La femme au puits

(Une histoire de l’Evangile de Jean,
chapitre quatre)

Le terme “bon samaritain” est bien connu.
Pourtant, peu de gens savent qui étaient les
Samaritains, et à quel point les Juifs
pouvaient les mépriser. Pour un Juif, le mot
” Samaritain “ équivalait à une insulte.
Mais penchons-nous sur l’origine de cette
haine :

En l’année 720 av.J.C., Shalmanesser,
monarque de l’empire assyrien, envahit
Israël et emmena en captivité sur ses terres
les dix tribus du nord. Puis, pour occuper
les villes alors inhabitées, il y installa des
peuplades originaires de Babylone ou de
certains territoires conquis. Cette région
devint la Samarie. (2Rois 17 :22-29)

A peu près deux cents ans avant
Jésus-Christ, les Samaritains, qui à
l’origine étaient païens, furent convertis
de force au judaïsme. Ils ne reconnaissaient
comme sacrés que les cinq livres de Moïse.
Comme aucun de ces textes ne parle de
Jérusalem en tant que ville sainte, ils ne se
rendaient pas au temple juif. Leur lieu saint
se trouvait au sommet du Mont Garizim, où
ils avaient construit leur propre temple.
Donc les Juifs, parce qu’ils considéraient
comme inférieur ce peuple de sang-mêlé
et de traditions religieuses différentes,
évitaient tout contact avec les Samaritains.

Un jour, poursuivi par Ses ennemis religieux
du pays de Judée, Jésus décida de se rendre
en Galilée, Sa province natale, située dans
le nord du pays. Le chemin le plus court
traversait la Samarie, mais c’était un chemin
peu fréquenté. Les Juifs, en effet, détestaient
tellement les Samaritains qu’ils préféraient
traverser le Jourdain et faire un long détour
pour éviter leurs terres. Ce fut donc à la
grande surprise de Ses disciples que Jésus
se dirigea tout droit vers la Samarie.

Pour tenter de distancer leurs ennemis, Jésus
et Ses disciples avaient marché sans s’arrêter
depuis le petit matin sur les pistes tortueuses
de Samarie. Sous le soleil torride de midi, ils
suivaient le chemin de crête qui reliait le
Mont Garizim au Mont Ebal quand, au détour
du chemin, ils découvrirent un spectacle
attrayant : le puits de Jacob, qui avait été
creusé voilà deux mille ans par le patriarche
Jacob et ses fils.

Les disciples, las et assoiffés, s’approchèrent
du puits dans l’espoir de se rafraîchir, mais
l’eau se trouvait à plus de 30 mètres de
profondeur et aucun d’entre eux n’avait de
cruche. A cours de vivres également, ils
résolurent de se rendre à la ville samaritaine
de Sychar afin d’y acheter de quoi manger
et boire.

Jésus était exténué, car Il n’avait presque pas
dormi de la nuit, et la fatigue venait s’ajouter
à la faim et la soif. Tandis que Ses disciples
poursuivaient leur chemin vers la ville, Il
décida de s’asseoir près du puits pour se
reposer.

Les disciples à peine partis, Jésus entendit
un bruit de pas qui se rapprochaient. Il leva
les yeux pour découvrir une femme, plutôt
séduisante, enveloppée d’une longue robe,
qui s’avançait vers le puits, une cruche vide
à la main. Sa démarche et ses manières
semblaient indiquer qu’elle se souciait peu
des convenances. Ne faisait-elle pas le
scandale de la ville ?

Arrivée près du puits, Mara
(nous l’appellerons ainsi) fut surprise de voir
qu’un étranger s’était assis là, à l’ombre d’un
arbre. Méfiante, elle jeta un regard furtif dans
sa direction. Sans doute un Juif, pensa-t-elle.
En espérant qu’il ne lui causerait pas d’ennui,
elle se pencha sur le puits pour y accrocher
sa cruche.

— Pourrais-tu Me donner à boire?,
lui demanda Jésus.

Mara Le regarda, stupéfaite. En effet, la
tradition juive interdisait à un Juif de boire
dans un récipient rendu impur par le
toucher d’un Samaritain, et encore plus
d’une Samaritaine !

