Victor Hugo, l’homme au grand cœur !

Victor Hugo se souvient d’Hélène d’Orléans

22 décembre 1853, trois jours avant Noël, Victor Hugo se souvient d’une conversation familière que la duchesse Hélène d’Orléans avait eue avec lui, sur son fils, le comte de Paris qui n’avait alors que six ans. Le poète s’adresse à l’enfant qui vient d’avoir quinze ans. Mais les impressions qu’il décrit avaient bien été imprimées en lui à la Noël 1844.

Quoique je sois de ceux qui se sont autrefois
Penchés sur ton berceau plein de ta jeune voix,
Tu commences, enfant, à ne plus me connaître…

Le poème tout entier est en réalité consacré bien plus à Hélène d’Orléans, qu’à son fils. Le poète la représente comme une femme admirable, d’un esprit ferme, d’un grand courage, une sainte.

Oh! Fixe ton regard sur ses yeux adorés!
Ici-bas c’est ta mère, et là-haut c’est ton ange.
Cette femme a subi plus d’une épreuve étrange,
Enfant, c’est toi qui dois l’en consoler. Retiens
Que, touchante à nos yeux, elle est sacrée aux tiens.
La nature la fit reine; et le sort martyre.
Qui la voit pleurer sent un charme qui l’attire.
Hélas! L’ombre d’hier assombrit aujourd’hui.
Elle accepte, stoïque et simple, l’âpre ennui,
L’isolement, l’affront dont un sot nous lapide,

La haine des méchants, cette meule stupide
Qui broie un diamant ainsi qu’un grain  de mil,
Et toutes les douleurs, contrecoups de l’exil…
Mais la pensée auguste habite son œil fier;
Mais le malheur, qui, même en nous frappant, nous venge,
A mis des ailes d’aigle à ses épaules d’ange.
Dieu, caché dans la nuit de cet être souffrant,
Brille et fait resplendir son sourcil transparent,
L’albâtre laisse voir la lumière immortelle,
Son front luit!

Toi, son fils, tressaille devant elle
Comme Gracchus enfant quand sa mère venait;
Car elle est la clarté de ton aube qui naît.

Qu’importe que la foule ignore ou méconnaisse
J’ai vu ; moi, quand l’angoisse étreignait sa jeunesse,
Comment elle a souffert, comment elle a lutté,
Et j’ai dit dans mon cœur : Cette femme eût été
Archidamie à Sparte ou Cornélie à Rome.
Enfant, ressemble-lui si tu veux être un homme ;

Et plus loin :

Jamais, retiens cela, quoique tu sois petit,
Dans un plus noble sein plus grand cœur ne battit!

Patrick :

Les gens ne parlent plus comme cela de nos jours, ils ont perdu la noblesse des mots qui éveillent le cœur, le verbe qui réchauffe l’âme tendre, la tendresse qui émeut l’être divin.

Les hommes savaient parler aux femmes, les aimer vraiment pour leurs tributs féminins. Ils savaient les courtiser, leur offrir de la poésie, admirer leur beauté, ressentir leur chagrin, les aimer en silence !

_______________________________________________

Victor Hugo et la Bible

On doit au poète et romancier français, l’un des rares poèmes sur la Bible. On le trouve dans le recueil des Contemplations intitulé « Aux Feuillantines » Il relate la découverte émerveillée de la Bible par trois enfants :

… Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu‘à ce livre noir ;

Je ne sais pas comment nous fîmes pour l’avoir,

Mais je me souviens bien que c’était une Bible…

Des estampes, partout ! Quel bonheur ! Quel délire !…

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,

Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain ;

Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes…

Victor Hugo et la Bible Martin

Le jeune Hugo emprunte de nombreux ouvrages à la Bibliothèque de l’Arsenal et à la Bibliothèque royale. Les registres de prêts attestent qu’il en a sorti le 26 juin 1822 un des volumes de « La Sainte Bible contenant l’Ancien et le Nouveau Testament, traduite en français sur la Vulgate, par Lemaistre de Sacy, 1701 »

Trente ans après, le 6 juillet 1852, Victor Hugo s’est réfugié à Bruxelles. Il écrit à son épouse : « J’avais aussi des volumes très précieux, Ronsard, l’Histoire de Paris, ma Bible… Je pense que tu as tout mis en sûreté »

On peut toujours voir aujourd’hui, dans la bibliothèque de sa maison d’exil à Guernesey (Hauteville House), la Bible de David Martin, sa préférée.

« Une Bible par cabane »

Dans son livre « Claude Gueux », Victor Hugo dénonce la misère dans laquelle la société abandonne le peuple. C’est l’histoire d’un homme ne sachant ni lire ni écrire, sans travail qui, voyant sa famille mourir de faim, vole et est condamné à cinq ans de prison. Grâce à cette histoire vraie, Victor Hugo démontre que la société pervertit l’homme en le laissant dans l’ignorance et la pauvreté.

Son premier vœu est que la société donne accès à l’instruction gratuite et obligatoire pour tous les hommes. Cependant cela ne suffit pas : encore faut-il savoir quoi lire. Quel livre peut apporter réconfort, espérance ? Quel livre offre un message d’amour qui s’adresse à tous les hommes ?

Victor Hugo reconnaît que seule la Bible a ce pouvoir d’insuffler l’espérance à un homme découragé.

