A propos d’excuses & L’Art de l’Éloge

Mara Hodler

Ces trois mots, je suis désolé, et la façon dont on les dit, peuvent réparer une amitié ou y mettre fin.

Nous vivons et interagissons tous avec des gens, tous les jours. Les relations que nous avons avec les autres sont essentielles au bonheur et à la satisfaction que nous retirons de la vie. Et pourtant, dans nos relations avec les gens, nous pouvons être certains que nous ferons parfois des erreurs et que nous devrons présenter des excuses.

Croyez-le ou non, c’est tout un art de présenter des excuses.

Quand c’est mal fait, cela peut éloigner encore davantage la personne auprès de laquelle on s’excuse. Lorsque c’est fait correctement, cela peut guérir une blessure et restaurer une relation intime.

J’ai appris beaucoup de choses sur la façon de présenter des excuses, pour la simple raison que j’ai dû très souvent m’excuser. Voici certaines des excuses que j’ai dites et qui n’ont pas très bien marché :

Je suis désolée que cela t’ait offensé !

En fait, ce que je disais, c’est que l’autre personne était un peu trop susceptible. J’ai fait ce qu’il fallait faire ou dire, et cela a heurté leur âme sensible. (J’ai aussi reçu ce genre d’excuses et je les ai trouvées plutôt méprisantes)

Je suis désolée de ne pas être parfaite et de ne pas faire les choses aussi bien que toi.

Ici, je n’assume pas la responsabilité de mes actes, mais je les excuse essentiellement par le fait que je ne suis pas parfaite. Je dis que les attentes de l’autre personne sont beaucoup trop élevées et je me décharge de toute responsabilité dans la situation.

Je suis désolée que le verre soit cassé, mais si tu ne m’avais pas cognée, ce ne serait pas arrivé !

Dans cette formulation astucieuse de mon excuse, je m’arrange pour accuser la personne à qui je présente mes excuses. Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce n’est pas du tout subtil. En fait, vous vous servez de votre excuse pour exprimer votre désapprobation envers les actes de l’autre personne. C’est on ne peut plus contre-productif !

Une bonne excuse, une excuse sincère, doit provenir d’un sentiment de remords. Vous devez reconnaître votre rôle dans la situation et en assumer la responsabilité.

Par exemple, vous relaxez avec des amis, vous êtes tous assis là à parler et rire, et sans trop réfléchir vous lâchez quelque chose qui embarrasse un de vos amis. Tout de suite après l’avoir dit, vous le regrettez parce qu’il est clair que votre ami est embarrassé. Alors vous vous excusez en disant :

Je suis désolé mon vieux… mais tu sais que je disais ça pour plaisanter !

C’est une excuse minable. Une excuse de ce genre ne fera que confirmer à votre ami qu’on ne peut pas vous faire confiance.

La Bible dit : un frère que l’on a offensé est plus inaccessible qu’une ville fortifiée. (Proverbes 18:19)

Cela veut dire qu’une fois que vous avez offensé quelqu’un, ses défenses se lèvent, et que vous devrez faire des efforts pour passer au-delà de ces défenses. Une excuse à la noix ne sera pas suffisante.

Alors, à quoi ressemble une vraie excuse ? Pour commencer, c’est humble et cela exprime des remords. Elle doit contenir ces trois ingrédients essentiels: les regrets, la responsabilité et le remède.

Les regrets parce que vous exprimez des remords à propos de la situation.

La responsabilité parce que vous acceptez votre part de responsabilité dans l’incident.

Le remède montre que vous êtes prêt à prendre des mesures pour rectifier la situation ou pour veiller à ce que cela ne se reproduise plus.

Voici un exemple de la façon de présenter de vraies excuses à l’ami que vous avez embarrassé, en utilisant les trois R :

Les regrets : Je suis désolé de t’avoir offensé en faisant cette blague.

