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Mystères de la Bible N°147 – Les histoires racontées par Jésus : Le propriétaire compatissant, Matthieu 20:1–16

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Les histoires racontées par Jésus : Le propriétaire compatissant, Matthieu 20:1–16

La parabole du propriétaire compatissant ou, comme on l’appelle souvent, des ouvriers dans la vigne, est une histoire que Jésus a racontée pour illustrer divers aspects de la nature et du caractère de Dieu : à savoir son amour, sa miséricorde et sa compassion, manifestés avec force à travers le salut, ainsi que son soin constant et ses récompenses pour ceux qui L’aiment et Le servent.
Cette parabole, comme d’autres racontées par Jésus (voir Matthieu13 :31, 33, 44, 45, 47 – Luc 6 :47-49, 7 :31, 32, 13 :18-21) débute par ces mots : Car le royaume des cieux est semblable àCette phrase indique à ceux qui L’écoutent que Jésus va faire des révélations sur Dieu et sa nature, et sur la façon dont ceux qui vivent dans son royaume et acceptent son règne dans leur vie devraient voir les choses. Voyons maintenant ce que dit Jésus :
Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le point du jour afin de louer des ouvriers pour sa vigne. (Matthieu 20:1)
Dans d’autres versions de la Bible, le mot propriétaire est traduit par un maître de maison ou un employeur. Dans la Palestine du premier siècle de notre ère, la plupart des propriétaires cultivaient la terre.
Dans cette parabole, le maître de maison possédait une vigne qui était suffisamment grande pour qu’il ait besoin d’ouvriers supplémentaires aux moments où il fallait que le travail soit fait rapidement, comme à l’époque des vendanges.
Ayant un besoin temporaire d’ouvriers supplémentaires, le propriétaire se rend sur la place du marché où sont rassemblés les travailleurs journaliers, lesquels espèrent que quelqu’un viendra leur proposer du travail, ne serait-ce que pour une journée.
La vie était dure pour les journaliers de l’époque. Aucune sécurité de l’emploi. Ils n’avaient aucun revenu s’ils ne trouvaient pas de travail. Chaque soir, ils rentraient chez eux, ou bien heureux d’avoir gagné de quoi nourrir leur famille, ou, au contraire, les mains vides. Pour trouver du travail, ils se tenaient sur la place du village où tout le monde pouvait les voir et savait qu’ils étaient sans emploi. C’était pour le moins humiliant, mais il fallait absolument qu’ils se fassent embaucher et qu’ils touchent un salaire pour la survie de leur famille. Les travailleurs journaliers étaient tout en bas de l’échelle économique, à tel point que la Loi mosaïque exigeait que ces ouvriers soient payés à la fin de chaque journée de travail, tant ils avaient besoin de cet argent pour survivre.
Tu n’opprimeras pas l’homme à gages affligé et pauvre d’entre tes frères ou d’entre tes étrangers qui sont dans ton pays, dans tes portes. En son jour, tu lui donneras son salaire ; le soleil ne se couchera pas sur lui, car il est pauvre et son désir s’y porte ; afin qu’il ne crie pas contre toi à l’Éternel et qu’il n’y ait pas du péché sur toi. (Deutéronome 24:14–15) 
Le propriétaire de la vigne sort de chez lui de bon matin, pour embaucher des travailleurs pour une journée complète de travail. Il choisit certains ouvriers et convient avec eux du salaire qu’il leur paiera pour leur journée de travail. Comme les gens n’avaient pas de montre, la journée de travail d’un ouvrier commençait au lever du soleil et se terminait le soir, dès que la première étoile apparaissait dans le ciel. Cela faisait une journée de travail d’environ 12 heures.
Et étant tombé d’accord avec les ouvriers pour un denier (Une pièce d’argent) par jour, il les envoya dans sa vigne. (Matthieu 20:2)
Une pièce d’argent [ou un denier] était le salaire normal de l’époque pour la journée de travail d’un ouvrier. Ce n’était pas un gros salaire mais cela suffisait pour subvenir aux besoins d’une famille.
