Jonas et moi

Phillip Lynch

L’une des histoires les plus connues de la Bible est aussi l’une des plus étranges. Presque tout le monde, semble-t-il, connaît l’histoire de Jonas et de la baleine. C’est une des plus populaires de l’école du dimanche. Mais c’est aussi l’une de ces histoires troublantes qui nous fait dire :

Pourquoi, mon Dieu, pourquoi ?

La première mention de Jonas dans la Bible (2 Rois 14.25) nous apprend que Jonas vivait vers 800-750 av. J.-C. et qu’il était originaire de Gath-Hépher en Israël, une ville située à quelques kilomètres de Nazareth.

Apparemment, il avait déjà une réputation de prophète lorsque Dieu l’appela à prophétiser contre Ninive, la capitale de l’Assyrie.

Je peux comprendre la réticence de Jonah. Les habitants de Ninive étaient mauvais et Ninive était la capitale d’un empire brutal. Dans les annales de l’histoire, les Assyriens ont la réputation bien méritée d’avoir été particulièrement méchants et vicieux. De plus, il est toujours dangereux d’être un prophète de malheur.

Jonah ne fonde pas beaucoup d’espoir dans sa mission, alors il s’en va dans la direction opposée. Au lieu d’aller à Ninive située à l’est, il décide de se diriger vers l’ouest, en bateau, en direction de Tarsis qui était le comptoir commercial le plus lointain des phéniciens, un peuple voisin d’Israël.

Donc, Jonas monte sur le bateau, et peu après, une terrible tempête éclate. Après avoir largué la cargaison et fait tout ce qu’ils pouvaient pour braver la tempête, l’équipage eut finalement recours au tirage au sort pour savoir qui était à l’origine de cette malédiction qui leur tombait dessus.

Le sort tomba sur Jonas qui leur avoua qu’il était le responsable et leur dit de le jeter par-dessus bord. Apparemment, l’équipage hésita à le faire; ils tentèrent d’abord de ramer jusqu’à la rive, mais en vain. Alors ils firent boire la tasse à Jonas.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là: en effet, un mystérieux gros poisson l’avala. Il existe un certain nombre de théories pour expliquer ce qui s’est vraiment passé, mais en définitive, d’un point de vue purement naturel c’est un épisode tout à fait improbable.

Il a bien fallu une intervention surnaturelle pour que Jonas survive trois jours dans un tel environnement—sans parler de la prière qu’il composa et qui est consignée dans le deuxième chapitre du livre de Jonas.

Au bout de trois jours, Dieu força le gros poisson à vomir Jonas sur la côte, apparemment à l’endroit exact où il avait embarqué au début de son voyage.

Et bien entendu, Dieu l’envoya à nouveau prophétiser contre Ninive. S’étant rendu compte que sa mission n’était en aucune façon facultative, Jonas se dirigea vers cette grande ville de perdition.

Une fois entré dans la ville, il passa ses journées à crier : Ninive sera détruite.

Mais ô surprise, les Ninivites admirent qu’ils étaient mauvais, et sur l’ordre du roi, tout le monde se repentit et jeûna dans le sac et la cendre, y compris le bétail.

Pendant ce temps, Jonas avait trouvé refuge à l’extérieur de Ninive pour observer le déluge de feu qui devait s’abattre sur la ville d’un moment à l’autre.

Quand Dieu lui dit qu’Il avait changé d’avis et qu’Il allait épargner Ninive, Jonas devint furieux et dit plus ou moins à Dieu :

Quoi ?! Tu m’as entraîné dans cette épreuve et maintenant Tu changes d’avis ?! A quoi tout cela a-t-il servi ?

 Il faut quand même avoir un peu de sympathie pour Jonas : il avait subi une terrible épreuve et il espérait bien recevoir une petite récompense.

Les Assyriens étaient une bande de voyous, et apparemment il avait hâte qu’ils reçoivent la punition qu’ils méritaient. Mais voilà qu’il devait maintenant à cela, donc, il n’était vraiment pas content.

Alors quel était l’intérêt de tout cela ?

