Après les crédits « sérieux » dédiés aux achats importants comme celui de la maison dont les remboursements étaient répartis sur des dizaines d’années, le crédit au particulier, professionnalisé, puis banalisé outre-atlantique n’a pas tardé à envahir le paysage économique mondial.

« Consommez tout de suite, vous règlerez plus tard … » souffle-t-on amicalement à l’oreille du consommateur potentiel.

D’une simple signature voici gommé le sentiment d’impuissance devant l’impossibilité de tendre la main et de s’emparer du bien souhaité.

Pourtant, derrière le mot crédit, se cachent et un contrat et toutes sortes de d’obligations que beaucoup ne voudront pas considérer face au plaisir immédiat de la possession.

Les dimensions de plaisir et de toute puissance que donne à beaucoup l’acte d’achat, réveillent en eux la jubilation enfantine face au monceau de cadeaux le jour de Noël.

Le mot est lâché ; pour beaucoup, l’acte d’achat effectué devient cadeau même s’il est conditionné par un prêt.

Les premières mensualités, souvent différées « après les vacances, ou au bout d’un nombre défini de mois », en surprendront plus d’un lorsqu’elles seront exigées.

Pour l’emprunteur, acheter à crédit, sera devenu un acte de possession à part entière et les versements différés une fâcheuse surprise, ceci d’autant plus que d’autres engagements financiers auront été souscrits depuis.

La solution-miracle apparaîtra en véritable mirage: le crédit-relais.

Rien de mieux pour traverser la mauvaise passe et … ainsi de suite, jusqu’à ce que l’obligation de remboursement vienne interrompre la fuite en avant, l’emprunteur creusant un trou pour en combler un autre.

Le crédit mesuré, adapté à des gains prévisibles constitue un outil commode pour accéder à la propriété, mettre en route une entreprise s’équiper ou payer des études.

Le stress, présent certes, sera tempéré par la possibilité du remboursement intégré dans le projet et surtout par la conviction de maîtriser le système du fait de revenus en rapport avec la dette.

Le crédit impulsion, irréfléchi par excellence, ne sera pris en compte qu’après coup, lorsque les exigences du remboursement se feront pressantes.

La notion de péril envahira insidieusement les pensées du débiteur ; le danger de voir son confort réduit à néant et de se voir dépouillé, éveillera en lui un puissant stress négatif.

Le déplaisir et la contrainte, sources de stress, devront être compensés par des sources de plaisir et aussi par la certitude de ne pas courir un risque excessif.

Ce n’est qu’ainsi que l’emprunt deviendra véritablement un confort et non une source de stress bien inutile.

« Ma vie à crédit ? Le stress de ma vie !»

Ne vaut-il pas mieux parfois avoir un désir accessoire en suspens pour un stress de moins et un bien être en plus?

Docteur Henri PULL Psychiatre

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