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Mystères de la Bible N°109 – Daniel le prophète – Chapitre 9B – Soixante-dix semaines (Suite et fin)

DANIEL LE PROPHÈTE

Chapitre 9B : Soixante-dix semaines  (Suite et fin)

On a déterminé, avec un certain degré de précision, la vingtième année du roi Artaxerxès à 445 avant J.-C — qui est donc l’année où fut donné le commandement de rebâtir Jérusalem.
Plusieurs autres décrets, promulgués par Artaxerxès et ses prédécesseurs, autorisèrent les Juifs à retourner dans leur patrie pour y rebâtir leur temple, mais celui–ci en particulier les autorisait à rebâtir la muraille d’enceinte de la ville.
Comme vous pouvez le lire dans le livre de Néhémie, cet ouvrage fut achevé – en dépit de l’ingérence et des menaces continuelles des royaumes voisins – en 52 jours exactement (Néhémie 6:15)
Maintenant, nous allons faire une petite opération d’arithmétique et convertir 483 années prophétiques en années solaires. Une année solaire compte 365 jours ¼.
(483 x 360) ÷ 365,25 = 476 années solaires
Maintenant, si nous ajoutons 476 années à 445 avant J.-C., nous arrivons à 31 après J.-C.
Toutefois, comme le premier jour de 31 après J.-C. n’arriverait qu’à la fin des 476 années, pour s’accorder à la prophétie, la mort de Jésus aurait dû survenir dans le courant de l’an 30 de notre ère.
Il se trouve que la plupart des sources historiques s’accordent à dire que Jésus a été crucifié aux environs de l’an 30 de notre ère.
En résumé, nous savons que « le décret ordonnant de restaurer et de rebâtir Jérusalem … et ses remparts » fut promulgué en 445 avant J.-C.
Daniel prédit qu’après 69 semaines, « un homme ayant reçu l’onction sera mis à mort »
Ces 69 semaines correspondent à 476 années de notre calendrier solaire, lesquelles, lorsqu’on les ajoute à 445 avant J.-C., nous amènent à 30 après J.-C., l’année de la crucifixion du Christ.
Le fait que cette date exacte ait été prédite plus de 5 siècles auparavant, dans le livre de Daniel, confirme que c’est une date tout à fait remarquable !
On suppose qu’à l’époque de Jésus, les Juifs attendaient la venue du Messie, comme l’indique de passage de Luc : « Le peuple était plein d’espoir et chacun se demandait si Jean n’était pas le Messie” (Luc 3:15)
Les Juifs étaient au courant des écrits de leurs prophètes, il est donc fort probable que leur attente était directement liée à leur connaissance de cette prophétie du livre de Daniel.
Le fait que la première partie de cette remarquable prophétie se soit accomplie renforce notre foi que le reste de la prophétie s’accomplira avec la même précision.
Car, comme vous l’avez sans doute remarqué, il reste encore une « semaine » à caser.
Le verset 24 parle de « soixante-dix septaines … pour en finir avec les péchés » et pour « instaurer une justice éternelle »
Pourtant les versets 25 et 26, qui prédisent l’année de la mort du Christ, ne font état que de 69 « semaines »
Que vient faire cette dernière semaine et quand a-t-elle lieu ?
Une chose est sûre : elle n’a pas été accomplie sept ans après la crucifixion et la résurrection de Jésus, car une « ère de justice éternelle » n’a pas encore été instaurée ; de plus, la vision et la prophétie ne sont toujours pas accomplies.
Comme nous le verrons, la dernière semaine commence lorsque l’antéchrist confirme l’alliance avec un grand nombre pendant une septaine [une semaine]
Là, ce sera vraiment la dernière semaine, les sept dernières années.
Au verset 26, la prophétie prédit que la ville de Jérusalem et le sanctuaire, c’est-à-dire le temple, seront détruits par le peuple d’un chef qui viendra.
Cette prophétie fut accomplie en partie par les Romains sous la conduite de Titus, leur futur empereur, qui rasa Jérusalem et le second temple en 70 après J.-C.  Le sac de Jérusalem et le massacre de ses habitants ont été rapportés par l’historien juif  Josephus, dans ses Antiquités.
