Note : voici quelques histoires que j’ai rassemblées pour votre inspiration personnelle. Certaines de ces histoires, vous les retrouverez écrits dans mes anciens blogs. Elles sont des histoires vécues, et qui pourraient vous arriver personnellement. La vie est pleine de mystères et de surprises, n’est-ce pas ? Et nous avons chacun des choses insolites qui nous sont arrivées… ! Bonne lecture !

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Petites histoires insolites et inspirantes (Part 9)

Shah Abbas

Les Perses nous ont rapporté l’histoire du grand Shah Abbas qui régna avec magnificence sur la Perse. Shah Abbas aimait se mêler aux gens du peuple en se déguisant comme l’un d’eux. Un jour qu’il avait revêtu des vêtements de pauvre pour cacher son identité, il descendit le long de l’escalier sombre et humide qui menait à la petite cave exiguë où le gardien du feu entretenait son brasier, assis sur un tas de cendres.
Le roi s’assit à côté de lui et engagea la conversation. À l’heure du déjeuner, le préposé au feu sortit un morceau de pain noir et une cruche d’eau, et tous deux partagèrent ce repas de fortune. Le Shah revint souvent tenir compagnie au pauvre homme solitaire car il éprouvait beaucoup de sympathie pour lui. Il lui donnait des conseils avisés, et, en retour, le pauvre homme lui ouvrait son cœur, et finit par s’attacher à ce nouvel ami plein de bonté et de sagesse, et pourtant pauvre comme lui !
Un jour l’empereur se dit : Je vais lui révéler mon identité pour voir quel cadeau il me demandera. Il lui parla ainsi : « Tu me crois pauvre mais, en réalité, Je suis Shah Abbas, ton empereur ! » Il s’attendait à ce que le pauvre homme lui demandât quelque chose d’une grande valeur, mais l’homme demeura silencieux, le regard émerveillé et rempli d’affection.  Alors le roi lui dit : « Tu n’as donc pas compris ? Je peux te couvrir de richesses et d’honneurs, je peux te donner une ville entière, je peux même te nommer gouverneur, si tu le souhaites. N’as-tu rien à demander ? »
L’homme répondit avec douceur : « Oui, j’ai bien compris, mon Seigneur. Mais je n’arrive pas à croire que tu as quitté ton palais et ta gloire pour me rejoindre ici, dans ce lieu ténébreux, et partager mon maigre repas. Tout roi que tu es, tu ne pourrais me faire de cadeau plus précieux que cela. À d’autres, tu peux faire de somptueux cadeaux si tu veux, mais à moi, tu m’as déjà fait don de ton amitié. Je n’ai donc qu’une chose à te demander, c’est que jamais tu ne me retires cette amitié »
(Il quitta les palais du Ciel par amour pour nous ! Il accepta de renoncer temporairement à Sa citoyenneté du Ciel pour devenir citoyen de la terre. Bien qu’Il fût riche, Il se fit pauvre par amour pour nous, pour que nous aussi, nous puissions devenir riches comme Lui. Il était humain : comme nous, Il connut la fatigue, Il connut la faim, Il connut le découragement. Comme nous, Il fut éprouvé par tout cela)