La responsabilité : C’était vraiment inconsidéré de ma part de dire ça, et je me rends compte que j’ai trahi ta confiance.

Le remède : Je vais m’efforcer d’être plus réfléchi et digne de confiance, et d’être un meilleur ami.

Une excuse comme celle-là demande un peu de réflexion, et peut-être même un petit examen de conscience. Cela demande un peu d’effort et beaucoup d’humilité, mais c’est le seul genre d’excuses qui vaut la peine d’être donné.

Il ne s’agit pas de formuler des excuses parfaites, mais d’avoir sincèrement envie de réparer le tort que vous avez causé.

Avec un peu de pratique, vous aurez de plus en plus de facilité à l’exprimer et vous n’aurez pas l’impression que c’est si terrible que ça de devoir vous excuser auprès de quelqu’un.

Une autre chose qu’il faut bien comprendre au sujet des excuses, c’est qu’elles ne doivent pas être conditionnées au pardon de la personne offensée. L’autre personne a le droit de réagir comme elle le veut.

Si vous l’avez vraiment blessée, il se peut qu’une seule excuse ne change pas ce qu’elle va penser de vous, du moins pas immédiatement.

Vous pouvez toujours ajouter Tu veux bien me pardonner ? À vos excuses.

C’est important de demander pardon quand on a blessé quelqu’un, mais il faut savoir que l’autre personne a le droit d’éprouver ses propres sentiments. Elle peut être fâchée contre vous et vouloir prendre ses distances envers vous, ou même avoir envie de vous punir pendant un certain temps.

Donnez-leur du temps, mais confirmez vos excuses par vos actes.

Si vous avez vraiment blessé quelqu’un, la personne voudra peut-être avoir des preuves que cela ne se reproduira plus. Vous devrez faire l’effort de changer de la façon dont vous l’avez promis.

Les excuses ne sont pas un bouton de réinitialisation magique qui effacera immédiatement la douleur causée par vos actes. Présenter des excuses est un premier pas.

Vos actes et ce que vous faites pour y donner suite sont les prochaines étapes dans le processus de rétablissement et de retour de la confiance.

**

Patrick réponse à ce blog :

Les excuses : pour certains, cela leur arrache leur cœur ; pour d’autres, cela est impossible tellement la couche de leur orgueil est épais. Mais pour tous, ce n’est pas facile, parce que ça égratigne la belle image que l’on veut que les gens voient de nous.

Et si vous avez voyagé comme moi dans différentes parties du monde, les Français sont de très mauvais exemples sur ce sujet, ils ont en horreurs de présenter des excuses !

Cela doit sûrement venir du fait que nous sommes des Latins au tempérament fier et orgueilleux sur les bords !

Mais nous ne sommes pas obligés de laisser notre mauvais tempérament dans le chemin et de le laisser prendre le dessus dans notre vie.

Et oubliez cette piteuse excuse : de toute façon, je n’y peux rien, je suis juste comme cela ! C’est d’un défaitisme terrible et peu appétissant !

Quand on veut on peut ! Combien de fois avons-nous rabâché cela à nos enfants ? Il serait temps de l’appliquer à nous-même. Quand pensez-vous ? 

Une chose agréable que j’ai découverte personnellement dans ma vie, c’est quand on fait des efforts pour changer et s’améliorer cela nous encourage grandement, nous avons alors une meilleure image de nous-mêmes, et nous nous sentons beaucoup mieux dans notre peau !

Cela se reflète dans notre vie, et les gens le ressentent aussi, et nous nous transformons en une batterie positive qui fournit de l’énergie aux autres.

***

Le pouvoir de quatre petits mots

Une infirmière m’introduisit dans la chambre de ma grand-mère. Allongée sur son lit d’hôpital, comme elle me semblait petite ! Elle avait les yeux fermés. Je m’assis sans bruit…

J’allais m’engager dans une carrière qui déplaisait à ma famille, et je doutais de moi-même. À la désapprobation générale, je venais de renoncer à une bourse qui couvrait la totalité de mes études en médecine. Je désirais très fort connaître l’avis de ma grand-mère, mais l’infirmière m’avait averti qu’il fallait la ménager car elle était très faible.

