Les plus anciennes photos de Notre-Dame de Paris

Grâce à l’invention de la photographie en 1839, plusieurs photographes ont immortalisé Notre-Dame de Paris. De précieux témoignages qui permettent, aujourd’hui, d’avoir un aperçu de la cathédrale avant les grands travaux de Viollet-le-Duc.

Comment imaginer qu’à une époque les Parisiens ont connu Notre-Dame sans flèche ? Démontée en 1786 en raison de sa dangerosité, la flèche médiévale de la cathédrale a disparu du paysage parisien pendant plus d’un demi-siècle.

Quelques photographies témoignent de cette époque lointaine. Les plus attentifs observeront sur les clichés que les statues de la galerie des rois avaient également disparu suite à la Révolution française, et que les chimères, inventées par Viollet-le-Duc, ne prenaient pas encore place sur les galeries supérieures.

Dans la première moitié du XIXe siècle, Notre-Dame de Paris est dans un état critique. Très abîmée, les restaurations apparaissent colossales et les autorités parisiennes songent même à détruire l’édifice.

Par chance, l’engouement populaire pour ce précieux témoin de l’architecture médiévale sauve Notre-Dame d’une mort certaine.

L’arrivée de la photographie est l’occasion d’immortaliser la cathédrale sous tous les angles. De précieux témoignages qui permettent de se rendre compte de l’état de Notre-Dame avant les restaurations de Viollet-le-Duc mais aussi les aménagements liturgiques de l’époque.

Notre-Dame de Paris sans trumeau et sans galerie des rois, avant 1843

Cette photo, prise avant les grands travaux de Viollet-le-Duc commencés en 1843, montre Notre-Dame comme on la connaît peu. En 1771, l’architecte Jacques-Germain Soufflot supprime le trumeau médiéval du portail du Jugement dernier et une partie du linteau pour faciliter le passage du dais lors des processions. Une arcade en bois évoquant Marie remplace le vide. Les portes sont également remplacées et représentent le Christ portant sa croix ainsi que Marie pleurant de douleur la mort de son fils. On remarque également, au dessus des portails, que la galerie des rois est vide. L’ensemble des sculptures avaient été détruites à la Révolution française et jamais remplacées jusqu’à l’intervention de Viollet-le-Duc.

L’état des arcs boutants avant restauration de Viollet-le-Duc, 1851

Dans la première moitié du XIXe siècle, Notre-Dame de Paris est dans un tel état de décrépitude suite à de nombreuses démolitions et saccages que les autorités parisiennes envisagent sa destruction pure et simple. Heureusement l’engouement populaire et la sortie du roman de Victor Hugo Notre-Dame publié en 1831, qui connait un succès immédiat, stoppent la folie des démolisseurs. En 1851, le photographe Henri Le Secq immortalise les arcs-boutants de la cathédrale. Plusieurs pierres ont chuté, témoignant de l’état catastrophique de Notre-Dame.

Notre-Dame de Paris avant sa restauration, 1852

Cette photo, prise vers 1852 par Edouard Baldus, donne un bon aperçu de l’état de la cathédrale et les aménagements aux alentours. Des maisons, aujourd’hui disparues, venaient s’accoler sur la façade sud

Notre-Dame de Paris sans flèche, avant 1853

Prise en 1853, cette photographie de Charles Nègre montre les évolutions de Notre-Dame de Paris suite aux restaurations de Viollet-le-Duc. La galerie a désormais retrouvé ses 28 rois de Juda, reconstitués grâce à l’atelier de Geoffroi-Dechaume. Au portail central, les artisans s’affairent à la restauration de la porte afin de restituer le linteau et le trumeau d’origine comme en témoigne le grand échafaudage installé. Au niveau des galeries supérieures, on remarque les chimères installées par Viollet-le-Duc qui n’existaient pas à l’époque médiévale. Enfin, la grande flèche néogothique imaginée par Viollet-le-Duc pour remplacer celle du XIIIe qui avait été démontée, n’existe toujours pas à cette époque.

La Stryge juchée sur la balustrade de la cathédrale, 1853

Prise en 1853 par Charles Nègre, cette photographie permet d’admirer de plus près les chimères, ces statues fantastiques ajoutées par Viollet-le-Duc sur la cathédrale. Ici, la fameuse Stryge, sans doute la plus célèbre des chimères, un esprit nocturne malfaisant. Pour Viollet-le-Duc, ces statues monumentales effrayantes étaient destinées à recréer l’atmosphère fantastique qu’il imaginait du Moyen Âge.

Façade de la cathédrale décorée à l’occasion du mariage de Napoléon III et Eugénie, 1853

Quelques mois après sa restauration, la façade de la cathédrale est décorée de tentures à l’occasion du mariage de Napoléon III et Eugénie célébré en 1853.

