J’avais 18 ans, lors de ma première visite dans un salon funéraire. C’était pour le décès de ma voisine Lyne M., morte à 17 ans, d’une overdose de barbituriques.

J’ai eu tout un choc en l’apercevant, dans son cercueil, à la vue de tout le monde, couchée, les bras repliés, dans sa belle robe d’été bleue. Je m’approchai d’elle et la toucha… Brrrrr quelle sensation de vide, et de froid…

Et les gens, riant, rigolant tout autour comme si de rien n’était. J’étais en beau calvaire (C’est le cas de le dire!) Comment toute la parenté ne respecte pas le décès de leur membre de la famille?

Au domicile des parents, c’était le party et les retrouvailles. Pour me convaincre qu’elle était belle et bien morte, je sujis entré dans sa chambre à coucher. Quelle étrange sensation de palper des objets qui avaient une grande signification pour Lyne, quelques jours plus tôt, et qui finiront je ne sais où?

J’étais outré, et j’ai demandé aux gens comment ils pouvaient se comporter ainsi alors que cette demoiselle venait à peine de mourir. J’ai eu droit à toutes sortes d’explications, les unes plus logiques que les autres.

Les années ont passé, et c’est à mon tour de faire partie des amis, de retrouver la parenté, et les amis perdus de vue lorsqu’un décès surgit dans notre vie.

Il est vrai qu’à une certaine époque, au Moyen Orient, (Liban-Egypte-Jordanie) lorsqu’une personne décédait, on la visitait sur son lit de mort, souvent à la maison, et le lendemain la dépouille était enterrée. Pas de party, ni de bar ouvert, ni de discothèque mobile. Seulement les femmes habillées en noir et surtout en pleurs!

Personne n’aime aller au salon funéraire, car on se retrouve, on se remonte le moral, et on se targue de dire à notre interlocuteur que vous l’aviez vu, il y a une semaine en pleine forme….

Et la vie continue…

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Samy Rabbat

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