Les ouvriers tombèrent d’accord sur ce salaire, et il est probable qu’ils espéraient que le propriétaire les embauche à nouveau le lendemain matin. Ils se rendirent à la vigne, contents de savoir que ce soir-là, ils ramèneraient un salaire à la maison.
Continuons notre histoire. Le propriétaire retourne sur la place du marché pour embaucher d’autres ouvriers.
Et sortant vers la troisième heure, il en vit d’autres qui étaient sur la place du marché à ne rien faire et il dit à ceux-ci : Allez, vous aussi, dans la vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste
et ils s’en allèrent. Sortant encore vers la sixième heure et vers la neuvième heure, il fit de même. (Matthieu 20:3-5)
Le propriétaire se rend une deuxième fois sur la place du marché en milieu de matinée, aux environs de 9 heures du matin. Arrivé là, il voit des travailleurs qui attendent toujours d’être embauchés pour la journée. Il en choisit plusieurs et les envoie travailler dans sa vigne. Au lieu de négocier leur salaire avec eux, il leur promet de les payer correctement ; c’est-à-dire qu’il leur versera un salaire juste. Les ouvriers le croient sur parole, ce qui laisserait penser que le propriétaire était une personne à qui l’on faisait confiance et qui était respecté de la communauté.
et ils s’en allèrent. Sortant encore vers la sixième heure (vers le midi) et vers la neuvième heure (de l’après-midi), il fit de même. (Matthieu 20:5)
À midi, puis à trois heures de l’après-midi, il retourne sur la place du marché et, à chaque fois, il engage d’autres ouvriers. Aucune mention n’est faite d’une discussion entre le propriétaire et les ouvriers concernant le montant de leur salaire.
Un peu plus tard, il retourne sur la place du marché pour la cinquième fois de la journée, alors qu’il ne reste plus qu’une heure avant la tombée du jour.
Et sortant vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là ; et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici tout le jour sans rien faire Ils lui disent : Parce que personne ne nous a engagés. Il leur dit : Allez, vous aussi, dans la vigne, et vous recevrez ce qui sera juste. (Matthieu 20:6,7)
On ne peut qu’imaginer à quel point ces hommes étaient désespérés de trouver du travail, et le découragement qu’ils devaient ressentir d’avoir attendu en vain toute la journée, sur la place publique, que quelqu’un vienne les embaucher.
Nul doute qu’ils voulaient vraiment trouver du travail, sinon ils ne seraient pas restés à attendre sur la place du marché dans l’espoir d’être embauchés. Encore un peu de temps et ils allaient devoir rentrer chez eux les mains vides.
Lorsque le propriétaire leur demande pourquoi ils sont restés là toute la journée, à ne rien faire, ils lui répondent que personne ne les a embauchés. Sur quoi, il les envoie, eux aussi, travailler dans sa vigne.
Nous n’avons aucune indication du salaire que ces ouvriers de la onzième heure allaient toucher pour une heure de travail. Il se peut qu’ils se soient dit que, s’ils acceptaient d’y aller à cette heure tardive, même pour un salaire minime, le propriétaire les embaucherait pour toute la journée du lendemain. Peu après, la journée de travail s’achève et l’heure est venue de payer les ouvriers.
Et le soir étant venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers, et paye-leur leur salaire, en commençant depuis les derniers jusqu’aux premiers. 
À ce moment-là, un nouvel élément apparaît dans l’histoire. Le propriétaire a un intendant, un régisseur qui administre son domaine à sa place.
Immédiatement, la question qu’ont dû se poser les auditeurs de Jésus fut celle-ci : pour quelle raison est-ce le propriétaire, plutôt que le régisseur, qui est allé embaucher les journaliers.
En général, les propriétaires qui avaient un intendant ne s’embarrassaient de la conduite quotidienne des affaires de leur ferme, et ils n’allaient pas traîner sur la place du marché cinq fois par jour pour embaucher des ouvriers.
