Accueil Sois un ami La boîte à penser N°23 – Un poème qui a influencé ...

La boîte à penser N°23 – Un poème qui a influencé des millions de vies !

- Imprimer ce texte - Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message

Partagez cette page avec :

Un poème qui a influencé
des millions de vies !

Aujourd’hui, je veux vous présenter
un écrit sous forme de poème qui a
beaucoup influencé ma vie pour le
meilleur ; le fameux poème de
Rudyard Kipling, « If »
Il semble que Dieu aurait pu l’écrire
spécialement pour moi dans des
moments de détresse quand j’avais
le plus besoin d’encouragements.
Je prie qu’il soit un encouragement
spécial pour vous aussi, comme il l’a
toujours été pour moi.
Prenez le temps aussi, de lire le
commentaire inspirant de celui qui
a posté ces traductions.
Pour finir et pas le moindre, ce poème
a été écrit plus spécialement pour un
homme. Mais les temps ont changé, et
les femmes, (nos fidèles compagnes de
vie), ont largement gagné leur place
auprès de nous, et cela me fais vraiment
plaisir qu’une traduction de ce poème
a été fait par une femme ; que nous
puissions dire : « Tu seras une femme,
ma fille ! »

Patrick Etienne

************

Poème « If »

Célèbre poème de Rudyard Kipling, écrit en 1910.
traduit de l’anglais par André Maurois (1918).

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.
************

Traduction par Jules Castier (1949)

Cette traduction s’approche du texte initial,
sans être littérale puisqu’elle est en vers.
À la différence de Jules Castier, André Maurois
a réécrit et réinterprété le poème en fonction
de la culture et de la sensibilité française,
ce qui lui donne cet élan si particulier.

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ;

Si tu rêves, — sans faire des rêves ton pilastre ;
Si tu penses, — sans faire de penser toute leçon ;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon ;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, — en un seul coup —
Et perdre — et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;
Si tu forces ton cœur, tes nerfs, et ton jarret
À servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne : “Tiens bon !”

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ;
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
À toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, — bien mieux — tu seras un Homme, mon fils.
************

Autre traduction par Germaine
Bernard-Cherchevsky (1942)

Cette traduction est la plus respectueuse du
texte original, elle est en alexandrin sans rime,
mais n’arrive pas à transcrire son entrain.
Pourtant, le poème prend autant aux tripes
l’Anglais lisant le poème original que le
Français lisant la version d’André Maurois ;
la traduction est un art bien difficile.

Si tu restes ton maître alors qu’autour de toi
Nul n’est resté le sien, et que chacun t’accuse ;
Si tu peux te fier à toi quand tous en doutent,
En faisant cependant sa part juste à leur doute ;
Si tu sais patienter sans lasser ta patience,
Si, sachant qu’on te ment, tu sais ne pas mentir ;
Ou, sachant qu’on te hait, tu sais ne pas haïr,
Sans avoir l’air trop bon ou paraître trop sage ;

Si tu aimes rêver sans t’asservir au rêve ;
Si, aimant la pensée, tu n’en fais pas ton but,
Si tu peux affronter, et triomphe, et désastre,
Et traiter en égaux ces deux traîtres égaux ;
Si tu peux endurer de voir la vérité
Que tu as proclamée, masquée et déformée
Par les plus bas valets en pièges pour les sots,
Si voyant s’écrouler l’œuvre qui fut ta vie,
Tu peux la rebâtir de tes outils usés ;

Si tu peux rassembler tout ce que tu conquis
Mettre ce tout en jeu sur un seul coup de dés,
Perdre et recommencer du point d’où tu partis
Sans jamais dire un mot de ce qui fut perdu ;
Si tu peux obliger ton cœur, tes nerfs, ta moelle
À te servir encore quand ils ont cessé d’être,
Si tu restes debout quand tout s’écroule en toi
Sauf une volonté qui sait survivre à tout ;

Si t’adressant aux foules tu gardes ta vertu ;
Si, fréquentant les Rois, tu sais rester toi-même,
Si ton plus cher ami, si ton pire ennemi
Sont tous deux impuissants à te blesser au cœur,
Si tout homme avec toi compte sans trop compter ;
Si tu sais mettre en la minute inexorable
Exactement pesées les soixante secondes
Alors la Terre est tienne et tout ce qu’elle porte
Et mieux encore tu seras un homme mon fils !
************

Voici pour finir, une note très intéressante
de la personne qui a posté ces traductions,
que je vous encourage à lire aussi :

Commentaire

Il est parfois des textes qui sonnent juste, car
ils font vibrer notre âme et notre cœur, et
réveiller l’homme de bien qui sommeille en
nous.

Ce poème est célèbre, il a influencé tant de
lecteurs. Certains n’en mémorisent qu’une
phrase, d’autres l’utilisent comme guide de
vie.

Vous en avez peut-être déjà entendu parler,
mais l’avez-vous vraiment lu ?

Prenez le poème couplet par couplet et
demandez-vous si cela vous concerne,
êtes-vous comme cela, est-ce que vous
pouvez faire mieux ?

Lisez-le et ressentez-le. Je suis sûr que
vous en retiendrez quelque chose et qu’il
vous aidera à évoluer.

Pour bien comprendre ce texte aujourd’hui,
il faut replacer le poème dans son contexte.

Écrit à la fin du 19e siècle, il célèbre les
vertus d’un stoïcisme sous l’ère victorienne
britannique où il était noble de retenir ses
émotions et de dominer ses passions. Cette
société distinguait l’homme fort, intrépide
et endurci, de l’homme faible, esclave de
ses sentiments.

Aujourd’hui, l’interprétation que je fais de
ce poème est différente. Il n’est plus question
de stoïcisme. Nous sommes des êtres sensibles,
nous ressentons le plaisir et la douleur. Il est
alors respectable d’exprimer ses émotions et
ses peines.

Toutefois, le texte appelle au courage de celui
qui subit une épreuve. Bien qu’on ne choisisse
pas la survenue d’un événement douloureux,
d’une infortune ou d’une situation,
on choisit comment y réagir
au lieu de la subir et de s’apitoyer sur son sort.

Même abattu par le destin, l’homme doit se
relever pour redevenir souverain de sa vie.
C’est le message que je retiens.

************

 

Imprimer ce texte - Cliquez ici pour recevoir ce texte par courriel
Partagez cette page avec :
Sois un ami
Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
Cliquez sur mon nom pour m'envoyer un message