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L’histoire de l’agent soviétique qui a mis la main sur un virus mortel en Afrique

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L’histoire de l’agent soviétique qui a mis la main sur un virus mortel en Afrique

Anatoli Baronine, ancien colonel du renseignement soviétique, est décédé à Kiev à l’âge de 87 ans.
Le magazine allemand Stern le considérait dans les années 1970 comme « l’un des espions les plus éminents de l’époque contemporaine »
Son nom est entré dans l’histoire pour une opération de terrain au Nigéria, pendant laquelle Anatoli Baronine avait mis la main sur des échantillons d’une fièvre hémorragique similaire au virus Ebola. En quoi cette opération du renseignement soviétique était-elle unique ? Récit du quotidien Vzgliad. 
« Anatoli Baronine est une personnalité éminente du renseignement extérieur soviétique et ukrainien. Il a passé la moitié des 50 ans de sa carrière dans le renseignement à des postes dirigeants de la Première direction des organes de sécurité publique de la République socialiste soviétique d’Ukraine et à la formation de jeunes agents de renseignement ukrainiens », indique la nécrologie officielle publiée sur le site du Service de renseignement extérieur d’Ukraine. 
Anatoli Baronine s’est retrouvé à Kiev au milieu des années 1980, en partie par hasard, en partie par son propre choix. Il est né, a grandi et a fait ses études à Moscou et n’avait aucun lien de parenté avec l’Ukraine. 
Anatoli Baronine a bien étudié les mœurs africaines locales, notamment du quotidien et de l’ordre social de l’Afrique occidentale, région très difficile à comprendre. De tels spécialistes se comptaient sur les doigts de la main à l’université pédagogique. Rares sont ceux qui faisaient de l’Afrique noire (le sud du Sahara, pas le nord arabe) leur spécialité, la plupart considérant les missions en Afrique comme un maillon intermédiaire pour recevoir des postes dans des pays plus «prestigieux» et confortables (non seulement en termes de climat, mais aussi de carrière)
« Frère cadet » du virus Ebola
On estime que l’opération la plus résonnante menée par Anatoli Baronine a été de mettre la main, sur le terrain en Afrique occidentale, d’échantillons du virus Ebola – ce n’est pas tout à fait le cas, mais cela ne rend pas l’opération moins remarquable pour autant.
La fièvre hémorragique Ebola porte le nom du fleuve de la République démocratique du Congo (RDC) où a été enregistrée la première épidémie de la maladie qui avait décimé un village en entier en quelques jours en 1976. Alors que les événements auxquels a participé Anatoli Baronine ont eu lieu six ans plus tôt au Nigeria dans le village de Lassa. A cette époque, le terme «virus Ebola» n’existait pas encore.
Le village est mort dans d’atroces souffrances en deux jours d’une maladie inconnue ressemblant au typhus. Sachant que les premières victimes étaient américaines – un médecin et deux infirmières qui se trouvaient pour une raison inconnue dans la jungle nigériane. Cela a engendré des soupçons selon lesquels des Américains testaient une arme bactériologique sur les Nigérians.
Selon une autre version, il s’agissait d’une défaillance, d’un accident. A ce jour, il n’y a eu que quelques victimes blanches décédées d’Ebola et de virus dérivés, et toutes étaient des infirmières qui s’étaient piquées accidentellement lors des expériences en laboratoire, dont deux Russes.
En 1996, une laborantine s’est accidentellement piquée le doigt en administrant des vaccins à des lapins à l’institut de recherche de microbiologie près le ministère russe de la Défense à Sergiev Possad. Et en 2014 est décédée Antonina Presniakova, laborantine du service spécial de l’institut de biologie moléculaire qui s’était piquée en vaccinant des cochons d’Inde. Autre victime européenne: le prêtre missionnaire espagnol Miguel Pajares qui enseignait aux tribus du Liberia vivant dans la forêt. Il a été rapatrié en Espagne pour recevoir des soins, mais les médecins n’ont pas réussi à le sauver. Et pendant qu’il était soigné une autre infirmière, Teresa Romero, est décédée.
