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Mystères de la Bible N°163 – Les histoires racontées par Jésus : La parabole du serviteur sans pitié, Matthieu 18.21–35

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Les histoires racontées par Jésus : La parabole du serviteur sans pitié, Matthieu 18.21–35

En plein milieu du chapitre dix-huit de l’Évangile de Matthieu, l’apôtre Pierre pose une question à Jésus sur le pardon :
Alors Pierre, s’approchant de lui, dit : Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je ? Sera-ce jusqu’à sept fois Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. (Matthieu 18:21 et 22)
Certaines versions de la Bible le rendent par soixante-dix-sept fois, ce qui est une traduction tout aussi correcte de l’original grec.
Jésus dit à ses disciples qu’ils devraient pardonner à une personne 77 fois ou 490 fois. Quoi qu’il en soit, le point de vue de Jésus était que ses disciples sont toujours tenus de pardonner aux autres.
Cette conversation est suivie de la parabole du serviteur sans pitié, qui insiste sur la nécessité de pardonner aux autres.
La parabole commence par ces mots :
C’est pourquoi le royaume des cieux a été fait semblable à un roi qui voulut compter avec ses esclaves. Et quand il eut commencé à compter, on lui en amena un qui lui devait dix mille talents. Et comme il n’avait pas de quoi payer, son seigneur ordonna qu’il fût vendu, lui, et sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avait; et que le payement fût fait. (Matthieu 18:23-25)
C’est une entrée en matière saisissante : un serviteur (Traduit par esclave dans certaines versions de la Bible ; dans le Nouveau Testament le grec doulos signifie aussi bien serviteur que esclave) doit dix mille talents à son roi.
C’est fantastique parce que dix mille talents représentaient une somme astronomique. Un talent était une mesure de poids en usage à l’époque, et qui correspondait probablement à une trentaine de kilos. S’agissant plus précisément de valeur monétaire, c’était un poids précis d’argent ou d’or, comme on le voit dans cet exemple de l’Ancien Testament :
Et le roi d’Égypte le déposa, à Jérusalem, et frappa le pays d’une amende de cent talents d’argent et d’un talent d’or. (2 Chroniques 36:3)
Pour replacer les choses dans leur contexte, dans cette parabole, si Jésus parlait de talents d’argent, un talent aurait valu environ six mille deniers (une pièce en argent de l’époque). Un denier équivalait au salaire quotidien d’un ouvrier. Donc, un talent d’argent (six mille pièces d’argent) équivalait environ à 20 années de travail. Une dette de dix mille talents, soit soixante millions de deniers, était totalement absurde tant elle était astronomique.
Tous ceux qui écoutaient Jésus auraient compris qu’Il mentionnait une somme d’argent astronomique de façon hyperbolique pour faire valoir son point de vue. L’auteur Brad Young a écrit :
Dix mille talents, un chiffre qui fait penser au montant de la dette nationale, étaient tout simplement une somme inconcevable pour le travailleur moyen. Même les très riches  n’auraient pu concevoir une somme d’argent aussi considérable.
Un auteur explique que le chiffre dix mille était le plus élevé employé en comptabilité, et qu’un talent était l’unité monétaire la plus élevée de l’époque.
Comme nous le verrons, c’est le montant considérable de la dette qui rend cette parabole aussi pertinente.
L’incapacité du serviteur à rembourser ce prêt astronomique signifiait que sa famille et lui seraient réduits en esclavage jusqu’à ce que la dette soit remboursée.
En 2 Rois, nous lisons un exemple, à l’époque biblique, d’enfants vendus comme esclaves jusqu’à ce qu’une dette soit remboursée :
Et une femme d’entre les femmes des fils des prophètes cria à Élisée, disant : Ton serviteur, mon mari, est mort; et tu sais que ton serviteur craignait l’Éternel; et le créancier est venu pour prendre mes deux enfants, afin qu’ils soient ses serviteurs. (2 Rois 4:1)
Jésus a évoqué la pratique qui consistait à envoyer des débiteurs en prison en ces termes :
Car quand tu vas avec ta partie adverse devant le magistrat, efforce-toi en chemin d’en être délivré, de peur qu’elle ne te tire devant le juge ; et le juge te livrera au sergent, et le sergent te jettera en prison. Je te dis que tu ne sortiras point de là, que tu n’aies payé jusqu’à la dernière pite. (Luc 12:58 et 59)
Dans des circonstances normales, les proches du serviteur auraient peut-être pu payer à sa place pour lui éviter que sa famille et lui n’aillent pas en prison ou qu’ils soient vendus—mais dans ce cas précis, personne n’aurait pu rembourser une dette aussi astronomique. Le serviteur et sa famille étaient dans une situation vraiment désastreuse.