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Il CHARGERA SES ANGES DE TE PORTER SUR LEURS MAINS

(Une histoire vraie par Marilynn et William Webber)
Shirley Halliday ouvrit sa Bible. Ce jour-là, plus encore que d’habitude, elle sentait le besoin d’entendre la voix de Dieu. Elle aimait son travail d’infirmière, mais c’était épuisant, et, dans ces moments-là, son mari, qui était mort à peine trois mois plus tôt, lui manquait énormément.
Il n’y avait pas un bruit dans la maison. Janie, sa fille de 13 ans, était partie en vacances avec son frère aîné, sa femme et leurs deux enfants. Shirley décida de lire le psaume 91. Elle commença par les versets 11 et 12: Car Il chargera Ses anges de veiller sur tes chemins,… de te porter sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.
Tout à coup, elle s’arrêta de lire et éclata en sanglots. Elle pleurait sans pouvoir se contrôler. Elle sentait que Janie courait un danger, sans savoir de quel danger il s’agissait, ni même où elle se trouvait. Tout ce qu’elle savait, c’est que la vie de sa fille était menacée.
Shirley se mit à implorer le Seigneur en prière :
― Je sais que Tu ne m’enverras jamais une épreuve qui soit au-dessus de mes forces, car je ne pourrais pas supporter de perdre ma fille alors que je viens de perdre mon mari. Je remets Janie entre Tes mains. Je Te confie tous ceux qui me sont chers. Je les confie à Ta garde et à Ton amour infaillibles, ici-bas ou dans l’au-delà, parce que Tu sais mieux que moi de quoi ils ont besoin. Ô Seigneur, je remets ma fille Janie entre Tes mains.
Elle pria avec toute la ferveur d’une mère qui sait que la vie de sa fille ne tient qu’à un fil.
C’est alors qu’elle se sentit soulagée d’un immense fardeau. Une paix profonde inondait son âme. Elle sut que le Seigneur avait entendu son appel et qu’Il avait exaucé sa prière. Elle poursuivit sa lecture du Psaume 91 : « Il m’invoquera et Je Lui répondrai. » C’était la confirmation qu’elle attendait, ici même, en toutes lettres. Elle se mit donc à louer Dieu de toute son âme.
Loin de là, Janie, la fille de Shirley, était en train de prendre des photos du Grand Canyon. Dans la zone de la Forêt Fossile, elle quitta le groupe familial à la recherche de quelque bonne photo. Elle franchit une barrière et s’approcha du bord de la falaise. Le sol semblait recouvert de cendres noirâtres. Soudain, Janie glissa et bascula dans le vide. Elle tenta désespérément de s’agripper à quelque chose pour freiner sa chute, mais en vain. Les parois du canyon étaient noires et elle avait l’impression de tomber dans un gouffre sans fond. La jeune fille réalisa la gravité de la situation.
Soudain, elle sentit une présence. Elle cessa de tomber et s’arrêta net comme si on l’avait attrapée. Elle tâta la paroi du canyon et put sentir sous ses doigts la surface glissante. Alors, elle essaya de se tourner, mais se remit à tomber. Tous ses efforts pour tenter de remonter demeuraient vains. À chaque fois, elle retombait un peu plus bas. La bataille semblait perdue. Jamais, elle n’arriverait à remonter. Elle allait dégringoler dans le vide jusqu’au fond.
À nouveau, Janie se sentit enveloppée par une présence. Et tout à coup, mystérieusement, elle se retrouva au sommet de la falaise. Elle savait pertinemment qu’elle n’aurait jamais pu remonter toute seule, c’était tout simplement impossible. La seule explication possible, c’était qu’un ange avait arrêté sa chute en l’attrapant dans ses bras puissants. Elle avait été ramenée au sommet sur les ailes d’un ange.
Ce soir-là, lorsqu’elle téléphona à sa mère, Janie ne mentionna pas qu’elle avait frôlé la mort. Pour ne pas l’inquiéter.
― C’est formidable maman, nous allons tous très bien, se contenta-t-elle de lui dire.
― Je sais que tu n’as rien à craindre,  répondit sa mère. Je t’ai remise entre les mains de Dieu.
À ce moment-là, ni la mère ni la fille ne fit part à l’autre de son expérience survenue quelques heures plus tôt. Mais, au retour, tout le monde eut l’occasion de raconter ses aventures. Au moment de montrer une certaine photo à sa mère, Janie lui avoua qu’elle avait frôlé la mort et qu’elle avait été secourue in extremis de façon mystérieuse.
― C’est arrivé quand ? lui demanda sa mère.
― Le jour où nous sommes allés au Grand Canyon. Tu te rappelles, je t’ai appelée ce soir-là.
― Oui, mais à quel moment précis de la journée ? Insista Shirley.
Les vacanciers lui précisèrent l’heure de l’accident. C’était exactement au moment où Shirley avait imploré Dieu avec tant de ferveur. Un jour que Shirley n’oubliera jamais !
― Ce n’était pas une coïncidence, affirma-t-elle avec conviction, c’est le Saint-Esprit qui m’a avertie que Janie était en danger de mort.

