Accueil Quoi de neuf doc ? L’infidélité version vingt-et-unième siècle : quoi de neuf ?

L’infidélité version vingt-et-unième siècle : quoi de neuf ?

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Libération sexuelle, évolution des mentalités, rencontres sur le web ou au travail, déplacements aisés, hôtellerie anonyme, téléphone portable pour rendez-vous discrets, contraception aisée tant masculine que féminine : autant de bonnes raisons pour avoir un autre regard sur la fidélité et sur son contraire !

Quelle est la place de la fidélité dans un monde de course effrénée, de précarité affective et de changements de plus en plus rapides ?

Avez-vous déjà connu la tentation de la chair ou succombé aux charmes d’une relation extra conjugale ?

La fidélité est-elle amenée à être rangée, comme de vieilles dentelles tout au fond du placard dans la naphtaline ?

En occident, l’infidélité ne bénéficie plus du même traitement qu’autrefois où l’infidélité (surtout féminine) était jugée comme une faute très grave et souvent impardonnable.

Lapidation, bannissement, coups de fouet, meurtres d’honneur sont abandonnés en occident où le distinguo entre infidélité masculine et féminine s’est considérablement atténué.

Néanmoins, de nombreuses cultures moins permissives punissent encore en toute impunité l’adultère féminin de la peine de mort.

La femme portant les enfants, il est donc inacceptable autant pour la « morale » que pour la conservation de la lignée qu’elle prenne le risque d’une liaison « charnelle » avec un autre homme que son mari. Cette donnée a changé avec l’arrivée des moyens de contraception, même s’ils n’ont pas, à eux seuls, fait augmenter l’infidélité féminine !

Il existe une différence de conduite selon le sexe :
A la lecture des sondages, 8 à 10 % des femmes seraient infidèles aujourd’hui, contre 20 à 25 % des hommes.

L’autonomie sexuelle dépend en partie de l’autonomie financière.

Voici à peine quelques décennies, la plupart des femmes n’avaient pas de revenu suffisant pour « s’émanciper », elles étaient entièrement dépendantes de leur époux. Par contre, lorsque leurs maris avaient une aventure, elles n’étaient pas en position de dire quoi que ce soit. En revanche, elles ne pouvaient s’autoriser une escapade sans courir le risque de se retrouver à la rue.

La possibilité d’un accès au travail les rend aujourd’hui plus libres et – en sus – le monde professionnel devient une nouvelle possibilité de rencontres.

En gagnant en autonomie, les femmes ont adopté un comportement « un peu plus proche de celui des hommes ». Les mentalités bougent, actuellement l’infidélité n’est plus la première cause de divorce mais simplement un alea de la vie de couple.

Les hommes sont peut-être moins fidèles car ils semblent avoir plus de facilités à distinguer sexualité et sentiments. Les femmes ont une notion de l’amour plus globale, elles ont bien souvent besoin d’aimer et d’être aimées pour faire l’amour.

« Les hommes sont prêts à tout pour faire l’amour, y compris à aimer ».

« Les femmes sont prêtes à tout pour aimer, y compris à faire l’amour ».

Il suffit d’observer la prostitution. Si elle n’obéissait qu’à une logique économique, il devrait exister une prostitution masculine destinée aux femmes, hors celle-ci reste très marginale, car la demande est quasi nulle. Cette absence n’est pas uniquement liée à un phénomène culturel ou historique.

Pour expliquer ce déséquilibre entre l’infidélité féminine et masculine, certains spécialistes soutiennent d’ailleurs la théorie du gène : l’homme aurait un besoin inné de disséminer son patrimoine génétique ; « croître et multiplier » pour perpétuer l’espèce !

Alors que faire pour éviter l’adultère ?

