Noël à travers la guerre !
Trêve de Noël 1914 seule et unique trêve
De la Der des Der

Cette trêve est très certainement l’un des événements
les plus marquants de la grande boucherie de 14-18,
bien que souvent ignorée et à l’époque censurée.
Dans certains endroits, elle a débuté le soir de Noël
et dans d’autres le jour même de la fête. Elle s’est
étendue sur 2/3 du front germano britannique, et
plusieurs milliers de soldats y ont pris part.
Plus extraordinaire encore, c’est que, totalement
inorganisée, cette trêve s’est propagée de manière
spontanée et indépendante, à la suite d’initiatives
sur le terrain.
Bref compte rendu des événements suivi d’un texte
éducatif, une lettre d’un soldat à sa sœur relatant la
trêve.

La trêve de Noël de 1914
La Première Guerre mondiale n’avait éclaté que
depuis quelques mois, et déjà les deux côtés
étaient bloqués dans les tranchées.
Les Anglais comme les Allemands avaient appris
à creuser des kilomètres de tranchées dans la
campagne, depuis lesquelles ils se tiraient dessus
avec des mitrailleuses et des mortiers. Dans ces
tranchées boueuses et infestées par les rats, les
soldats anglais ouvraient des vœux de Noël
envoyés par George V pendant qu’à quelques
centaines de mètres, les troupes allemandes
lisaient un message du Kaiser.

Pendant que les hommes grelottant de froid
pensaient à leur famille à la maison, entre eux
se trouvait un « No-Mans-Land », une zone de
cratères et d’arbres brisés où l’on tirait sur
quoi que ce soit qui bouge. Cette bande de
terrain était si étroite que lorsque le bruit des
canons s’arrêtait quelques minutes, de
chaque côté, on pouvait entendre le cliquetis
des ustensiles de cuisine provenant de l’autre.
Tard dans la veillée de Noël, avec la neige
fondue qui tombait et la température qui
chutait, un soldat de garde du 5ème Régiment
de Fusiliers écossais entendit un son différent
qui provenait des lignes ennemies. Dans les
tranchées allemandes, un homme s’était mis
à chanter.

« Stille Nacht, heilige Nacht, … »

C’était la chanson que les soldats britanniques
reconnurent comme

« Douce Nuit, Sainte Nuit, … »

la sentinelle commença à fredonner en suivant
la mélodie. Puis, un peu plus fort, il reprit le
refrain en chœur, chantant un étrange duo
avec son ennemi derrière les barbelés.

« …Heilige Nacht…
« …Holy Night… »
¨
Un deuxième soldat britannique rampa jusqu’à
la sentinelle et se joignit à lui en chantant.
Petit à petit, d’autres des deux côtés reprirent
la chanson, en unissant leurs voix rocailleuses
par-dessus cette bande de terrain parsemée de
cratères.

Puis les Allemands entonnèrent

« O Tannenbaum »,

sur quoi les Britanniques répondirent avec

« God Rest You Merry Gentlemen »

Encore et encore les chants continuèrent.
Un soldat britannique avec ses jumelles
rapporta que les Allemands avaient dressé
un petit sapin maigrichon avec des bougies
allumées sur les branches, tout en haut, sur
les sacs de sable.

Comme l’aube pointait, le jour de Noël,
des signes apparurent des deux côtés, dans
les deux langues: « Joyeux Noël! », poussé
par une force plus grande que la peur, un
par un, les soldats commencèrent à poser
leurs armes et à ramper sous les barbelés
et autour des trous de mortier dans le
No-Mans-Land.

D’abord, ce ne furent que quelques
hommes puis plus suivirent, jusqu’à ce
que des douzaines de soldats britanniques
et allemands se rencontrent aux premières
lueurs de cette matinée de Noël. Les
garçons produisaient des photos de leurs
mères ou de leurs épouses, échangeaient
des cadeaux de cigarettes ou de bonbons.

Quelqu’un apporta un ballon de football
et les hommes commencèrent à jouer sur
les quelques mètres entre les trous d’obus.
Puis cette trêve s’acheva. Au milieu de la
matinée, des officiers horrifiés sommèrent
leurs hommes de regagner leurs tranchées.

Quelques heures plus tard,
le 5ème Régiment de Fusiliers écossais
reçut des ordres interdisant de tels contacts.

« Nous sommes ici pour nous battre, pas
pour fraterniser ». Les soldats obéirent.
Mais ceci resta un souvenir indélébile
dans la mémoire de ceux qui vécurent
pour se rappeler de ce premier Noël au
front.

Le souvenir de ces quelques heures
quand leur maître ne fut ni Roi,
ni Kaiser, mais le Prince de Paix:
Jésus-Christ.

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Ces vers ont été découverts par un brancardier
sur un soldat étranger qui les avait griffonnés
au dos d’un paquet de cigarettes peu de temps
avant de trouver la mort sur un champ de
bataille de la Première Guerre Mondiale.

