Le contenu des programmes télévisuels, autant pour nous adultes que pour nos enfants, demanderait toute une analyse.

Une télévision neutre, simplement éducative et informative, s’apparenterait à une encyclopédie en images et ne recueillerait qu’une audience réduite étouffant un bâillement poli.

Des contenus colorés, mouvants, inédits, dérangeants et discutables, des scoops, des émissions, des jeux ciblés pour chaque tranche d’âge, des films ou dessins animés choisis en fonction des téléspectateurs supposés, augmenteront sans aucun doute les taux d’audience.

L’enfant, consommateur potentiel dès son plus jeune âge, est rapidement devenu « La Cible » privilégiée de nos programmateurs télé.

Regardons-le s’agiter, mimer l’action, rire, pleurer, se mordiller les doigts ou engouffrer de la nourriture ; il sera rarement assoupi devant le programme réfléchi pour lui.

Les angoisses de la petite enfance le feront entrer littéralement dans l’action : il sera captivé et capturé dès le premier instant.

L’enfant vit donc l’action, il est dans le combat opposant « le bon aux méchants », il partage le chagrin de l’abandonné, il a peur devant le monstre, il découvre une réalité, si vivante, si réelle, si bien orchestrée par une musique soulignant les moments d’explosion affective, qu’il ne peut, compte tenu de sa maturité, faire la part du vrai et de la fiction.

Le scénario colle généralement de manière remarquable aux problématiques enfantines : angoisses d’abandon, de dévoration, de mort, problématiques narcissiques ou oedipiennes, …

Les bouleversements affectifs, intensément perçus, réclameraient souvent des paroles d’explication, d’apaisement ou de réconfort, comme au lendemain d’un traumatisme subi.

Plus il sera jeune, plus l’impact sera équivalent à l’impact d’une expérience vécue.

Je résumerai ma pensée en disant que la télévision sera la meilleure ou la pire des choses selon l’usage que nous, parents, en ferons.

Non, l’enfant ne peut pas tout voir.

Il ne faut pas oublier la liberté de choix dont dispose le téléspectateur potentiel : la télévision propose, l’éducateur qui sommeille en chacun des parents dispose du pouvoir de dire oui ou non.

L’adulte prendra soin de trouver les mots pour donner un sens constructif à la limitation ou à l’interdiction de regarder tel ou tel feuilleton, dessin animé, émission, jeu ou film.

Diaboliser le contenu télévisuel n’est pas mon but ; les parents devront sélectionner les programmes enfantins en fonction de leur sensibilité et des réactions négatives de l’enfant face à l’agressivité et face à l’angoisse véhiculée par l’image.

Docteur Henri PULL

Plus dans la section

Quoi de neuf doc ?

Related Post