Et d’ailleurs, comment se fait-il que le propriétaire n’ait pas embauché suffisamment d’ouvriers dès le matin et que, ce jour-là, il soit retourné quatre fois au marché ?
Bien entendu, il s’agit d’une parabole ; Jésus ne rapporte pas une situation réelle.
La raison pour laquelle c’est le propriétaire de la vigne qui embauche lui-même les journaliers et qui se rend au marché à cinq moments différents de la journée pour en embaucher d’autres,  c’est que cela sert à souligner le message que Jésus entend faire passer, comme nous allons bientôt le voir.
Les auditeurs originels étaient probablement tout aussi intrigués par les étranges instructions que le propriétaire avait donné à son régisseur, concernant la paie des ouvriers.
Bizarrement, le régisseur reçoit l’ordre de payer les premiers arrivés en dernier, et de commencer par payer les derniers arrivés. Nous allons voir que l’ordre dans lequel les ouvriers sont payés va causer quelques problèmes.
Les ouvriers embauchés à cinq heures du soir se présentent d’abord et touchent chacun une pièce d’argent. Puis vient le tour des premiers engagés : ils s’attendent à recevoir davantage, mais eux aussi touchent chacun une pièce d’argent (un denier) (Matthieu 20 :9,10)
Nous le savons, les paraboles fournissent peu de détails, et cette parabole évoque simplement le paiement fait aux premiers et aux derniers journaliers arrivés.
Cela voudrait donc dire que tous les ouvriers qui ont travaillé ce jour-là, ont chacun reçu une pièce d’argent, soit le salaire d’une journée complète de travail, quel que soit le nombre d’heures effectuées.
Quand les ouvriers qui avaient travaillé toute la journée voient que ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure reçoivent le salaire de toute une journée de travail, ils s’attendent à être payés davantage. De leur point de vue, c’était logique. Pourtant, eux aussi reçoivent une pièce d’argent comme tous les autres.
Si le propriétaire avait commencé par payer le salaire des ouvriers qui avaient travaillé toute la journée, ils seraient partis sans savoir combien les autres seraient payés. Tout le monde aurait été content et serait rentré chez soi.
Or, les ouvriers qui avaient été embauchés de bon matin voient que ceux qui n’avaient travaillé qu’un douzième de la journée reçoivent le salaire d’une journée complète, et ils ont l’impression d’avoir été floués.
À l’époque, il y avait une pièce de monnaie en circulation appelée pandion, et qui valait le douzième d’un denier en argent.
Ceux qui avaient travaillé toute la journée estimaient sans doute que ceux qui n’avaient travaillé qu’une heure ne méritaient pas plus qu’un pandion comme salaire, ou bien que le propriétaire, s’il voulait être équitable, devrait les payer davantage. Et d’ailleurs ils ne se gênent pas pour dire ce qu’ils pensent au propriétaire.
et quand les premiers furent venus, ils croyaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. Et l’ayant reçu, ils murmuraient contre le maître de maison, disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as faits égaux à nous qui avons porté le faix du jour et la chaleur. (Matthieu 20:11,12)
Ils se plaignent d’avoir reçu le même salaire et d’avoir été traités comme ceux qui n’ont travaillé qu’une heure. Ils font valoir que le propriétaire ne prend pas en compte le fait qu’ils ont travaillé une journée entière sous un soleil brûlant. Autrement dit, ils accusent le propriétaire d’être injuste et de les traiter injustement.
Ayant écouté leurs griefs, le propriétaire leur répond en s’adressant directement à l’un d’entre eux, celui qui était probablement leur porte-parole.
