Questions éthiques et sociales

Septième entretien

SCOTT : Encore une fois merci de bien vouloir m’accorder ces interviews.

DIEU : Tout le plaisir est pour Moi. J’ai souvent souhaité m’expliquer sur Mes points de vue et Mes intentions. Je me réjouis donc que l’occasion Me soit offerte de répondre à tes questions — les tiennes ou celles de quiconque d’ailleurs.

SCOTT : J’aimerais qu’aujourd’hui nous portions notre attention sur des questions éthiques et sociales. Le monde vient de connaître des événements d’une portée capitale. Nous sommes maintenant bien entrés dans le 3ème millénaire. La population mondiale dépasse les sept milliards. On a l’impression de se précipiter dans le futur sans trop savoir où l’on va. Avais-Tu prévu que notre planète deviendrait aussi peuplée ?

DIEU : Le surpeuplement de certaines régions du globe va à l’encontre de Mon plan. Toutefois, en ce qui concerne les sept milliards, Je savais, bien évidemment, que ce chiffre serait atteint.

SCOTT : Autrement dit, la surpopulation ne T’inquiète pas, ni le fait que très bientôt les ressources du monde ne pourront plus suffire à la demande de cette population.

DIEU : Ce qui Me préoccupe, c’est la répartition injuste des ressources terrestres — le fait que les uns amassent et consomment plus que nécessaire, pendant que les autres, par voie de conséquence, meurent de faim et de soif.

SCOTT : Mais pourquoi certaines régions du monde regorgent-elles de richesses tandis que d’autres sont dépourvues de tout ?

DIEU : Il n’en était pas ainsi à l’origine. L’homme, qui exploite ce monde depuis des millénaires, est responsable de ces inégalités et de cette mauvaise répartition des richesses. Pas Moi.

SCOTT : Le besoin le plus urgent des populations, c’est l’eau. Dans certaines régions, elle abonde; ailleurs on souffre d’une pénurie d’eau. Il paraît évident que, tout au moins sur ce point, c’est Toi qui es responsable de cet état de choses.

DIEU : Les raisons de cette pénurie sont diverses, mais elles sont presque toutes imputables aux humains à cause de leur mauvaise gestion. Tiens, même de nos jours, l’homme, en détruisant la forêt tropicale, peut s’attendre à récolter de nouveaux désastres. Jusqu’à maintenant, l’écologie mondiale s’était montrée assez robuste mais les coups qu’on ne cesse de lui porter finiront bien par provoquer une catastrophe.

SCOTT : Dieu est du côté des « verts », semble-t-il.

DIEU : D’une certaine manière, Je suppose. Toutefois, il y a une limite. Ce qu’il y a de plus précieux au monde, ce sont les vies humaines. Elles ont la priorité. L’homme doit tirer le meilleur parti de Ma création, du monde que J’ai créé, pour permettre à l’humanité de survivre. Certes, l’exploitation abusive des ressources, qui est malheureusement très répandue, est répréhensible; mais tout aussi répréhensible est le fait d’accorder plus d’importance à la survie des animaux et des forêts qu’à celle des humains. La vérité se situe dans le juste milieu. Il faut que les richesses de la planète soient exploitées de façon raisonnable et équitable pour tous, de manière à ce que l’humanité ait les moyens de subsister, et que l’environnement soit sauvegardé.

SCOTT : Bon sang ! Non seulement, Tu es un « vert », mais, à entendre Tes propos sur l’égalité, on croirait avoir affaire à un socialiste.

DIEU : Que chacun contribue selon ses capacités, et que chacun reçoive selon ses besoins, tel est Mon slogan.

SCOTT : Holà ! Te voilà en train de citer Karl Marx à présent !

DIEU : Marx M’a volé quelques idées — qui viennent tout droit de la Bible.

SCOTT : La Bible fait l’apologie du socialisme ?

DIEU : La Bible professe l’amour de Dieu et de l’humanité. C’est sur cette base que reposait la société idéaliste fondée par les disciples de Jésus après Son ascension : chacun mettait ses biens à la disposition de tous, et l’abondance des uns venait combler les besoins des autres.

SCOTT : De toute évidence, ce mode de vie n’a pas duré longtemps.

DIEU : Maintes communautés religieuses pratiquent encore ce mode de vie, qui d’ailleurs leur convient tout comme il convenait aux premiers disciples.

SCOTT : Quoi qu’il en soit, le communisme s’est soldé par un échec.