L’esclave donc, se jetant à ses pieds, lui rendit hommage, disant: Seigneur, use de patience envers moi, et je te payerai tout. Et le seigneur de cet esclave-là, touché de compassion, le relâcha et lui remit la dette. (Matthieu 18:26 et 27)
D’autres versions de la Bible traduisent compassion par pitié. Le serviteur demande une prolongation du délai de remboursement de sa dette, mais le roi va bien au-delà de la demande et le libère complètement de toute obligation en effaçant la dette. Quel bel exemple de magnanimité ! Il efface une dette de trois cent mille kilos d’argent. Imaginez la stupéfaction, le soulagement et la gratitude du serviteur libéré de sa dette.
Jésus continue son histoire : 
Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers ; et l’ayant saisi, il l’étranglait, disant: Paye, si tu dois quelque chose. Celui donc qui était esclave avec lui, se jetant à ses pieds, le supplia, disant : Use de patience envers moi, et je te payerai. Et il ne voulut pas; mais il s’en alla et le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette. (Matthieu 18:28-30)
Le serviteur auquel on venait d’annuler la dette – d’un montant de soixante millions de deniers—avait prêté cent deniers à un autre serviteur, soit l’équivalent de quatre mois de salaire pour un simple travailleur. Le rapport entre ce que le serviteur avait dû au roi et ce que son collègue lui devait était de 600.000 pour 1.
L’homme à qui l’on avait pardonné une dette astronomique ne réagit pas avec la compassion dont il avait bénéficié, mais avec méchanceté et cruauté. Le serviteur endetté se comporta de la même manière que le serviteur à qui la dette avait été effacée, en se prosternant devant son créancier et en l’implorant de se montrer patient, tout en lui promettant de rembourser sa dette. Toutefois, la réaction du créancier fut complètement différente. Au lieu de donner plus de temps à son compagnon pour payer ou d’annuler la dette dans un élan de compassion, le serviteur sans pitié le fit jeter en prison.
Or ceux qui étaient esclaves avec lui, voyant ce qui était arrivé, furent extrêmement affligés, et s’en vinrent et déclarèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé.   (Matthieu 18:31)
Certes, il était légitime à l’époque d’envoyer quelqu’un en prison pour non-paiement de dettes, mais vu les circonstances cela reflétait une absence totale de compassion. Les autres serviteurs, consternés par la méchanceté et la dureté du serviteur sans pitié, rapportèrent au maître cette injustice.
Alors son seigneur, l’ayant appelé auprès de lui, lui dit : Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, comme moi aussi j’ai eu pitié de toi Et son seigneur, étant en colère, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qui lui était dû.           (Matthieu 18:32-34)
Le roi était à juste titre furieux, et dit au serviteur qu’il était méchant. Il rappela au serviteur qu’il lui avait effacé une énorme dette lorsque celui-ci l’avait supplié d’avoir pitié de lui ; pourtant, lui, à qui on avait tant pardonné, n’était pas disposé à pardonner à un autre. Ayant lui-même bénéficié d’une grande miséricorde, le serviteur aurait dû faire la même chose pour les autres. Mais comme il n’avait pas voulu le faire, et il serait jugé pour cela.
Cette traduction dit que le serviteur fut livré aux bourreaux, mais pour être plus précis, le mot grec traduit par bourreau est basanistēs, qui signifie celui qui obtient la vérité par l’usage du chevalet c’est à dire un tortionnaire.
La plupart des versions de la Bible en français traduisent ce mot par bourreaux, mais d’autres langues le rendent par tortionnaires.
Le serviteur sans pitié fut condamné à être torturé jusqu’à ce que la totalité de sa dette soit remboursée, ce qui, en raison de l’énormité de la dette, signifiait qu’il mourrait en prison dans d’horribles souffrances.
Comme l’explique un auteur, l’esclave ne perd pas seulement le pardon qu’il avait reçu ; mais sa dette lui retombe dessus, et il doit maintenant subir la torture, qui entraînera très probablement sa mort prématurée. En tout état de cause, puisqu’il n’y a aucune possibilité de payer sa dette de 10 000 talents, il sera aux mains des tortionnaires tant qu’il vivra.
Après avoir raconté sa parabole, Jésus adressa aux auditeurs une déclaration profondément troublante :
Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère. (Matthieu 18:35)
Ces paroles sévères de Jésus montrent à quel point il est important que ses disciples se pardonnent les uns les autres. Cette parabole souligne de façon dramatique la gravité de ne pas pardonner aux autres, et est dans la lignée des enseignements de Jésus sur le pardon figurant dans d’autres passages des Evangiles.
