Incendie de Notre-Dame : de la sidération à la renaissance

Timothée Dhellemmes

Depuis le terrible incendie survenu dans la soirée du 15 avril 2019, plus de 150 artisans sont mobilisés jours et nuits au chevet de Notre-Dame de Paris. Le chantier de restauration est titanesque mais avance très vite.

Soixante-six millions de Français et le monde entier découvraient avec stupéfaction les terribles images de l’incendie de Notre-Dame de Paris. Deux ans plus tard, la phase de sécurisation s’achève et le chantier de restauration à proprement parler doit débuter dans les prochaines semaines. Une prouesse réalisée en un temps record.

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Notre-Dame, deux ans après l’incendie,

son avenir se dessine déjà

Caroline Becker

Deux ans déjà ont passé depuis l’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris et sidéré la France entière dans la nuit du 15 au 16 avril 2019. Cette nuit-là, le cœur des Français a battu à l’unisson. De l’incroyable élan de générosité qui a soulevé le monde, à la redécouverte d’un sanctuaire millénaire et la formidable énergie mise en œuvre pour le rebâtir, retour sur deux années incroyables et les enjeux qui restent à venir.

C’est une image que le monde n’a pas oublié. Le lundi 15 avril 2019, peu avant 19h, les premières images de Notre-Dame de Paris en feu circulent. Le monde entier, sous le choc, croit assister à la disparition du sanctuaire le plus célèbre de France. Heureusement, l’héroïsme des pompiers, soutenus par la prière fervente des croyants, parvient à venir à bout des flammes. Au petit matin, Notre-Dame est lourdement blessée mais sauvée.

Deux années ont passé depuis ce dramatique incendie, marquées par des moments forts mêlant joie et incertitude, mais l’espérance est désormais revenue dans le cœur des Français. En témoigne la fière allure de Notre-Dame de Paris qui, jour après jour, panse ses plaies avec une rapidité incroyable malgré la double contrainte liée au plomb et à la crise sanitaire.

Ce résultat, on le doit à l’investissement de toutes les équipes sur le terrain qui, dès le lendemain de l’incendie, ont retroussé leurs manches pour consolider Notre-Dame de Paris. On le doit aussi à tous les généreux donateurs de France et du monde entier qui ont participé, chacun à la hauteur de ses moyens, à la reconstruction de la cathédrale.

Deux ans après l’incendie, cette générosité ne s’est pas estompée, comme en témoigne Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame : Depuis janvier 2021,  nous avons reçu 750 dons. Certains sont des donateurs récurrents.

Fait notable, ils sont nombreux, presque plus de la moitié, à donner pour le fonds spécifique, le Fond cathédrale de Paris, destiné exclusivement au réaménagement intérieur de la cathédrale, qui reste avant tout un sanctuaire.

Signe, sans doute, de l’importance de la restauration de la liturgie pour de nombreux donateurs. En tout, ce sont 340.000 donateurs issus de 150 pays qui ont donné pour la restauration de Notre-Dame de Paris jusqu’à aujourd’hui, permettant ainsi de recueillir 883 millions d’euros de dons. Vendredi 7 mai, une vente aux enchères en faveur de la cathédrale, organisée à Drouot par la Fondation, sera l’occasion de poursuivre ce grand élan de générosité.

Deux années de travail acharné qui permettent aujourd’hui d’affirmer avec certitude que la cathédrale est sauvée. Le démontage du grand échafaudage calciné de 40.000 tubes de métal en novembre 2020, du grand orgue en décembre 2020, la pose de cintres en bois à l’intérieur de la cathédrale en janvier dernier et le nettoyage complet de l’ensemble de la voûte ont signé l’achèvement de cette longue période de sécurisation. La pose d’un grand parapluie au niveau de la croisée du transept, avant l’été 2021, doit définitivement clore ce chapitre.

Aujourd’hui, l’Établissement public chargé de la restauration de Notre-Dame de Paris, présidé par le général Georgelin, se penche sur les grandes étapes de restauration qui vont être menées. le général est confiant : Quelques soient les difficultés rencontrées, nous affrontons les épreuves ensemble, avec les architectes et les compagnons, portés par la fierté collective de restaurer ce monument et rendre la cathédrale au culte en 2024.

Des restaurations qui s’annoncent bien

Si le chantier de restauration n’a pas formellement commencé, deux opérations préalables majeures ont été menées. L’abattage de chênes sélectionnés parmi toutes les régions de France ces dernières semaines, va permettre la reconstruction à l’identique de la flèche de Viollet-le-Duc. Des propriétaires de forêts privées ont d’ailleurs témoigné de leur fierté de contribuer à la restauration du sanctuaire par le don de leurs arbres, qu’ils ont même fait bénir pour l’occasion.