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La grâce nous octroie ce que nous ne méritons pas

Une mère implorait le pardon de son fils déserteur auprès de l’empereur Napoléon. L’empereur lui rappela que son fils était un récidiviste et par conséquent, ce n’était que justice qu’il fût exécuté.
― Sire, je ne demande pas justice, répliqua la mère, je vous demande sa grâce!
― Madame, reprit l’empereur, il ne la mérite pas !
― Sire, s’écria la mère avec ferveur, ce ne serait pas une grâce s’il la méritait, et je ne vous demande rien d’autre que sa grâce !
― Eh bien soit ! répondit l’empereur, il sera gracié !
Et c’est ainsi que le fils échappa à l’échafaud !
Cette anecdote illustre parfaitement la notion de grâce. La grâce c’est la bienveillance imméritée de Dieu envers celui qui n’en était pas digne. La grâce nous octroie ce que nous ne méritons pas, et la miséricorde nous préserve de ce que nous aurions mérité. (Exode 34:6,7; Michée 6.8; Hébreux 4:16)

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Au bout du compte, c’est quoi le plus important ?

On a rapporté que onze millionnaires périrent dans le naufrage du Titanic. L’un des rescapés, le Major A.H. Peuchen, laissa dans sa cabine 300 000 dollars en argent liquide, en bijoux et en titres. Plus tard, il devait déclarer :
À ce moment-là, l’argent n’avait plus aucune valeur pour moi. J’ai laissé tout ça, et j’ai juste pris trois oranges.

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L’histoire du cochon et de la vache 

Un homme riche confiait à un son curé :
― Pourquoi me reproche-t-on d’être avare, alors que j’ai fait savoir à tout le monde qu’à ma mort, je ferai don de toutes mes possessions à des œuvres de charité ?
― Eh bien, expliqua le curé, permettez-moi de vous raconter l’histoire du cochon et de la vache. Un jour, un cochon se lamentait d’être aussi impopulaire :
« On parle toujours de ta gentillesse et de ton amabilité, disait-il à la vache. Certes, tu donnes le lait et la crème. Mais moi, je donne encore plus. Je donne mon lard et mon jambon, je donne mes poils de soie, et, de mes pieds, on fait même de la saumure ! Malgré tout ça, personne ne m’aime. Pourquoi donc ? »
Après une minute de réflexion, la vache répondit : « Eh bien, c’est peut-être que moi je donne de mon vivant »

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On raconte l’histoire d’un fermier qui était connu pour sa générosité

Ses amis ne pouvaient comprendre comment il pouvait autant donner tout en demeurant aussi prospère. Un jour, ses amis l’interrogèrent :
― Il y a quelque chose qu’on ne comprend pas. Tu donnes plus que nous tous, et pourtant, on dirait que tu as toujours plus à donner.
― Oh, c’est pas sorcier, répondit le fermier. Avec ma pelle, je n’arrête pas de remplir la brouette de Dieu, et lui, pendant ce temps-là, Il arrête pas de remplir la mienne. Mais faut dire que c’est Lui qui a la plus grosse pelle !

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Ce n’est pas le prix qui compte

Autrefois, dans une grande ville, on annonça qu’un célèbre violoniste viendrait jouer de son violon qui valait plus de mille dollars. À l’époque, c’était une énorme somme d’argent. Ce soir-là, le théâtre était bondé. Nombreux étaient venus pour voir le beau violon, autant que pour entendre la musique. Le violoniste monta donc sur scène et se mit à jouer. Le public en fut ravi.
Mais, tout à coup, l’artiste jeta le violon sur le sol avec violence et l’écrasa de ses pieds, et le piétina jusqu’à le réduire en miettes. Puis il quitta la scène. Le public, absolument choqué, pensait que l’homme avait perdu la tête. Imaginez, détruire un si beau violon, un instrument aussi coûteux ! Alors, le directeur apparut et s’adressa à l’auditoire :
― Mes amis, le violoniste n’a pas encore joué sur le violon à mille dollars. L’instrument que vous venez d’entendre a été acheté au marché aux puces. Il va maintenant jouer sur l’instrument à mille dollars.
Alors le musicien se remit à jouer. Mais peu de gens dans l’auditoire furent capables de percevoir la différence.
Il voulait simplement leur montrer que c’est le violoniste, plus que le violon, qui fait la musique.  Vous n’êtes peut-être qu’un violon à 65 cents, mais avec vous le Maître fera une magnifique musique, si vous Le laissez faire. _________________________________________________