DIEU : Je ne parle pas du communisme politique athée. Ce système était voué à l’échec parce qu’il croyait pouvoir y arriver sans Moi. Il était basé sur le partage forcé, où ceux qui détenaient le pouvoir, tout en se posant comme protecteurs des masses, ne pensaient qu’à accroître leur pouvoir et leurs richesses sur le dos du menu peuple. Non, Je ne veux rien avoir à faire avec ce communisme-là. Ce que Je préconise, c’est une société fondée sur l’amour et le respect d’autrui. Si chaque être humain se souciait des besoins de son prochain, alors il verrait qu’à son tour, ses propres besoins seraient assurés.

SCOTT : Là on est en pleine utopie ! Les gens ne fonctionnent pas ainsi. À l’exception, peut-être, de quelques saints. Mais pour le commun des mortels que nous sommes, l’altruisme ne s’étend pas au-delà des membres de notre propre famille — et encore, ce n’est pas toujours le cas.

DIEU : Ce genre d’amour n’est possible que si vous faites de Mon amour l’élément moteur.

SCOTT : Mais des millions de gens prétendent être animés par Ton amour. Mais ça n’a pas l’air de changer grand-chose à leur façon de vivre. Il y a peut-être un peu plus de religion dans leur vie, mais il ne faut surtout pas toucher à leur porte-monnaie !

DIEU : Si votre religion n’atteint pas votre cœur et ne vous donne pas la compassion qui vous pousse à venir en aide aux autres, elle n’est qu’un vernis superficiel.

SCOTT : Le grand concurrent du communisme, c’est le capitalisme qui, à l’heure actuelle, est en train de triompher du communisme. Que penses-Tu du capitalisme ?

DIEU : Le capitalisme exerce sans doute une plus grande attraction sur le public, du fait que beaucoup de gens y voient une occasion de s’enrichir. C’est la carotte qui va les motiver à travailler toute leur vie dans un système qui exploite les masses mais ne profite qu’à une certaine élite. Poussés par l’espoir de découvrir un jour le filon, ils sont pris dans l’engrenage. Non, les systèmes politico-économiques de ce monde n’ont pas été mis en place par Moi.

SCOTT : Alors, quel système préconises-Tu ?

DIEU : L’idéal, c’était le Jardin d’Eden. Depuis lors, à de rares exceptions près, tous les systèmes n’ont été que de piètres substituts.

SCOTT : Donc, selon Ton plan originel, nous devions, nous les humains, habiter un monde idyllique où tout n’était qu’amour et beauté. Un tel environnement ne ferait-il pas de nous des êtres passablement paresseux ?

DIEU : J’entends déjà réagir tes lecteurs : « Parle pour toi-même ! » C’était idyllique, certes, mais Adam et Ève étaient loin d’être paresseux.

SCOTT : Ils avaient quelque chose à faire, dis-Tu ?

DIEU : Oh que oui ! Il fallait bien qu’ils s’occupent du jardin.

SCOTT : Ah bon ? Et moi qui pensais qu’ils se prélassaient en sirotant leur punch coco — ou son équivalent édénique — tout en faisant le plein de soleil.

DIEU : Mais, pas du tout. Ils devaient entretenir le jardin et s’occuper de leur famille. Ceux qui élèvent des enfants savent bien que ce n’est pas de tout repos.

SCOTT : Quoi ? Caïn, Abel et toute la smala, ont vu le jour dans le Jardin d’Eden ?

DIEU : Caïn et Abel, oui, mais pas « toute la smala ».

SCOTT : Curieux ! J’aurais pensé que les enfants d’Adam et Ève étaient venus au monde plus tard, après leur départ du jardin, quand ils peinaient dans les champs à la sueur de leur front pour produire leur subsistance. Comme si le fait d’avoir des enfants faisait partie de la Malédiction qui pesait sur eux pour avoir mangé le fruit défendu.

DIEU : La Malédiction ? Tu penses qu’avoir des enfants est une malédiction ?

SCOTT : Euh, non, mais…

DIEU : Je vois ! Tu penses que le sexe faisait partie de la Malédiction ?

SCOTT : À vrai dire, c’est l’impression qu’on a parfois — que le sexe et la sainteté sont incompatibles.

DIEU : Alors là, tu mélanges tout. Non, le sexe existait depuis l’origine. Adam et Ève en ont profité pleinement et ont eu des enfants bien avant de quitter le Jardin d’Eden.

