Jésus—Sa vie et son message : Les miracles (4ème partie)

[Miracles, Part 4]

Miracles du sabbat (1ère partie)

Dans les Évangiles, nous lisons que Jésus guérissait les gens les jours de sabbat et qu’Il était en butte à une forte opposition chaque fois qu’Il le faisait. La guérison un jour de sabbat était controversée parce que certains percevaient cela comme un travail effectué le jour du sabbat, ce que la loi mosaïque interdisait formellement.
L’histoire de la création relatée dans la Genèse, nous renseigne sur l’origine du sabbat :
« Et Dieu eut achevé au septième jour son œuvre qu’il fit; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il fit. Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia; car en ce jour il se reposa de toute son œuvre que Dieu créa la faisant» (Genèse 2:2 et 3)
Après avoir délivré les Hébreux de leur esclavage en Egypte, Dieu leur donna sa loi, et en particulier les Dix Commandements. Le quatrième commandement ordonnait de sanctifier le jour du sabbat en s’abstenant de tout travail ce jour-là.
« Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier. Six jours tu travailleras, et tu feras toute ton œuvre ; mais le septième jour est le sabbat consacré à l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucune œuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ta bête, ni ton étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, et la terre, la mer, et tout ce qui est en eux, et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du sabbat, et l’a sanctifié » (Exode 20:8-11)
Le sabbat (qui, de nos jours encore, est observé par des Juifs du monde entier) commence le vendredi soir au coucher du soleil et se termine à la même heure le samedi soir. Dans la loi mosaïque, la transgression du sabbat était un crime capital, passible de la peine de mort.
« et vous garderez le sabbat, car il vous sera saint: celui qui le profanera sera certainement mis à mort, car quiconque fera une œuvre en ce jour-là,…. cette âme sera retranchée du milieu de ses peuples » (Exode 31 :14)
Le mot sabbat vient de l’hébreu Shabbat, qui a été formé à partir de shabat, lequel signifie cesser, s’abstenir, ou se reposer.
Dans l’Ancien Testament et à l’époque de Jésus (et pour les Juifs pratiquants d’aujourd’hui), on ne fait aucun travail ordinaire ce jour-là. Le sabbat hebdomadaire était considéré comme un don de Dieu à son peuple.
A l’époque où ils étaient esclaves en Égypte, ils n’avaient eu aucun repos de leurs durs labeurs, donc le fait d’avoir un jour de repos hebdomadaire était une formidable bénédiction. Le sabbat s’appliquait à tous, y compris aux esclaves et aux animaux de trait. C’était un jour consacré au Seigneur :
« Pendant six jours le travail se fera, mais le septième jour sera pour vous un jour saint, un sabbat de repos consacré à l’Éternel: quiconque fera une œuvre ce jour-là, sera mis à mort » (Exode 35:2)
L’observance du sabbat était un signe de la relation privilégiée, de l’alliance entre Israël et Dieu :
« Toi, parle aux fils d’Israël, disant : Certainement, vous garderez mes sabbats, car c’est un signe entre moi et vous, en vos générations, pour que vous sachiez que c’est moi, l’Éternel, qui vous sanctifie » (Exode 31 :13)
C’était un rappel de la façon miraculeuse dont Dieu les avait délivrés de l’esclavage.
« … et tu te souviendras que tu as été serviteur dans le pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait sortir de là à main forte et à bras étendu ; c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a commandé de garder le jour du sabbat » (Deutéronome 5 :15)
Après le retour de la captivité à Babylone et jusqu’en 70 ap. J.-C. (période du Second Temple, de 515 av. J.-C. à 70 ap. J.-C.), les spécialistes de la Loi, comme les scribes, commencèrent à interpréter systématiquement les Écritures bibliques.
Leur intention était d’énoncer les devoirs du peuple de Dieu en définissant les termes et les limites des commandements de Dieu ; s’agissant plus particulièrement du sabbat, ils voulaient que les gens sachent exactement ce qui était considéré comme un travail qu’il leur fallait donc éviter de faire le jour du sabbat.
Certaines choses étaient expliquées clairement dans les Écritures, comme par exemple vous n’allumerez de feu dans aucune de vos habitations le jour du sabbat. Mais un commandement comme Gardez-vous de porter des fardeaux le jour du sabbat … nécessitait une définition juridique de ce qui constituait exactement un fardeau. Le même problème se posait concernant la marche pour sortir de chez soi :
« Que chacun reste chez lui ; que personne ne sorte du lieu où il est, le septième jour » (Exode 16:29)
« Si tu gardes ton pied de profaner le sabbat … » (Esaïe 58 :13)
Il était nécessaire de définir les limites d’un voyage légitime ; c’est ainsi qu’ils définissaient la distance d’un chemin de sabbat, mentionnée en Actes 1.12.