Et lui, répondant, dit à l’un d’entre eux: Mon ami, je ne te fais pas tort : n’es-tu pas tombé d’accord avec moi pour un denier (Matthieu 20:13)
Le mot qui a été traduit en français par ami est le mot grec hetairos qui apparaît dans deux autres versets de l’Évangile de Matthieu : une première fois, lorsqu’un homme, qui s’était présenté à un mariage sans habits de noces, se fait expulser de la noce, et une deuxième fois, quand Jésus appelle Judas, mon ami, alors qu’Il sait que Judas est en train de Le trahir (Matthieu 22 :12 – 26 :50)
De toute évidence, quand le propriétaire de la vigne appelle l’homme, mon ami, ce n’est pas un terme très flatteur dans sa bouche.
À la question posée par le propriétaire, on ne peut que répondre affirmativement, étant donné que les ouvriers s’étaient bien mis d’accord pour percevoir un salaire d’une pièce d’argent en échange de leur journée de travail. En leur versant cette somme, le propriétaire a bien tenu parole.
Comme c’est souvent le cas avec les paraboles, nous découvrons ce que Jésus essaie de nous faire comprendre à la fin, quand le propriétaire déclare :
Prends ce qui est à toi et va-t’en. Mais je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ton œil est-il méchant, parce que moi, je suis bon (Matthieu 20:14,15)
Dans d’autres versions de la Bible comme, par exemple la Louis Segond (LSG), la Darby (DRB), la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB), et d’autres, la phrase : M’en veux–tu parce que je suis bon ? est rendue par : Verrais–tu d’un mauvais œil que je sois bon ? ou Ton œil est–il méchant, parce que moi, je suis bon ? 
C’est une traduction littérale du grec, qui exprime un idiome hébreu. Comme l’explique un auteur :
La réponse du propriétaire magnanime fait référence aux expressions hébraïques, mauvais œil et bon œil, qui indiquent un contraste marqué entre une personne généreuse et pleine de bonté d’une part, et un individu égoïste et mesquin, d’autre part. La personne généreuse, qui a un bon œil, est animée d’une volonté d’aider les autres et veille à ce que leurs besoins soient satisfaits. La personne égoïste ne s’intéresse qu’à ce qui lui revient et lui appartient.
Les ouvriers qui avaient travaillé toute la journée n’avaient pas compris que le propriétaire s’était montré généreux envers ceux qui étaient dans le besoin. Ils ne se réjouissaient pas de la chance qu’avaient eue les ouvriers embauchés plus tard dans la journée. Au contraire, ils ne pensaient qu’à eux et ils estimaient que l’employeur les traitait injustement.
Le propriétaire leur fait comprendre qu’il a le droit de faire ce qu’il veut de son argent. Il a choisi d’en donner à ceux qui étaient dans le besoin. Puis il leur demande s’ils lui en veulent de s’être montré généreux, et s’ils sont jaloux parce qu’il a fait du bien aux autres ?
Selon les normes communément admises, les actes du propriétaire seraient considérés comme injustes. Mais le propriétaire n’agissait pas en fonction des critères habituels. Il était juste, puisqu’il avait tenu sa promesse de payer le salaire convenu. Les ouvriers, qui avaient accepté de travailler pour ce salaire, n’avaient pas été floués. S’ils avaient reçu leur salaire en premier, ils n’auraient rien su de ce que les autres percevraient et ils seraient rentrés chez eux la tête haute, contents d’avoir ramené le salaire d’une journée complète de travail.
Mais qu’en était-il des autres ouvriers ? Eux aussi avaient une famille à nourrir. Il fallait bien qu’eux aussi rentrent chez eux la tête haute, ce qu’ils allaient maintenant pouvoir faire. Sans doute ne méritaient-ils pas le salaire d’une journée de travail puisqu’ils n’avaient pas travaillé une journée entière. Cependant, grâce à la générosité du propriétaire, ils avaient reçu un salaire plus élevé qu’ils ne méritaient. Non seulement le propriétaire est juste mais en plus, il a de la compassion.
Cette parabole nous renseigne sur la nature de Dieu. Dieu est juste et Il tient ses promesses. Il est aussi très miséricordieux. La miséricorde n’a rien à voir avec la justice. La miséricorde ne consiste pas à donner aux gens ce qu’ils méritent ou ce qu’ils ont gagné. C’est un acte d’amour. Elle consiste à donner à quelqu’un quelque chose qu’il ne mérite pas, et c’est précisément la nature de l’amour de Dieu, de sa grâce et de son salut.