Anatoli Baronine ne se préoccupait pas de ces théories puisque l’ordre de Moscou était clair: obtenir un échantillon du virus. Oublions que c’était risqué – à l’époque on ignorait même comment ce virus se transmettait. En cas de transmission aérienne, mieux aurait valu faire exploser une bombe à vide au lieu de fouiller dans les déchets. Mais d’un point de vue purement technique l’épidémie s’était stoppée, ce qui faisait penser encore plus à l’origine artificielle du virus.
Les Américains pouvaient posséder un antidote. Ou alors ils avaient réussi à obtenir les anticorps des défunts. De cette manière, la mission était qualifiée par Moscou de stratégique et de priorité absolue. A accomplir par tous les moyens parce que l’URSS comptait rapidement classer le virus et lancer l’élaboration d’un vaccin. Dont personne ne dispose à ce jour.
Un petit groupe de médecins soviétiques travaillait au Nigeria, parmi lesquels Anatoli Baronine en avait choisi un de la spécialité plus ou moins appropriée, mais cet individu n’était pas un épidémiologiste à proprement parler. Tous les deux, ils ont pris un véhicule tout terrain de l’ambassade et se sont rendus à Lassa, à 1.200 km de la frontière nigériane, en pleine jungle.
Pendant un certain temps ils cherchaient le village comme Indiana Jones, mais ont finalement trouvé. Grâce à la vodka, aux cadeaux et aux discussions « sur la vie » ils ont réussi à obtenir des chefs de tribu locaux le droit d’exhumer les corps, ce qui était suicidaire sans costumes chimiques. Sachant que la population locale réagissait assez agressivement à leur activité. 
Des échantillons de sang
Malgré tout, Anatoli Baronine et le médecin qu’il avait mobilisé ont pu prélever des échantillons sur les corps et les envoyer à Moscou. Le résultat fut nul. Comme dans la blague: les morts étaient pratiquement en bonne santé. Il s’est avéré par la suite que le virus restait dans le corps environ 50 jours. Anatoli Baronine et le médecin sont arrivés à Lassa un peu plus tard, ce qui leur a sauvé la vie mais n’a pas apporté un résultat pratique pour remplir la mission de Moscou. Il fallait prélever des échantillons de sang des personnes infectées encore en vie. Un plan B était nécessaire.
Anatoli Baronine a découvert que les échantillons de sang prélevés sur les malades par les Américains étaient conservés chez des médecins nigérians. Personne n’ayant encore l’expérience nécessaire pour combattre de telles maladies, les Américains n’avaient pas veillé à la confidentialité.
Il était déraisonnable de simplement voler les fioles, c’est pourquoi Anatoli Baronine a décidé d’agir de la manière la plus compréhensible pour l’Afrique occidentale: la flatterie et le soudoiement. Les échantillons ont été obtenus avec succès et livrés à Moscou.
En revanche, il ne s’agissait pas du virus Ebola sous sa forme pure mais de son « frère cadet »: un arénavirus qui a ensuite reçu le nom du premier village décimé, celui-là même qui a été visité par Anatoli Baronine: fièvre de Lassa.
Plusieurs sous-types de virus du type Ebola sont répertoriés aujourd’hui, tout comme les maladies mortelles qu’ils provoquent. Les « réservoirs naturels » de ces virus se trouvent quelque part au fond de la jungle tropicale africaine et sont transmis à l’homme lors d’un contact direct avec certains types d’animaux: rongeurs, chauves-souris et singes.
Certains sont consommés sous forme crue à cause de la pauvreté, alors que les rapports sexuels avec les primates peuvent s’inscrire dans le cadre de rituels. C’est pourquoi les virus de type Ebola affectent principalement les tribus des forêts vivant à l’écart de la civilisation.
Une arme bactériologique ?
On estime que la présence de réservoirs naturels exclut l’origine artificielle des virus. En d’autres termes, ce n’est pas une arme bactériologique. Par contre, le principe même du fonctionnement de ces virus peut être utilisé et a certainement déjà été utilisé (synthétisé) comme une arme.