Que chaque homme possède une Bible et un travail, la misère et la corruption disparaîtront.

C’est le message que Victor Hugo a laissé à la postérité :

« Souvenez-vous qu’il y a un livre… plus éternel que la charte de 1830 : c’est l’Écriture Sainte. Donc ensemencez les villages d’évangiles. Une Bible par cabane. Que chaque livre et chaque champ produisent à eux deux un travailleur moral »

Patrick :

Magnifiques paroles de ce grand homme de lettres et de morale. C’est dommage qu’on ne connaît pas ce côté spirituel de Victor Hugo, son amour et respect pour la Bible. Il n’était pas juste un humaniste passionné pour la justice et le sort des malheureux, mais un vrai homme de cœur qui connaissait les limitations du cœur humain et le besoin d’un code moral pour le guider.

_______________________________________________

Traduction du texte de Victor Hugo : L’Angleterre a deux livres, la Bible et Shakespeare. Angleterre a fait Shakespeare, mais la Bible a fait l’Angleterre.

Victor Hugo et la Bible Martin

26 février 1802, naissance de Victor Hugo à Besançon
On peut le citer pour avoir écrit le poème de notre littérature hexagonale sur la Bible (l’autre vient de l’oeuvre de Jean de Jessée)

Ce poème des Contemplations intitulé „Aux Feuillantines“, relate la découverte émerveillée de la Bible par trois enfants :

« … Sur le haut d‘une armoire un livre inaccessible.
Nous grimpâmes un jour jusqu‘à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l‘avoir,
Mais je me souviens bien que c‘était une Bible.
Ce vieux livre sentait une odeur d‘encensoir.

Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes, partout! Quel bonheur! Quel délire!
Nous l‘ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux,
Qu’oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain ;
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.
Tels des enfants, s‘ils ont pris un oiseau des cieux,
S‘appellent en riant et s‘étonnent,  joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes »

Le jeune Hugo emprunte de nombreux ouvrages à la Bibliothèque de l’Arsenal et à la Bibliothèque royale (devenue nationale en 1848), dont les registres de prêts attestent que le 26 juin 1822 il sort un des volumes de « La Sainte Bible contenant l’Ancien et le Nouveau Testament, traduite en français sur la Vulgate, par Lemaistre de Sacy », 1701. Trente après, le 6 juillet 1852, de Bruxelles où il a dû se réfugier, il écrit à sa femme :

« J’avais aussi des volumes très précieux, Ronsard, l’Histoire de Paris, ma Bible, etc… Je pense que tu as tout mis en sûreté »

De quelle Bible parle-t-il ?

-s’agit-il de la Bible de Lemaistre de Sacy, version catholique dite aussi « Bible de Port-Royal », dont on sait qu’elle était dans sa bibliothèque de Hauteville House, sa maison d’exil à Guernesey ?

-Ou bien s’agit-il de la Bible protestante de David Martin ?

En tout cas on peut toujours voir aujourd’hui dans la bibliothèque de Hauteville House, cette Bible de David Martin, dont voici l’intitulé :

« La Sainte Bible qui contient l’Ancien et le Nouveau Testament, expliquée par des notes de théologie & de critique sur les versions ordinaires des églises réformées, revue sur les originaux &retouchée dans le langage : avec des préfaces particulières… et deux préfaces générales sur l’Ancien etle Nouveau Testament par David Martin, pasteur de l’église Wallonne d’Utrecht. Editée à Amsterdam : chez Henry Desbordes, Pierre Mortier, Pierre Brunel, 1707, 2 vol. in-fol »

Obligé de quitter la France après la révocation de l’édit de Nantes, le pasteur David Martin (1639-1721) avait trouvé refuge dans les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas). Le synode des Églises wallonnes lui demanda de mettre au point une Bible francophone. Avec beaucoup de sérieux, Martin serra le texte hébreu et grec au plus près, mais il resta malgré tout assez dépendant de la version de Genève. En note, Martin expliqua certaines difficultés du texte et donna quelques commentaires dans la ligne doctrinale des Églises calvinistes. Le Nouveau Testament parut d’abord en 1696, puis la Bible complète en 1707 à Amsterdam.

Victor Hugo avouera préférer cette  version de David Martin à toute autre.

____________________________________________________

Patrick :

C’est triste qu’on cache toutes ces vérités à nos jeunes dans l’enseignement et qu’on leur ferme les portes du vrai savoir, de la connaissance, et de la foi !

Regardez ce que le monde est devenu aujourd’hui, sans la Bible, sans son code moral, sa sagesse et son autorité… Un retour à la bestialité, l’inhumanité de l’homme pour l’homme, la destruction de la nature, l’enfer de la guerre nucléaire…

Parlez-moi d’évolution ! Parlez-moi de l’affranchissement de la haine et de la guerre ! Parlez-moi de la paix et de l’ordre qui règne dans le monde ! Parlez-moi de ce fameux affranchissement des peuples du joug religieux ! Dites-moi quelle place à l’amour véritable dans notre société « chacun pour soi »

Quelqu’un a écrit dans sa cellule de prison : « Je suis prisonnier de ces murs, mais mon cœur est libre à l’extérieur, et personne ne pourra jamais l’emprisonner ! »

_______________________________________________

 

 

 

 

 

 

 

 

88888

Plus dans la section

Sois un ami

Related Post