Des directives supplémentaires étaient nécessaires lorsque les règles du sabbat étaient en contradiction avec d’autres commandements. Ainsi, la règle pas de travail pouvait être ignorée lorsque la vie d’une personne était en danger.
Le service des prêtres dans le Temple pouvait se faire le jour du sabbat, et les enfants mâles pouvaient être circoncis.
Durant la période intertestamentaire—l’intervalle historique entre les derniers écrits de l’Ancien Testament et les écrits du Nouveau Testament—les écrits juifs énonçaient en détail les restrictions du sabbat limitant l’activité les jours de sabbat.
Ces restrictions incluaient notamment l’interdiction de labourer un champ, d’allumer un feu, de monter à cheval ou à dos d’âne, de monter à bord d’un bateau, de tuer quoi que ce soit, de marcher plus de 1 000 coudées, de boire à l’extérieur du camp, de puiser de l’eau d’un récipient, de s’asperger de parfum, d’ouvrir un récipient fermé, d’aider un animal à mettre bas ou à sortir un animal du trou, et de faire la guerre.
L’interdiction de faire la guerre fut finalement abrogée, après que certaines batailles furent perdues parce que les soldats juifs ne pouvaient pas combattre les jours de sabbat. Avec le temps, il devint légal pour les soldats de se défendre le jour du sabbat, et par la suite on changea encore la règle pour que les Juifs puissent aussi attaquer leurs ennemis pendant le jour saint.
Dans ce contexte, nous pouvons maintenant passer aux récits de Jésus guérissant ceux qui en avaient besoin, un jour de sabbat, et aux réactions des scribes à ce qu’ils considéraient comme des agissements illégaux.
Dans l’évangile de Luc, nous lisons que Jésus guérit la main paralysée d’un homme un jour de sabbat. Cette histoire est également relatée à quelques variations près, dans les évangiles de Matthieu et de Marc. Voici la version de Luc :
« Et il arriva aussi, un autre sabbat, qu’il entra dans la synagogue et qu’il enseignait. Et il y avait là un homme, et sa main droite était sèche. Et les scribes et les pharisiens observaient s’il guérirait en un jour de sabbat, afin qu’ils trouvassent de quoi l’accuser. Et lui connut leurs pensées et dit à l’homme qui avait la main sèche : Lève-toi, et tiens-toi là devant tous. Et s’étant levé, il se tint là. Jésus donc leur dit : Je vous demanderai s’il est permis, le jour de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de la perdre Et les ayant tous regardés à l’entour, il lui dit : Étends ta main. Et il fit ainsi ; et sa main fut rendue saine comme l’autre. Et ils en furent hors d’eux-mêmes, et s’entretenaient ensemble de ce qu’ils pourraient faire à Jésus » (Luc 6 :6-11)
La guérison et les soins médicaux étaient autorisés le jour du sabbat si la vie d’une personne était en danger, si un bébé venait au monde, ou si une circoncision devait être pratiquée.
Toutefois, si une personne était malade ou handicapée, mais que sa vie n’était pas en danger, on devait attendre le lendemain pour la traiter.
Comme l’homme à la main paralysée n’était pas en danger et qu’il n’y avait donc aucune urgence, les spécialistes de la Loi et les pharisiens voulaient voir si Jésus guérirait un jour de sabbat en violation de leur interprétation de la Loi.
Il est intéressant de noter que l’homme n’avait pas demandé à Jésus de le guérir, mais que c’est Jésus qui a pris l’initiative de le guérir, agissant ainsi d’une manière qui ne manquerait pas de créer la controverse.
Les adversaires de Jésus cherchaient clairement quelque chose dont ils pourraient l’accuser.
Le mot grec utilisé dans ce passage pour surveiller (paratēreō) signifie espionner ou regarder du coin de l’œil, être aux aguets, observer d’un œil malveillant. Le texte donne l’impression que les spécialistes de la Loi et les pharisiens étaient à l’affût pour prendre Jésus en faute afin de pouvoir L’accuser.
De leur point de vue, si Jésus guérissait l’homme, il serait coupable d’avoir violé le sabbat. On nous dit que Jésus savait ce qu’ils méditaient, une aptitude qui est également mentionnée dans d’autres passages des Evangiles.
(voir Luc 5 :22 – 9 :47 et 48 – Marc 2 :8)
Jésus … dit à l’homme qui avait la main infirme :
« Lève-toi et tiens-toi là, au milieu !»
Jésus était en train d’enseigner, donc il se trouvait probablement dans un endroit de la synagogue où tout le monde pouvait Le voir et voir aussi l’homme à la main paralysée.
