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Mystères de la Bible N°105 – Daniel le prophète – Chapitre 6 – Daniel dans la fosse aux lions

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Daniel le prophète

Chapitre 6 – La fosse aux lions

Avant de nous pencher sur les événements relatés au chapitre six du Livre de Daniel, nous allons examiner d’un peu plus près la personne de Darius le Mède, mentionné au dernier verset du Livre du chapitre 5 de Daniel :
« Et Darius le Mède, âgé d’environ soixante–deux ans, accéda au pouvoir impérial. » Un peu plus loin, en Daniel 9:1, Darius est identifié comme étant « Darius, fils de Xerxès, de la race des Mèdes […] établi sur le trône du royaume des Chaldéens »
En dehors de la Bible, il n’existe aucune autre mention d’un roi de Babylone ayant porté ce nom, durant cette période de l’histoire.
Il y eut plusieurs rois du nom de Darius qui gouvernèrent l’Empire perse après Cyrus, mais le premier d’entre eux, Darius le Grand, ne devint roi que sept ans après la mort de Cyrus. Daniel déclare, au début de Daniel 10, que la révélation qui allait suivre dans les 3 prochains chapitres lui avait été donnée dans la troisième année du règne de Cyrus.
Et au début de Daniel 11, l’ange qui lui transmet le message déclare que la première année du règne de Darius le Mède était antérieure à cette révélation. Par conséquent, le Darius dont il est question dans ce passage ne pouvait pas être Darius le Grand.
Comme il a été mentionné au chapitre précédent, un certain Ugbaru était à la tête des troupes perses qui entrèrent dans Babylone. Par ailleurs, des documents historiques font mention d’un certain Gubaru, qui aurait été gouverneur de Babylone quatre ans après la prise de la ville par les Perses.
On a longtemps pensé que Ugbaru et Gubaru n’étaient qu’une seule et même personne, mais on sait maintenant que ce n’était pas le cas, depuis la découverte récente de documents rapportant qu’Ugbaru était mort trois semaines après la capture de Babylone.
Il se peut que le gouverneur Gubaru ait été le Darius le Mède de la Bible. Il n’était pas rare que les gouverneurs d’une partie d’un empire reçoivent le titre de roi, et que le chef suprême de l’empire soit appelé roi des rois. Donc, même si Darius n’était pas à la tête de l’empire, il aurait très bien pu se faire appeler le roi de Babylone.
Certains historiens ont émis l’hypothèse que le nom Darius n’était pas un nom propre, mais plutôt un titre ou un nom royal que le nouveau roi prenait au début de son règne. En araméen, Darius signifiait « celui qui tient le sceptre »
Si l’on en croit les documents babyloniens et perses, Gubaru édicta des lois pour la région de Babylone et prit d’autres mesures qui étaient, normalement, des prérogatives royales.
Selon une autre théorie, Darius le Mède n’était autre que Cyrus. Une autre traduction possible du dernier verset de Daniel 6 en araméen étayerait cette théorie ; c’est celle-ci :
« Daniel prospéra sous le règne de Darius, c’est-à-dire sous celui de Cyrus le Perse » (Daniel 6:28)
Bien que Cyrus fût d’origine perse par son père, il était aussi un descendant direct des rois mèdes par sa mère. Si Darius était bien un titre plutôt qu’un nom, il aurait pu désigner Cyrus. Il semble que Daniel ait été en bons termes aussi bien avec Cyrus qu’avec le Darius dont il est fait mention dans ce chapitre, ce qui pourrait s’expliquer par le fait qu’il s’agissait d’une seule et même personne.
Daniel aurait pu écrire que Cyrus était un roi mède pour montrer que les prophéties d’Ésaïe et de Jérémie (écrites aux environs de 721 avant J.-C. et 595 avant J.-C.), prédisant la conquête de Babylone par les Mèdes, s’étaient accomplies.
« Car Je vais susciter contre eux les Mèdes … Et Babylone, le joyau des royaumes, cité splendide qui faisait la fierté des Chaldéens, deviendra semblable à Sodome et à Gomorrhe que Dieu a renversées » (Ésaïe 13:17,19)
« L’Éternel a excité l’esprit des rois des Mèdes, car Il a résolu de ruiner Babylone ; ce sera la rétribution que l’Éternel exercera ; ainsi Il lui fera payer ce qu’elle a fait contre Son Temple » (Jérémie 51:11)
Le dernier verset du chapitre 5 nous révèle que Darius le Mède avait environ 62 ans lorsqu’il devint gouverneur de Babylone. Des documents historiques indiquent que Cyrus avait environ 70 ans lorsqu’il périt sur un champ de bataille, et qu’il avait régné pendant 9 ans après la prise de Babylone. Donc, Darius aurait pu être Cyrus, puisqu’il aurait eu le même âge.
Il est intéressant de remarquer que dans ce chapitre, on parle de la loi des Mèdes et des Perses plutôt que de la loi des Perses et des Mèdes, comme ce sera le cas dans le Livre d’Esther, qui relate des événements survenus un siècle plus tard dans l’empire Perse.
Au départ, les Perses étaient des vassaux des Mèdes, et il se peut qu’à l’époque des faits rapportés dans ce chapitre, les Mèdes étaient encore dominants culturellement. Ce qui expliquerait que Daniel ait appelé le roi, Darius le Mède.
