Accueil Regard de foi - Michel Bourgault Mort d’un jeune: leçon à tirer.

Mort d’un jeune: leçon à tirer.

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Madame Karine Champagne, à la barre de l’émission matinale du Canal Nouvelles de TVA, avait l’air, à la fin de l’entrevue avec M. Jean-Marc Chaput le 27 avril, de toiser ce dernier d’un oeil perplexe et étonné. Moi aussi.

M. Chaput a raison quand il dit que la mort du jeune, décédé des suites d’un coup à la tête donné par un autre jeune, est un accident et qu’il faut regarder en avant.

Il reste que frapper une autre personne, la bousculer, l’intimider, ne sont pas considérés dans nos écoles comme des actes anodins et leurs conséquences ne peuvent pas être considérées comme les simples suites d’un accident. Il ne s’agit pas d’accabler le jeune ni ses parents, mais il faut considérer l’angle de la responsabilité.

Dans plusieurs écoles, dont celle de Joliette où Karine Champagne a étudié, Thérèse-Martin, on apprend aux jeunes à régler leurs différends par la parole, par l’expression et l’écoute, par la médiation et l’arbitrage s’il le faut. On leur apprend que les différends et les émotions comme la colère font partie de la vie, mais on leur apprend aussi à canaliser leurs émotions et à les exprimer d’une façon acceptable. Malgré cela, il arrive des gestes regrettables, mais qu’on ne peut pas qualifier d’accident, comme l’a fait M. Chaput.

Dans le cas présent, il faut se poser des questions, établir les responsabilités. Dans l’école où a eu lieu l’événement, les éducateurs et éducatrices interviennent-ils dans les situations de violence? Comment le font-ils? Le jeune qui a frappé avait-il eu des antécédents de violence dont on n’a pas tenu compte? Avait-il, au contraire, fait l’objet de brimades continuelles au point que cela a explosé?

Il y a eu mort d’une personne, involontaire certes, non-intentionnelle, mais on ne peut la qualifier de simple accident. L’événement doit servir à montrer aux autres jeunes qu’un poing lancé à la tête d’une autre personne est un geste grave et n’est jamais sans conséquences.

Et pour finir, puisque M. Chaput en a parlé, l’effondrement du viaduc de la Concorde, on l’apprendra bientôt, n’est pas le résultat d’un simple accident. Quelqu’un n’a pas fait son travail dans cette histoire: au moins celui qui devait faire la surveillance des travaux. Si la personne compétente et désignée pour ce travail avait fait l’inspection des structures internes de l’ouvrage avant la coulée du béton, cet «accident» n’aurait probablement pas eu lieu.

Je conviens que nous sommes tous secoués par la mort de cette jeune personne. C’est l’heure de sympathiser avec la douleur des parents; mais ne nous contentons pas de l’explication: c’est un accident sans plus. Réfléchissons collectivement et qu’on en fasse un moment important de solidarité dans la souffrance et d’apprentissage salutaire pour nos jeunes.

Michel Bourgault
Les Chroniques Bourgo

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