SCOTT : Autrement dit, Tu n’as rien contre le sexe ?

DIEU : Pourquoi serais-Je opposé à un acte d’amour qui peut donner naissance à un nouvel être humain?

SCOTT : Certains pourtant ont cette impression.

DIEU : Eh bien, finissons-en une bonne fois pour toutes avec cette impression. Pour un homme et une femme, les rapports sexuels sont la plus belle expression physique de leur amour réciproque. J’ai voulu que l’amour sexuel soit quelque chose de plaisant, d’agréable et de pratiquement irrésistible. J’aime que les gens qui manifestent leur amour l’un pour l’autre. Non, décidément, il n’y a rien de mal au sexe et le sexe n’a rien de malsain ; ce n’est pas non plus une conséquence du péché ou de la Malédiction.

Il y a, bien sûr, des tas de choses à prendre en considération. Il faut donc bien réfléchir avant de s’y engager. Toutefois, c’est un vaste sujet dont nous pourrons parler davantage dans une prochaine interview. Tu allais Me poser des questions d’ordre social.

SCOTT : En effet. En rapport avec ce sujet, j’aurais aimé aborder le problème du contrôle des naissances et de l’avortement… Je constate tout à coup qu’il y a une certaine tristesse dans l’air.

DIEU : En effet, l’avortement est une chose qui M’attriste au plus haut point.

SCOTT : Il en est qui considèrent l’avortement comme une solution plus humaine à long terme, pour éviter à un enfant de se sentir non désiré toute sa vie. Beaucoup de mères célibataires ne peuvent se permettre d’élever un enfant.

DIEU : Il existe d’autres solutions. Une fois qu’un bébé a été conçu, l’idéal c’est qu’il soit pris en charge par un père et une mère qui vont bien s’occuper de lui. Si les parents naturels n’en sont pas capables, ou s’ils se refusent à prendre cette responsabilité, il vaudrait mieux pour le bébé qu’il soit adopté par des personnes qui sont à même de le faire. Ce seront éventuellement les grands-parents ou d’autres membres de la famille.

J’en profite pour ajouter que Je compatis sincèrement au désarroi qu’éprouvent certaines femmes qui tombent enceintes et qui envisagent un avortement. Cela montre à quel point le monde est devenu dur et cruel : comment a-t-on pu en arriver à considérer un enfant, qui est le plus beau cadeau que Je puisse faire à une femme, comme un terrible fardeau qui empêchera la mère de mener à bien son projet de vie ? Le fait que la « civilisation » en soit arrivée là — à considérer le meurtre d’un bébé comme la solution privilégiée, voire souhaitable —, est bien la preuve de la barbarie de vos sociétés.

SCOTT : Donc Tu fais cause commune avec ceux qui vont manifester devant les cliniques où se pratique l’avortement.

DIEU : Ôter la vie à un enfant qui n’est pas encore né est inadmissible. Ceci dit, Je n’approuve pas pour autant toutes ces manifestations. Plutôt que de dépenser autant d’énergie à leurs campagnes de protestations, ils feraient bien mieux de venir en aide aux femmes qui se trouvent acculées à ce choix. Ils devraient s’occuper de trouver des moyens de faciliter les adoptions. Ils devraient essayer de voir s’ils ne peuvent pas eux-mêmes adopter un enfant non désiré. Ils devraient s’occuper de trouver un emploi aux femmes qui n’ont pas les moyens d’élever leur enfant. Voilà, parmi tant d’autres, quelques actions positives à considérer pour éviter que certaines femmes ne se sentent réduites à avorter.

SCOTT : Et puis à l’opposé, il y a ceux qui font tout pour avoir des enfants mais qui n’y parviennent pas. Il existe de nombreuses méthodes pour développer la fertilité, et beaucoup choisissent de les essayer. Qu’en penses-Tu ?

DIEU : Vouloir être parent est une noble ambition, et Je salue ceux qui font tout ce qu’ils peuvent pour avoir des enfants. Toutefois, considérant le grand nombre d’enfants qui sont candidats à l’adoption, Je dirais que, d’une façon générale, il serait préférable de considérer cette voie, plutôt que d’investir tellement d’efforts et de temps, en vain le plus souvent, dans des méthodes artificielles — sans parler de la difficulté pour la maman de garder le bébé jusqu’au terme de la grossesse.

SCOTT : Beaucoup opteraient pour cette solution si les procédures d’adoption n’étaient pas aussi strictes.