Toutefois, et à moins qu’apparaissent de nouveaux éléments probants, nous ne serons pas en mesure d’identifier avec certitude Darius le Mède, ni d’expliquer pourquoi Daniel lui donnait le titre de roi et l’appelait par ce nom.
Par contre, il a été prouvé à maintes reprises que le récit biblique était correct d’un point de vue historique. Au cours des siècles, des esprits sceptiques ont accusé la Bible d’être un recueil d’inventions pures et simples, mais l’une après l’autre, ces objections se sont avérées sans fondement.
Examinons maintenant les événements décrits dans ce chapitre. Darius nomme un certain nombre de hauts fonctionnaires pour gouverner Babylone, dont Daniel qui est l’un des plus élevés dans la hiérarchie.
Une fois de plus, c’est un hommage rendu à la sagesse de Daniel. Puis Darius suit l’avis de ses conseillers (il est très probable que Daniel était absent à ce moment-là) et crée un édit en vertu duquel toute personne qui adresserait une prière à un homme ou à un dieu autre que le roi, pendant une période de 30 jours, serait jeté dans la fosse aux lions.
Ses conseillers avaient manigancé ce piège dans le but d’évincer Daniel. Ils savaient qu’il avait depuis toujours l’habitude de prier trois fois par jour, en faisant face à sa patrie, et qu’il serait sûrement pris sur le fait et, par conséquent, condamné.
Et effectivement, ils le prirent sur le fait. Au grand regret du roi, Daniel fut condamné. Dans le droit médo-perse, une fois qu’un décret avait été signé par le roi, nul ne pouvait le révoquer, pas même le roi.
S’il s’agissait bien de Cyrus, on peut s’étonner qu’un des rois de l’Antiquité les plus avisés et les plus tolérants vis-à-vis de la religion ait pu signer un décret aussi absurde.
Il se peut qu’après la conquête de Babylone, le roi ait hérité du problème créé par Nabonide, lorsque celui-ci avait confisqué toutes les idoles des villes et des villages avoisinants pour les emporter à Babylone. La responsabilité de les ramener dans leurs villages d’origine était retombée sur le nouveau roi.
Le roi aurait tenu à ce que la population de cette contrée nouvellement conquise reste dans de bonnes dispositions, étant donné qu’elle avait accueilli les conquérants en libérateurs et restaurateurs des traditions religieuses.
En sa qualité de roi de Babylone, il avait hérité d’un rôle de premier plan dans la religion polythéiste de Babylone, à savoir celui d’intercesseur du peuple auprès des dieux.
Il se peut que l’objectif du décret, que ses conseillers l’avaient convaincu de promulguer, ait été de garder le contrôle de la situation religieuse, le temps de ramener, avec la solennité qui s’imposait, les idoles dans leurs villes d’origine respectives. Si les gens manquaient certaines cérémonies et festivals religieux parce qu’ils obéissaient à un décret religieux qui supplantait le rite traditionnel, ils n’encourraient pas la colère des dieux. C’est une possibilité intéressante.
N’oublions pas non plus que tout cela était survenu à l’instigation de ses conseillers, dont Darius attendait qu’ils lui donnent des conseils avisés. Et même une fois qu’il eut décelé leur machination, lorsqu’ils vinrent dénoncer Daniel, il était quand même obligé d’ordonner que Daniel soit jeté dans la fosse aux lions.
Voici donc Daniel, âgé d’au moins quatre-vingt ans – et non pas le jeune homme dépeint dans de nombreuses illustrations de cet épisode de sa vie — qui passe la nuit dans la fosse, en compagnie des lions.
Mais de toute évidence, il n’était pas abandonné, puisqu’un ange était là pour fermer la gueule des bêtes. On imagine sans peine la frustration des lions affamés qui, pourtant, étaient incapables d’ouvrir leur gueule pour dévorer le repas qui était tout près d’eux.
L’ordalie, ou le « jugement de Dieu », était une ancienne coutume que l’on retrouve dans le code d’Hammourabi, un recueil des lois en vigueur dans le royaume babylonien, 1000 ans avant l’époque de Daniel. Donc, il y avait sûrement suffisamment de précédents d’un accusé sortant indemne d’une ordalie, pour que le roi déclare que la loi avait été respectée, que l’accusé avait été innocenté par intervention divine et que, par conséquent, Daniel pouvait retrouver la liberté.
Quant aux accusateurs de Daniel, ils ne bénéficièrent d’aucune mansuétude et furent jetés, avec leurs familles, dans la fosse aux lions. Ils subirent le châtiment qu’ils avaient réservé à Daniel.
Il n’était pas rare que les ennemis du people de Dieu tombent sous le coup d’une justice immanente et aient à subir le sort qu’ils avaient réservé à d’autres.
Et ce chapitre se termine par un autre roi païen, envoyant une proclamation écrite à tous les peuples de son empire, pour attester de la suprématie et de la grandeur du Dieu vivant de Daniel.
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Sois un ami
Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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