Patrick : J’ai publié ces histoires vraies de Noël il y a quelques années. Elles sont toujours aussi fraîches et inspirantes à lire, aussi bien pour les enfants qu’aux adultes. Noël n’est-il pas la présence de Dieu dans nos vies et la saison des miracles ?

L’arbre tombé sur la maison (Histoires de Noël)

En tant qu’ingénieur en informatique, je travaille avec des données concrètes ; je ne prête aucune attention aux choses puériles comme les rêves. Mais ces cauchemars étaient si inquiétants !

***

Je me réveillais en sursaut et je dus m’asseoir pour essayer de chasser cette vision terrifiante !

Encore un de ces cauchemars ! Pensais-je.

Rapidement je sautai du lit pour aller jeter un coup d’œil dans la chambre d’Alison… Notre fille de 9 ans dormait paisiblement ainsi que Heath, 11 ans, de l’autre côté du couloir. Mais je n’aurais pas pu me débarrasser de cette crainte irrationnelle si je n’avais pas vérifié.

Ce n’était pas la première fois que je faisais un tel rêve ; une autre fois j’avais rêvé qu’une énorme branche tombait sur Heath et le laissait estropié !

En tant qu’ingénieur en informatique, je travaille avec des données concrètes ; je ne prête aucune attention aux choses puériles comme les rêves. Mais ces cauchemars étaient si inquiétants !

Je me recouchais auprès de Nita, mon épouse, non sans avoir regardé le grand arbre par la fenêtre ; il était bien là, majestueux et imposant, sa silhouette fantomatique se dessinant au clair de lune.

Quelques jours plus tard, j’ai eu un autre rêve, plus étrange qu’inquiétant : j’étais  dans le jardin, et devant moi se tenait un ange blanc qui avait une aile cassée !

Que veulent dire tous ces rêves ?!

Puis un jour je remarquais une grosse branche de 6 mètres qui menaçait de tomber. Je me souvins du rêve à propos de Heath.

Ne t’approche pas de l’arbre ! Lui dis-je.

Le dimanche suivant un voisin m’aida pour la faire descendre avec une corde. Je m’étais fait du souci toute la semaine à cause de cette branche !

Pourquoi m’inquiétais-je autant à propos de cet arbre ? Il était là depuis des générations ! Il avait même survécu à l’ouragan Colombo de 1962 !

Finalement mes cauchemars à propos de l’arbre s’estompèrent. Les fêtes de Noël arrivaient, et avec Nita, nous faisions nos emplettes fiévreusement.

Plus  que   tout, Alison voulait une grande poupée en chiffon. Quand nous sommes revenus à la maison, une surprise de taille nous attendait : Alison avait décidé de déplacer les meubles dans sa chambre, bien que sa mère l’ait imploré d’attendre après les fêtes.

J’avais trop envie de le faire, dit-elle, et vous voyez c’est presque fini.

Avec l’aide de son frère, la chambre fut rapidement en ordre, et nous avions du mal à cacher notre admiration.

Au dehors, j’entendais le vent siffler dans le grand pin. Dans une nuit comme celle-là je ne voulais être nulle part ailleurs que chez moi ! Mais j’avais promis à Nita d’aller à la messe de minuit avec les enfants.

Quand nous y sommes arrivés, je me sentis étrangement détaché, en me demandant même si Dieu faisait partie de ma vie ou non ? J’avais été élevé à l’église, mais c’était il y a bien longtemps ! Peut-être  Dieu avait-il créé le monde avec toutes ses merveilles, mais je ne voyais pas très bien ce que cela avait à faire avec ma vie ? Même si Dieu était réel, il était bien trop loin pour que j’aie foi en Lui !

Nous sommes revenus tard à la maison, et le vent et la neige piquaient nos visages comme nous remontions l’allée. Heath et Alison coururent à l’intérieur pour allumer l’arbre de Noël. Nita et moi nous sommes assis dans le canapé pour regarder les enfants ouvrir leurs cadeaux. Nita avait transformé l’arbre de Noël en véritable œuvre d’art. La touche finale était un ange blond perché tout en haut.

Il ressemble à Alison ! Remarquai-je.

Alison fut si contente avec sa grande poupée qu’elle voulut l’emmener  dormir  avec  elle. Puis nous  sommes tous  allés  nous coucher et le gémissement du vent nous endormit rapidement.

Soudain un bruit assourdissant secoua la maison !

Je ne dormais pas depuis longtemps, et mon esprit essayait de séparer la réalité de la fiction !

Le rêve de nouveau, pensais-je ?

Je me levai rapidement et je compris : ceci n’était pas un rêve ! Cette fois mon cauchemar était réel !

L’arbre venait de tomber sur notre maison !

Je courus jusqu’à la chambre d’Alison.

Papa, papa, aide-moi je suis coincée.

Je n’arrivais pas à ouvrir la porte de sa chambre.

Ne bouge pas ma chérie, lui criais-je, nous allons te sortir de là.

J’attrapai une lampe de poche et demandai à Nita d’appeler le 911.

Je vais voir si je peux l’atteindre du dehors !

Je fus horrifié de voir que l’arbre remplissait toute l’entrée, et, dans ma précipitation, je faillis m’assommer contre le tronc massif. Le vent glacé transperçait ma robe de chambre. Je me frayai un chemin entre les branches qui s’accrochaient à mes vêtements et j’atteignis enfin la fenêtre d’Alison. J’entendais au loin la sirène des pompiers ; mais tout ce que je pouvais voir c’était des branches, des morceaux de faux-plafond et d’isolation   autour   du   tronc !