Et pourquoi ce récit se trouve-t-il dans la Bible ?

Je trouve plusieurs choses intéressantes dans l’histoire de Jonas. D’abord, bien qu’il s’agisse d’une histoire extraordinaire, Jésus l’a évoquée deux fois pour préfigurer les épreuves qu’Il allait Lui-même traverser :

Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens lui répondirent, disant : Maître, nous désirons voir un signe de ta part. 

Mais lui, répondant, leur dit : Une génération méchante et adultère recherche un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas le prophète. 

Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. 

(Matthieu 12:38-41)

Et les pharisiens et les sadducéens, s’approchant, lui demandèrent, pour l’éprouver, de leur montrer un signe du ciel. 

Mais lui, répondant, leur dit : Quand le soir est venu, vous dites : Il fera beau temps, car le ciel est rouge

et le matin: Il y aura aujourd’hui de l’orage, car le ciel est rouge et sombre. Vous savez discerner l’apparence du ciel ; et ne pouvez-vous pas discerner les signes des temps

Une génération méchante et adultère recherche un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas. Et les laissant, il s’en alla. 

(Matthieu 16.1–4)

Et je pense qu’Il (Jésus) l’a fait non seulement pour la raison évidente qu’Il allait mourir et ressusciter trois jours plus tard, mais aussi pour laisser entendre que si les gens pouvaient croire l’histoire de Jonas, rien ne les empêcherait de croire en Lui et en ce qu’Il disait.

C’est aussi une histoire formidable qui nous enseigne à faire ce que Dieu nous demande sans remettre les choses à plus tard.

La plus grande leçon que j’en tire est de ne pas être fâché contre Dieu si, lorsque les circonstances changent, Il ne fait pas ce que Je pensais qu’Il ferait.

A certains moments de ma vie, j’étais assez frustré quand les choses ne tournaient pas comme je l’aurais voulu.

Même si j’essaie de ne pas être égoïste, je suis souvent au centre de mon petit univers, et donc, j’ai tendance à juger les choses en fonction de ce qui m’arrangerait.

Mais le code de vie du chrétien c’est ce qui est préférable pour Dieu et pour les autres. Si Dieu est dans le coup, tout est possible.

***

         La foi et l’obéissance viennent en premier !                                                          Alors seulement, Dieu exauce la prière !

 

Tout au long de la Bible, on voit Dieu ordonner aux hommes d’accomplir

certaines tâches, avant qu’Il ne puisse, à Son tour, agir en leur faveur.

C’est ainsi qu’Il demanda à Moïse de frapper le rocher, avant qu’Il ne puisse

en faire jaillir l’eau. (Exode 17:6)

À la résurrection de Lazare, Jésus ordonna : Enlevez la pierre ! (Jean 11:39)

Les disciples devaient manifester leur foi en obéissant !

Si nous faisons cette démarche de foi, dans les limites de Sa volonté, Dieu

ne manquera pas de faire Sa part.

Dieu aime mettre notre foi à l’épreuve. Il aime voir jusqu’à quel point nous

allons croire et, bien souvent, Il n’exaucera pas la prière avant que nous

ayons obéi à ce qu’Il nous a déjà montré de faire.

Nous devons faire la démarche de foi, nous devons faire le geste de tendre

la main de notre foi, nous devons obéir à Dieu, si nous voulons recevoir

Ses bénédictions !

Si nous commençons par faire ce que nous savons être Sa volonté, Il nous

montrera davantage de vérité ; et si nous agissons selon cette vérité, Il nous

en montrera encore davantage. C’est ainsi que, pas à pas, si nous sommes

fidèles à Le suivre, Il nous en dira de plus en plus.

Nous ne pouvons pas toujours attendre que Dieu nous réponde.

Bien souvent, nous devons avancer par la foi, même sans voir où nous

posons le pied.

Tenons Dieu par la main, Il se mettra devant nous et nous conduira.

Tel est le cheminement de la foi. Même si nous ne voyons pas notre

chemin, mettons notre main dans la main de Dieu ! (2 Corinthiens 5:7)

***

Plus dans la section

Sois un ami

Related Post