Notre-Dame de Paris décorée pour le baptême du prince impérial, 1856

Trois ans après, la façade de Notre-Dame de Paris est à nouveau décorée à l’occasion du baptême du prince impérial, Eugène Louis Jean Joseph Napoléon, le fils tant attendu de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie.

Échafaudages sur le chevet de Notre-Dame, 1853

En 1853, les travaux vont bon train sur le chevet de Notre-Dame envahie par les échafaudages.

Portail pendant les travaux de Viollet-le-Duc

Les travaux de Viollet-le-Duc s’étalent durant vingt ans. Alors que le portail central a retrouvé son allure médiévale, le reste du chantier se poursuit comme en témoignent les débris qui s’accumulent devant la cathédrale.

Notre-Dame de Paris et l’ancien Hôtel-Dieu aujourd’hui détruit, avant 1867

L’Hôtel-Dieu, le plus ancien hôpital de Paris, construit à côté de la cathédrale à partir du VIIe, occupait, à l’origine, l’autre côté de l’actuel parvis, comme en témoigne cette photographie prise avant 1867, date à laquelle la destruction du bâtiment a commencé.

La construction du nouvel Hôtel-Dieu au Nord du parvis, non datée

Il va finalement être reconstruit au nord du parvis comme en témoigne le chantier qui démarre au premier plan. L’hospice des enfants trouvés, qui faisait face à la cathédrale, et que l’on voit encore ici, va lui aussi disparaître et laisser place au grand parvis que nous connaissons aujourd’hui.

Construction du nouvel Hôtel-Dieu, non datée

Quelques années plus tard, le nouvel Hôtel-Dieu poursuit sa construction à proximité de Notre-Dame de Paris.

Construction de la nouvelle flèche, 1857

En octobre 1857, Viollet-le-Duc reçoit l’approbation pour la construction d’une nouvelle flèche. Il charge le charpentier Bellu de la reconstruire afin de remplacer l’ancienne, démontée entre 1786 et 1792.

La nouvelle flèche de Notre-Dame de Paris, 1892

Le modèle est très différent de la flèche précédente. L’ancienne était un clocher qui abritait cinq cloches. La nouvelle, imaginée dans un style néogothique, est constituée de 500 tonnes de bois, 250 tonnes de plomb et culmine à 96 m du sol. Prise en 1892 par Médéric Mieusement, cette photographie montre une flèche flambant neuve.

L’intérieur de Notre-Dame de Paris, 2e moitié du XIXe siècle

Pénétrons à l’intérieur de la cathédrale. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’aménagement est bien différent de celui que l’on connait aujourd’hui. On retrouve les grands lustres réalisés par Viollet-le-Duc mais placés autrefois devant les piliers alors qu’aujourd’hui ils sont placés entre. Au fond, on aperçoit le chœur dont l’accès est limité par une barrière en fer forgée qui n’existe plus aujourd’hui.

Vue sur la nef et l’une des tribunes de Notre-Dame de Paris, 2e moitié du XIXe siècle

Médéric Mieusement a réalisé de nombreuses photographies de l’intérieur de Notre-Dame dans la seconde moitié du XIXe siècle. De cet angle, on aperçoit les chaises qui envahissent la nef mais aussi les bas-côtés de la cathédrale.

Vue sur une tribune de Notre-Dame de Paris, 2e moitié du XIXe siècle

À cette époque, les tribunes étaient accessibles comme en témoignent les chaises disposées un peu partout.

La statue de la Vierge Marie, 2e moitié du XIXe siècle

La célèbre statue de la Vierge Marie, réalisée au XVIe siècle, appartenait autrefois à la chapelle Saint-Aignan du Cloître Notre-Dame. Placée sur le trumeau du portail de la Vierge en 1815, elle y reste jusqu’en 1855. À cette date, Viollet-le-Duc la déplace à l’intérieur de la cathédrale où elle demeure depuis. Au XIXe siècle, un grand dais et une petite barrière l’entourent pour la protéger.

Statue de la Vierge Marie placée sur le portail, 1852

Cette photographie, prise par Charles Marville en 1852, permet de constater que la statue de la Vierge Marie, aujourd’hui placée à l’entrée du chœur, prenait bien place sur le trumeau du portail de la cathédrale avant 1855.

L’autel au XIXe siècle, non datée

Cette photographie, non datée, témoigne des anciens aménagements liturgiques de Notre-Dame de Paris. Au XIXe siècle, l’autel principal prenait place devant la célèbre descente de croix de Nicolas Coustou et François Girardon. Une grande croix et six chandeliers prenaient place dessus.

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