Mutilé, décapité, scalpé – Isaac Jogues, missionnaire jésuite au Canada

Kévin Boucaud-Victoire | 23 juillet 2017

Les 150 ans de la naissance de la confédération canadienne est l’occasion de se remémorer l’incroyable travail d’évangélisation mené par les Jésuites au XVIIe siècle dans ce qui s’appelait la Nouvelle-France, et notamment l’action d’Isaac Jogues.

Le 24 juillet 1967, il y a 50 ans, Charles de Gaulle déclenchait une crise géopolitique entre le Canada et la France. La faute à « Vive le Québec libre ! », prononcé lors d’un discours mémorable dans la province nord-américaine en plein anniversaire des 100 ans de la confédération canadienne.

Un geste qui nous rappelle la complexité de l’histoire canadienne, fédération politique qui naît le 1er juillet 1867, quand l’Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, jusqu’ici colonies britanniques, décident de        se dégager de la tutelle du Royaume-Uni.

Mais l’histoire canadienne commence avant cet acte fondateur – objet de nombreuses commémorations en ce mois de juillet – et les missionnaires jésuites français y ont joué un rôle déterminant. Parmi eux, saint Isaac Jogues, canonisé par Pie IX en 1930, tient une place particulière.

Cinquième d’une famille de neuf enfants, le futur prêtre naît 10 janvier 1607 à Orléans, ville où il étudie au collège des jésuites.

Alors qu’à la fin de ses études il a l’occasion de reprendre le commerce fleurissant de son père, ou de devenir fonctionnaire comme ses oncles, il préfère suivre ses maîtres jésuites à Rouen, dans la Compagnie de Jésus. Il prononce ses vœux en 1626 et démarre des études de philosophe puis de théologie à Clermont.

Sa vie bascule quand il est envoyé comme missionnaire en Nouvelle-France – territoire qui s’étend alors de l’actuelle Louisiane au nord du Canada et dont la capitale est Québec ­– en 1636, peu de temps après avoir été ordonné prêtre.

Il va rejoindre les jésuites qui évangélisent, au départ avec relativement de succès, les peuples amérindiens d’Amérique du nord. Celui que l’on surnomme, à son arrivée, « Ondessonk » (oiseau de proie) s’installe alors dans l’actuel Canada.

Mais à cette époque, des épidémies frappent les Hurons et mettent en danger la vie des missionnaires car les Amérindiens leur attribuent la cause. De nombreux prêtres sont mis à mort. Jogues n’est pas impressionné pour autant et malgré cela sa mission de passe bien.

La construction du fort Sainte-Marie lui est même confiée. Les choses se gâtent néanmoins en 1642 quand il est capturé par des Iroquois.

Un missionnaire exemplaire, même sous la torture

Jogues connaît alors la torture et l’esclavage. Le prêtre n’oublie pas pour autant sa mission et tente d’apporter aux Amérindiens « le secours que l’Église de mon Dieu [lui] a confié », selon ses propres mots.

Il écarte l’hypothèse de la fuite et accepte de souffrir « pour délivrer ces pauvres âmes des flammes de l’Enfer ».

Un de ses compagnons, René Goupil, est exécuté le 29 septembre 1642, sous ses yeux. La mort ne l’effraie pas pour autant. Il explique dans une lettre à cette époque : « Je veux mourir comme j’ai vécu en fils de la très sainte Église romaine et de la Compagnie ».

Il finit quand même par prendre la fuite en novembre 1643, grâce à des calvinistes hollandais et rejoint, dans un premier temps, l’Angleterre et, dans un second, la France.

Il est alors reçu par Anne d’Autriche, mère de Louis XIV. Ses mains étant mutilées, il ne peut plus célébrer la messe et doit obtenir une autorisation exceptionnelle du pape Urbain VIII. Le missionnaire n’a alors qu’un objectif : retourner évangéliser en Nouvelle-France.

Dans une lettre il explique : « Le cœur me dit que, si j’ai le bien d’être employé en cette mission, j’irai et je ne reviendrai pas, mais je serai heureux si Notre Seigneur voulait achever le sacrifice où il l’a commencé, et que ce peu de sang que j’ai répandu en cette terre fût comme les arrhes de celui que je lui donnerai de toutes les veines de mon corps et de mon cœur »

Il obtient gain de cause et repart au printemps 1644, alors que la situation est encore tendue entre les Français et les tribus iroquoises ou huronnes.

En 1646, alors qu’il vit parmi les Iroquois à Ossernenon dans l’État de New-York, où il a pour mission de négocier la paix, lui et ses confrères sont accusés d’être responsables de la très mauvaise récolte.

Accusé de sorcellerie par les Iroquois, il est décapité. Sa tête scalpée est exhibée par les Amérindiens sur une palissade et son corps jeté dans la rivière Mohawk.

Sa vie restera un modèle pour les missionnaires canadiens, c’est pour cette raison que le 29 juin 1930, Pie IX choisit de le canoniser avec sept autres martyrs du pays.