«Tu le sais, je ne t’ai jamais adressé la parole,
Mais à présent je veux te dire :
Comment ça va ?
C’est qu’on m’a dit, vois-tu, que tu n’existais
pas,
Et dire que j’y ai cru, comme un pauvre
mariolle !
Hier soir, j’ai vu ton ciel du fond d’un trou
d’obus.
J’ai compris qu’ils m’avaient raconté des
sornettes.
Si j’avais regardé les belles choses que t’as
faites,
Je m’ serais rendu compte qu’ils avaient
l’esprit tordu.
Est-ce que tu voudras bien, Dieu, me serrer
la main ?
Quelque chose me dit de ne pas m’en faire.
Curieux qu’il m’ait fallu venir dans cet enfer
Pour pouvoir découvrir ton visage serein.
À tout cela, y a pas grand-chose à ajouter.
Juste que j’ suis content, Dieu, de t’avoir
rencontré !
On dirait que déjà, j’entends sonner le glas,
Pourtant je n’ai pas peur, je sais que tu es là.
Ça y est, c’est le signal : Mon Dieu, faut que
j’y aille.
Je t’aime de tout mon cœur, j’ voulais que tu
le saches.
C’est déjà la mêlée et les canons qui crachent…
Qui sait ? Ce soir peut-être, je serai au bercail…
Envers toi, dans ma vie, j’ n’ai pas été trop
chaud
Mais p’tet bien que, quand même, tu m’attends
à ta porte.
Je ne vais pas m’inquiéter, et les larmes
qu’importe,
Mais j’aurais tant voulu te connaître plus tôt.
Maintenant, Dieu, faut que j’y aille et je te dis
bye bye.
Curieux…, depuis que je t’ai rencontré, je n’ai
plus peur de mourir »
(traduit de l’anglais)
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On dit de la guerre de Sécession qu’elle fut
la seconde Révolution Américaine tant cette
guerre civile eut un effet profond et prolongé
sur l’Histoire des Etats-Unis. Au départ,
s’oppose :
—les Etats-Unis d’Amérique ou l’Union au
nord
—et onze Etats sécessionnistes organisés en
Etats confédérés d’Amérique ou la
Confédération au sud.

C’était la veille de Noël 1875. Ira D.Sankey
remontait la rivière Delaware en bateau à vapeur.
C’était une nuit calme et étoilée et beaucoup de
passagers étaient sur le pont.

Mr Sankey fut invité à chanter. Il était dans son
intention de chanter une chanson de Noël, mais
il se sentit poussé presque contre sa volonté à
chanter

« Saviour like a shepherd lead us’’
(Sauveur, comme un berger guide-nous)

Il se fit un calme profond. Les paroles et la
mélodie qui émanaient de l’âme du chanteur
flottaient sur le pont et la rivière tranquille.
Chacun à bord fut profondément touché.
Quand la chanson fut terminée, un homme
au visage buriné par le soleil s’approcha
de Mr Sankey et dit :

« Avez-vous jamais servi dans l’armée fédérale ? »

« Oui, répondit Mr Sankey, du printemps 1860
jusqu’à la fin de la guerre »

« Vous souvenez-vous si vous étiez de garde un
soir de pleine lune 1862 ? »

« Oui », répondit Mr Sankey, de plus en plus
surpris.

« Moi aussi, dit l’étranger, mais je servais dans
l’armée confédérée. Quand je vous ai vu
vous tenir à votre poste, je me suis dit, ce
gars là ne va pas sortir d’ici vivant. J’ai
épaulé mon arme et visé lentement. Je me
tenais dans l’ombre, complètement dissimulé,
alors que la lumière de la lune était sur vous.

A cet instant, comme il y a quelques minutes,
vous avez levé les yeux vers le ciel et vous
avez commencé à chanter. La musique et
spécialement les chansons ont toujours eu
un effet merveilleux sur moi, et j’ai ôté
mon doigt de la gâchette.

Laissons-le finir sa chanson, me dis-je,
je le tuerai après ; il est ma victime quoi
qu’il arrive et ma balle ne peut pas le
manquer.

Mais la chanson que vous chantiez était
la même que vous avez chanté ce soir.
Je pouvais entendre les paroles
parfaitement :

Nous sommes à toi, mon Dieu, tu es
le gardien de nos âmes…

Quand vous avez fini votre chanson,
il était impossible de vous viser à
nouveau.

Le Dieu qui peut sauver cet homme
d’une mort certaine, doit certainement
être grand et puissant, pensais-je !

Depuis ce jour, j’ai travaillé ici et là,
mais quand je vous ai vu vous tenir
là et prier comme l’autre fois, je vous
ai reconnu.

Mon cœur fut blessé alors par votre
chanson. Maintenant, s’il vous plaît,
aidez-moi à trouver la réponse aux
questions qui me troublent l’esprit »

Profondément ému, M. Sankey prit
dans ses bras l’homme qui pendant
la guerre avait été son ennemi. Et
cette nuit-là cet homme découvrit
et accepta le bon berger comme son
sauveur.
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Un petit garçon demanda un jour
à son père :
― Dis Papa, ça commence comment
les guerres ?
― Prenons l’exemple de la Première
Guerre mondiale, lui répondit-il, elle
a commencé lorsque l’Allemagne
envahit la Belgique.
Tout de suite, sa femme l’interrompit :
― Allons, dis-lui donc la vérité. Elle a
commencé avec un assassinat.
Se redressant avec un air de supériorité,
son mari lui rétorqua avec impatience :
― C’est à toi ou à moi qu’il a demandé ?
Vexée, la femme lui tourna le dos et
sortit de la pièce en claquant la porte.
Si fort que la vaisselle en trembla dans
l’armoire ! Il s’ensuivit un long silence
gêné, que le fils finit par briser avec
ces mots :
― Ça va, papa, tu n’as plus besoin
de me dire comment les guerres
commencent. Maintenant, je sais !
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