Les premiers résultats, très satisfaisants, ont permis d’élaborer un protocole de nettoyage et de restauration qui sera appliqué à l’ensemble des 24 chapelles que compte la cathédrale. Suffisamment pour imaginer à quoi rassemblera l’intérieur du sanctuaire en 2024.

Deux ans après la tragédie, ce n’est plus le sauvetage de Notre-Dame qui s’effectue sous nos yeux, mais sa renaissance. Avec, comme un symbole, la validation, il y a quelques jours, du dessin de la future charpente proche du dessin de la charpente disparue.

Si l’on déplore toujours la disparition de la forêt, irremplaçable témoin des charpentes médiévales, la restitution de la charpente en bois permettra aux générations futures de pouvoir admirer les qualités formelles et la profondeur historique d’un tel ouvrage. Pour assurer sa sécurité, la charpente sera dotée de dispositifs modernes de sécurité incendie avec notamment un cloisonnement coupe-feu du grand comble a précisé le général Georgelin.

En parallèle de ces premières études, des appels d’offres ont déjà été lancés afin d’accélérer la phase de restauration qui va débuter au cours de l’hiver prochain. L’appel d’offres pour la première campagne de nettoyage du plomb dans la cathédrale est en cours.

Celui pour la restauration du grand orgue a aussi été engagé a confirmé Olivier Latry, l’un des quatre organistes de la cathédrale qui sort, ce 15 avril un ouvrage en hommage à l’orgue de Notre-Dame. Le facteur d’orgue devrait être choisi avant l’été et les travaux commenceront tout de suite, a-t-il précisé. Démonté en fin de l’année dernière, les 8.000 tuyaux qui le composent ont été entreposés en caisse dans un endroit tenu secret.

Il faudra attendre encore quelques semaines pour connaître le calendrier précis des travaux. Aux dernières nouvelles, l’Établissement public en charge de la restauration analyse actuellement les diagnostics réalisés par l’architecte Philippe Villeneuve et l’ensemble de son équipe. Une fois réalisé, cet examen permettra de finaliser le programme d’ordonnancement des travaux et de fixer le budget à venir.

De la restauration des pierres à la restauration de la liturgie

Au sauvetage des pierres centenaires de la cathédrale, s’ajoute celui des pierres vivantes. En étroite collaboration avec les acteurs du Patrimoine, le diocèse de Paris réfléchit activement à la réouverture de Notre-Dame de Paris pour permettre le retour du culte dès 2024.

Car maintenir la dimension spirituelle de Notre-Dame est l’une des priorités de l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, qui l’a maintes fois prouvé en organisant, depuis deux ans, des temps spirituels forts afin de rappeler au monde que la cathédrale est et demeure, avant tout, un lieu de culte catholique.

On se rappelle, avec émotion, de la toute première messe célébrée deux mois après l’incendie dans l’une des chapelles du chœur, ou encore la vénération de la couronne d’épines, l’année dernière, jour du Vendredi saint.

Cette année, l’archevêque a tenu à célébrer le Jeudi saint. Mgr Aumonier, représentant du diocèse pour le chantier de la cathédrale, confiait il y a quelques jours  l’importance de continuer à faire monter la prière dans l’édifice : Le cœur de la reconstruction c’est la célébration liturgique. La cathédrale n’est pas un musée, c’est un lieu de prière qui a été construit pour cela.

Le père Gilles Drouin, qui supervise les discussions de L’Atelier Notre-Dame, lancé par Mgr Aupetit en 2019, témoigne des grandes avancées du projet d’aménagement de l’intérieur de la cathédrale qui s’articule autour de deux grands enjeux : redonner à l’église un nouveau mobilier pour y célébrer la liturgie mais aussi proposer un nouveau parcours de visite qui soit éloquent en faveur des touristes et des non chrétiens.

À l’époque de la restauration de Viollet-le-Duc, la cathédrale n’accueillait pas autant de monde. Aujourd’hui, il faut repenser le parcours de visite pour amener les touristes au seuil du Mystère, a-t-il confié.

Ce nouveau parcours, qui s’organisera principalement le long des chapelles de la nef et du transept, s’articulera comme un long chemin qui mène de la Genèse à la Résurrection. De l’ombre à la lumière. Ces chapelles, abîmées et sombres, étaient un peu des angles morts de la cathédrale. Nous allons les rendre vivantes ! précise-t-il avec enthousiasme.

Deux ans après, l’Espérance

Présente aux premières minutes du drame, alors qu’elle assistait à la messe du Lundi saint le 15 avril 2019, Hélène Bodenez reste encore très marquée par ce qu’elle a vécu. Deux ans après l’incendie, elle y voit pourtant l’occasion d’une remise en question. Je vois ça comme une révélation, de l’importance de remettre la foi au cœur de nos priorités.

