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Mystères de la Bible N°107 – Daniel le prophète – Chapitre 8 – Le bouc, la chèvre le nouveau roi

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DANIEL LE PROPHÈTE

CHAPITRE 8 – Le Bouc, la chèvre et le futur Roi

Daniel est sur le point de recevoir une des visions prophétiques les plus remarquables qui aient été consignées dans la Bible, concernant le futur. Dans ce chapitre, le texte original repasse de l’araméen à l’hébreu. Pour quelle raison Daniel choisit-il d’écrire ce chapitre et le reste de son livre en hébreu ? Nous l’ignorons, mais on pense que Daniel ne tenait pas à ce que tout le monde puisse lire ce chapitre et les suivants, et qu’il en réservait la lecture à ses compatriotes juifs.
La plupart des érudits conservateurs, spécialistes du Livre de Daniel, c’est-à-dire ceux qui croient qu’il a été écrit de son vivant et non pas par un pseudo-Daniel ayant vécu des siècles plus tard, à l’époque des Macchabées— sont d’avis que le Livre de Daniel n’a été rédigé dans sa forme finale que dans les dernières années de sa vie.
Il n’est donc pas impossible qu’à ce moment-là, Daniel ait estimé préférable que certains de ces passages prophétiques ne soient pas trop facilement compréhensibles par les autorités de l’époque, de crainte qu’ils soient considérés comme subversifs.
Il reçut cette vision dans la troisième année du règne de Balthazar, ce qui la situerait aux environs de 547 avant J.-C. A la façon dont la première partie est formulée, nous ne savons pas avec certitude s’il était réellement à Sushan (l’autre nom de Suse), une ville fortifiée, située à la frontière de la Perse, ou s’il y avait été transporté en esprit. Il précise qu’il se trouvait dans la forteresse attenante à la ville, et dans sa vision, il se tient sur la rive du fleuve.
Shushan est située à environ 50 kilomètres de la ville de Shustar, dans l’actuel Iran. Le fleuve appelé Oulaï, dans ce passage, est très certainement le fleuve Karūn, le seul fleuve navigable d’Iran, dont le cours passe tout près des ruines de la cité antique.
Cyrus le Perse avait déjà vaincu le roi mède Astyage et avait capturé sa capitale, Ecbatane. Il était en train de conquérir la Lydie et, en 546 avant J.-C, ce royaume allait tomber entre ses mains, et le roi Crésus deviendrait son prisonnier.
Dans une certaine mesure, cette vision est similaire à celle des chapitres 2 et 7, dans lesquels Dieu décrit des empires futurs. Mais ce qui est différent dans cette vision, c’est que l’ange qui en donne l’interprétation à Daniel nomme explicitement deux des empires à venir, ce qui n’était pas le cas dans les chapitres précédents.
Dans la première partie de sa vision, Daniel aperçoit un bélier avec deux grosses cornes, dont l’une devient plus grande que l’autre. Puis il voit le bélier frapper en direction de l’ouest, du nord et du sud, et aucun adversaire ne peut lui résister. Un peu plus loin dans ce même chapitre, on nous dit que les deux cornes du bélier sont le roi de Médie et le roi de Perse.
Comme nous le savons déjà, les Perses prirent l’ascendant sur les Mèdes (la deuxième corne devint plus grande que la première) et par la suite, cet empire unifié conquit tous les pays environnants.
Et effectivement, ils se ruèrent vers le nord et conquirent la Lydie, vers l’ouest et conquirent Babylone et, sous la conduite de Cambyse II, le fils de Cyrus le Grand, ils allèrent en direction du sud et conquirent l’Égypte.
Mais voilà qu’un bouc unicorne déboula de l’occident; il se déplaçait tellement vite que ses sabots ne touchaient pas le sol. Il chargea le bélier avec une extrême violence, lui brisa les deux cornes, puis le jeta à terre et le foula aux pieds.
Un peu plus loin, nous apprenons que ce bouc n’est autre que le royaume de Grèce, et sa corne imposante, son premier roi. Alexandre le Grand, roi de Macédoine et hégémon de la Ligue de Corinthe (la fédération regroupant la plupart des cités-états grecques), arriverait 2 siècles plus tard.