Et quelque part dessous, il  y  avait  ma fille qui criait faiblement

Papa, Papa.

Quelqu’un arriva derrière moi ;

Capitaine de pompiers Mac Cullough, dit-il.

Ton Papa est avec moi ! Est-ce que tu peux  bouger ?

Je peux bouger mon bras, fit une brave petite voix.

C’est bien ! Lève ta main aussi haute que possible !

Des petits doigts apparurent parmi les débris. Les pompiers apportèrent de la lumière et des lampes chauffantes et étendirent une bâche au-dessus de la chambre à cause de la neige qui tombait toujours.

Le capitaine se tourna vers moi et dit à voix basse :

Ça ne va pas être facile monsieur Guillon !

Pendant que je m’affairais, les voisins réconfortaient Nita et Heath comme ils pouvaient, les enveloppant de couvertures et leur faisant boire des boissons chaudes dans le froid glacial de cette nuit de Noël.

Le silence de la nuit fut brisé par le bruit des tronçonneuses comme les pompiers s’attaquaient aux branches du grand pin. Chaque branche était coupée et dégagée avec précaution, car le moindre mouvement de l’arbre pouvait signifier un désastre.

Petit à petit, ils se frayèrent un chemin jusqu’à ce que la tête et les épaules d’Alison émergent des débris.  Sa jambe droite était coincée sous l’arbre ; un chevron lui comprimait le torse. On pouvait voir sa poupée coincée entre elle et le chevron.

Mac Cullough secoua la tête négativement et fit cesser le travail.

Nous ne pouvons pas prendre de risques, dit-il.

Il éclaira de sa torche la chambre d’Alison ; des branches perçaient le plancher de part en part. A nouveau il secoua la tête.

Nous ne pouvons pas couper le plancher sans faire bouger l’arbre, et cet arbre ne doit pas bouger !

Le vent s’intensifiait et avec la température en dessous de zéro, il y avait maintenant des risques de gelures pour Alison. Les voisins apportèrent des couvertures et un paramédical mit son bonnet de ski sur la tête d’Alison.

Mais je voyais qu’elle nous quittait. Ses grands yeux se fermaient parfois, et déjà par 2 ou 3 fois sa tête avait basculé en arrière.

Si on ne libérait pas sa jambe bientôt, le chirurgien devrait l’amputer pour la dégager. Il restait une seule chance : soulever l’arbre.

Un camion grue était hors de question ; dans ce vent, ce serait trop instable. Mais Mac Cullough avait une autre idée ; il avait appelé une compagnie qui se sert de chambre à air géante pour retourner les semi-remorques renversées.

Je ne suis  pas sûr que ça va le faire, me dit-il, mais c’est notre dernière chance.

Les énormes sacs en caoutchouc furent bourrés sous le tronc. Le compresseur se mit en marche. Lentement les sacs se remplirent d’air et se pressèrent contre l’arbre. Malgré le blizzard je pouvais voir la sueur perler sur le front de Mac Cullough.

Soudainement je m’entendis prier le Dieu dont j’avais douté l’existence quelques heures auparavant. Peut-être devrais-je avoir honte de lui demander son aide maintenant, mais quelque chose me dit que je devais le faire.

Mon Dieu, s’il te plaît, sauve-la ; je crois que tu es là.

Le bruit du compresseur était assourdissant. Au début rien ne bougea ; puis petit à petit, centimètre par centimètre, l’arbre se souleva. Un cri s’éleva de la foule et des infirmiers se ruèrent pour libérer Alison et la transporter vers l’ambulance qui attendait. Nita et moi sommes montés avec elle et nous avons démarré.

Alison sourit faiblement : ça va aller maintenant Papa, dit-elle en serrant sa poupée contre elle.

Cette poupée en fait fut le coussin qui la protégea de ce chevron et qui lui sauva la vie.

Les docteurs nous rassurèrent : la jambe d’Alison était seulement cassée, pas écrasée. Elle pourra marcher à nouveau sans problème.

Le jour de Noël, Heath et moi sommes revenus fouiller parmi les débris. Je pensais à cette prière désespérée que j’aie faite ; j’y pensais constamment !

Dans la chambre d’Alison je vis que la masse de l’arbre était tombée vers le mur sud-est, exactement là où se trouvait son lit auparavant, avant qu’elle ne change les meubles de place ! Sur le tronc, juste au-dessus de son lit, on voyait la trace de cette branche que j’avais coupée après mon rêve ; cette branche l’aurait tué.

Dieu avait-il essayé de m’avertir à propos de cet arbre pour nous protéger ? Avais-je été sourd aux avertissements de Dieu ? Dans la neige dehors, je trouvai l’ange de notre arbre de Noël, celui qui ressemblait à Alison. Une de ses ailes était brisée, juste comme dans mon rêve.

Pendant que je le ramassais en l’essuyant, mon fils accourut très excité : Papa, Papa, j’ai déjà vu ça dans un rêve ! Un ange avec une aile brisée comme celui-ci !

Les rêves ! Dieu nous parle-t-il à travers eux ?

La Bible dit que oui, et de bien d’autres manières encore. Mais ce que je peux dire, c’est qu’Alison va bien,  et maintenant je sais que Dieu gardait, garde et gardera toujours notre petite famille.

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