Petits soldats de Verdun !

Encore un nouveau jour
Qui se lève sur Verdun.
Quelqu’un a ouvert
Les portes de l’enfer ;
Il faudra une éternité
Pour qu’elles se referment !
Les rats s’étonnent
De voir tant de misère ;
Est-ce que les hommes
Ont perdu la raison,
Disent-ils entre eux.
Pourquoi tant de haine ?
Dans ces trous béants.
La guerre a refermé
Ses mâchoires acérées,
Sur toute une nation
Jetée dans le désarroi.

Pour ces pauvres hères,
Le temps n’existe plus,
Le temps s’est arrêté.
Le cauchemar  sordide
A remplacé la réalité.
L’homme est redescendu
Au plus bas de son instinct
Pour survivre un jour de plus.

Une génération entière crie
De la terre qui l’a engloutie.
Ici, le plus grand ennemi,
C’est la mort et la maladie,
Elles rampent dans ces tranchées
Maudites entre les deux camps.
Chaque jour, elles emportent
Avec elles, leur poids
De chair humaine.

Encore un enfant
De la patrie tombée
Au champ d’honneur !
Plutôt… Tombé
Au champ de l’horreur !

Pierre, Jean, Henri, Jules…
Tant de noms parmi d’autres ;
Qui va se rappeler
De vous, de votre sacrifice ?
Vous étiez boulangers, cordonniers,
Paysans, apprentis…
Vous étiez papas, oncles, amis…
Les mots me manquent…

Merci à vous petits soldats,
Marcel, Renée, Paul, Jacques,
Nous ne vous oublions jamais.
Vous resterez pour toujours
Dans nos cœurs reconnaissants
Avec les générations à venir !

Petits soldats de Verdun,
Reposez en paix maintenant.
Acceptez ces quelques lignes,
En gage de notre amitié.
Que votre sacrifice
N’aie pas été en vain !

Patrick Etienne


 

C’est un poème que j’ai écrit il y a
plusieurs années déjà. Etant un enfant
de Verdun par adoption depuis 11 ans,
je me suis beaucoup imprégné de l’esprit
et de l’histoire de cette ville qui date
des Romains. De terribles choses se sont
déroulées dans ces murs et aux alentours
de cette région. Des centaines de milliers
d’hommes se sont affrontés des deux côtés,
dans un carnage impitoyable et
indescriptible. En ce moment, Verdun fête
le centenaire de cette Première Guerre
mondiale (2014-2015-2016-2017-2018). J’ai
visité l’Ossuaire de Douaumont : je peux
vous dire que vous avez les triples qui
se nouent en voyant ces milliers d’os
empilés les uns sur les autres. Vous êtes
incapable de sortir un mot, les larmes
vous montent aux yeux…
J’ai écrit ce poème en hommage pour ces
centaines de milliers d’hommes qui ont
donné leurs vies pour que nous soyons
libres aujourd’hui. Chaque fois que je
pense à eux, la même émotion me prend.
Ne les oublions pas…
Moi, je ne vous oublie pas,
Petits soldats de Verdun !

Les générations d’aujourd’hui ne réalisent
pas que s’ils marchent librement aujourd’hui,
c’est grâce à ces hommes et femmes qui ont
Donné leurs vies pendant ces deux guerres.
Le moins que l’on puisse faire, c’est de se
rappeler leurs sacrifices et leurs rendre
le digne hommage qu’ils méritent.

Patrick Etienne

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