DIEU : Exact. C’est triste à dire mais la société est tellement méticuleuse dans sa procédure d’examen des parents qui sont candidats à l’adoption, que, bien souvent pendant ce temps-là, l’enfant doit rester dans une institution où les conditions sont loin d’être idéales. C’est là qu’on voit l’absurdité inhérente à la société moderne : en cherchant à protéger l’enfant, on condamne celui-ci à une éducation qui laisse grandement à désirer. Mais c’est ainsi que ça marche dans le monde. Quand des hommes et des femmes bien intentionnés font des lois pour rectifier les injustices, ils ne font souvent qu’empirer les choses.

SCOTT : Et comment ça se fait ? Ces lois, que je sache, ont été mises en place par des gens pleins de bonnes intentions qui avaient à cœur de protéger les intérêts des personnes concernées par la loi.

DIEU : Ces problèmes viennent du fait que l’homme ne sait pas se débrouiller tout seul. Si on M’exclut, on va, au mieux, au devant d’une déception, et, au pire, on court à la catastrophe. Et en général, ce sont les petites gens qui en font les frais. Pour que les lois ou les efforts de cette nature — dont le but est d’organiser la société, les communautés et la famille — puissent fonctionner correctement, il faut que Je sois impliqué. Le monde à venir ne connaîtra pas ce type de problèmes, parce que le principe directeur de la société sera l’amour et non pas la loi. On y recherchera avant tout le plus grand bien de chaque individu, et non pas l’observance rigide de la loi. C’est Ma façon de démontrer au monde que Mes méthodes sont infiniment supérieures.

SCOTT : D’aucuns percevront ici une pointe d’arrogance.

DIEU : C’est possible. Parce que J’ai dû mettre le doigt sur l’un ou l’autre de leurs préjugés ou de leurs dogmes favoris. Je ne voudrais offenser personne en disant cela. Je me contente d’énoncer un fait : la façon dont les hommes s’y prennent et les façons de faire de ce monde sont, en fin de compte, fâcheusement inadéquates : elles ne parviennent pas à procurer aux hommes la qualité de vie à laquelle ils ont droit. À l’évidence, leurs rêves ne peuvent se réaliser pleinement dans cette vie. Ils n’en apprécieront que plus la perfection du monde futur.

SCOTT : Pour en revenir à l’avortement, juste une minute si Tu veux bien : qu’advient-il des esprits de ces enfants qui meurent avant la naissance ?

DIEU : Ils retournent au Ciel.

SCOTT : C’est bien mieux, diront certains, que de rester ici-bas sans être désiré.

DIEU : Dans l’ère actuelle, l’esprit de l’homme est destiné à mener une vie sur terre. Si ce plan est contrarié, le dessein de leur vie reste inachevé.

SCOTT : Alors, ils bénéficient d’une seconde chance ?

DIEU : Beaucoup d’entre eux, oui.

SCOTT : Mais pas tous ?

DIEU : Pour certains, il ne se présente pas d’opportunité.

SCOTT : Est-ce à dire qu’ils demeurent en quelque sorte inachevés ?

DIEU : Non, car Je compense cet état de choses.

SCOTT : Au Ciel, Tu veux dire ?

DIEU : Oui. Ces enfants qui ont été rejetés par leurs mères et leurs pères terrestres sont chers à Mon coeur, et quand ils ne peuvent vivre leur séjour sur terre, Je les accueille en personne à leur arrivée. Je les prends dans Mes bras pour les choyer, pour les bénir. Et puis, Je leur trouve, à chacun, un endroit spécial pour que, jamais plus, ils ne se sentent rejetés.

SCOTT : Donc en gros, les choses finissent par s’arranger. Tout est bien qui finit bien.

DIEU : Je ne permettrais pas qu’un seul de ces innocents souffre par la faute des hommes. Mais le plan qui avait été tracé à l’origine pour cet enfant n’est pas pleinement réalisé.

SCOTT : Quelle différence cela fait-il ? Le plan originel est-il toujours le meilleur et le reste un pis-aller ?

DIEU : Mon plan originel est toujours le meilleur. Regarde le Jardin d’Eden. C’était Mon plan originel. Où est-ce que tu préfèrerais vivre : en Eden ou là où tu te trouves?

SCOTT : Bien vu. Mais on pourrait dire que nos erreurs nous rendent plus sages.