— Comment se fait-il que toi qui es juif,
tu me demandes à boire, à moi qui suis
samaritaine?, répondit-elle sèchement.

— Si tu savais quel don Dieu veut te faire,
Lui répondit Jésus, et qui est Celui qui te
demande à boire, c’est toi qui Lui aurais
demandé à boire et Il t’aurait donné de
l’eau vive !

Intriguée par cette réponse, Mara répliqua :

— Maître, non seulement tu n’as pas de seau
mais le puits est profond. D’où la tires-tu
donc, ton eau vive ?

Puis avec la ferme intention de remettre cet
étranger à sa place, elle lui lança avec un
geste de défi :

— Tu ne vas pas te prétendre plus grand que
notre ancêtre Jacob, auquel nous devons
ce puits, et qui a bu lui-même de son eau
ainsi que ses enfants et ses troupeaux ?

Jésus se leva, se dirigea vers le puits et,
posant la main sur la margelle, reprit :

— Celui qui boit de cette eau aura de nouveau
soif. Mais celui qui boira de l’eau que Je lui
donnerai n’aura plus jamais soif. Bien plus :
l’eau que Je lui donnerai deviendra en lui
une source intarissable qui jaillira jusque
dans la vie éternelle!

C’est fantastique, se dit Mara. Tu t’imagines
un peu ! Une réserve d’eau intérieure qui va
me permettre de ne plus jamais avoir soif !
Mais qu’est-ce qu’il entend par là ?

— Maître, dit-elle pour Le mettre au test,
donne-moi de cette eau-là, pour que je
n’aie plus soif et que je n’aie plus besoin
de revenir puiser de l’eau ici.

— Va donc chercher ton mari, lui répondit
Jésus, et reviens ici.

— Je ne suis pas mariée, dit-elle avec un
petit air de jeune fille timide.

— Tu as raison de dire : Je ne suis pas mariée.
En fait tu l’as été cinq fois, et l’homme avec
lequel tu vis actuellement n’est pas ton mari.

Quel choc ! Comment un parfait inconnu
pouvait-il être au courant de tels détails de
sa vie privée ? Comment pouvait-il savoir,
à moins qu’il ne soit… un prophète ?
Dans un élan d’inspiration elle se dit : Voilà
certainement l’occasion ou jamais de poser
la question religieuse la plus à l’ordre du jour.

— Maître, dit-elle, je le vois, Tu es un prophète.

Puis, marquant une courte pause, elle pointa
du doigt le Mont Garizim et hasarda :

— Nos ancêtres ont adoré Dieu sur cette
montagne-ci. Vous autres, vous affirmez
que l’endroit où l’on doit adorer, c’est
Jérusalem.

— Crois-moi, lui dit Jésus, l’heure vient où il
ne sera plus question de cette montagne ni
de Jérusalem pour adorer le Père. Mais
l’heure vient — et elle est déjà là — où les
vrais adorateurs adoreront le Père par
l’Esprit et en vérité ; car le Père recherche
des hommes qui l’adorent ainsi. Dieu est
Esprit et il faut que ceux qui L’adorent,
l’adorent par l’Esprit et en vérité.

Mara en resta bouche bée. C’est merveilleux,
pensa-t-elle, si seulement cela pouvait être
vrai ! Si seulement on pouvait adorer Dieu,
où que l’on soit, et dans son cœur! Elle y
réfléchit quelques instants : Poser cette
question à un prophète, c’était bien, mais
elle aurait préféré la poser au Sauveur,
au Messie attendu depuis si longtemps.

Elle s’appuya sur le bord du puits,
et réfléchit tout haut :

— Je sais qu’un jour le Messie doit venir,
celui qu’on appelle le Christ. Quand Il
sera venu, Il nous expliquera tout.

Jésus la regarda profondément :

— Je suis le Messie, Moi qui te parle.

Mara, les yeux écarquillés, se tenait là
devant Jésus, à Le dévisager. Etait-ce
vraiment … vraiment Lui le Messie,
le Christ ? Son cœur battait la chamade.

