Des vergers et des jardins

Il y a quelque temps, un de mes amis a acheté une propriété et y a planté une centaine d’arbres fruitiers. Après avoir acheté la propriété, il a dû déplacer de gros rochers, ce qui n’était pas une mince affaire. Ensuite, il a acheté et planté des jeunes arbres. Après ça, il a dû se rendre régulièrement sur l’exploitation pour arroser les arbres.

Les arbres ne produiront pas de fruits avant sept ans, mais ensuite ils en donneront pendant plusieurs dizaines d’années. Un pommier, par exemple, donne des fruits pendant en moyenne 35 ans, tandis qu’un poirier peut produire des fruits pendant plus d’un siècle.

Je pensais à mon ami et à son verger ce matin, et je comparais son exploitation agricole avec mon jardin, quand je vivais au Canada, il y a une vingtaine d’années. À l’époque, nous vivions sur une propriété de deux hectares. Pour faire de l’exercice physique, j’ai décidé de faire un grand jardin (j’ai dû pas mal biner, bêcher, etc.)

Comme je n’avais jamais encore fait de jardinage, j’ai lu beaucoup de livres et de magazines sur le sujet, et c’est ainsi que j’ai planté et récolté des légumes pendant les deux ans que nous avons habité là.

La deuxième année, mon jardin a donné près de 500 kilos de pommes de terre, plusieurs quintaux de courgettes et une grande quantité d’artichauts, d’épis de maïs, de laitues, de haricots, de tomates, de carottes, et des oignons, de l’ail, des radis et d’autres légumes.

Ça représentait beaucoup de travail, mais c’était très amusant, très gratifiant, et ça nous a permis d’avoir une alimentation très saine.

Comparé au verger de mon ami, mon jardin s’est mis à produire assez rapidement mais il produisait sur le court terme, tandis que son verger continuera à produire des fruits pour le restant de ses jours.

Il a décidé de déployer des efforts supplémentaires maintenant, pour s’assurer un bon revenu sur le long terme. J’admire sa persévérance et son engagement pour atteindre son objectif à long terme, sachant qu’il ne verra aucun résultat tangible pendant sept ans, et qu’entretemps, il n’en retire aucun bénéfice immédiat.

À l’époque où j’avais mon jardin, j’habitais au Canada, dans la province occidentale de la Colombie Britannique, et j’ai lu quelque part que c’était dans cette région que les Canadiens avaient commencé la culture extensive de la pomme. Ils espaçaient les plants pour qu’ils aient suffisamment de place pour grandir.

Pendant les sept premières années, durant lesquelles les arbres ne donnaient pas de fruits, ils plantaient des légumes dans les espaces ménagés entre les arbres pour la vente ou leur propre consommation. Une fois que les arbres commençaient à produire des fruits, ils supprimaient graduellement les parcelles de légumes et vivaient de la vente des fruits produits par le verger.

Je trouvais qu’ils avaient trouvé un bon équilibre entre le travail à court terme, qui leur permettrait de survivre, et leur objectif à long terme. Dans un sens, c’est le principe même du succès : il s’agit de faire ce qu’il faut pour survivre aujourd’hui tout en progressant vers les objectifs futurs.

Les deux sont nécessaires : les plans et les objectifs à court terme, et les plans et les objectifs à long terme. S’occuper du court terme tout en travaillant au succès du futur est un gros investissement en temps et en efforts, mais cela en vaut la peine.

L’objectif de ces cultivateurs qui plantaient des légumes entre leurs pommiers était d’avoir des vergers productifs pendant plusieurs dizaines d’années à venir. Mais ils comprenaient qu’il faudrait un certain temps avant de voir leur objectif se réaliser, et qu’entretemps, il leur faudrait bien vivre et subvenir aux besoins de leurs familles.

Ils faisaient des projets et travaillaient à la réalisation de leurs objectifs, mais en attendant, ils n’hésitaient pas à faire d’autres choses qui étaient nécessaires.

Une autre leçon que j’ai apprise quand je faisais pousser mes légumes au Canada, c’est qu’il faut adapter son travail et ses objectifs aux conditions locales et aux types de cultures elles-mêmes : il faut tenir compte du temps, de l’époque des semailles, du type de sol (son niveau d’acidité, sa teneur en argile, etc.), et du cycle de croissance des différents légumes.

On peut planter certains légumes alors qu’il fait encore froid, mais pour d’autres, il faut attendre que le sol se soit réchauffé. On ne plante pas et on ne récolte pas les mêmes légumes tout au long de l’année, cela dépend des saisons.