Les deux chèvres ― Ou la résolution d’un conflit

Un homme qui se promenait dans la montagne observa la scène suivante:
Deux chèvres avançaient le long d’un étroit sentier de montagne. L’une montait, l’autre descendait. Il remarqua que toutes deux allaient devoir passer par un endroit où le sentier se rétrécissait encore, au point qu’une seule aurait la place de passer. Curieux de savoir ce qui allait arriver, il se posta quelque part et redoubla d’attention.
Les chèvres amorcèrent un coude du chemin et se trouvèrent soudain face à face. Instinctivement, elles reculèrent, comme si elles allaient bondir l’une sur l’autre. Mais il se passa quelque chose de très surprenant. La chèvre qui se trouvait en contrebas se coucha en travers du sentier, tandis que l’autre, celle qui descendait, lui passa sur le dos. Puis la première se releva et poursuivit son ascension…

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Dis Papa, ça commence comment, les guerres ?

Un petit garçon demanda un jour à son père :
― Dis Papa, ça commence comment les guerres ?
― Prenons l’exemple de la Première Guerre mondiale, lui répondit-il, elle a commencé lorsque l’Allemagne envahit la Belgique.
Tout de suite, sa femme l’interrompit :
― Allons, dis-lui donc la vérité. Elle a commencé avec un assassinat.
Se redressant avec un air de supériorité, son mari lui rétorqua avec impatience :
― C’est à toi ou à moi qu’il a demandé ?
Vexée, la femme lui tourna le dos et sortit de la pièce en claquant la porte. Si fort que la vaisselle en trembla dans l’armoire ! Il s’ensuivit un long silence gêné, que le fils finit par briser avec ces mots :
― Ça va, papa, tu n’as plus besoin de me dire comment les guerres commencent. Maintenant, je sais !

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Le mystère de la pastèque…

« Je n’ai pas la prétention d’être fermier, disait W. J. Bryan dans une conférence sur le thème de la paix, mais j’ai observé et j’ai étudié les graines de pastèque.
Chacune d’entre elles a le pouvoir d’absorber du sol et de faire passer à travers elle 200 000 fois son propre poids. Saurez-vous me dire comment elle fait pour absorber toute cette matière, et pour en extraire les pigments qui vont colorer sa surface externe, chef-d’œuvre que l’art des hommes ne peut égaler ?
Saurez-vous m’expliquer comment elle fait pour former, en dessous de cette surface, une croûte blanche ; et, sous cette croûte, un cœur rouge rempli d’une multitude de graines noires, qui, à leur tour, seront capables de faire passer à travers elles 200 000 fois leur propre poids ?
Quand vous saurez m’expliquer le mystère de la pastèque, alors vous pourrez me demander d’expliquer le mystère de Dieu »

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« PAS ENCORE ! »