Malgré le souvenir encore vif, la vision de la cathédrale qui renaît chaque jour un peu plus de ses cendres, la remplit de joie. Elle espère d’ailleurs, comme de nombreux autres fidèles, pouvoir y pénétrer à nouveau pour y rendre grâce. La couronne sauvée, le coq retrouvé, cette restauration qui avance bien et vite sont autant de signes forts dont il faut se réjouir, ajoute-t-elle avant de prévenir : Cette cathédrale, dans sa restauration, doit être accompagnée de notre restauration de chair, nous qui formons l’Église. 

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D’en haut, on entend les chants :

des pompiers racontent le sauvetage de Notre-Dame

Timothée Dhellemmes

Dans un documentaire diffusé sur TMC et disponible en replay, des pompiers témoignent de l’émotion qu’ils ont ressentie le soir de l’incendie de Notre-Dame en entendant, depuis le haut de la cathédrale, des Je vous salue Marie résonner dans le ciel de Paris.

Ils étaient à des dizaines de mètres de hauteur. Le soir du 15 avril 2019, près de 500 pompiers de Paris se sont battus contre les flammes pour sauver Notre-Dame de Paris, qui menaçait de s’effondrer.

Parmi les milliers de parisiens qui assistaient, impuissants, à ce douloureux spectacle depuis les abords de la cathédrale, des centaines d’entre eux se sont regroupés en petits groupes, pour chanter des Je vous salue Marie, ou réciter des chapelets.

Deux ans après l’incendie, la chaîne TMC a recueilli les témoignages de deux pompiers, dans un documentaire diffusé ce mardi 13 avril et disponible en replay. Ils se souviennent de ces chants qu’ils entendaient depuis le haut de la cathédrale.

Il y a une foule énorme amassée tout autour de l’île. Et on entend des chants religieux, des chants qui chantent … souffle l’un deux.

Ces chants, quand on les entend d’en haut, ils nous paraissent presque irréels. Ils viennent du bas de la cathédrale, ils viennent des abords de l’île de la Cité, se remémore le deuxième pompier.

Nous qui sommes à plusieurs centaines de mètres avec la perspective, c’est quelque chose qu’on entend comme si c’était dans le ciel … conclut-il avec une émotion non feinte. Comme si ces prières avaient portés les pompiers à se battre pour Notre-Dame de Paris.

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Patrick Etienne :

Il y a un commentaire que j’aimerais faire au sujet de ce drame (qui n’est pas le seul hélas en France ces derniers temps)

Dieu laisse des choses arrivaient dans la vie des gens, dans la vie des croyants. Et je crois que ce drame doit nous rappeler l’importance de la foi et de la prière.

L’importance de ne pas mettre sa foi juste dans des bâtiments, peu importe historiques qu’ils soient, mais dans le Christ, le sauveur du monde.

L’importance que notre foi doit reposer sur ce qui est spirituel, le monde du règne du Christ sur terre. Son royaume dans le cœur des humains. Son sacrifice pour l’humanité pour que les hommes soient libres et affranchis du Diable.

Si la foi des gens, des croyants, reposent seulement sur des bâtiments, qu’arrive-t-il quand ces bâtiments risquent de disparaître ? Pensez à cela !

Nous regardons vers l’éternel, comme pour notre salut, pas seulement sur les choses physiques de ce monde.

La Cathédrale de Notre-Dame de Paris est une magnifique cathédrale chargée de notre histoire, notre patrimoine, et je suis heureux que son malheur ait touché beaucoup de gens, pas seulement en France, mais dans le monde entier.

Comme quelqu’un a dit dans ces témoignages : on doit se rappeler le but de cet édifice chrétien, c’est d’appeler les gens à prier et méditer, pas que cela devient un musée pour les touristes !

Et je crois que ce drame accomplit justement cela, rappeler aux croyants et aux non-croyants l’importance que notre vie dans ce monde est courte et que nous ne devons pas juste vivre pour les choses qui périssent et qui ne profitent de rien.

Rappelons-nous, pour ceux qui croient, que nous sommes destinés à vivre dans l’éternité et que nous allons régner avec Jésus dans le Millénium pour 1 000 ans ; mais cela ce n’est que le commencement après que Dieu va nettoyer, purifier la Terre de toute la pollution que les hommes ont faite.

Si vous pensez que la Cathédrale de Paris est magnifique, attendez de voir la cité d’or pur de Dieu. Lisez les deux derniers chapitres de l’Apocalypse qui donnent une magnifique description de cette cité céleste.

Je voudrais terminer ce commentaire par ce magnifique verset de la Bible :

Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien (Romains 8:28)

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