Toutefois, si l’on en croit le verset 27, il est exclu que Titus soit le prince en question puisqu’il y est précisé qu’il confirme ou conclut une alliance pour une période de sept ans. Or Titus n’a jamais conclu un tel pacte.
Cette alliance, qui joue un rôle crucial dans le déroulement de la Fin des Temps, permet apparemment le rétablissement par le peuple juif du culte dans le temple et des sacrifices d’animaux requis par la loi mosaïque.
Nous en sommes arrivés à cette conclusion parce que nous lisons que le sacrifice et l’offrande cesseront au moment de la rupture de l’alliance, au milieu des sept ans.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, il n’y a ni temple ni culte du temple. Mais si l’on en croit cette prophétie et d’autres passages de la Bible, un temple va être rebâti. (Pour une étude plus complète de ce sujet, lire le chapitre 1, « Il conclura une alliance avec un grand nombre », de l’Ascension et la Chute de l’Antéchrist)
Et au moment où l’alliance est rompue, on nous dit de façon assez mystérieuse que sur l’aile des abominations vient un désolateur.
Le chapitre 11 du livre de Daniel parle de l’Abominable Profanation (ou selon d’autres versions, « l’Abomination qui cause la Désolation »), qui sera une sorte d’idole ou de statue installée dans le temple.
Et les peuples du monde entier auront ordre de se prosterner devant elle et de l’adorer. Il ne s’agira pas d’une idole comme on en voit habituellement.
Nous ne savons pas tout à son sujet mais nous l’étudierons plus en détail au chapitre 11. (Lire également le chapitre 4 de l’Ascension et la Chute de l’Antéchrist, « l’Abominable Profanation ou l’Image de la Bête »)
Tout cela durera jusqu’à ce que l’entière destruction qui a été décrétée frappe le dévastateur, quand les terribles jugements de Dieu s’abattront sur lui. (« Les Plaies de la Colère de Dieu » et  « Armageddon », chapitres 10 et 11 de l’Ascension et la Chute de l’Antéchrist)
Quand tout cela sera arrivé, nul doute que la prophétie suivante de Daniel 9:24 sera accomplie :
« Une période de soixante–dix septaines a été fixée pour ton peuple et pour ta ville sainte, pour mettre un terme à la révolte contre Dieu, et pour en finir avec les péchés, pour expier la faute et pour instaurer une justice éternelle, pour accomplir vision et prophétie, et pour conférer l’onction au Saint des saints »  
Jésus est mort pour nos péchés à la fin de la soixante-neuvième semaine, et c’est ce qui nous a réconciliés avec Dieu.
Après la soixante-dixième semaine, la transgression du règne de l’antéchrist à Jérusalem et dans le temple sera terminée.
La justice éternelle sera instaurée avec l’avènement du règne de Dieu sur la terre, au retour de Jésus, qui surviendra tout à la fin de la septième année du règne de l’antéchrist.
La vision et la prophétie seront accomplies et Jésus sera consacré Roi de toute la Terre. (Voir le chapitre 2 d’En Route pour l’Éternité, « Le règne de mille ans de Jésus-Christ »)
***
Le Messie
[me.si/mɛ.si] (Oint du Seigneur) — Celui qui a été oint par Dieu et revêtu de la puissance de l’Esprit de Dieu pour libérer Son peuple et établir Son Royaume.
Dans la pensée juive, le Messie devait être le roi des Juifs, un chef politique qui triompherait de leurs ennemis et instaurerait leur âge d’or, une ère de paix et de prospérité.
Dans la pensée chrétienne, le terme de Messie s’applique à Jésus et à Son rôle de libérateur spirituel, qui vient affranchir Son peuple du péché et de la mort.
Le mot Messie vient d’un terme hébreu qui signifie « l’oint »
Son équivalent grec est « Christos », qui nous a donné le mot Christ. Messie était l’un des titres donnés par les premiers chrétiens à Jésus.
À l’époque de l’Ancien Testament, une partie du rituel destiné à investir une personne d’une mission spéciale consistait à l’oindre d’huile. Le terme d’oint désignait cette personne.
Dans l’Ancien Testament, le terme Messie est employé à plus de 30 reprises pour designer des rois  (2 Samuel 1:14,16), des prêtres (Lévitique 4:3,5,16), les patriarches (Psaume 105:15), et même Cyrus, le roi des Perses (Ésaïe 45:1).