Ou les épreuves d’une tasse à thé

Je me rappelle l’époque où, avant d’être une tasse, je n’étais qu’une boule d’argile.
Un jour, mon Maître s’empara de moi puis se mit à me frapper de Ses mains, à me modeler. Cela me faisait mal et je Le suppliai d’arrêter. Mais Il se contenta de sourire en disant : « Pas encore ! »
Puis Il me plaça sur un tour de potier, et me fit tourner, tourner… J’avais si mal au cœur que je croyais que ma fin était venue. Heureusement, Il me fit sortir.
Au moment même où je pensais que l’heure de ma délivrance avait sonné, le Maître m’enferma dans un four. Je ne comprenais pas pourquoi Il voulait me faire passer par le feu. Alors, je hurlai, je Le suppliai d’arrêter, de me faire sortir. À travers la porte vitrée, je distinguais encore Son visage et je Le vis sourire et hocher la tête, en me disant : « Pas encore ! » 
Finalement, Il me délivra de la fournaise : Ah, quel soulagement ! Pensai-je.
Puis soudain, me saisissant, le Maître se mit à me poncer et à me brosser. Il prit un pinceau et me badigeonna de toutes sortes de couleurs. Les vapeurs étaient si fortes que je crus m’évanouir. Je L’implorai d’arrêter, mais avec le même sourire Il me dit à nouveau : « Pas encore ! »
C’est alors qu’Il me plaça dans un autre four, deux fois plus chaud que le premier.  Cette fois, j’allais suffoquer, j’en étais sure. En larmes je Le suppliai, mais, une fois de plus, Il se contenta de me sourire en disant : « Pas encore ! »
Je commençais à perdre tout espoir. Jamais je ne pourrais m’en sortir. Je n’en pouvais plus. Cela n’allait donc jamais finir. J’étais sur le point d’abandonner.
C’est à ce moment-là que la porte s’ouvrit toute grande et que le Maître annonça : « Maintenant ! »
Il me prit dans Ses mains et me déposa sur une étagère. Ensuite, Il me tendit un miroir en me disant de me regarder. Je n’en croyais pas mes yeux. Je m’écriai : « Oh, quelle tasse magnifique ! »
Alors le Maître expliqua :
« Je voudrais que tu comprennes : Oui, quand Je te frappais et que je te modelais, Je savais que cela te faisait mal. Je savais que le tour te donnait des vertiges. Mais si Je ne m’étais pas occupé de toi, tu te serais desséchée, et tu serais restée à tout jamais une simple boule d’argile. Ta personnalité n’aurait pas pu s’épanouir. 
Je savais que le premier four était brûlant, mais si Je ne t’y avais pas mise, tu te serais effritée. Je savais que tu étais incommodée par le ponçage et la peinture, mais si Je t’avais épargnée, ta vie serait restée sans couleurs.
Et le second four, oh ! Je savais bien qu’il te serait presque insupportable ! Mais vois-tu, si Je ne t’y avais pas placée, tu n’aurais pas été capable de résister aux pressions de la vie. Ta force n’aurait pas suffi, et tu n’aurais pas survécu bien longtemps. 
Tu vois, alors même que tout te semblait si difficile, Je prenais soin de toi. Je savais ce que tu allais devenir. Car dès le premier instant, J’entrevoyais déjà le produit fini ! »