Lorsqu’Il enseignait à ses disciples à prier, Il inclut la phrase : et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs. (Matthieu 6 :12)
Il disait aussi : Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous (Matthieu 6:14) 
Cette parabole présente ces enseignements sous la forme d’une petite histoire pour que comprenions bien à quel point il est important de pardonner aux autres. Elle illustre la nécessité du pardon humain comme condition de la miséricorde divine.
Alors que la parabole parle de dettes d’argent, le mot dettes est une autre façon de dire péchés.
Nous le voyons dans l’évangile de Luc :
et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes aussi nous remettons à tous ceux qui nous doivent (Luc 11:4)
On le voit aussi dans la parabole des deux débiteurs.                                          
Cette parabole enseigne des vérités profondes. Nous voyons la gravité du péché symbolisée par une dette de dix mille talents. Nous voyons aussi l’amour profond de Dieu, et sa miséricorde et sa compassion incarnées par le roi qui remet une dette énorme. Dans cet exemple de l’amour et du pardon gracieux de Dieu, nous entendons aussi l’appel à refléter Dieu et à manifester son amour et sa générosité envers les autres.
Un auteur l’exprime ainsi : l’essence même de la vocation du disciple chrétien, est non seulement d’aimer son prochain de la manière dont il voudrait être traité, mais aussi de la manière dont Dieu nous a traités. L’affirmation classique de ce principe est contenue dans cette parole de Jésus à ses disciples : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »
Dans le passage cité au début de cet article, lorsque Pierre demandait à Jésus combien de fois il devait pardonner à un frère qui avait péché contre lui, il Lui demande s’il devait pardonner sept fois.
C’était déjà plus de deux fois le nombre suggéré par la tradition rabbinique de l’époque, qui estimait qu’on n’était pas obligé de pardonner plus de trois fois à une autre personne.
Mais la réponse de Jésus, et cette parabole, arguaient qu’il ne devrait pas y avoir de limites et qu’on ne devrait pas garder le compte du nombre de fois que nous pardonnons aux autres.
Quand Dieu passa devant Moïse sur le mont Sinaï, Il se décrivit Lui-même en ces termes :
Et l’Éternel passa devant lui, et cria : L’Éternel, l’Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité, (Exode 34:6)
Le pardon est un des attributs de Dieu, et comme Jésus l’a illustré par cette parabole, en tant qu’enfants de Dieu, nous devons L’imiter en pardonnant aux autres, tout comme Il nous a pardonnés.

Le serviteur sans pitié, Matthieu 18.21–35

Matthieu 18:21  Alors Pierre, s’approchant de lui, dit: Seigneur, combien de fois mon frère péchera-t-il contre moi, et lui pardonnerai-je? Sera-ce jusqu’à sept fois? 
Matthieu 18:22  Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. 
Matthieu 18:23  C’est pourquoi le royaume des cieux a été fait semblable à un roi qui voulut compter avec ses esclaves. 
Matthieu 18:24  Et quand il eut commencé à compter, on lui en amena un qui lui devait dix mille talents. 
Matthieu 18:25  Et comme il n’avait pas de quoi payer, son seigneur ordonna qu’il fût vendu, lui, et sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avait; et que le payement fût fait. 
Matthieu 18:26  L’esclave donc, se jetant à ses pieds, lui rendit hommage, disant: Seigneur, use de patience envers moi, et je te payerai tout. 
Matthieu 18:27  Et le seigneur de cet esclave-là, touché de compassion, le relâcha et lui remit la dette. 
Matthieu 18:28  Mais cet esclave, étant sorti, trouva un de ceux qui étaient esclaves avec lui, qui lui devait cent deniers; et l’ayant saisi, il l’étranglait, disant: Paye, si tu dois quelque chose. 
Matthieu 18:29  Celui donc qui était esclave avec lui, se jetant à ses pieds, le supplia, disant: Use de patience envers moi, et je te payerai. 
Matthieu 18:30  Et il ne voulut pas; mais il s’en alla et le jeta en prison jusqu’à ce qu’il eût payé la dette. 
Matthieu 18:31  Or ceux qui étaient esclaves avec lui, voyant ce qui était arrivé, furent extrêmement affligés, et s’en vinrent et déclarèrent à leur seigneur tout ce qui s’était passé. 
Matthieu 18:32  Alors son seigneur, l’ayant appelé auprès de lui, lui dit: Méchant esclave, je t’ai remis toute cette dette, parce que tu m’en as supplié; 
Matthieu 18:33  n’aurais-tu pas dû aussi avoir pitié de celui qui est esclave avec toi, comme moi aussi j’ai eu pitié de toi? 
Matthieu 18:34  Et son seigneur, étant en colère, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qui lui était dû. 
Matthieu 18:35  Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère. 
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Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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