Le mot oint est également employé pour désigner le roi David, qui fut  l’archétype du roi messianique attendu à la fin de cette ère. (2 Samuel 22:51; Psaume 2:2)
Mais ce n’est qu’à l’époque de Daniel, (au sixième siècle avant J.-C.) que le mot Messie fut employé comme un titre attribué à un roi futur. (Daniel 9:25–26)
Plus tard encore, à l’époque où le people Juif luttait contre ses ennemis politiques, on en vint à identifier le Messie à un chef militaire et politique.
Le Nouveau Testament nous en apprend davantage sur ce qu’attendait le peuple juif.
Ils pensaient que le Messie viendrait accomplir des signes miraculeux (Jean 7:31) et libérer Son peuple, après quoi Il vivrait et règnerait pour toujours (Jean 12:34)
Certains croyaient même que Jean le Baptiste était le Messie (Jean 1:20,21)
D’autres disaient que le Messie naîtrait à Bethléem (Jean 7:42)
La plupart des Juifs pensaient que le Messie serait un chef politique, un roi qui vaincrait les Romains et apporterait la prospérité aux Israélites.
Dans l’Évangile de Jean, nous lisons qu’une Samaritaine dit à Jésus : « Je sais qu’un jour le Messie doit venir » Jésus lui répondit : « Je suis le Messie, Moi qui te parle », (Jean 4:25–26)
Par contre, dans les Évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, Jésus ne s’est jamais présenté comme le Messie, sauf en privé à Ses disciples, jusqu’à ce qu’Il soit condamné à être crucifié. (Matthieu 26:63–64; Marc 14:61–62; Luc 22:67–70)
Il accepta le titre et le statut de Messie en privé (Matthieu 16:16-17)
Cependant Jésus faisait tout pour éviter qu’on L’appelle « le Messie » en public (Marc 8:29–30)
C’est ce qu’on appelle le « secret de la messianité » de Jésus. Il était le Messie mais Il ne voulait pas que cela soit rendu public.
La raison en était que Jésus n’était pas venu instaurer un royaume politique mais spirituel.
Si Jésus s’était donné le titre de Messie, les gens auraient pensé qu’Il était un roi investi d’une mission politique. Mais Jésus savait que le Messie, l’Oint de Dieu, serait le Serviteur destiné à souffrir. (Ésaïe 52:13–53:12)
Le fait que Jésus était un Messie qui devait souffrir – un libérateur crucifié – était, pour de nombreux Juifs, une pierre d’achoppement (1 Corinthiens 1:23)
Ils voyaient la croix comme un signe que Jésus était faible, comme la preuve de Son impuissance et de Son échec. Ils rejetaient le concept d’un Messie crucifié.
Mais le message de l’Église primitive était centré sur le fait que ce Jésus, qui avait été crucifié et ressuscité, était bien le Christ. (Actes 5:42; 17:3; 18:5)
Les premiers chrétiens proclamaient l’évangile scandaleux d’un Messie crucifié, comme étant l’incarnation de la puissance et la sagesse de Dieu. (1 Corinthiens 1:23–24)
Jean écrivait : « Alors qui est le menteur ? C’est celui qui nie que Jésus est le Christ [le Messie]» (1 Jean 2:22)
À l’époque de l’apôtre Paul, le mot « Christ » s’était transformé et, de titre, il était devenu un nom propre, « le Christ ». Ce nom est presque toujours associé à « Jésus », comme dans « le Christ Jésus » (Romains 3 :24) ou « Jésus-Christ » (Romains 1:1)
Quand l’Église a pénétré à l’intérieur des territoires païens, les nouveaux convertis ignoraient le contexte religieux de ce titre, qui perdit ainsi une grande partie de sa signification originale.
Luc écrivait : « C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples de Jésus furent appelés chrétiens (c’est-à-dire, ceux qui appartiennent au Messie et Le suivent)». (Actes 11:26)
En Sa qualité de Messie, Jésus était le roi annoncé et choisi par Dieu, qui devait instaurer le royaume de Dieu sur terre (Matthieu 12:28; Luc 11:20)
Sa victoire ne fut pas obtenue par la force physique ou par la violence, mais par l’amour, l’humilité et le service.
(Traduction adaptée de Nelson’s Illustrated Bible Dictionary, Copyright © 1986, Thomas Nelson Publishers) ***