En l’espace de 10 ans, il allait soumettre la Perse et tous les territoires sous son autorité et, en quelques années, il conquerrait un plus vaste territoire que l’Empire perse ne l’avait fait en deux siècles.
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Il est intéressant de noter que, dans la vision, la bataille se déroulait au bord d’un fleuve ; en effet, sur les trois batailles majeures qui opposèrent Alexandre aux Perses et qui furent remportées par Alexandre, deux d’entre elles eurent lieu aux abords de fleuves ; et dans les deux cas, l’armée d’Alexandre franchit le fleuve pour attaquer les Perses massés sur l’autre rive. Il s’agit de la bataille du fleuve Granique (NDT: actuel Bigea Çay, en Turquie) en 334 avant J.-C, et de la bataille d’Issos (sur les rives du fleuve Pinaros), en 333 avant J.-C.
Et tout comme la grande corne fut brisée alors que le bouc était parvenu au summum de sa puissance, Alexandre mourut des suites d’une fièvre à l‘âge de 33 ans, à l’apogée de son pouvoir et de ses conquêtes.
Ensuite, quatre rois et royaumes surgirent des fragments de l’empire d’Alexandre, comme nous l’avons vu en détail dans le chapitre précédent. Nous pouvons constater que même si l’animal est différent, la description de la Grèce est identique à celle du léopard, dans la vision de Daniel consignée au chapitre 7 de son livre.
Puis la vision fait un bond à la fin des temps, car on nous dit que le reste de la vision se rapporte, non pas au dernier de ces royaumes, mais qu’elle concerne le temps de la fin. Et de ces quatre royaumes surgit une petite corne, un roi dur et arrogant, qui est destiné à gouverner un grand empire dans les derniers jours.
De nombreux spécialistes des prophéties bibliques sont d’avis que la petite corne de cette vision serait Antiochos Épiphane, le dernier roi important de l’Empire séleucide, un des quatre royaumes.
Le fait qu’il ait vécu dans les derniers temps du royaume pourrait valider cette interprétation – bien que le royaume survécut tant bien que mal et sous une forme considérablement affaiblie, pendant encore au moins un siècle après sa mort – et aussi le fait que certains de ses actes, accomplis pendant son règne, pourraient passer pour un accomplissement des événements prophétiques prédits dans ce chapitre.
Mais comme la vision concerne « le temps de la fin » (ou selon d’autres versions « la fin des temps », NDT), c’est-à-dire la période précédant le retour de Jésus, il est impossible qu’il soit la personne décrite dans le reste du chapitre.
Et nous verrons plus loin qu’une remarque de Jésus, à propos des prédictions du chapitre 11 de Daniel, permet de situer clairement ces événements après Sa résurrection, et donc, bien après le règne d’Antiochos.
Dans la vision de Daniel, deux personnages apparaissent pour l’aider à en comprendre le sens. L’un d’eux est l’ange Gabriel que Daniel prend d’abord pour un être humain. L’autre est quelqu’un qui commande à Gabriel d’expliquer la signification de la vision à Daniel.
Daniel ne voit pas le second personnage, semble-t-il, mais il entend Sa voix venue du fleuve. Si une voix donne un ordre à Gabriel, l’un des archanges de Dieu, ce ne peut être que la voix d’un être qui lui est supérieur. C’est pourquoi de nombreux spécialistes des prophéties de Daniel sont d’avis que cette voix était celle de Jésus.
Nous recevons beaucoup d’informations sur cette petite corne, entre ce que Daniel a vu et les explications de Gabriel: elle symbolise le personnage qui est l’homme démoniaque de la fin des Temps, c’est-à-dire l’antéchrist.
Cette « corne » est à la fois un homme et une entité spirituelle, puisqu’il est évident qu’un simple mortel ne pourrait pas faire ce qu’il fait.
Cette corne est issue d’une des quatre régions qui correspondent aujourd’hui à 1) la Grèce, 2) la Turquie, 3) le Liban, la Syrie, Israël, l’Iraq, et l’Iran et 4) l’Égypte — Pour l’instant, nul ne peut dire précisément de laquelle.
