Le mercredi 19 janvier, je vous parlais de cet hôpital qui recevait à l’urgence n’importe quel visiteur, sans s’identifier…J’en parlais sans le nommer pour ne pas me risquer d’être poursuivi en diffamation…Eh bien , le lendemain ou je félicitais la liste des valeureux journalistes sur cette chronique de laquelle j’avais oublié de mentionner Mario Langlois et remerciais l’internaute fidèle Mme Monique Bisaillon , toujours est-il que je me suis pris un vol plané dans l’édifice de mes comptables, suite à une chute causée par du marbre mouillé de l’entrée.

Ce vol plané a duré je ne sais combien de temps, et tout ce que je me rappelle c’est que j’étais dans l’ascenseur me menant au 2ème étage, rentrant dans les bureaux de mes comptables et demandant un verre d’eau…ce que je ne fais jamais…Et là, la gestionnaire de mon entreprise m’a demandé de m’asseoir (car j’étais livide) et elle m’a apporté une compresse d’eau froide (Pour mon front) après s’êtes rendue compte que mes pantalons étaient sales extrêmes…Ni un, ni deux suite à un appel à Urgences Santé qui nous ont recommandé d’appeler les ambulanciers, les voici qui surgissent dans le bureau pour m’ausculter, me poser des questions, me faire tirer la langue, me faire lire les gestes de ces derniers, me faire rire, prendre ma dose de sucre dans le sang…

Jean-Luc l’ange de la nuit (ref : la chronique du 8 octobre 2003) me fixa et me dit : « Monsieur, je sais que votre état semble être correct, je ne peux pas vous forcer à vous emmener à l’hôpital, mais je vous le conseille! » J’avais une connaissance qui était décédée suite à un accident stupide car il n’était pas allé à l’hôpital se faire examiner, suite à une chute similaire et croyez moi que j’avais en mémoire ce souvenir.

Allez hop, couché dans la civière & dans l’ascenseur, en passant en procession devant tous les autres bureaux, dans l’ambulance, sirène hurlante jusqu’à l’urgence de cet hôpital que je n’avais pas nommé le 19 janvier et ou je me retrouve dans la même unité d’urgence, mais cette fois-ci à la place du patient! Disons que j’ai « pogné le shake » quand je me suis rendu compte que j’y étais vraiment à l’urgence et pour me rassurer, je demandais le prénom de tous les gardes infirmiers et infirmières afin de faire fonctionner mon cerveau sérieusement « secoué ». Sylvie la préposée à l’accueil des ambulanciers me colla le No 6 sur le haut de mon lit.

Aussitôt passé le « check point » j’aperçu mon frère qui était venu à toute vitesse du centre-ville, et l’amie dite la gestionnaire de mon entreprise tentant de me rassurer. Finalement j’acceptais qu’elle contacte ma compagne tenue au lit par une sale grippe pour lui dire que tout allait bien… Je me mis à observer le personnel qui était habillé de sarrau, certains de couleur jaune, d’autres bleu, d’autres blanc et en attrapant un membre du personnel pour leur demander ou étaient les médecins, elle m’a répondu que seul ceux qui avaient des cartes d’identification à la ceinture en étaient réellement. Durant ce temps-là, sans crier gare, des tuniques blanches vous auscultaient, prenaient votre pression, d’autres tuniques bleues vous apportaient une couverture, le récipient pour pisser…Finalement le médecin vint me voir et fixa l’examen au scan pour la fin de l’après-midi autour de 16h30. Super, sauf qu’il n’était que midi! …Enfin l’après-midi passa rapidement à placoter avec mon frère.

Finalement j’entendis mon nom raisonner « Rabbat, scan! » et me voilà accompagné de mon frère, trimballer toujours sur mon lit No6 jusqu’au local du fameux scanner…J’avais l’impression de vivre une scène de CSI Miami, il ne fallait pas bouger d’un poil…quelques temps après temps, un autre infirmier vint me chercher et me demanda de réembarquer sur mon lit (poussé par un garde infirmier) pour redescendre en bas, stationné dans un autre espace vide. Le médecin entouré des jeunes internes questionnait un pauvre type qui aurait bien voulu être ailleurs, Patricia en sarrau bleu, sourire aux lèvres qui avait son fils ce jour-là de 9 ans avec elle, était débordée avec les 25 patients en attente et ne s’empêchait pas de le dire tout fort à ses supérieurs et par le fait même à nos oreilles. Enfin un jeune médecin vint me voir en me disant : « Mr.Rabbat, good news it‘s négatif! » AAhhhh ça c’est une bonne nouvelle, et sans enlever tous les diachylons qui recouvraient mon corps, je me suis rhabillé en un instant, bien pressé de rentrer chez moi. Oui j’étais un peu sonné, mais tranquille car je n’avais pas eu de séquelles, ni de fièvre, ni de bris d’os…..

Je dois dire que le personnel est dévoué et gentil envers les patients, même si le manque de ressources humaines est flagrant.

En me faisant raccompagner à la maison pour quelques jours de repos forcé, car mon ordinateur était resté chez mes gestionnaires, j’appris que l’amie en question qui m’avait commandé l’ambulance et m’avait accompagnée à l’hôpital venait de perdre tout le cash de sa commande d’épicerie….Houlala, je filais très mal!

Le jour suivant, durant mon repos forcé, je regardais distraitement la télévision quand j’aperçus l’immeuble de mes bureaux en feu en direct sur LCN, et je bondis d’un coup de ma chaise en criant « Le feu est pris au bureau en ville…! »
Ce n’est que le lendemain (Samedi matin) que je me pointais en ville, pour monter les 8 étages à pied, et découvrir que les pompiers avaient enfoncé ma porte à coup de hache, mais qu’heureusement, il y avait un gros cadenas pour empêcher le pillage. Et la bonne nouvelle fût que je retrouvais l’argent « cash » de mon amie entre la portière et mon siège de conducteur, car c’était elle qui était venue porter mon auto chez nous à la maison.

Ma conjointe est en train de se rétablir et dès demain matin (lundi le 24 janvier) je vais retourner en ville pour m’occuper des réparations et des nouvelles serrures.

Tout est bien qui finit bien! Dire qu’il existe des milliers de personnes qui ont survécu au Tsunamis, ou qui crèvent de faim en Afrique, ou qui subissent les guerres…Je suis très chanceux d’être parmi vous aujourd’hui. Notre vie ne tient souvent qu’à un fil!!!

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Samy Rabbat

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