DIEU : Plus sages, oui, mais pas forcément mieux lotis ou plus heureux. Adam et Ève, après avoir péché, ont acquis une certaine sagesse, mais peut-on vraiment dire qu’ils étaient mieux lotis ou plus heureux qu’avant ?

SCOTT : Étant donné que Tu condamnes l’avortement, j’imagine que Tu n’es pas d’accord non plus avec l’euthanasie.

DIEU : La vie humaine est précieuse. Pour qui l’homme se prend-il de s’arroger le droit de tuer au nom de la pitié ?

SCOTT : Il semblerait que, dans le cas d’une survie artificielle, la personne n’ait plus grand-chose à attendre de la vie.

DIEU : Si la personne est dans cette condition, c’est un autre cas de figure. Je ne dis pas pour autant qu’il faille toujours débrancher le système de survie. Il est arrivé que des malades sortent de leur coma ou qu’ils aient guéri miraculeusement. Autant de choses à prendre en ligne de compte. Mais si quelqu’un est vivant et qu’il n’a pas besoin d’appareils de survie artificielle, alors on ne devrait pas mettre fin à ses jours prématurément. Par contre si quelqu’un est sur le point de mourir et dans un état comateux, et qu’il est maintenu en vie de façon artificielle, pourquoi devrait-on l’empêcher de passer dans le monde meilleur qui l’attend ? Quoi qu’il en soit, si une personne peut se maintenir en vie toute seule, on n’a pas le droit de mettre fin à ses jours.

SCOTT : Attaquons-nous à un autre sujet qui se rapporte à la vie et la mort : la peine capitale. A-t-on le droit ou non d’exécuter un criminel qui s’est rendu coupable d’atrocités ?

DIEU : Je le répète, la vie est précieuse. Cela dit, lorsqu’un individu fait usage de sa vie pour perpétrer le mal, alors il perd ce droit à la vie. L’homme a été créé pour faire le bien ; si au lieu de cela, il choisit de faire le mal, il doit en assumer les conséquences. Je suis en faveur de la miséricorde, et la miséricorde est supérieure à la justice. Mais dans ce monde, les hommes sont soumis aux lois de leur pays. S’ils commettent, comme tu le dis, des atrocités, ils renoncent à la miséricorde. Dans ce cas, ils tombent sous le coup de la justice et la justice veut que parfois ils payent de leur vie leurs mauvaises actions. Ayant énoncé ce principe général, J’ajouterai que, dans chaque cas, les circonstances doivent être prises en compte. La peine capitale est extrêmement sévère, mais quelquefois, c’est le seul châtiment qui convienne.

SCOTT : Pourrais-Tu préciser à quel genre de crimes Tu penses ?

DIEU : Toutes les civilisations de ce monde, par delà les cultures et les particularismes géographiques, s’accordent en gros sur ce point. Il s’agit des homicides délibérés et prémédités, ou des crimes qui ont entraîné d’extrêmes souffrances. Il M’est très difficile de faire autrement que de m’en tenir aux lignes générales, vu que, Je le répète, les circonstances peuvent être extrêmement variables et qu’il est donc impossible de couvrir tous les cas de figure.

SCOTT : Mais Tu penses que la peine capitale peut s’imposer.

DIEU : C’est parfois la seule sentence qui soit appropriée.

SCOTT : Comment peut-on concilier la contradiction apparente entre le 6ème commandement, « Tu ne commettras point de meurtre » et la peine de mort ?

DIEU : Ce commandement s’adressait aux individus, et non pas aux institutions dûment reconnues et chargées de rendre la justice et de punir les crimes.

SCOTT : Mais tout au long de la Bible, il est question de pardon, qu’il faut pardonner à ceux qui nous ont offensés. Tu as même dit que Tu accordes le pardon à tous ceux qui Te le demandent. Ces crimes, qui sont passibles de la peine capitale, sont-ils si monstrueux que Tu ne puisses ou que nous ne puissions pas les pardonner ?

DIEU : Je pardonne à tous ceux qui Me demandent pardon. Quant à vous, en tant qu’individu, vous devriez en faire autant, ne serait-ce que pour votre propre bien. Mais chacun doit néanmoins assumer les conséquences de ses actes.

SCOTT : N’est-ce pas contradictoire ?

DIEU : En tant que personne, il t’appartient de pardonner à celui qui t’a fait du tort, même si ce tort est très grave. Cela n’empêche pas que le coupable devra répondre de ses actions devant la société. Mais là, ce n’est plus du tout de ton ressort.

