(La première cause de décès étant l’accident.)

Le désir d’en finir, de mettre la clé sous la porte, de trouver une issue à tout prix a habité, habite ou habitera les êtres humains se sentant « pris au piège de la vie ».

Chez l’adolescent, un tel désir survient suite à des traumatismes multiples :

Les besoins non satisfaits sont perçus comme une perte de support et d’amour.

La perte peut concerner les notions de perte d’identité et d’estime de soi.

Lorsque l’adolescent se détachera du groupe familial et du système social, il y aura une majoration de ses angoisses et à terme une perte de confiance dans son devenir. Cela aboutira à une situation de crise.

Précisons toutefois qu’une crise ne sera pas toujours suicidaire et pourra être une occasion de maturation.

Le comportement suicidaire ne sera choisi seulement après qu’une série d’autres comportements aura été essayé et aura échoué.

Le comportement suicidaire sera alors perçu comme la seule voie possible.

La tentative de suicide de l’adolescent traduit plus un désir de changement de vie plutôt qu’un désir de mettre fin à sa vie.

Le suicide devient une revanche contre le sentiment d’impuissance à sortir d’une situation inextricable.

Bien que plusieurs facteurs soient associés au suicide des jeunes, il demeure que les problèmes familiaux sont parmi les premières raisons évoquées par les adolescents dépressifs ou suicidaires.

On retrouve des caractéristiques telles que la présence de conflits parentaux et conjugaux, des abus physiques ou moraux, un climat de violence, l’alcoolisme d’un des parents, l’indifférence d’un des parents à l’égard du jeune, le manque de maturité de la mère, une absence de communication, l’incompréhension, le manque de soutien, des difficultés dans la négociation des tâches, des attitudes négatives ou négligentes des parents, l’absence d’implication émotive, l’abandon ou le rejet du jeune, les placements fréquents en famille ou centre d’accueil.

Sur le plan psychique, les réactions face aux pertes sont intenses chez l’adolescent car il ne possède qu’un contrôle émotionnel limité du fait de son degré de maturité.

Il réagira par la rage et l’impulsivité face à l’impossibilité réelle ou supposée de sortir de l’impasse dans laquelle il se sentira piégé.

S’interroger sur la nature d’une société – dite développée – capable de distiller suffisamment de malaise pour conduire ses jeunes à des conduites suicidaires serait faire un travail plus en profondeur que d’ouvrir encore et encore de nouveaux centres de soins.

Avoir envie de vivre demande obligatoirement un degré d’espoir dans l’avenir, une possibilité de réalisation, un sentiment de liberté, une large part de rêve et de ciel bleu.

La société dont nous sommes membres offre-t-elle tout cela ?

N’est-elle pas elle-même malade, repliée sur un souci de normalisation, privilégiant l’action à la réflexion ?

N’est-elle pas victime d’une dépression chronique grignotant ses forces vives en brisant ses enfants ?

En fait, ne serait-elle pas suicidaire ?

Docteur Henri PULL

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