Dieu ne se limite pas à ce que nous, les hommes, considérons comme juste et équitable. Si c’était le cas, il n’y aurait aucun espoir de salut, ni de pardon des péchés. Si nous ne recevions que ce que nous méritons, nous serions tous condamnés. Mais à l’instar des ouvriers qui ne méritaient pas de recevoir le salaire d’une journée entière de travail, avec le salut, nous bénéficions tous de la générosité de Dieu, de sa compassion, de sa miséricorde et de sa grâce.
Un auteur émet l’hypothèse que la raison pour laquelle le propriétaire de la vigne revient à plusieurs reprises sur la place du marché n’était pas parce qu’il avait besoin de plus de main-d’œuvre, mais parce qu’il savait que ces hommes, qui cherchaient du travail, avaient besoin d’aide. Il n’était pas motivé par le besoin de les faire travailler sur sa vigne ou de leur faire vendanger la vigne, mais par la compassion qu’il ressentait envers ces hommes et leurs familles.
La beauté de cette histoire, c’est que grâce à la compassion et à la générosité du propriétaire – de l’employeur – tout le monde a eu ce dont il avait besoin. Ce n’était pas une question d’avoir trop payé certains ouvriers et de ne pas avoir assez payé les autres. Il s’agissait de faire preuve d’amour et de répondre à un besoin.
Personnellement, je trouve que cette parabole est une magnifique illustration de l’appel de Dieu au salut. Certains reçoivent l’appel ou saisissent l’occasion lorsqu’ils sont jeunes, d’autres plus tard, et d’autres encore sur leur lit de mort. Comme le propriétaire de la vigne, Dieu revient plusieurs fois sur la place du marché pour voir qui est là, et qui est fin prêt. Qu’une personne soit sauvée tôt dans la vie ou plus tard, tous reçoivent le même salut.
Cette parabole nous en dit long sur le salut, et sur la nature aimante et compatissante de Dieu. Elle aborde aussi d’autres questions importantes. Elle nous interpelle sur notre attitude quand nous voyons Dieu manifester son amour et ses bienfaits aux autres. Les ouvriers, qui avaient travaillé dur toute la journée sous une grosse chaleur, furent bénis en percevant le salaire de toute une journée, ils reçurent ce qui leur avait été promis. Et pourtant, quand ils virent que ceux qui n’avaient pas travaillé aussi dur ni aussi longtemps, percevaient le même salaire, ils en voulurent au propriétaire.
Il est intéressant de noter que cette parabole survient tout de suite après que Pierre eut demandé à Jésus ce qu’il en serait des disciples qui avaient tout quitté pour Le suivre.
Alors Pierre, répondant, lui dit : Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi ; que nous adviendra-t-il donc (Matthieu 19:27)
Quelques versets plus loin, nous voyons la mère de Jean et Jacques demander à Jésus que ses fils puissent s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans son royaume, ce qui provoque l’indignation des autres disciples.
Alors la mère des fils de Zébédée vint à lui avec ses fils, lui rendant hommage et lui demandant quelque chose. Et il lui dit : Que veux-tu ? Elle lui dit : Ordonne que mes deux fils que voici, s’asseyent, l’un à ta droite et l’un à ta gauche, dans ton royaume. Et Jésus, répondant, dit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que moi, je vais boire ? Ils lui disent : Nous le pouvons. Et il leur dit: Vous boirez bien ma coupe; mais de s’asseoir à ma droite et à ma gauche, n’est pas à moi pour le donner, sinon à ceux pour lesquels cela est préparé par mon Père. Et les dix, l’ayant entendu, furent indignés à l’égard des deux frères. (Matthieu 20:20-24)
Jésus profite de l’occasion pour déclarer que le plus grand parmi eux doit se comporter en serviteur.
