L’origine des troubles des conduites alimentaires de l’enfant puis de l’adulte qu’il est devenu .

Pour bien comprendre les troubles des conduites alimentaires qu’il s’agisse du grignotage, de la boulimie, de l’anorexie, de la gloutonnerie ou de la difficulté à restreindre les quantités ingurgitées, il faudra plonger dans les tout premiers temps de notre histoire.

En effet, en grande partie nos conduites alimentaires sont programmées par les premières expériences faites avec la nourriture alors que maman et papa assuraient auprès de nous leur rôle nourricier .

Tournons-nous vers le bébé que nous étions, analysons les éducations alimentaires prodiguées et ensemble tentons de découvrir ce que nos problèmes de grignotage, de boulimie, d’anorexie, de gloutonnerie veulent dire.

Les textes traitant de l’origine des troubles des conduites alimentaires se partageront en quatre chroniques successives dont voici la première.

Chronique 24 L’alimentation de bébé et de l’enfant : élevage ou éducation ?

L’alimentation permet, avant tout , d’assurer les besoins vitaux de l’alimenté et conditionne l’harmonie de son développement.

Elle doit être en rapport avec les besoins exprimés par l’enfant dans une atmosphère d’amour, de sécurité et de sérénité.

L’alimentation idéale de l’enfant est une alimentation basée sur une connaissance de base, un solide bon sens et un ressenti intuitif du parent nourricier, qu’il s’agisse de la mère ou du père.

Le désir d’être une « bonne mère » inonde inévitablement la jeune femme nouvellement investie de la responsabilité extrême d’assurer le bien-être de son nouveau-né.

Etre une « bonne mère » se résume au fait de permettre à l’enfant de trouver auprès de maman le nécessaire pour un total bien être.

Aujourd’hui cette notion plus apprise qu’innée prend souvent une dimension excessive. L’on observe des enfants nourris au-delà de leurs besoins pour la satisfaction familiale de voir un bébé dodu aux joues rebondies conforme aux clichés.

L’angoisse de faillir, le regard des autres seront autant de faits parasites à la réflexion maternelle.

Faut-il obligatoirement apprendre le rôle maternel dans des cours spécialisés , qu’ils soient donnés par le monde médical, par sa propre mère, par belle-maman, par la voisine ou faut-il tout simplement laisser s’exprimer une connaissance innée basée sur le ressenti ?

Une approche trop impersonnelle centrée sur la théorie supprimera la subtile communion où le plaisir qui s’établit lors de la tétée entre maman et bébé, occupe naturellement une place de choix.

Un apprentissage trop agressif, un souci de gaver l’enfant plutôt que de le nourrir, un manque de contact physique et une absence de préliminaires ( comme : attendre la demande de l’enfant, un bon réveil, échanger des paroles, le toucher, accepter un espace de jeu, établir un environnement sécurisant …) sont les premières actes d’un fiasco programmé.

– Que représente le biberon à cette étape de la vie enfantine?

Le biberon est un objet qui prend du sens selon son utilisation : convenablement rempli de lait alors que bébé a faim et maman disposée à le proposer, il devient un sein nourricier attendu.

Il ne pourra avoir de sens s’il est donné systématiquement, sans qu’il y ait demande d’alimentation de la part de l’enfant ; il conditionnera très tôt l’enfant à l’ingestion alimentaire sans faim que l’on nommera plus tard, lorsque cette conduite sera installée, boulimie et grignotage excessif ou excès alimentaire.
En tant qu’objet, selon l’âge du bébé, il pourra devenir projectile, jouet ou moyen d’expression.

Promené en poussette, brandi et très souvent ramassé tout au long des allées du supermarché, il perdra son caractère premier d’être une source de nourriture à consommer dans le calme, pour devenir un jouet occupationnel suçoté à l’occasion par ennui ou pour calmer son anxiété.

Le biberon-nourriture aura perdu sa fonction, de même plus tard, le repas ou le simple fait de manger perdra de son sens – se nourrir – pour devenir un acte consolateur, destructeur, occupationnel … qui nous accompagnera le reste de notre vie.

La mère doit tenir compte de sa toute jeune expérience de maman, de son propre avis cautionné par les réactions de bébé et d’un bagage familial qui aura démontré sa force mais aussi ses faiblesses.

Gardons à l’esprit qu’au niveau alimentaire il est indispensable de respecter le rythme, les goûts, l’appétit de chacun ; aussi faut-il au départ maîtriser la théorie, puis à terme se laisser guider par sa pratique et ses capacités d’observation.

L’enfant n’a pas de livre de diététique greffé dans le cerveau, mais tout simplement il dispose d’un savoir que l’on pourra baptiser instinct.

Cet instinct adaptera dans la majorité des situations la faim aux besoins de l’enfant sans se tromper.

Cette capacité atavique est confirmée par de nombreuses études auprès des populations enfantines psychologiquement stables autant nord-américaines qu’européennes.

En véritable élevage irréfléchi, l’alimentation et ses conséquences deviendront une source d’instabilité future tant physique que psychologique.

Marcher au feeling, faire confiance à l’enfant et à l’instinct maternel, être éducateur plus « qu’éleveur » : chiche !

Retenons qu’un enfant disposant d’un bon équilibre psychique, d’une bonne diversité alimentaire et de parents non directifs sur le volume alimentaire à absorber, consommera exactement ce dont il aura besoin.

Dans les prochaines chroniques vous lirez :
– L’importance essentielle de la notion de faim et de la notion de satiété.
– Le conditionnement par l’alimentation ou la toxicomanie alimentaire.
– Comment ne pas transmettre le relais ? J’ai des problèmes alimentaires; mon enfant en aura-t-il ?

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