La « crise de panique » ou l’attaque de panique entre dans le cadre de la névrose d’angoisse ; je souhaite en parler aujourd’hui car elle concerne de plus en plus de personnes, elle pénalise la vie de ceux qui en souffrent et perturbent leurs proches.

Cette angoisse aiguë entraîne un handicap social important chez ceux qui en souffrent et les limite dramatiquement dans leur vie de tous les jours.

Elle est caractérisée par la survenue régulière, sur un fond d’angoisse permanent, de manifestations de peurs irraisonnées, incontrôlables et à terme invalidantes.

Les raisons en sont souvent ignorées et, la crise passée, la victime « rassurée » en reconnaît la dimension excessive et ridicule.

La personnalité type souffrant d’une telle névrose présente les traits suivants : une timidité importante, une très grande émotivité et une grande sensibilité, une tendance à l’indécision, une tension psychique permanente et inadaptée, un perfectionnisme et enfin une nécessité permanente de réassurance.

La fréquence des crises est variable : les crises peuvent être quotidiennes ou hebdomadaires ou encore plus irrégulières.

Les signes sont souvent les mêmes d’une crise à l’autre. Le début est brutal, le malade a la sensation d’un grave danger, d’un risque de mort imminente ou encore d’une catastrophe inéluctable.

Dans le même temps existent un sentiment d’impuissance et une conviction qu’il n’y a rien à faire pour éviter ce danger qui en fait « n’existe pas ».

Cette conviction éveille les phénomènes défensifs classiques face au stress : attaque, immobilisme ou fuite.

Le sujet ne pouvant fuir ou attaquer, il est dans un état d’agitation ou au contraire dans une prostration inhabituelle face aux signaux erronés de danger.

Associés à la crise, l’on retrouve souvent des signes physiques par exemple : le cœur s’emballe, le malade a l’impression d’un poids sur la poitrine, il souffre de vertiges, la « tête tourne », les mains tremblent, des sueurs l’inondent, les traits du visage se tendent, une pâleur l’envahit …

En dehors de ces crises d’angoisse où la peur est au premier plan, l’on trouve des attaques de panique ayant d’autres expressions « physiques » par exemple des quintes de toux, des difficultés à respirer, des sensations de boule dans l’estomac, des hoquets, des palpitations cardiaques, des difficultés sexuelles, des tremblements, des maux de tête ou de ventre…

La maladie peut fluctuer au cours de la vie, avec des moments où elle est plus présente et d’autres où elle s’atténue ; c’est une maladie pénible souvent rebelle aux traitements.

Le traitement d’urgence de l’attaque de panique consiste à injecter un médicament contre l’anxiété au malade, à le rassurer en lui parlant et en évitant qu’il reste seul.

Ce traitement médicamenteux est en général poursuivi en comprimés plusieurs semaines après la fin de la crise.

Le traitement de fond de la névrose d’angoisse peu faire appel à des médicaments et à une psychothérapie.

Les médicaments utilisés sont des anxiolytiques qui réduisent l’anxiété ou l’angoisse. Il faut compter avec leurs inconvénients à savoir des troubles de la mémoire et un état de fatigue.

Ils provoquent souvent des états de dépendance physique et psychique importants qui poussent à augmenter les doses.

Les syndromes de sevrage rendent l’arrêt du traitement délicat ; il ne faudra les prendre que sous le contrôle d’un médecin.

Celui-ci ne les prescrira que pour des durées déterminées, avec un arrêt progressif.

Des antidépresseurs peuvent être utilisés en cas de dépression associée ; ils ont fait la preuve de leur efficacité lorsque les attaques de paniques étaient fréquentes.

La psychothérapie de soutien est nécessaire.

Les thérapeutiques psychanalytiques ont une ambition curative : elles modifient le terrain névrotique en profondeur, en amenant le psychisme à n’avoir plus besoin de « défenses inadaptées » pour se défendre de l’angoisse.

Les thérapies comportementales, plus dirigistes, ont aussi leur place dans l’arsenal de soin.

La relaxation, le yoga, la sophrologie, les « médecines douces », la phytothérapie sont autant de solutions complémentaires permettant de mieux contrôler et de prévenir les attaques de panique.

En ces périodes agitées, le monde politico-financier pourrait s’en inspirer …

Docteur Henri PULL

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