il déplacé de la part des esprits guides de se livrer à ce genre de projection de la pensée ?

DIEU : C’est parfois le cas, mais le plus souvent, c’est accidentel. Le problème est que, une fois que ces pensées ont pénétré l’esprit humain, elles y restent. De tels souvenirs ne se situent pas toujours au niveau de la conscience, mais peuvent être activés par l’hypnose ou un traumatisme quelconque, ou même par une émotion très vive à caractère positif. Ce qui ne va pas sans entraîner parfois de sérieuses complications.

SCOTT : Et cela peut sérieusement perturber certaines personnes, sans qu’elles n’y soient pour rien.

DIEU : Il faut se garder de tirer des conclusions trop rapides. Il peut y avoir une part de faute de la part de l’aide spirituel, mais beaucoup de gens se trompent dans leurs suppositions. Un peu plus de prudence et de bon sens leur permettrait de mieux analyser les faits et d’éviter les conclusions hâtives.

SCOTT : Un dernier mot sur les anges et les esprits ?

DIEU : Notre entretien touche-t-il déjà à sa fin ? Comme le temps passe ! Nous qui vivons dans l’éternité ne sommes pas limités par le temps, mais voilà un autre thème de discussion. Espérons que cela te mettra l’eau à la bouche.
En guise de conclusion, J’aimerais dire que toutes les forces du Ciel combattent pour le bien. Je sais qu’on a parfois l’impression que l’autre camp est en train de gagner, mais Mes anges sont bien plus forts et plus nombreux que les anges déchus, et Mon plan se réalisera quoi qu’il advienne. Le Bien triomphera et la victoire de Mes forces célestes est assurée. Je vous conseille donc de miser tout votre argent sur Moi, sans la moindre hésitation, vu que ce sera Moi le grand gagnant. En fait, vous pouvez même parier votre vie sur Ma victoire.

SCOTT : Je ne doute pas que le lecteur saura apprécier cet excellent tuyau. Merci d’avoir accepté de revenir. Pouvons-nous espérer de nouveaux entretiens en tête-à-tête ?

DIEU : Assurément.

88888

Plus dans la section

Sois un ami

Related Post