Certains légumes ne sont pas adaptés au type de sol de la région. Certaines plantes sont attaquées par des insectes nuisibles ou des maladies, tandis que d’autres sont extrêmement coriaces et résistent à pratiquement n’importe quoi. J’ai appris à tenir compte d’un certain nombre de facteurs pour que mes légumes poussent convenablement.

Il y a beaucoup de choses dans la vie qui sont comme ça.

Certaines de nos tentatives portent du fruit, d’autres pas. Nous connaissons tour à tour le succès et l’échec. Certaines idées marchent très bien dans certaines circonstances mais beaucoup moins bien dans d’autres.

Parfois, il faut tenir compte des besoins financiers immédiats et se fixer des objectifs à court terme, tout en travaillant sur des objectifs à long terme.

Dans la vie, nous sommes aussi soumis à des rythmes qu’on pourrait qualifier de saisonniers – c’est notre version humaine de la ronde des saisons : printemps, été, automne et hiver.

Il est des moments où tout ce que nous pouvons faire, c’est planter, arroser, entretenir notre jardin et travailler d’arrache-pied, sans aucun résultat visible immédiat.

Puis viennent les premiers fruits, suivis par le temps de la moisson ; ensuite, la terre entre en sommeil et lorsque l’hiver est venu, le sol gèle et plus rien ne pousse.

Le monde change au rythme des saisons, cela fait partie de la vie. La vie suit son cours et nous devons nous adapter et faire de notre mieux pour changer avec elle.

Jésus nous a donné la recette pour porter du fruit dans notre vie, en déclarant que si nous demeurons en Lui et qu’Il demeure en nous, nous porterons du fruit.

Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en Moi et en qui Je demeure, portera du fruit en abondance[1]

Il disait aussi :

Et Moi, Je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur de Sa cause, afin qu’Il reste pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité …Quand ce jour viendra, vous connaîtrez que Je suis en Mon Père ; vous saurez aussi que vous êtes en Moi, et que Moi, Je suis en vous. [2]

Quand Jésus et le Saint-Esprit demeurent en nous, nous portons du fruit. Si nous suivons les instructions du Saint-Esprit et que nous sommes ouverts à Ses suggestions, nous porterons du fruit.

Dieu vous aidera à trouver la place qui est la vôtre si vous Le laissez faire. Il vous donnera des conseils sur mesure. Il vous orientera dans la direction qui Lui paraît être la meilleure pour vous. Si vous êtes disposé à Le suivre et à faire ce qu’Il vous montre, les fruits viendront.

L’Esprit de Dieu demeure en vous personnellement, Il vous guide et vous donne des conseils et des instructions taillés sur mesure. Vous avez une ligne de communication directe avec le Seigneur et Son Esprit, et Il vous guidera avec précision, en fonction de Son plan et de votre bonne volonté.

Et lorsqu’Il fait cela, vous êtes censés agir en suivant votre foi personnelle. Ne vous en faites pas s’Il ne vous donne pas les mêmes directives que dans le passé, ou si elles sont différentes de celles qu’Il donne à d’autres aujourd’hui.

Ne soyez pas sévère envers vous–même si vous ne portez pas les fruits que vous portiez auparavant. Que cela ne vous dissuade pas d’aller dans la direction que Dieu vous indique aujourd’hui.

D’après ce que Jésus disait, nous portons du fruit parce que l’Esprit de Dieu réside en nous ; on peut donc en déduire que c’est aussi lié à notre aptitude à suivre le Saint-Esprit là où Il nous mène.

C’est en suivant la route que le Saint-Esprit vous trace que vous porterez du fruit. Vous devez aller là où Dieu vous guide. Les fruits pousseront dès lors que vous Le suivez.

Les fruits ne viendront peut-être pas tout de suite, mais ils viendront. Il se peut que cette nouvelle phase de votre vie ressemble aux premières années d’un verger qui donnera du fruit dans le futur mais qui demande une longue période préalable de préparation et de croissance.

Ou il se peut qu’Il vous inspire à investir votre temps et votre énergie dans divers projets, dont certains porteront des fruits rapidement et pour un temps, tandis que d’autres porteront des fruits plus tard mais pendant longtemps.

Il se peut que certaines périodes soient entièrement consacrées au travail, sans qu’on en voie les fruits, et qu’elles soient suivies de périodes où les fruits seront abondants.

Il est essentiel, lorsque vous faites ce que Dieu attend de vous, de vous armer de foi, de confiance et de patience : la foi de Le suivre là où Il vous conduit ; la confiance de savoir qu’Il ne vous décevra pas ; et la patience d’attendre que les fruits parviennent à maturité.

Demeurez en Lui, et, tôt ou tard, vos fruits pousseront.

Peter

[1] Jean 15:5, SEM

[2] Jean 14:16-17, 20 BFC

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