Au bout d’une demi-heure, grand-mère n’ayant pas bougé, je me mis à lui parler. Soudain, elle se réveilla : Danny, c’est bien toi ?, me demanda-t-elle. Elle me raconta alors comment, toute sa vie, sa foi l’avait guidée. Au bout de quelques minutes, une grande paix nous enveloppa. Je l’embrassai et, au moment de partir, je l’entendis chuchoter quelques mots. Je me baissai pour écouter. Je crois en toi, dit-elle.

Grand-mère mourut cette nuit-là, mais au cours de mes vingt ans de carrière comme psychologue chrétien, je me suis souvent remémoré ses paroles. Quatre petits mots peuvent changer une vie.

(Dan Montgomery)

***

Je considère comme mon plus grand atout l’aptitude que j’ai à susciter l’enthousiasme chez les hommes de mon entreprise. Pour aider quelqu’un à donner le meilleur de lui-même, il faut savoir l’apprécier et l’encourager.

Il n’y a rien de tel que les critiques d’un supérieur pour détruire les ambitions d’un homme. Je ne critique jamais personne. Je crois qu’il faut motiver les gens à travailler. Alors je cherche à complimenter, et j’évite d’accuser. Si j’aime quelque chose, j’approuve chaleureusement et je prodigue mes éloges.

(Charles Schwab, industriel américain, 1862-1939)

***

Si vous applaudissez ne serait-ce qu’un seul être humain, vous verrez de grandes choses arriver !

(Samuel Johnson, écrivain anglais, 1709-1784)

***

Le désir le plus profond de la nature humaine est d’être apprécié.

(William James, philosophe, 1842-1920)

***

L’Art de l’Éloge

Prendre le temps de remercier les gens qui nous aident est un principe de politesse élémentaire qui devrait s’appliquer à toute relation humaine.

Mon ami Mike Somdal est spécialiste en la matière. Il sait faire valoir ses partenaires car il maîtrise l’art délicat de dire merci. Et c’est la raison principale de son succès en affaires.

Par exemple, il téléphonera souvent à des clients pour les remercier d’une commande passée la semaine précédente, alors qu’il les a déjà remerciés ; ou bien, il les remerciera de l’avoir recommandé auprès d’un nouveau client, ou d’une invitation à déjeuner…

Pour lui, toute occasion est bonne. Et fréquemment, avant même la fin de la conversation, Mike reçoit une nouvelle commande. Bien entendu, s’il n’appelait que pour des motifs intéressés, ses clients se méfieraient.

Mais, chez Mike, la gratitude est une habitude de longue date, et une qualité grandement appréciée de ses partenaires. D’ailleurs, ils le lui rendent bien.

L’art de l’éloge — ce qu’on appelle dans le jargon psychologique actuel le renforcement positif – est un art essentiel à tout enseignant, tout cadre ou quiconque est impliqué dans les relations humaines.

S’il y a une doléance de la part des employés qu’on entend souvent, c’est bien celle-ci :

Le patron, je l’entends seulement quand il y a quelque chose qui ne va pas.

Et les ados qui défilent à mon cabinet me répètent souvent :

Mon père fait toute une histoire quand ça ne va pas bien à l’école, mais pour peu que je décroche une bonne note, il fait comme si de rien n’était, comme si c’était normal.

Il serait bon de vous interroger :

À quand remonte mon dernier compliment à mon fils ou ma fille, à ma secrétaire ou mes subordonnés ?

***

Que quelqu’un nous fasse preuve d’une sincère reconnaissance, nous le suivrons jusqu’au bout du monde !

(Alan Loy McGinnis)

 

 

 

 

 

 

Plus dans la section

Sois un ami

Related Post