2016-04-28_003506Réalité : 7 000 SDF sont morts en France en presque 2 ans !!
(par Charles Sannat 30/03/2016)

Selon l’INSEE en 2012, 144 000 personnes étaients SDF.
Oui, vous avez bien lu mes chers amis : 7 000 SDF sont
morts dans nos rues. Si l’on ramène cela à un nombre
de morts par an, le nombre de SDF qui nous quittent
chaque année est sensiblement identique au nombre de
tués sur les routes.

Pourtant, il n’y a pas de radars sur les autoroutes de
la misère !

En fait, tout le monde s’en fiche de la grande misère,
de la grande détresse, de nos milliers de SDF qui
meurent chaque année, ou de nos 11 000 suicidés
(et 200 000 tentatives). Nous préférons cacher ces
réalités et fantasmer un monde idéal et stupide.

Alors me direz-vous, d’où viennent ces chiffres ?

Et vous aurez raison ! Rassurez-vous, ils ne
proviennent pas d’un sous-site Internet d’un vague
groupuscule “d’esssstrême” gauche qui souhaiterait
montrer que la gauche de Valls, c’est la droite,
ni même des fascistes de “l’esssstrême droate” qui
voudraient ainsi montrer qu’avant d’accueillir des
migrants par milliers, on ferait mieux de s’occuper
de ceux déjà là.

Non mes amis, ni l’un ni l’autre. La source c’est
Le Quotidien du Médecin, et cet article a été écrit
par un docteur. Oui, un médecin qui fait face à la
misère, à la maladie, à la mort des autres.

Il n’y a rien de politique là-dedans.

De l’humain, évidemment, mais justement pas d’homme
d’État, intercesseur d’une politique devenue ces
dernières décennies totalement inhumaine.

Le Quotidien du Médecin est sans doute la meilleure
revue et la plus indépendante à l’attention des
professions médicales et de santé (mais c’est
accessible à tous). Leurs articles sont de très
grande qualité.

Pour le moment, ce n’est pas le système économique
qui s’effondre, c’est VOTRE niveau de vie et celui
des classes moyennes !

Alors oui nous parlons de la crise et de ses effets,
du système économique aussi et de son effondrement
mais pour le moment, ce n’est pas tant le système
qui s’effondre que le niveau de vie des classes
moyennes partout dans le monde occidental sous la
pression d’un ajustement massif vers le bas lié à
la mondialisation.

Alors salariés aujourd’hui, SDF demain, la chute
peut être rapide et très brutale, la précarité,
sans les solidarités familiales, est très réelle
et les gens très fragiles.

N’imaginez pas qu’ils l’ont bien cherché !
Derrière chaque SDF se cache bien souvent des
histoires terribles et des blessures vivaces,
de la perte de l’envie de vivre et de se battre.

Pour beaucoup, cela ne reste que des mots, pourtant
il y a l’histoire de cet homme, jeune, moins de
45 ans, cultivé, qui était ingénieur commercial et
gagnait très bien sa vie. Puis un soir, il est
rentré chez lui, le téléphone a sonné. Il a appris
la mort de sa femme et de ses enfants dans un
accidents de voiture. Un “gentil chauffard”… a
changé sa vie. Dépression, perte de son emploi,
puis deux ans après de ses droits, de tous ses
revenus ensuite impossible de payer son loyer,
et enfin, un jour, la rue.

Derrière les SDF, très souvent, des grands blessés
de la vie.

Mes propos ne visent pas à être moralisants mais
simplement à montrer à quel point nos
préoccupations sont avant tout dictées par les
émotions télévisuelles, que nos indignations sont
très “programmées”.

Aujourd’hui, il faut se préoccuper du migrant
(je n’ai rien contre les migrants). En revanche,
nous oublions tous les autres ou presque parce
que la boîte médiatique fonctionne de cette
façon-là et que ce qui n’a pas été vu à la télé
n’existe pas.

Nos politiques nous ont effectivement abandonnés,
ils nous ont tous abandonnés, à commencer par les
plus faibles et plus fragiles d’entres nous et
dans cette catégorie, il n’y a pas que les SDF :
il y a aussi tous ceux qui sont en marge de la
société ou malades. Voici ce que dit l’essentiel
de cet article.

7 000 morts !

“Près de 7 000 « sans domicile fixe » seraient morts
dans la rue entre janvier 2008 et décembre 2010.

Jusqu’alors, le Collectif les Morts dans la rue (CMDR),
une association créée en 2002 pour accompagner les
familles et qui recense les signalements, annonçait
annuellement un nombre de décès autour de 400, selon
les années.

« Nous savions que nous étions loin de l’exhaustivité,
témoigne Lise Grout, épidémiologiste au sein du CMDR
et coauteur de la première étude épidémiologique sur
ce sujet à paraître dans le
« British Medical Journal Public Health ».

Rien que pour l’Île-de-France nous recevons des
signalements de décès tous les jours, un peu par
hasard. Mais au pire, on pensait être un tiers en
dessous de la réalité. Là, c’est énorme. » Une
méthode reproductible

C’est la première fois que le nombre de décès dans
la rue est estimé par une équipe d’épidémiologistes
selon une méthode adaptée et reproductible. Cette
méthode dite de capture/recapture permet de gérer
deux sources de données différentes, en l’occurrence
celles du CépiDc (Centre d’épidémiologie sur les
causes médicales de décès) qui collecte et analyse
tous les certificats de décès en France et celles
du CMDR.

On meurt des mêmes causes que dans la population
générale, 30 ans plus tôt.

Être sans domicile fixe constitue un risque très
élevé de mortalité, rappellent les auteurs.

Les études menées à l’étranger, notamment aux
États-Unis et au Canada, rapportaient un taux de
mortalité entre 3 et 13 fois supérieur à celui de
la population générale.

Et ce sont surtout les hommes jeunes qui meurent dans
la rue. « Les causes de décès ne sont pas très
différentes de celles de la population générale,
explique Lise Grout.

Il s’agit pour les hommes de cause cardiaque, ou
externe, agressions, suicides, qui sont celles que
l’on retrouve dans la population masculine au même âge.
Sauf que l’âge moyen de décès dans la rue est de 45 ans
contre 77 ans dans la population générale. »

La population SDF reste un problème en France.

L’INSEE reportait une augmentation de 50 % des SDF au
cours de la dernière décennie et estimait à 144 000
le nombre de personnes vivant dans la rue en 2012.”
Cet article a été écrit par le Dr Anne Teyssédou. Merci
à elle.

Article initialement publié par Charles Sannat sur
Insolentiae

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