Au même instant, ils furent interrompus par
les éclats de voix d’un groupe d’hommes qui
se rapprochait. Les disciples rentraient les
bras chargés de pain, de fruits et de pots de
lait. Comme ceux-ci s’installaient pour
manger, Mara ne fit qu’un bond et partit en
courant vers la ville. Elle en avait oublié sa
cruche.

Hors d’haleine, elle rentra dans Sychar. La
foule grouillait sur la place du marché et des
hommes conversaient, assis à l’ombre des
murs et des portiques de la ville.

— Venez ! cria-t-elle toute émue.

En un instant elle fut le centre d’attroupement.

— Venez voir un homme qui m’a dit tout ce
que j’ai fait !

De nombreux curieux se rassemblèrent
autour d’elle pour entendre son histoire
incroyable, qu’elle conclut par ces mots
qui les firent sursauter :

— Et ensuite Il m’a dit qu’Il était le Messie !

Gagnés par son enthousiasme, une bonne
partie des auditeurs furent convaincus que
l’homme qu’elle avait rencontré près du
puits devait être le Messie !

C’est ainsi que quelques minutes plus tard,
Jésus et Ses disciples aperçurent au loin,
sur la route qui menait à la ville, une
multitude exubérante qui se dirigeait vers
eux. Au centre, on y distinguait la femme
qui parlait toujours avec animation. A
peine arrivés près du puits, les Samaritains
prièrent Jésus de les accompagner à la ville
afin d’y rester pour les instruire.

Il accepta et, ravis, ils L’emmenèrent, Lui
et Ses disciples, à Sychar. Les Samaritains
leur servirent les mets les plus exquis et
mirent à leur disposition le logement le
plus confortable.

Jésus enseigna dans leur ville pendant deux
jours. Quelle ne fut pas l’émotion provoquée
par cette nouvelle doctrine libératrice, selon
laquelle aux yeux de Dieu, il n’y avait pas de
différence entre les Juifs et les Samaritains,
selon laquelle aussi, l’homme pouvait adorer
Dieu n’importe où, pas seulement dans des
temples de pierre. Ces magnifiques paroles
de vérité en amenèrent beaucoup à croire en
Lui. Emerveillés, ils disaient à Mara :

— Nous croyons en Lui, non plus seulement
à cause de ce que tu nous as rapporté,
mais parce que nous L’avons nous-mêmes
entendu ; et nous savons qu’Il est vraiment
le Sauveur du monde !

Le jour du départ de Jésus et de ses disciples
vers la Galilée, une foule se rassembla pour
leur dire adieu, et leur offrir du vin et des
vivres pour le voyage. Mara, le cœur
débordant d’amour pour Jésus, traversa la
cohue pour Lui faire ses adieux. Son visage
rayonnait de joie. A présent, elle comprenait
le sens des paroles qu’Il avait prononcées ce
jour-là près du puits, et une source d’eau
vive jaillissait de son âme.

MATIERE A REFLEXION

Jésus n’hésita pas à enfreindre les codes
religieux et les traditions pour apporter
l’amour de Dieu à des cœurs éperdus et
solitaires. Non seulement Il dépassait
les différences de race, de culture et de
religion qui Le séparaient des Samaritains,
mais Il ignorait les péchés de cette femme
rencontrée près du puits, pour n’y voir
qu’une âme assoiffée de l’amour de Dieu
et recherchant le salut !

Jésus lui dit que, si elle connaissait le don
de Dieu, c’est elle qui Lui aurait demandé,
et alors Il lui aurait donné une fontaine
d’eau vive qui jaillirait jusque dans la vie
éternelle.

Cette eau vive ne représente pas seulement
la vie éternelle mais aussi l’Esprit Saint.
Lequel, selon la promesse faite par Jésus,
viendrait habiter notre cœur si nous croyions
en Lui. (Jean 7 :37-39)

A la femme du puits, Jésus explique que
” Dieu est esprit “ et nous lisons aussi dans
la Bible :

“Le Dieu très-haut n’habite pas dans des
édifices construits par des mains humaines “
(Actes 7 :48)

Il ne réside pas dans des édifices religieux,
temples ou églises, pures constructions
humaines qui ne sont pas indispensables
au culte ou au service de Dieu. Une église
peut s’avérer utile en tant que lieu de
rencontre avec d’autres croyants, mais
elle n’est pas le seul endroit où l’on peut
trouver Dieu. Vous pouvez contacter Dieu
n’importe où, n’importe quand. Il vous suffit
de L’appeler du fond du cœur pour entrer en
communication directe avec Lui.