Patrick :

Quel magnifique témoignage d’amour pour ces natifs indiens du Canada.

« Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qui donne sa vie pour ses amis »

Et vous, pour qui donnez-vous votre vie ?

Cela me rappelle l’histoire vraie de cet excentrique qui portait un drôle de chapeau :

Sur le devant, en grosses lettres, on pouvait lire : « Je suis fou pour Christ ! » Quand les gens se retournaient, ils pouvaient lire une autre inscription au dos du chapeau : « Et vous, de qui êtes-vous fou ? »

Il fut un temps, où la France était une terre de missionnaires qui allaient dans le monde entier. Ils ont découvert des terres, des fleuves. Ils ont apporté la Bonne Nouvelle de l’Evangile aux natifs.

Mais la Révolution française a changé tout cela !

Elle a enfanté la laïcité !

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Étienne Shinjiro Yamamoto, l’homme qui a fait le lien entre le Japon et le Vatican

Xavier Le Normand/Agence I.Media | 16 octobre 2017

Le Vatican et le Japon ont fêté ensemble 75 ans de relations diplomatiques. L’aboutissement d’une vie pour l’amiral Yamamoto.

En 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, l’Empire du Japon et le Saint-Siège établissent des relations diplomatiques bilatérales. Une décision stratégique certes, mais aussi le fruit du travail patient d’un homme d’exception, l’amiral Étienne Shinjiro Yamamoto, catholique et proche conseiller de l’Empereur.

Depuis le début, les relations entre l’Église et le Japon ont connu une histoire tumultueuse.

D’abord accueillis au XVIe siècle, les missionnaires sont rapidement chassés et les chrétiens persécutés.

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que les missionnaires peuvent remettre le pied dans le pays.

Et finalement, en 1942, le Japon devient le premier État asiatique à établir une relation bilatérale directe avec le Saint-Siège.

Cet événement est dû en grande partie à un homme, l’amiral Étienne Yamamoto Shinjiro.

Né en 1877, ce noble japonais reçoit le baptême en 1893.

Bien que catholique, c’est un homme très important de la cour impériale : il est notamment un des éducateurs de l’empereur Hirohito, au pouvoir de 1926 à 1989.

Il est aussi, mais cela est encore peu connu, un des proches du cardinal Pacelli – futur Pie XII — pendant la Première Guerre mondiale.

En 1919, il vient en Europe pour les négociations du traité de Versailles. Il en profite pour confier aux autorités du Saint-Siège la compatibilité de la foi catholique avec le culte shinto, c’est-à-dire le culte désormais laïc des Japonais pour leur empereur.

En décembre de la même année, le pape Benoît XV nomme son premier délégué apostolique (représentant qui n’a pas le rang d’ambassadeur) dans l’archipel.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’empereur du Japon, pourtant allié à l’Allemagne, cherche à nouer des relations avec des États occidentaux.

Et son vieux professeur Étienne Yamamoto Shinjiro lui souffle alors de se tourner vers le Vatican.

Malgré le désaccord véhément des États-Unis et du Royaume-Uni, le Saint-Siège accepte en 1942 l’établissement de cette relation diplomatique bilatérale.

Et une fois cette relation nouée, Étienne Yamamoto Shinjiro décède, à l’âge de 65 ans. Mission accomplie.

Patrick :

L’histoire est pleine de surprises ! C’est dommage qu’aujourd’hui, on la falsifie si facilement… J’irai même jusqu’à dire : qu’on l’a réécrit ; qu’on la viole !

Beaucoup d’hommes et de femmes à notre époque ont perdu l’amour pour la vérité et la justice. Ils sont las de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une quelconque morale.

C’est vraiment triste qu’une grande nation comme la nôtre soit tombée si bas ! Rejetant la foi de ses pères ! Le merveilleux héritage chrétien qui était le sien !

Que j’aime cette citation de William Penn (1681) qui dit : « Si nous ne sommes pas gouvernés par Dieu, alors, nous le saurons par des tyrans ! »

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Citations personnelles :

Ce ne sont pas ceux qui disent qu’on doit changer le monde qui le fait, mais ceux qui agissent pour le faire ; qui mettent des pieds à leurs prières !

Quand on a découvert la vérité, il n’y a plus de retraite possible, on doit continuer peu importe où elle nous emmène !

La vérité, une fois qu’on l’a goûté, plus rien d’autre ne peut nous satisfaire !

Quand la vérité devient difficile à trouver, c’est à ce moment-là que nous en avons le plus besoin !

La vérité n’est pas pour les faibles, mais elle appartient à ceux qui la désirent avec toutes leurs forces !

On ne trouve pas la vérité dans les magasins de soldes ; si elle vaut quelque chose, elle vaut tout ce qu’on possède !

La vérité est une denrée rare à notre époque. Seuls, ceux qui sont prêts à en payer le prix fort, pourront l’acquérir !

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