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Histoires vraies N°106 – Le pape des altitudes qui a gravit le Mont Blanc !

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Le pape des altitudes qui a gravit le Mont Blanc !

Avant d’être pape, Pie XI a gravi le mont Blanc

Qui était Achille Ratti ? Né en 1857 et décédé en 1939, cet abbé italien a été élu cardinal en 1921 puis intronisé pape l’année suivante, sous le nom Pie XI.

Mais c’était aussi, dans sa jeunesse, un alpiniste. Plus encore : il a ouvert, à la descente, une voie permettant d’accéder au sommet du mont Blanc. Aucun pape ne peut en dire autant !

Un pape a gravi le sommet du mont Blanc en 1890. L’ascension d’Achille Ratti, qui deviendra le pape Pie XI en 1922, a abouti le 31 juillet 1890. Le religieux, qui était aussi un alpiniste chevronné, était alors dans sa 33e année.

L’expédition lancée depuis Courmayeur a pris l’éperon de la Tournette, « une voie difficile et raide aujourd’hui empruntée par des alpinistes expérimentés », selon Giulio Signo, le président de la Compagnie des guides de Courmayeur.

L’ascension a duré deux jours, entrecoupée par une nuit dans la cabane Quintino-Sella, sur le versant italien. Achille Ratti était accompagné par deux guides de Courmayeur, Joseph Gadin et Alexis Proment. Mais aussi par le prêtre Luigi Grasselli, professeur comme lui à Milan, et le révérend Jean Bonin, vicaire de Pré-Saint-Didier.

Autre exploit pour ce futur pape qui ne manquait pas de ressources : il a participé, au moment de redescendre, le 1er août, à l’ouverture d’une nouvelle voie pour accéder au sommet. Après une nuit au nouvel abri Vallot, depuis le Dôme du Goûter, la caravane a décidé de suivre l’arête du col de Bionnassay.

Face à la “réelle difficulté” d’une “cascade de séracs” sur le parcours, le groupe a préféré éviter “les ressauts et contreforts de l’Aiguille Grise”, décidant de descendre par la branche Ouest le glacier du Dôme, entre le mont Blanc et les Aiguilles grises, pour enfin passer sur le glacier de Miage jusqu’à Courmayeur :

“Un passage de séracs sera toujours et à toute heure à éviter […] surtout sur le versant italien du Mont-Blanc”, a écrit Achille Ratti dans le récit de ses ascensions, traduit de l’italien par Émile Gaillard. Et de se féliciter de la découverte d’une voie “sans difficulté sérieuse et exceptionnelle”

« Une alternative aux voies surfréquentées »

Ainsi est née la fameuse “Voie du pape”, également connue sous les noms “Route du pape” ou “route des Aiguilles Grises”. L’itinéraire a par la suite été défini comme étant le plus pratique pour accéder au sommet depuis le versant italien. Il est considéré aujourd’hui comme la “Voie normale” italienne.

C’est aussi l’une des voies décrites par le guide chamoniard François Damilano dans son topoguide “mont Blanc 4 810 m, 5 voies pour le sommet”. Peu fréquentée, cette voie « oubliée » pourrait selon lui être « une vraie alternative aux voies classiques françaises surfréquentées ».

Alors qu’au refuge Gonella, planté à 3 071 mètres d’altitude en guise d’étape de l’itinéraire, on estime accueillir jusqu’à 10 voyageurs par jour les week-ends d’été. On est bien loin des près de 120 par jour au refuge du Goûter, sur la voie normale française.

Une alternative qu’il faut, pour les Français, emprunter depuis l’autre côté de la frontière et qui demande un peu plus de temps et d’efforts. Car contrairement aux voies passant par les refuges du Goûter (3 817 mètres d’altitude) ou de l’Aiguille du Midi (3 842 mètres), deux sites accessibles, ou en partie, grâce à des remontées mécaniques, il faut pour la Voie du pape s’élancer depuis la vallée de Val Veny, à 1 700 mètres d’altitude. Une alternative, aussi, qui incite à la vigilance puisque l’itinéraire peut s’avérer crevassé en fin d’été.

Ce n’est pas le cas cette année, l’enneigement étant encore important en altitude. La saison sera meilleure. De quoi effacer le souvenir de la saison 2015, où la voie était devenue impraticable dès juillet. D’autre part, « il y a plus de recherche d’itinéraire étant donné qu’on est seul », prévient l’Office de haute montagne, à Chamonix.

