Accueil Sois un ami Histoires vraies N°61 – Le pardon de Jean

Histoires vraies N°61 – Le pardon de Jean

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Le pardon de Jean

Jean était un adolescent de treize ans,
un petit gars honnête, doux, toujours
prêt à rendre service aux autres.
A l’école, il était un élève brillant, et
dans l’Assemblée chrétienne qu’il
fréquentait, tous pouvaient remarquer
son sérieux et la profondeur de son
attachement au Seigneur Jésus.
Peut-être pensez-vous qu’avec de
telles qualités, Jean devait avoir
beaucoup d’amis ?

Hélas ! Il n’en était rien. A l’école
comme dans l’Assemblée, les
adolescents de son âge l’évitaient.
Plus le temps passait, et plus le fossé
se creusait entre lui et eux.

Jean avait été gravement malade trois
ans auparavant. Il avait eu un cancer
du fémur, une terrible maladie qui
avait entraîné l’amputation de sa
jambe gauche, et un traitement très
lourd de chimiothérapie.

Au cours de cette année de souffrances,
Jean avait beaucoup mûri ; à l’âge de
dix ans il raisonnait déjà comme un
petit homme. Il avait donné son cœur
au Seigneur Jésus, et lui avait demandé
le pardon de ses péchés, et l’avait reçu
comme son Sauveur.

A la fin du traitement, on lui avait fixé
une prothèse à la place de sa jambe, et
la vie avait repris son cours à peu près
normalement. Mais la grande maturité
qu’il avait acquise, ainsi que l’estime
que lui montraient les adultes, lui
avaient peu à peu attiré la jalousie des
enfants de son âge. Ils étaient repris
dans leur conscience en voyant ce
jeune garçon infirme qui ne se
plaignait jamais et qui n’approuvait
ni le mensonge, ni la tricherie, ni les
plaisanteries malsaines.

Alors, si Jean dérangeait, on le lui
faisait savoir…
Et c’était une moquerie sur sa jambe
artificielle par-ci, un refus de jouer
avec lui par-là…

Lors des sorties, les activités choisies
par les autres étaient toujours celles
que Jean ne pouvait pas pratiquer ;
les randonnées, le foot, etc. Toutes
ces méchancetés s’enfonçaient l’une
après l’autre comme des clous dans
le cœur meurtri de Jean.

Un jour où ses camarades avaient
été particulièrement odieux, Jean
se jeta sur son lit en pleurant :

« O Seigneur Jésus, s’il te plaît,
donne-moi une occasion de leur
montrer que je les aime, afin que
leur attitude envers moi puisse
changer ! » s’écria-t-il.

Le lendemain, une partie de pêche
était organisée. Bruno le plus âgé
des ados, et aussi le plus virulent
envers Jean, avait amené Sophie,
sa petite sœur de trois ans. Au
cours de la matinée, alors que Jean
surveillait ses deux cannes, Sophie
s’approcha de lui et se pencha pour
toucher les poissons recueillis dans
la bourriche.

« Attention, Sophie, ne te penche
pas autant, tu vas tomber ! »
s’exclama Jean.

Alors Bruno ricana :

« Regardez-moi ce
« Papi conseil ! »
Il me rappelle mon
arrière-grand-mère :
Attention à ceci,
attention à cela !
Arrête de jouer le
« Monsieur-je-sais-tout ».
On n’a pas besoin de tes
recommandations »

A peine avait-il terminé sa phrase
qu’un grand plouf retentit : Sophie
était tombée à l’eau ! Les ados
pétrifiés la regardaient s’éloigner
de la berge en tentant de se
maintenir à la surface. Aucun
n’osait plonger dans cette eau
froide et remplie de vase.

N’écoutant que son courage, Jean
ôta promptement son survêtement
et se mit à détacher les fixations
de sa jambe artificielle. Quelques
secondes plus tard, il était à l’eau
et en cinq ou six brasses
vigoureuses, avait rejoint Sophie
qu’il attrapa par un pied afin
qu’elle ne puisse pas le
déstabiliser en se débattant.

Avec un seul bras et une seule
jambe, il entreprit de nager vers
le bord tout en maintenant
solidement le pied de la petite
fille. Au bout de plusieurs
minutes, il s’affala, exténué,
sur la rive, pendant que
plusieurs filles s’occupaient
de Sophie.

Lorsqu’il se redressa, il n’en crut
pas ses yeux : les ados silencieux
avaient fait un cercle autour de lui.
Bruno qui l’avait fait tant souffrir
par ses moqueries et sa jalousie
avait les yeux mouillés de larmes.

« Pardonne-moi, Jean, j’ai été
méchant envers toi depuis trois ans,
et toi, aujourd’hui, tu as sauvé ma
petite sœur de la noyade ! »

Les autres ados, les uns après les
autres enchaînèrent :

« Pardonne-nous ! Nous t’avons
fait du mal, et tu nous as rendu le
bien ! Tu es meilleur que nous,
Jean ! Nous voulons dorénavant
être de bons camarades  pour toi ! »

Jean, sans avoir honte des larmes
de joie qui coulaient sur ses joues,
s’écria :

« Oui, mes amis, je vous pardonne !
Je veux que vous sachiez que je vous
aime tous et que je désire de tout
mon cœur que nous devenions de
bons amis »

Le soir, seul dans sa chambre,
Jean remercia le Seigneur Jésus :

« O Seigneur, je suis tellement
heureux d’avoir pu te ressembler
aujourd’hui, toi qui as pardonné
à chacun d’entre nous !
Donne-moi, à l’avenir, de toujours
pardonner à ceux qui me font du
mal ! »

****************************

Patrick :

Cela me rappelle la fameuse prière
de Saint François d’Assise :

Seigneur, fais de moi un instrument
de ta paix :
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour,
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l’union,
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance,
Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière,
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant :
À être consolé… qu’à consoler,
À être compris… qu’à comprendre
À être aimé… qu’à aimer.
Car,
C’est en donnant… qu’on reçoit,
C’est en s’oubliant… qu’on trouve,
C’est en pardonnant… qu’on est pardonné,
C’est en mourant… qu’on ressuscite à la
vie éternelle.

Je rajouterai le fameux poème
de Rudyard Kipling « If »

Si… Tu seras un homme, mon fils
Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

C’est ce genre de lecture qui forme
un homme et une femme, qui leur
apporte des valeurs qui se perdent
aujourd’hui. Ces valeurs qu’on
appelle de nos jours « démodé »
« vieux jeu » ou « traditionnelle »
Pourtant, ce sont ces valeurs qui
ont forgé les meilleurs esprits de
notre histoire et de notre civilisation.

Patrick Etienne

patrickmailfrance52@gmail.com

 

 

 

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Sois un ami
Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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