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Le miroir

― Julia Kelly

Un matin, je me suis réveillée : la journée s’annonçait magnifique. Un de ces matins qui  vous donne envie d’aller courir dans l’herbe gorgée de rosée et de vous prélasser dans les premiers rayons du soleil. Mais ce jour-là, je n’ai jeté qu’un coup d’œil furtif à travers la fenêtre. Je n’ai même pas fait attention à cette image de perfection et je me suis immédiatement dirigée vers mon miroir : l’image qu’il m’a renvoyée m’a tout de suite déplu !
Cela faisait des mois que j’avais un miroir à portée de la main. Je ne me souviens plus où je l’ai trouvé, mais un jour je me suis regardée dedans et, à partir de ce jour, je n’arrivais plus à m’en détacher. Je ne faisais plus attention aux choses qui m’entouraient. Mon miroir était toujours là, en première ligne, me renvoyant mon image et me rappelant constamment toutes mes imperfections. L’image était toujours décevante ; on aurait dit que le miroir prenait un malin plaisir à me montrer tous mes échecs, tout ce qui n’allait pas, tout ce qui me faisait sentir inférieure. Sa présence me harcelait.
Pourtant ce matin-là, la journée s’annonçait idéale : j’aurais pu rire avec mes amis, sourire aux enfants, aider quelqu’un — on peut être heureux de tellement de façons ! Mais non, j’étais comme obsédée par le reflet du miroir ! Je ne voyais rien d’autre, j’étais confinée à mon petit monde qui se limitait à moi et mon miroir !
Dehors, le soleil brillait, mais dans ma tête, des nuages sombres et menaçants planaient à l’horizon. Tout ce qui m’arrivait semblait confirmer que personne ne m’aimait ni ne s’intéressait à moi. D’ailleurs, un coup d’œil à mon miroir suffisait à me persuader qu’il n’y avait pas grand-chose à aimer chez moi !
À l’évidence, je n’étais pas digne d’être heureuse, encore moins d’être aimée ! Assise dans mon petit coin, occupée à me regarder dans mon miroir, j’observais comme une étrangère le bonheur et les éclats de rire des autres : Comment font-ils pour être heureux ? Ils font comme si je n’existais pas ! Je suis malheureuse comme les pierres, et on dirait qu’ils ne s’en rendent même pas compte!
Chaque fois que je tentais de m’aventurer en dehors de mon petit monde, mon miroir me rappelait haut et fort que ça ne servirait à rien, que c’était sans espoir ! Puis il me renvoyait mon image, et je n’arrivais pas à en détacher mon regard ; au contraire, je m’abîmais dans le découragement et la déprime sans me soucier le moins du monde de ce qui m’entourait.
Mais il y a quelques semaines, j’ai eu une révélation. Je me suis dit:
tu n’as qu’à recouvrir le miroir ! Bien sûr que tu as des défauts ! Tu ne seras jamais parfaite, tu feras toujours des erreurs. Et après tout, qu’est-ce que ça peut faire ? Tu ne peux pas vivre en refusant tout espoir de bonheur uniquement parce que tu ne possèdes pas toutes les qualités que tu voudrais avoir ! Arrête de ne penser qu’à toi et penche-toi un peu sur le sort des autres. Oublie le miroir, tu verras que tu seras beaucoup plus heureuse !
Ça n’a pas été facile, mais j’ai fini par recouvrir le miroir. Au début, je me sentais anxieuse sans lui, toute nue, vulnérable. J’étais mal à l’aise et je ne croyais pas que les gens puissent m’accepter comme j’étais, avec tous mes défauts et toutes mes fautes. Mais bien vite, je me suis rendue compte que plus j’étais naturelle et plus je me tournais vers les autres, plus j’étais heureuse. Même si au début, ce n’était pas facile. Les nuages qui planaient constamment au-dessus de moi disparurent pour faire place à la chaleur des rayons de soleil et à la paix de l’esprit.
Le miroir est toujours là. Il ne va pas disparaître, mais je l’ai mis de côté. Il y a toujours le risque que je le reprenne et que je fasse une rechute. Je pourrais très bien retomber dans l’état morbide de dépression et d’introversion où j’étais. Mais chaque fois que je suis tentée de jeter un coup d’œil au miroir, je me rappelle que je suis beaucoup plus heureuse, maintenant que j’ai accepté mes imperfections et que j’ai résolu de ne pas m’en faire. Je ne serai jamais tout à fait comme je voudrais être, mais j’ai beaucoup à apporter aux autres. Et cela, je ne peux pas le faire si je passe mon temps à me dévisager dans le miroir.
Ce matin, quand je me suis réveillée, une pluie froide et battante tombait du ciel. Le tonnerre grondait et d’épais nuages cachaient le soleil. Dehors, la grisaille du matin enveloppait le paysage, mais, dans mon cœur, le soleil brillait sur l’azur des cieux ! Et ce fut pour moi une journée magnifique !