SCOTT : Donc, si une personne qui m’est très chère se faisait assassiner, je devrais, dis-Tu, pardonner au tueur ? Ça me semble extrêmement difficile.

DIEU : Je ne dis pas le contraire. Mais si tu laisses le ressentiment t’empoisonner le cœur parce que tu refuses de lui pardonner, c’est toi qui en souffriras. Cette rancoeur te rendra malheureux comme les pierres. Le fait de vouloir te venger et te faire justice à tout prix ne guérira sûrement pas tes plaies. La seule manière pour toi d’être guéri du ressentiment et de la rancœur, c’est de pardonner, délibérément et consciemment. Combien de vies ont été détruites à cause du ressentiment ? En premier lieu, la vie de ceux qui se sont laissés miner par lui, mais aussi celles de leurs proches.

SCOTT : Et le suicide ? Est-il pardonnable ?

DIEU : Tu veux dire par Moi ?

SCOTT : Oui.

DIEU : Tout peut être pardonné. Toutefois, quelle tristesse qu’un suicide ! N’est-ce pas malheureux que des gens puissent être à ce point désespérés qu’ils ne voient plus d’autre solution que de mettre fin à leurs jours ? Il y a dans chaque vie tellement d’espoir et de promesses ! Le suicide est souvent un témoignage contre la société et contre l’entourage de cette personne, autant qu’un témoignage contre la personne elle-même.

SCOTT : Nous avons parlé de l’euthanasie. Le suicide assisté s’en rapproche beaucoup, à la différence près que c’est la personne qui s’administre elle-même le poison. D’après ce qu’on dit, ces personnes sont en général atteintes de maladies extrêmement débilitantes et sont réduites à vivre une vie qu’elles jugent intolérable. En pareil cas, il semblerait qu’il n’y ait plus d’espoir.

DIEU : Oui, mais peux-tu Me dire où commence et où finit l’espoir?

SCOTT : Je ne sais pas. C’est bien pour ça que je Te pose la question.

DIEU : Alors, le plus sûr c’est de vous en remettre à Moi et Je rappellerai chacun à Moi quand Je saurai que son heure est venue.

SCOTT : Autrement dit, aucune raison ne peut justifier le suicide ?

DIEU : La question est si vaste qu’on ne peut y répondre par oui ou non. Si quelqu’un, dans un geste héroïque, donne sa vie pour sauver la vie d’un autre, on pourrait, à la limite, considérer cela comme un suicide. Cependant, à Mon avis, on admirera la bravoure et l’abnégation de cet homme ou de cette femme.

SCOTT : Certains soutiennent que Jésus a plus ou moins commis un suicide en décidant de se rendre à Jérusalem au moment où Il l’a fait. Je crois même savoir qu’Il a dit à Ses disciples qu’Il s’y rendait pour mourir : il y aurait donc eu préméditation de Sa part. Qu’as-Tu à leur répondre ?

DIEU : Jésus faisait preuve d’un courage et d’une abnégation remarquables : Il donnait Sa vie pour permettre à tous ceux qui allaient croire en Lui d’obtenir la vie éternelle. Il faut vraiment être de mauvaise foi pour prétendre que Jésus s’est suicidé.

SCOTT : Tout à fait d’accord ! Mais il fallait quand même que j’amène la question sur le tapis étant donné qu’elle est souvent soulevée quand on aborde ce sujet. Un mot de conclusion sur le suicide ?

DIEU : Ceux qui se suicident et mettent ainsi fin à leurs jours de façon prématurée manquent les expériences qu’ils auraient dû vivre et les leçons qu’ils auraient dû apprendre sur terre. Si bien que lorsqu’ils arrivent ici, ils ont pas mal de rattrapage à faire. Leur entrée dans l’autre vie n’est pas aussi heureuse qu’elle pourrait l’être. En fait, pour certains c’est une expérience ignominieuse, et ils sont tellement rongés et tourmentés par la culpabilité qu’il faut envisager pour eux une sérieuse réhabilitation.

Non, Je ne condamne pas ceux qui se suicident, mais ils n’auraient jamais dû mourir à ce moment-là. Certaines personnes sont si déprimées qu’elles n’ont plus tous leurs esprits. Mais tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

SCOTT : Alors, Tu leur dis : tenez bon, vous êtes à deux doigts de retrouver l’espoir.