Et Jésus, les ayant appelés auprès de lui, dit : Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles, et que les grands usent d’autorité sur elles. Il n’en sera pas ainsi parmi vous ; mais quiconque voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et quiconque voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave de même que le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs. (Matthieu 20:25-28)
En plus de nous donner un bon aperçu de la nature intime de Dieu, cette parabole rappelle aussi à tous ceux qui sont sauvés, et en particulier à ceux qui servent le Seigneur, que la promesse d’une récompense n’est pas censée donner lieu à des conjectures sur qui recevra la plus grosse récompense.
Cette parabole montre que le système de récompenses de Dieu va bien au-delà de la notion humaine de justice.
Ses voies, ses pensées et ses notions de jugements et de récompenses fonctionnent sur un plan beaucoup plus élevé que le nôtre. Il ne se limite pas à un simple décompte d’heures de travail ou à la prise en compte de la pénibilité des tâches effectuées. Comme l’a écrit à juste titre Arland Hultgren :
Tout comme personne n’a aucune raison d’en vouloir à un homme bon qui dépasse la simple notion de justice et fait preuve de générosité envers les pauvres, personne non plus n’a de raison d’en vouloir à Dieu pour sa bonté et sa miséricorde, comme si les récompenses de Dieu relevaient d’un strict exercice comptable.
Si d’autres paraboles traitent de la question des différents niveaux de récompenses, celle-ci n’aborde pas le sujet.
Peu importe à quel moment les gens deviennent chrétiens ou commencent à servir Dieu, ils seront récompensés.
Dans cette parabole, nous voyons que Dieu est à la fois juste et très généreux. Ceux qui sont arrivés en retard ont reçu un salaire bien plus élevé que ce qu’ils s’attendaient à recevoir.
Quelques versets auparavant, Jésus avait dit :
et quiconque aura quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de mon nom, en recevra cent fois autant, et héritera de la vie éternelle. (Matthieu 19:29)
Donc, ceux qui ont travaillé toute la journée sous la forte chaleur recevront une juste récompense de Dieu. Il fera preuve de justice et de générosité envers tous ceux qui viendront à Lui.
En appliquant l’enseignement de la parabole aux ouvriers du Seigneur d’aujourd’hui, Thomas Constable écrit :
Les disciples modernes de Jésus devraient considérer les récompenses célestes de la même façon. La seule raison pour laquelle nous recevrons une récompense, c’est que Dieu nous a appelés à son service. Nous pouvons compter sur Dieu pour nous traiter équitablement, avec gentillesse et généreusement, que nous servions le Seigneur durant toute notre vie, ou seulement pendant un cours laps de temps, si nous sommes devenus ses disciples plus tard dans la vie.
En plus d’aborder les questions des récompenses et de la générosité de Dieu, certains aspects de cette parabole s’appliquent à notre vie de tous les jours.
Le fait d’envier les bénédictions ou le succès des autres, ou d’être jaloux de la façon dont Dieu s’occupe de quelqu’un ou dont Il subvient à ses besoins, reflète l’attitude des ouvriers qui en voulaient au propriétaire à cause de sa générosité.
Cela va à l’encontre des valeurs du royaume de Dieu. Plutôt que d’être envieux ou jaloux, nous devrions nous réjouir de voir à quel point Dieu est généreux et miséricordieux. Nous devrions nous réjouir avec les gens que Dieu bénit.
Il ne faut pas non plus perdre de vue que, comme le propriétaire de la vigne, Dieu a ses raisons bien à Lui de choisir qui Il bénit.
Nous ne comprenons peut-être pas pourquoi une personne que nous estimons indigne de ses faveurs est, en apparence, aussi bénie, ni pourquoi une personne qui est, à nos yeux, bien plus méritante, ou qui a un plus grand besoin, doit faire face à des épreuves et à de grosses difficultés.
Certaines situations peuvent nous paraître tout à fait injustifiées et injustes. Auquel cas, il est bon de se rappeler que le Seigneur est amour, et qu’Il est juste et miséricordieux.