« Lorsqu’on est amoureux, on n’éprouve pas le besoin d’aller voir ailleurs » dit le bon sens. On a simplement envie de retrouver l’être aimé. L’adultère découle forcément d’une obligation de rester ensemble sans un amour suffisant pour se satisfaire de la seule présence de l’autre. Lorsque le désir n’est plus et qu’il existe une obligation de durée, à cause de loyers trop chers, d’un contrat de mariage ou de la présence d’enfants, le couple s’installe dans une relation
« désexualisée ». L’on cohabite sur le même navire !

Ce type de couple peut d’ailleurs trouver d’autres centres d’intérêts que la sexualité pour rester ensemble. Néanmoins, assez souvent, cette situation débouche sur des conflits où le partenaire « désexualisé » sort dévalorisé aux yeux de l’autre qui est en demande sexuelle insatisfaite.

C’est lorsque l’amour et le désir pour l’autre disparaît, mais que l’obligation de vivre ensemble est maintenue, qu’il peut y avoir infidélité.

Le mariage favoriserait-il l’adultère ?

Ce serait excessif et condamnerait à court terme l’union
« officielle » qui introduirait une notion de contrainte et de « droit » dans le ménage. La grande difficulté à laquelle est confronté les couples, c’est de faire durer cette force qui les a conduits à se rencontrer, d’entretenir la magie du désir et de veiller à étonner réciproquement l’autre dans tous les actes de la vie.

Le couple s’accorde parfois un certain degré de liberté lorsqu’il s’agira de sexualité.

Une femme peu intéressée par la sexualité peut suspecter la relation extraconjugale de son époux et l’accepter, ou encore se montrer complice en fermant les yeux, car cette situation lui convient. Elle a en quelque sorte délégué à une autre ce qu’elle considère être une corvée.

Fini pour lui l’invention de mensonges pour justifier une absence et tranquillité pour elle.

Ceci n’est pas aussi rare que l’on pourrait le croire.
Il me trompe ! Elle me trompe ! La crise.

L’aveu de l’adultère est un véritable bouleversement avec de nombreuses répliques comme pour les tremblements de terre. Des années après, cette blessure si elle n’est pas cicatrisée distille soupçon, rancune, sentiment d’injustice et détachement affectif. « Rien ne sera plus jamais pareil » affirme souvent la victime de la tromperie.

Franchise et adultère ne vont pas ensemble. L’adultère ne peut exister sans cachoteries, mensonges et trahison : la double vie ne peut se concevoir que dissimulée aux yeux de l’autre.

Les réactions face à cette situation sont très variables, allant d’une attitude constructive, l’un et l’autre acceptant de se remettre en cause face à ce moment d’égarement ou au contraire, déclenchant une certaine violence. La victime, sûre de son bon droit et s’estimant bafouée, n’aura de cesse que de faire payer ce « crime » à l’autre, parfois des années durant.

Se sentir le cocu, le cornard de l’histoire n’est guère plaisant et pourtant … l’on en rit quand « tout ça » se passe au cinéma ou chez les voisins.

« Je te présente mon amant » ou bien, « tiens, je cours chez ma maîtresse » paraîtrait déplacé à plus d’un ! Cela se dira dans les siècles futurs mais pas encore aujourd’hui.

Un remarque toutefois, expliquez-moi : les hommes tromperaient plus leur femme que l’inverse … mais avec qui les hommes pratiqueraient-ils l’adultère ?

Y aurait-il une femme pour plusieurs amants ou simplement des inexactitudes dans les réponses aux différentes enquêtes menées sur le sujet ?

Ah, Roméo, si tu avais trompé Juliette parlerait-on encore de toi ? L’amour, toujours l’amour empli toujours les rêves de chacun et dans ces rêves autant que dans l’inconscient collectif, amour rime avec toujours.

Peut-être faut-il y croire vraiment pour que le couple dure.

Docteur Henri PULL

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Henry Pull
Psychiatre et pédopsychiatre. Psychothérapeute. Expert médico-légal. Conférencier Formateur auprès d’entreprises. Intervenant Radio France. Auteur de deux livres : « Parents-Enfants » 200 réponses aux questions les plus fréquentes. (Édition Grancher) « Stress comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens ». (Édition Grancher)
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