Au chapitre 7, nous voyons la corne correspondante sortir de ce qui fut l’Empire romain et qui englobait tous les pays mentionnés ci-dessus, à l’exception de l’Iran et de l’Iraq.
Il étend sa domination au sud, à l’est et vers le « pays magnifique » Le pays magnifique fait bien évidemment référence à Israël, la patrie sacrée de Daniel et des Juifs qui, à l’époque, sont en exil depuis environ cinquante ans.
Cette corne ou ce roi, comme on le désigne un peu loin dans ce chapitre, ira jusqu’à attaquer l’armée céleste, et elle fera tomber à terre une partie de cette armée, qu’elle  piétinera. Le livre de l’Apocalypse contient une information similaire à propos de Satan : « Sa queue balaya le tiers des étoiles du ciel et les jeta sur la terre. » (Apocalypse 12:4)
S’il est vrai que cette corne est l’antéchrist et non pas Satan, il reste que l’antéchrist finira par être complètement possédé par Satan.
Dans un passage ultérieur, nous apprenons que cet homme est un individu arrogant, doublé d’un expert en intrigues et en tromperies. Son pouvoir ne cesse de croître, pourtant il ne tient pas ce pouvoir de lui-même. Cette information apparaît également dans l’Apocalypse où l’on peut lire : « Le dragon [Satan] lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité » (Apocalypse 13:2)
Mais il prospèrera dans tout ce qu’il entreprendra, il exterminera de puissants adversaires et décimera les membres du peuple saint. Nous avons déjà lu au chapitre précédent que l’antéchrist entrera en guerre contre les saints et prévaudra contre eux, et voilà qu’on nous répète cette information.
Cette fois-ci il ne s’agit pas seulement des saints mais de puissants adversaires, c’est-à-dire de nations entières qui vont s’opposer à lui. Dans un chapitre ultérieur, nous examinerons la question de savoir quelles sont ces nations qu’il conquiert et détruit alors qu’elles sont pourtant puissantes et prospères.
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Les saints et le peuple saint
Les « saints » et « le peuple saint » sont deux termes qui désignent les mêmes personnes. Il ne s’agit pas uniquement des saints de l’Église Catholique ou d’autres églises, comme certains pourraient le penser.
Peut-être en font-ils partie, mais Daniel donne un sens beaucoup plus large à cette fraternité du peuple de Dieu. Le mot « saint » vient du latin « sanctus », dont l’un des premiers sens est « sacré » ou consacré à Dieu.
Par conséquent, les saints dont il est question  ici sont des personnes consacrées à Dieu ou, dans un sens plus large, des croyants.
Les Israélites de l’Ancien Testament pouvaient être considérés comme « le peuple saint » de l’époque, en vertu du fait qu’ils étaient le peuple élu. À l’ère du Nouveau Testament, ce terme s’applique à tous ceux qui croient en Jésus, comme Paul l’explique clairement :
« Car ce n’est pas ce qui est visible qui fait le Juif … mais ce qui fait le Juif c’est ce qui est intérieur … [selon] l’Esprit » Et « Il n’y a donc plus de différence entre les Juifs et les non–Juifs, entre les esclaves et les hommes libres, entre les hommes et les femmes. Unis à Jésus–Christ, vous êtes tous un. Si vous Lui appartenez, vous êtes la descendance d’Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham » (Romains 2:28–29; Galates 3:28–29)
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La version de la Bible du Semeur de ce verset parle de « puissants adversaires et … [des] membres du peuple saint » ; on pourrait l’interpréter en disant qu’il s’agit des mêmes personnes, c’est-à-dire des enfants de Dieu qui s’opposeront à l’antéchrist.
Toutefois, à la lecture d’autres passages de Daniel et de l’Apocalypse, nous en déduisons que beaucoup de gens vont résister à l’antéchrist, pas seulement ceux qui croient en Dieu, mais aussi beaucoup d’autres, probablement pour des raisons de convictions religieuses ou par patriotisme.