Les avantages : la tranquillité due à la faible fréquentation et la plus grande facilité de trouver une place en refuge pour dormir quand le Goûter affiche complet quasiment tous les soirs de la saison.

Des alpinistes viennent pour ça, assure Mauro Bianchi, 34 ans, l’un des responsables du refuge Gonella, captivé par cette « voie sauvage ».

C’est ce que recherchent certains Français qu’il accueille régulièrement outre « l’accueil au refuge, le peu de personnes et la beauté des paysages », énumère-t-il dans un français marqué par son fort accent italien. Peut-être aussi pour son risotto d’Aoste au gorgonzola ?

Repères pratiques :

  • Distance et dénivelés importants caractérisent cette voie : il faudra gravir un total de plus de 3 000 mètres (1 371 le premier jour ; 1 739 le second).

  • Achille Ratti, alpiniste chevronné, a réalisé de nombreuses expéditions en montagne, dont l’une des premières traversées, en 1889 ; du massif de Mont-Rose (entre Suisse et Italie) par le versant de Macugnaga (Italie).

Par Rémi MILLERET

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Doté d’une grande capacité de travail, Achille Ratti est également un grand sportif, connu pour son goût de l’alpinisme. Il gravit ainsi de nombreux sommets des Alpes : le Cervin, le pic Dufour dans le mont Rose à 4 663 mètres d’altitude, le mont Blanc, et réalise la première traversée du col Zumstein (4 452 m).

Le Club alpin suisse mentionne surtout son ascension vers le mont Rose dans le Guide des Alpes Valaisannes (tome III, p. 111). En effet, avec ses deux amis, ils subissent des ténèbres exceptionnelles près de la pointe Dufour le 30 juillet 1889, qui les obligent à une nuit d’arrêt sur une corniche. Sans nouvelles, une caravane de secours vient les secourir depuis Zermatt. Un de ses amis a les pieds gelés.

Le Docteur Ratti devient membre honoraire des Clubs alpins de Desio et de Milan. Plusieurs voies portent son nom, notamment l’actuelle voie des Aiguilles grises sur le mont Blanc, autrefois dénommée route du Pape. Cet étonnant mélange de ténacité physique et d’érudition rigoureuse en faisait un prélat original. Ses historiens y voient la base du tempérament qu’il montra lors du pontificat face aux situations de crise.

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Patrick commentaire :

 Il ne faut pas oublier que les Papes sont des hommes comme vous et moi, avec des passions, des désirs, et des rêves. Ils portent une grande responsabilité sur leurs épaules avec plus d’un milliard de Catholiques.

Achille Ratti (ou sa Sainteté Pie XI) était un virulent défenseur des droits de l’homme, à une époque où le fascisme récupérait les exploits alpins pour satisfaire leur propagande.

Il était un homme un peu hors du commun. Il a été surnommé « Le pape des altitudes » par Henri Bordeaux. Il a gagné sa renommée non seulement par son sacerdoce (entre 1922 à 1939) en étant un fervent combattant contre les fascismes, mais aussi comme un alpiniste hors pair.

Il rendra hommage à de nombreuses reprises aux qualités fondamentales de l’alpiniste, notamment dans son ouvrage « mes ascensions »

« Le véritable alpiniste n’est pas une affaire de casse-cou, mais au contraire, entièrement une question de prudence et d’un peu de courage, de force, et de constance, de sentiments de la nature et de ses beautés les plus cachées, parfois terribles mais précisément alors sublimes et plus fécondes pour l’esprit qui les contemple… C’est toujours dans l’imitation de la nature que notre art s’apparente le plus étroitement avec celui du bien »

Quoi dire de plus sur cet homme de foi et de conviction ? Il a vécu sa passion jusqu’au bout, et sa foi jusqu’au couronnement de l’œuvre de sa vie comme Pape !

 

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Je suis ce qu’on peut appeler un « Don Quichotte » de la plume. Ce qui fait qu’un écrivain devient un artiste, c’est qu’il découvre sa vraie personnalité dans ses écrits. Il n’est pas assujetti aux « On dit », où, « Il ne faut pas que j’écrive cela ». Il est vrai avec l’inspiration qui lui est donnée, pure dans ses pensées. Le prix d’une telle liberté est : « Si tu peux être vrai avec toi-même, tu ne peux être faux avec personne » Patrick Etienne
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