Comment faire face à vos handicaps

Par Robert Ringer

Un nouvel éclairage m’a permis de voir les soi-disant handicaps physiques sous un angle différent, après avoir appris que ma fille était atteinte de sclérose en plaques, à un âge relativement jeune. Comme la plupart des parents qui sont confrontés à la maladie de leur enfant, je suis passé par les étapes successives de déni de la réalité, de colère et de désespoir.

Toutefois, au fil des ans, je me suis rendu compte à quel point ma fille avait eu de la chance de ne pas souffrir de la forme progressive et chronique de la maladie. Les gens qui sont atteints de cette forme de la maladie voient leur santé décliner très vite et, en général, ils se retrouvent rapidement confinés à une chaise roulante. Ma fille est une personne intelligente, charmante et sympathique, qui a pu jusqu’à maintenant mener une vie relativement normale, élever deux enfants et poursuivre une carrière professionnelle prometteuse.

Le fait de savoir qu’il existe des millions de gens, dont le sort est beaucoup moins enviable que celui de ma fille, a eu sur nous un effet positif. Et ce qui est encore plus positif, ce sont les nombreux récits de personnes gravement handicapées qui ont connu une réussite spectaculaire et sont parvenues à surmonter leur handicap, pour vivre de façon constructive et utile. Et parmi ces histoires, celle de Ronan Tynan revêt pour moi une importance toute particulière.

Tynan est né avec des jambes déformées, ce qui a provoqué chez lui une sévère scoliose. Sa condition s’est tellement dégradée qu’à l’âge de vingt ans, il a pris la décision inimaginable de se faire amputer des deux jambes, juste au-dessous du genou, et de porter des prothèses aux membres inférieurs. Cela aurait pu sonner le glas de ses rêves, mais au lieu de cela, ce fut le commencement d’une des vies les plus actives que l’on puisse imaginer.

Ronan choisit de faire une carrière d’athlète, et entreprit de se soumettre à un entraînement rigoureux. De 1981 à 1984, il remporta dix-huit médailles d’or et établit quatorze records du monde, au cours de compétitions réservées aux handicapés. À eux seuls, ces exploits auraient pu constituer la base d’une incroyable histoire de réussite, mais pour Ronan, ce n’était que le début.

Ensuite, il résolut de devenir médecin, et donc il s’inscrivit à l’université Trinity de Dublin, en Irlande. Il commença à pratiquer la médecine prothétique à l’âge de trente-deux ans, et on pourrait penser qu’il était à l’apothéose de son immense capacité à surmonter l’adversité. Loin de là !

Ayant découvert qu’il avait une voix de ténor exceptionnelle, il se mit à chanter dans les pubs pendant ses moments libres. En 1994, il participa à une émission de télé-crochet, en Irlande, où il gagna le concours ! A la suite de quoi, il abandonna la pratique de la médecine et acquis une renommée mondiale de chanteur à voix. Mais ce n’était pas le dernier chapitre du livre des épreuves et des triomphes de Ronan.

A la suite d’un problème aux sinus causé par une ancienne blessure d’enfance, il perdit subitement sa voix et dut reprendre, à contrecœur, la pratique de la médecine. Après une intervention chirurgicale pour corriger le problème, suivie d’une longue période de rétablissement, il recouvra progressivement sa magnifique voix.

Aujourd’hui, il enthousiasme son public dans le monde entier par ses prestations émouvantes et, à 52 ans, c’est encore un homme jeune. Nul ne peut prévoir ce qu’il nous réserve à l’avenir, mais Ronan Tynan a déjà eu une énorme influence sur des millions de personnes, et nombre de simples mortels comme moi-même lui sont profondément reconnaissants de l’inspiration que ses succès retentissants nous ont procurée.

Des histoires remarquables comme celle de Ronan Tynan se comptent par milliers.

De Helen Keller et Franklin D. Roosevelt à Stevie Wonder et Stephen Hawking, la preuve est faite que l’on peut surmonter un handicap physique.

Gardez à l’esprit qu’un handicap n’est rien d’autre qu’un désavantage qui augmente la difficulté du succès, mais que difficulté ne signifie nullement impossibilité.

D’ailleurs, techniquement parlant, un handicap n’est pas obligatoirement une infirmité physique, mais n’importe quel type de désavantage qui rend la vie plus difficile.

Il se trouve qu’au fil des ans, j’en suis arrivé à la conclusion que tout le monde souffre au moins d’un handicap sérieux.

Un obèse est handicapé; une personne souffrant d’un trouble de déficit de l’attention est handicapée; une personne au QI nettement plus bas que la moyenne est handicapée; une personne qui a les oreilles proéminentes est handicapée ; une personne issue d’un milieu défavorisé souffre d’un handicap.

Un handicap peut survenir après la naissance ou il peut être la conséquence d’un environnement dont vous avez hérité. Une personnalité désagréable est généralement un handicap acquis ; un enfant qui est maltraité par un de ses parents est victime d’un handicap lié à son milieu familial.

Chacun de vous a un handicap. En fait, vous en avez même probablement plusieurs. Je ne connais pas la nature de vos handicaps mais je sais que vous en avez. Chaque personne dont vous croisez la route a une croix à porter, même s’il semble que tout lui réussit et qu’elle est tout à fait heureuse. Personne ne vit toute une vie sans avoir fait l’expérience de difficultés dues à un handicap, et chacun de nous a le choix entre trois attitudes à adopter dans la manière d’affronter ces difficultés :

On peut se rouler sur le dos et se laisser mourir, au sens propre comme au sens figuré.

On peut vivre dans un état de colère perpétuelle, et rebuter les gens qui nous entourent, ce qui nous garantira une vie misérable, vouée à l’échec.

On peut choisir consciemment de repousser les limites de nos paradigmes mentaux, faire le compte des atouts dont nous disposons, et avancer avec audace pour exploiter avantageusement ces atouts.

Comme des milliers d’histoires de personnes ayant vaincu l’adversité l’ont démontré, la troisième solution est de loin la plus cohérente pour qui veut bien réfléchir un instant. Une chose est sûre : nous pouvons nous attendre à ce que Dieu change la donne pour nous. Cela étant, la bonne nouvelle, c’est que nous avons le pouvoir de décider de jouer les cartes que nous avons en main au mieux de nos capacités.

C’est encourageant de savoir qu’en définitive, ce qui fait la différence, c’est ce que vous faites avec ce que vous avez.

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