Cependant, nous savons qu’au moment où Jésus reviendra, il y aura encore une multitude de croyants ici-bas, étant donné que tous ceux qui croient en Lui s’élèveront alors à Sa rencontre dans le ciel. (Voir « Le Retour de Jésus », chapitre 8 de L’Ascension et la Chute de l’Antéchrist.)
De toute évidence, les tentatives de l’antéchrist pour détruire le people saint ne sont pas entièrement couronnées de succès.
Même si la persécution des croyants est particulièrement brutale, son succès est limité, comme ce fut le cas de toutes les grandes persécutions des Chrétiens à travers les âges.
Le verset suivant nous donne des renseignements supplémentaires sur l’identité de ceux que l’antéchrist détruit ; on nous dit en effet : « Il tuera beaucoup de gens qui se croiront en sécurité » (v.25, PDV).
Il semble donc que le people saint dont il est question ici représente plus précisément les églises prospères ayant pignon sur rue, qui ont souvent été la cible privilégiée des régimes athées et antireligieux, une fois qu’ils se sont emparés du pouvoir.
L’antéchrist est un être sournois, un véritable démon — d’ailleurs, il est possédé par le diable en personne. Sous son règne, le mensonge prospère – une référence évidente aux intrigues politiques qu’il trame avec ses partisans.
Ensuite, on voit ce roi défier et se dresser contre « le Prince de l’armée céleste » (v.11)
De qui s’agit-il ? Ce ne peut être que Jésus. Ce que confirme l’apôtre Paul lorsqu’il décrit la mégalomanie de l’antéchrist :
« la méchanceté personnifiée, l’être destiné à la ruine [qui] s’opposera à tout ce que les hommes adorent et considèrent comme divin. Il s’élèvera contre tout cela, et ira jusqu’à pénétrer dans le temple de Dieu pour s’y asseoir en se faisant passer lui–même pour Dieu. » (2 Thessaloniciens 2:3–4)
« Elle [la petite corne] mit fin au sacrifice perpétuel » (verset 11)
 À l’époque de Daniel, le temple juif avait été détruit par Nabuchodonosor, et Jérusalem était devenue un immense terrain vague. Les sacrifices quotidiens avaient cessé puisqu’on ne pouvait les pratiquer que dans le temple et que le sanctuaire avait été rasé.
Le sanctuaire peut aussi bien désigner l’ensemble des bâtiments du temple juif que sa partie la plus centrale et la plus sacrée, qu’on appelle le saint des saints. Des messages prophétiques ultérieurs répéteront ces révélations à Daniel.
D’une certaine manière, ces informations ont certainement dû l’encourager, puisque logiquement cela signifiait que le temple serait rebâti et le service du temple rétabli. Et le seul site où les Juifs pouvaient rebâtir leur temple était le sommet du mont Moriya à Jérusalem, à l’endroit exact où était l’ancien temple.
Puis Daniel entend une conversation entre deux saints anges, où l’un demande à l’autre combien de temps s’écoulera avant que le sanctuaire soit consacré ou purifié, ce qui peut être interprété comme une purification de ce qui l’a souillé.
Or, au chapitre suivant, nous verrons que quelque chose d’abominable souille le temple. Le deuxième saint lui répond qu’il s’écoulera 2 300 jours. Rappelez-vous de ce chiffre, parce qu’au chapitre 12, nous verrons comment il s’inscrit dans le calendrier de la fin des temps.
Mais lorsque l’antéchrist se dresse contre Jésus, le Prince des princes, il est brisé. A la Bataille d’Armageddon, l’antéchrist et ses armées sont écrasées et anéanties, non pas par des armées humaines mais par une force céleste surnaturelle venue du Ciel. Donc, tout est bien qui finit bien ou, devrions-nous dire, c’est l’heureuse conclusion que nous attendons tous.
Notre cher Daniel ressortit complètement épuisé de cette révélation, au point qu’il s’évanouit et qu’il fut malade pendant plusieurs jours.
Apparemment, il interrogea d’autres personnes au sujet de son expérience, mais personne ne comprit ce que cela signifiait, vu que cela concernait un lointain futur. Mais aujourd’hui, le futur est là, et Dieu veut que nous sachions de quoi il retourne.
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Sois un ami
Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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