DIEU : Oui, comme tant d’histoires nous le montrent : des hommes poussés à leurs limites, au moment où tout espoir semblait les avoir abandonnés, ont découvert ce qui leur a redonné le goût de vivre. Tant qu’à détruire votre vie, pourquoi ne pas vous jeter corps et âme dans une grande cause ?

SCOTT : Les jeunes en particulier sont enclins à nourrir des pensées suicidaires.

DIEU : Oui, mais ils ont toute leur vie devant eux. Il y a tant de belles choses à faire ! L’adolescence, il est vrai, est une période troublée.

SCOTT : Encore quelques questions si Tu veux bien, sur un autre sujet : celui de la toxicomanie. Nul ne recherche la dépendance en tant que telle par rapport à un vice comme la drogue, ou à d’autres mauvaises habitudes généralement perçues comme des vices. Aurais-Tu un remède magique à proposer ?

DIEU : La dépendance aux drogues est plus ou moins forte selon les individus. De nombreux facteurs sont à prendre en considération. La première étape vers la guérison, c’est de prier, de Me demander de l’aide. La prière est toujours efficace. Elle mobilise des ressources surnaturelles qui sont capables de venir à bout des obstacles naturels. Donc, si quelqu’un veut vaincre une dépendance, ou ne serait-ce qu’une mauvaise habitude, il peut déjà prier. C’est un bon début et ce n’est pas si difficile.

SCOTT : Certains vont dire qu’ils ont prié, mais sans résultat.

DIEU : Tu ne M’as pas laissé finir. J’ai dit que la prière était la première étape, Je n’ai pas dit que c’était suffisant. Prier est important : c’est reconnaître la nécessité de recourir à une force supérieure à la sienne et l’incapacité à s’en sortir tout seul. Mais ensuite il faut avoir la foi, il faut avoir la certitude que Je vais exaucer cette prière. Pour être exaucé, il faut s’attendre à une réponse.

SCOTT : C’est un peu comme positiver.

DIEU : Tout à fait ! Sauf que ça va beaucoup plus loin. Le fait de voir les choses positivement te met dans un état d’esprit positif qui te donne la force d’accomplir des choses difficiles. Mais le fait de croire que Je vais t’aider peut te permettre d’accomplir des choses qui sont non seulement à la limite du possible, mais qui sont carrément impossibles. La prière et la foi te donneront alors le pouvoir de vaincre la dépendance ou la mauvaise habitude.

SCOTT : Comment cela se passe-t-il ?

DIEU : J’exauce les prières qui s’appuient sur la foi — la foi que Je suis capable de répondre à la prière — et J’accorde à la personne qui prie un supplément de force. Cette force suscite en elle la volonté de vaincre. La volonté humaine est puissante, et lorsqu’elle s’accompagne d’un pouvoir surnaturel, elle est quasiment invincible. Une fois que la volonté est bien dirigée, le progrès ne tarde pas à se manifester.

SCOTT : Vraiment ? Comme par enchantement ?

DIEU : Cette première étape est la plus importante, mais ce n’est pas suffisant. Il est essentiel par la suite de remplacer cette dépendance nocive par une envie de faire quelque chose de positif, et de consolider cette volonté de changer. Rien de plus bénéfique qu’une foi bien ancrée en Moi, et qu’on fera grandir petit à petit à la lecture de Ma Parole.

SCOTT : À T’écouter, il n’y a rien de plus simple. Pourtant, des gens ont tout essayé, sans pour autant voir le bout du tunnel.

DIEU : Le plan est simple, mais pour certains c’est une lutte acharnée. Loin de Moi de vouloir minimiser les difficultés auxquelles il faut parfois faire face. Je vous ai dévoilé ce qui constitue l’essentiel du remède. N’empêche que son application et sa mise en œuvre ne sont pas toujours faciles. Toutefois, le succès qui viendra couronner cette lutte ne sera rien de moins que la transformation d’une vie misérable en une vie qui aura retrouvé la joie et l’enthousiasme.

SCOTT : L’encouragement des autres n’en demeure pas moins indispensable.

DIEU : Oh oui, absolument. Pour un drogué, le soutien moral de ses proches, et leurs prières en particulier, jouent un rôle vital dans sa guérison.

SCOTT : Tu nous as donné, dans cette séance, ample matière à réflexion. Merci encore pour ces moments passés ensemble.

DIEU : Merci à toi. Au plaisir de nous revoir très prochainement

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