J’ai eu le plaisir de rencontrer Francine Trépanier au Festival des Vins de Terrebonne, il y a trois ans et depuis ce-temps-là, elle est une fidèle internaute de notre site.

Voici une lettre dans son intégralité que je publie dans ma chronique, car elle a à cœur ce dossier.

Merci de lui faire parvenir vos commentaires, directement sur son courriel :

francesca07@videotron.ca

Bonjour à tous,

Il y a dans la vie des moments qui vous font prendre conscience de certains faits et il faut savoir que cette vie n’est pas toujours rose. Par contre, lorsque l’on se compare à d’autres, notre état nombrilisme, et je m’inclus dans celui-ci, en prend un coup et on voit la vie d’un autre œil.

Si vous avez un tantinet d’affection pour moi, vous prendrez un peu de votre temps pour regarder une émission qui me tient profondément à cœur et vous pourrez peut-être comprendre que notre monde n’est pas toujours reluisant, mais que la force et l’espoir pourront certainement un jour vaincrent la sottise humaine.

Donc, Jeudi le 22 novembre à 20h00 au réseau RDI, à l’émission Les Grands Reportages, une émission spéciale sera consacrée au combat de Patricia Perez,… site
combat qu’elle a mené jusqu’à sa mort.

Cette grande dame (photo), j’ai eu la chance de la rencontrer l’an passé, lorsque j’ai du me séparer de mon amoureux alors qu’il devait retourner au Mexique. Me voyant en pleurs et le cœur déchiré, elle s’est avancé vers moi, m’a prise dans ses bras, et du mieux qu’elle a pu, elle m’a réconforté par ses paroles encourageantes et surtout sa compréhension de la perte de l’être cher.

(Un instant, je dois m’arrêter pour sécher mes larmes, car mon clavier essaie de nager et il n’y arrive pas.) O.K. donc, Patricia m’a expliqué qu’elle travaillait au rapatriement des travailleurs Mexicains en voulant leur donner le droit à de meilleures conditions de travail. J’y ai cru et elle aussi…… Par contre, la vie allait me donner un autre son de cloche, et ça sonnera faux.

J’ai donc attendu 6 mois le retour fatidique de mon amoureux, en vivant l’allégresse de le revoir ici au Québec pour revivre notre amour. Tout était prévu dans l’ordre des choses, mais la grosse machine du POUVOIR allait nous mettre des bâtons dans les roues, et nous faire voir qu’on ne s’attaque pas à la force, surtout lorsque que la syndicalisation est en cause.

Alors, nous nous sommes fait rivés notre clou et profondément…..

Mon amoureux ayant demandé un travail au Québec, s’est vu refusé, le jour de son départ du Mexique, le droit de venir travailler au Québec, et ce pour les raisons suivantes:

1) Il avait demandé une accréditation syndicale et
2) ils ont su qu’il avait une copine au Québec, et pour eux ces deux raisons ont fait qu’ils l’on répudié en Ontario, dans le fin fond d’une ferme agricole, sans qu’il ne sache rien jusqu’au moment de son départ. Alors, son cas était réglé…….. Et on passe à un autre appel!!!! Nous avons donc été séparés par des kilomètres infranchissables et aucune permission n’a pu nous être accordée afin que l’on puisse se voir cette année. La douleur fut fulgurante de part et d’autre, et seuls les appels téléphoniques nous furent permis.

J’ai essayé par tous les moyens de le rapatrier au Québec, mais la sentence est formelle à cet effet, et Patricia m’a ouvert les yeux et m’envoyant un texte de loi qui m’a foudroyé:

Toute personne qui aide un travailleur agricole migrant à fuir son lieu de travail, se verra passible de 50 000$ d’amende ou de 6 mois de prison¨.

Voilà, la sentence était prononcée et j’ai eu du mal à me relever de cette défaite. Nos cœurs soudés par l’amour ont eu mal, mon âme criait à l’injustice et seules les paroles de deux êtres qui s’aiment ont pu venir à bout de ces mois infernales, sans espoir de voir le sourire de l’autre.

C’est très difficile pour moi d’écrire ceci et de revivre par l’écriture la douleur qui me déchire encore. Mais, aujourd’hui, je pense surtout à elle, et je ne peux imaginer tout ce qu’elle a du affronter pour mener à bien son combat.

Patricia, je te rends hommage pour tout ce que tu as fait, pour tout l’héritage que tu nous laisse. Afin que ta lutte ne soit pas vaine, je vais continuer à me battre aussi afin que les droits humains puissent être respectés et que la bêtise humaine puisse cesser un jour.

Tu es et restera dans mon cœur une grande Dame, qui a su jusqu’à la fin de tes deux combats, rester fière et croire en un jour meilleur. Tu es mon inspiration et du haut de ton Ciel, tu verras que pour moi, perdre un combat, ne veux pas dire perdre la guerre.

Merci de m’avoir lu jusqu’à la fin, et sachez que pour moi, vous êtes tous très importants à mes yeux, car je sais que vous croyez en la paix, la justice et surtout l’amour.

Francine Trépanier

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Samy Rabbat

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