S’il est vrai que nous ne comprenons pas toujours ce qu’Il fait, nous devrions  quand même Lui faire confiance. Dans cette vie-ci, nous n’aurons jamais qu’une compréhension limitée de tout ce que Dieu est et de tout ce qu’Il fait.
Nous ne pouvons pas comprendre toutes ses voies, mais dans la vie future, tout sera certainement beaucoup plus clair. Nous comprendrons alors ce que nous avons eu du mal à comprendre ici-bas. Et à ce moment-là, nous serons assurément frappés d’émerveillement par sa bonté, son amour, sa sagesse, et sa justice.
Aujourd’hui, on nous demande d’avoir confiance ; demain nous comprendrons et nous nous réjouirons.
Jésus nous demande de mettre de côté nos concepts limités de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas, pour ce qui concerne Dieu et ses bénédictions et ses récompenses.
Nous devrions garder à l’esprit que nous sommes tous des ouvriers de la onzième heure. Il y aura toujours quelqu’un qui en a fait plus que vous et moi au service de Dieu.
Pensez aux apôtres, aux martyrs, ou à n’importe lequel ou laquelle de nos frères et sœurs chrétiens qui ont servi le Seigneur au cours des siècles passés, ou qui Le servent aujourd’hui à nos côtés.
Nous devrions nous réjouir de ce que chacun de nous est aimé et accepté par Dieu, non pas à cause de ce que nous faisons, mais en raison de sa nature.
Il nous a sauvés, non pas en raison de nos bonnes œuvres, mais en raison de sa grâce et de son amour.
Ce n’était pas dû à nos efforts; c’était le fait de sa miséricorde. Aucun de nous ne mérite son amour, ses bénédictions ou ses récompenses.
Nous avons tous reçu bien plus que ce que nous méritions de la main de notre Père généreux et compatissant. Et chaque fois que nous le pouvons, tâchons d’imiter son amour et sa compassion dans nos rapports avec les autres.

Le propriétaire compatissant, Matthieu 20:1–16

Matthieu 20:1  Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le point du jour afin de louer des ouvriers pour sa vigne.
Matthieu 20:2  Et étant tombé d’accord avec les ouvriers pour un denier par jour, il les envoya dans sa vigne.
Matthieu 20:3  Et sortant vers la troisième heure, il en vit d’autres qui étaient sur la place du marché à ne rien faire ;
Matthieu 20:4  et il dit à ceux-ci : Allez, vous aussi, dans la vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste ;
Matthieu 20:5  et ils s’en allèrent. Sortant encore vers la sixième heure et vers la neuvième heure, il fit de même.
Matthieu 20:6  Et sortant vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là ; et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici tout le jour sans rien faire ?
Matthieu 20:7  Ils lui disent: Parce que personne ne nous a engagés. Il leur dit : Allez, vous aussi, dans la vigne, et vous recevrez ce qui sera juste.
Matthieu 20:8  Et le soir étant venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers, et paye-leur leur salaire, en commençant depuis les derniers jusqu’aux premiers.
Matthieu 20:9  Et lorsque ceux qui avaient été engagés vers la onzième heure furent venus, ils reçurent chacun un denier ;
Matthieu 20:10  et quand les premiers furent venus, ils croyaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier.
Matthieu 20:11  Et l’ayant reçu, ils murmuraient contre le maître de maison,
Matthieu 20:12  disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as faits égaux à nous qui avons porté le faix du jour et la chaleur.
Matthieu 20:13  Et lui, répondant, dit à l’un d’entre eux : Mon ami, je ne te fais pas tort : n’es-tu pas tombé d’accord avec moi pour un denier ?
Matthieu 20:14  Prends ce qui est à toi et va-t’en. Mais je veux donner à ce dernier autant qu’à toi.
Matthieu 20:15  Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ton œil est-il méchant, parce que moi, je suis bon ?
Matthieu 20:16  Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers les derniers, car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
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Sois un ami
Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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