L’incident qui s’est produit six ans plus tard dans la vallée de la rivière Ebola en RDC a attiré l’attention du monde entier: 280 personnes sont mortes en deux jours à Ebola, autour de laquelle des missions catholiques étaient implantées. Il était impossible de le cacher.
Les organisations médicales internationales ont alors qualifié les virus tropicaux africains de menace mortelle pour l’humanité. Alors que l’URSS, grâce au travail du colonel Baronine, menait depuis six ans des essais en laboratoire sur un virus similaire. A cette époque il s’agissait d’un travail complètement novateur.
Rappelons que l’analyse ADN et les technologies afférentes n’existaient pas encore, et que les vaccins étaient synthétisés dans le monde entier uniquement à base d’anticorps. Or les anticorps pouvaient être obtenus seulement avec le sang des survivants ou des porteurs primaires: les spermophiles, les chauves-souris et les macaques crabiers locaux.
Il a fallu en attraper et les envoyer en Russie à Sergiev Possad et sur l’île de la Renaissance (Vozrojdenia – Aralsk-7), qui reste un site mystérieux en mer d’Aral, où en 1992 se trouvait un laboratoire bactériologique soviétique.
Après le retrait du laboratoire et de la garnison spéciale sur ordre de Boris Eltsine, les Américains ont visité l’île de Vozrojdenia à deux reprises (qui est désormais une péninsule avec le retrait de la mer d’Aral) pour mener des expériences afin de découvrir si leurs vaccins fonctionnaient contre les souches militaires élaborées en URSS, notamment contre la peste. On dit qu’ils fonctionnent, mais dans ce domaine de connaissances cela fait longtemps que personne ne croit sur parole ce genre d’affirmations.
Anatoli Baronine appartenait à la génération «romantique» du renseignement soviétique, et l’isolement de son activité professionnelle dans cette région dangereuse l’a préservé contre les jeux carriéristes en tout genre au sein de l’université pédagogique du KGB. Le colonel ne pouvait pas espérer être promu général simplement à cause du système de formation de carrière de l’époque.
En revanche, Anatoli Baronine est devenu une légende dans son métier, l’un des derniers praticiens du renseignement « à l’ancienne » qui avait encore quelque chose de James Bond.
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Les Etats-Unis ont voulu faire usage d’armes biologiques contre Cuba, selon le FBI

La déclassification récente de documents concernant l’assassinat de John F.Kennedy a permis de prendre connaissance d’intentions des autorités américaines d’antan concernant Cuba.
Les autorités américaines ont examiné un scénario de « sabotage agricole » à Cuba qui prévoyait de détruire la récolte du pays à l’aide d’agents biologiques, peut-on lire dans un document du FBI déclassifié récemment.
Le document contient les informations concernant une réunion d’un groupe spécial qui devait discuter des détails de l’opération Mangouste. La réunion a eu lieu le 6 septembre 1962. Le général Carter, qui participait à la réunion, a proposé de faire usage « d’agents biologiques camouflés en matières naturelles » pour détruire la récolte à Cuba.
« Le général Carter a fait remarquer la vulnérabilité extrême d’une telle opération et les conséquences terribles pouvant survenir si quelque chose ne se passait pas comme prévu, surtout si l’implication des Etats-Unis était prouvée », indique le document. 
A son tour, McGeorge Bundy, conseiller à la sécurité nationale du président John F. Kennedy, a prévenu qu’il ne fallait pas recourir à des substances chimiques ou à d’autres matières similaires si leur usage ne pouvait pas être solidement dissimulé.
Le document contient également une proposition évoquant la possibilité d’« attaquer le personnel soviétique se trouvant sur le territoire de Cuba », sans donner plus de précisions.
Jeudi, les États-Unis ont pour la première fois rendu publics près de 3.000 documents sur l’assassinat de John F.Kennedy. Une base de 2891 documents est accessible sur le site des Archives nationales américaines.
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Sois un ami
Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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