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Sophie, la lavandière

Il était une fois une petite lavandière qui s’appelait Sophie et qui ne recevait de sa maîtresse, une femme riche et égoïste, qu’un salaire de misère. Néanmoins, parce qu’elle aimait le Seigneur de tout son cœur, elle envoyait tout ce qu’elle pouvait aux pauvres missionnaires en Afrique. Un jour que sa maîtresse revenait de l’office…
― Sophie, Sophie ! Où es-tu ? Appela-t-elle.
― Oui, Madame, j’arrive ! fit Sophie, haletante.
― Eh bien, te voilà, ce n’est pas trop tôt ! Tu ne peux pas imaginer combien je me suis ennuyée à la messe d’aujourd’hui ! On nous rebat les oreilles qu’il faut donner aux pauvres et aux missionnaires ! Pourquoi est-ce que je devrais les aider ? Ce n’est tout de même pas de ma faute à moi, s’ils sont pauvres ! Au fait, dis-moi, est-ce que quelqu’un est venu en mon absence ?
― Oui, Madame, le petit vendeur de journaux, répondit Sophie. Vous lui avez dit de repasser aujourd’hui, et que vous lui donneriez un pourboire s’il amenait le journal jusqu’à la porte, au lieu de le mettre dans la boîte aux lettres.
Oh, quel paresseux ! s’exclama la maîtresse. Et qu’est-ce que tu lui as dit ?
Ben, je lui ai donné quelque chose de votre part.
Tu as fait ça ? Eh bien, tu en seras de ta poche. Oh Ciel ! Ce garçon me répugne ! Il a toujours l’air dépenaillé. Et quand est-ce qu’il songera à se faire couper les cheveux ?
Les coups de l’horloge vinrent lui rappeler qu’il était déjà 11 heures. Elle s’empressa d’ajouter :
― Oh, Mon Dieu, il se fait tard ! Sophie, je sais que c’est ton jour de congé, mais ce soir j’ai des invités, alors je voudrais que tu me laves tous les rideaux. Et fais en sorte qu’ils soient secs, repassés et remis en place avant la réception. Ensuite, tu pourras donner un coup dans la cuisine.
― Mais Madame, interrompit Sophie, hésitante, c’est que… j’ai promis de rendre visite à…
Je regrette, ma chère, insista la maîtresse, mais les invités arrivent à sept heures, et je veux que ma maison soit impeccable ! Tu comprends ?
Oui, Madame, répondit la servante, résignée.
Maintenant, je dois prendre le thé avec les dames patronnesses, et il faut que je me dépêche.
Puis la porte claqua et Sophie se mit au travail. À peine avait-elle décroché les rideaux qu’elle entendit la sonnette. C’était le facteur avec une lettre à son nom. Excitée, elle l’ouvrit et lut ce qui suit : « Ma chère Sophie, merci pour tes petites cartes de bon rétablissement lors de ma maladie. Merci également de nous avoir fait les courses et d’avoir surveillé les enfants. Ci-joint 40 francs pour te dire combien nous te sommes reconnaissants.  Tendrement. Signé : Jeanne, Matthieu et les enfants »
― Oh, quelle bonne surprise ! s’écria Sophie. Encore un peu d’argent que je pourrai envoyer aux missionnaires ! Même si ce n’est pas grand-chose, là-bas ça fait beaucoup, et ils en ont grand besoin. Youpie ! Mais, oh là là ! Je ferais bien de me remettre au travail…
Finalement, tout fut prêt à l’heure et les invités furent satisfaits. Après le départ des derniers, la maîtresse de maison poussa un soupir de soulagement :
Ouf, c’est fini, je suis exténuée ! Je vais au lit, Sophie. Voudrais-tu bien nettoyer la cuisine ? Bonne nuit !
― Bonne nuit, Madame, répondit Sophie, triste et lasse.
Mais cette nuit-là, la femme riche fit un rêve, dans lequel elle mourait et allait au Ciel. Un ange lui servait de guide dans les rues de la Cité céleste.
― Oh ! C’est absolument magnifique ! S’exclama-t-elle. Je n’aurais jamais imaginé que le Ciel puisse être aussi beau ! Et cette charmante villa ! Dites-moi à qui elle appartient ?
Elle appartient à votre lavandière, répondit l’ange. Celle que vous avez maltraitée, et fort mal payée.
― Oh ! Mon Dieu, se dit la femme, si ma lavandière reçoit une aussi belle villa, j’ai peine à imaginer la splendeur de la mienne ! Puis, s’adressant à l’ange, elle demanda : Maintenant, pourriez-vous me montrer ma maison ?
Avec plaisir, fit l’ange, si vous voulez bien me suivre…
― Oh ! Mais ! On dirait que vous m’emmenez dans les quartiers pauvres… On est sûrement en train de s’égarer !
― Non, pas du tout, on est presque arrivés. Voilà, on y est.
C’est quoi, ça ? S’enquit la femme.
Eh bien, Madame, c’est votre maison à vous.
Ma maison ! Vous devez faire erreur. Comment pouvez-vous avoir le front de m’attribuer une demeure aussi miteuse ! Après tout ce que j’ai fait ! C’est scandaleux !
Eh bien, nous avons fait de notre mieux avec les matériaux que vous nous avez fait parvenir. Mais ce n’était pas grand- chose. Votre lavandière, elle, ne cessait de prier et de donner tout ce qu’elle pouvait. Elle n’a pas arrêté de nous envoyer de nouveaux matériaux, et on n’a pas pu faire autrement que de lui construire une magnifique villa.
Certains donnent leur vie, joyeusement et généreusement. Ils ne sont pas reconnus sur Terre, mais Dieu voit tout et, dans Son grand livre, Il écrit tout. Alors, n’hésitez pas à donner de vous-même. Grande sera votre récompense dans les Cieux !

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