Alors Jésus s’adressa aux autres, c’est à dire aux spécialistes de la Loi et aux pharisiens : « J’ai une question à vous poser : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien, ou de faire du mal ? Est-il permis de sauver une vie ou bien faut-il la laisser périr »
Les spécialistes de la Loi et les pharisiens n’auraient eu aucune objection à ce que Jésus guérisse quelqu’un pour lui sauver la vie, puisque cela aurait été conforme à leur interprétation des Écritures.
Mais Jésus interprétait la Loi différemment. Il comprenait qu’en instaurant le sabbat, Dieu avait voulu donner aux gens un jour de repos, pour leur permettre de se reposer et de se ressourcer, de penser à Dieu et d’être reconnaissant envers Lui.
La façon dont Jésus voyait le sabbat reflétait ce passage du livre d’Ésaïe :
« Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez de devant mes yeux le mal de vos actions ; cessez de mal faire, apprenez à bien faire ; recherchez le juste jugement, rendez heureux l’opprimé ; faites droit à l’orphelin, plaidez la cause de la veuve » (Esaïe 1 :16 et 17)
« N’est-ce pas ici le jeûne que j’ai choisi, qu’on rompe les chaînes de l’iniquité, qu’on fasse tomber les liens du joug, et qu’on renvoie libres les opprimés, et que vous brisiez tout joug
N’est-ce pas que tu partages ton pain avec celui qui a faim, et que tu fasses entrer dans la maison les affligés qui errent sans asile ?
Quand tu vois un homme nu, que tu le couvres, et que tu ne te caches pas à ta propre chair » (Esaïe 58 :6 et7)
 Jésus comprenait que le sabbat n’avait pas été institué pour empêcher qui que ce soit de faire du bien. Il leur faisait remarquer qu’il y avait quelqu’un de présent qui avait besoin d’être guéri—alors pourquoi attendre quand on peut faire du bien tout de suite ?
Après leur avoir demandé s’il était permis de faire du bien le jour du sabbat, Jésus prouva qu’il avait la bonne compréhension du sabbat en disant à l’homme :
« Étends la main ! » Ce qu’il fit. Et sa main fut guérie.
En guérissant l’homme, Il  montrait que Dieu approuvait que l’on fasse du bien le jour du sabbat puisque, dans le cas contraire, la guérison n’aurait pas eu lieu. Ce qu’il fit. Et sa main fut guérie.
Il est intéressant de noter que Jésus accomplit ce miracle sans faire aucun travail.
Il dit simplement à l’homme d’étendre la main, ce qu’il fit. Et sa main fut guérie. Dieu montrait ainsi sa compassion et sa puissance, par l’intermédiaire de Jésus, et Il confirmait en même temps l’autorité de Jésus, son représentant.
En réaction à cette guérison, les spécialistes de la Loi et les pharisiens furent remplis de fureur et se mirent à discuter entre eux sur ce qu’ils pourraient entreprendre contre Jésus.
L’évangile de Matthieu le rapporte ainsi :
« Et les pharisiens, étant sortis, tinrent conseil contre lui pour le faire périr » (Matthieu 12 :14)
 Tandis que Marc a écrit :
« Et les pharisiens, sortant aussitôt avec les hérodiens, tinrent conseil contre lui pour le faire périr » (Marc 3 :1-6)    
Les guérisons accomplies par Jésus le jour du sabbat rendaient furieux les spécialistes de la Loi et les pharisiens parce qu’elles remettaient en question leur compréhension et leur interprétation des Écritures.
Ce récit de Jésus guérissant l’homme à la main desséchée n’est pas la seule fois où il est mentionné que Jésus fit un miracle de guérison un jour de sabbat, et qu’une confrontation en résulta.
En plus des guérisons que Jésus effectua un jour de sabbat, il y eut d’autres situations dans les évangiles où les adversaires de Jésus contestèrent la légalité de ses activités un jour de sabbat.
En contestant l’interprétation traditionnelle de ce qu’il était permis de faire le jour du sabbat, et en faisant un miracle prouvant que son interprétation était la bonne, Jésus contestait l’interprétation officielle de la Loi et les nombreuses règles et règlements qui découlaient de leur interprétation de ce qui constituait une conduite appropriée durant le sabbat.
Pour Jésus, faire du bien, aider ceux qui étaient dans le besoin et guérir les afflictions était dans l’esprit même du sabbat—cela faisait partie intégrante du repos que Dieu donnait à son peuple.
En guérissant la main de l’homme, Jésus faisait le bien et apportait une restauration; et de son point de vue, c’était une activité légitime le jour du sabbat.
Faire preuve de miséricorde et de compassion était la véritable interprétation que Jésus donnait du sabbat.
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Note de Patrick :
Les passages bibliques cités sont extraits de La Sainte Bible (version J.N. Darby)
Bien sûr, vous êtes libre de prendre les références bibliques et d’utiliser d’autres versions (Votre propre Bible)

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