Les Ecritures nous enseignent que c’est le
cœur humain, et non pas un édifice, qui est
le véritable temple de Dieu. Dieu vient
habiter tous ceux qui accueillent Son Esprit
dans leur vie !

Tout comme nous l’indique
1Corinthiens 6 :19 :

“Ignorez-vous que votre corps est le temple
même du Saint-Esprit, qui demeure en vous ?”

On peut remarquer que Jésus, en dépit de son
éducation religieuse juive — et Dieu sait que
les Juifs étaient persuadés de la supériorité de
leur doctrine — n’a pas essayé de convertir
les Samaritains au judaïsme, ni de les
convaincre d’aller ” au bon temple “ à
Jérusalem. Du moment qu’ils croyaient en
Lui, Jésus les acceptait dans le Royaume
de Dieu !

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Patrick commentaire :

Voici une histoire tirée de l’Evangile qui
nous fait réfléchir sur le sens profond de
croire et comment aimer Dieu. En fin
de compte, Il n’a pas besoin d’un endroit
spécial pour être reconnu et être aimé.
Son vrai temple se trouve dans notre
cœur, et ce temple, nous pouvons
l’amener partout avec nous.

Ce que j’aime dans cette histoire, et dans
les autres parties des Evangiles, c’est
l’amour que Jésus avait pour les perdus.
Jésus n’avait pas peur d’aller au-dessus
des lois et des coutumes des Juifs pour
gagner le cœur d’une seule brebis perdue.
Pour moi, c’est le meilleur exemple de
l’amour de Dieu, qui passe au-dessus
des fautes et des péchés des gens, pour
leur apporter le salut.

Même à l’heure de son agonie sur la
croix, Jésus s’est tourné vers un des
criminels qui devait être crucifié avec
lui, pour lui offrir le pardon de tous
ses péchés et une nouvelle vie.

Luc 23:42,43 : “Et il disait à Jésus:
souviens-toi de moi, Seigneur, quand
tu viendras dans ton royaume. Et
Jésus lui dit: En vérité, je te dis:
aujourd’hui, tu seras avec moi dans
le paradis”

Il est même allé jusqu’à visiter les
âmes perdues en prison dans le
cœur de la Terre pour leur donner
une chance de se repentir de leurs
égarements.

1Pierre 3:19,20 : “par lequel aussi
étant allé, il a prêché aux esprits
qui sont en prison, ont été autrefois
désobéissants, quand la patience de
Dieu attendait dans les jours de Noé,
tandis que l’arche se construisait,
dans laquelle un petit nombre,
savoir huit personnes, furent
sauvées à travers l’eau”

Alors, prenons exemple sur cet
amour infini que Jésus avait pour les
âmes perdues et ne reculons devant
aucun sacrifice pour les amener dans
le royaume de Dieu.

“Dieu a tant aimé le monde, qu’il a
donné son Fils unique, afin que
quiconque croit en lui ne périsse
pas, mais qu’il ait la vie éternelle”
(Jean 3 : 16)

La Bible est toujours d’actualité,
et des millions de gens continuent
de se tourner vers elle pour trouver
les réponses qu’ils recherchent dans
leur vie. Elle n’est pas démodée ; elle
continue à détenir le plus grand record
de livres jamais imprimés et traduits.

« Et maintenant je vous dis: Ne vous mêlez
plus de ces hommes, et laissez-les; car si ce
dessein ou cette œuvre (La Bible) est des
hommes, elle sera détruite; mais si elle est
de Dieu, vous ne pourrez les détruire (la
détruire); de peur que vous ne soyez même
trouvés faire la guerre à Dieu »
(Actes 5 : 38,39)

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