– Quand il revient de l’école ou quand il a un conflit avec ses copains il m’agresse !

– Suis-je-moi, parent, la cause de cette agressivité ou faut-il l’interpréter différemment ?

Chaque individu accumule, tout au long de sa journée, un ensemble d’expériences gratifiantes ou frustrantes.

Ces sentiments de manque, de frustration, demanderaient à s’exprimer sous forme d’agressivité et de cris libérateurs auxquels succèderait un sentiment de calme et de mieux-être.

La vie sociale n’autorise pas de tels débordements caractériels sans risque pour le sujet ; en effet il risquerait de se retrouver encore plus « débiteur », émotionnellement et affectivement parlant, en agressant sans discernement ses copains ou son entourage scolaire.
Vous jouez le rôle fort ingrat d’exutoire, de paratonnerre.

Qu’est-ce donc qu’un paratonnerre ?

Dans les villages de montagne ou dans les lieux soumis au risque de foudre, le bâtiment le plus élevé, souvent l’école ou le clocher, dispose sur son toit d’un dispositif conducteur, le paratonnerre, relié au sol (à la terre) afin que, canalisée, la formidable décharge électrique de l’éclair aille se perdre dans la terre sans nuire à quiconque.

La foudre tombe donc sur le paratonnerre , mais canalisée, elle ne représente plus qu’un risque mineur pour le village.

Psychologiquement parlant, l’expérience m’a montré que celui ou celle que nous choisirons afin de jouer le rôle ingrat de « paratonnerre », sera quelqu’un d’affectivement proche, fiable et surtout qui nous aimera, quoiqu’il advienne et quoi que nous exprimions.

Dans la question posée, la réponse sera double ; il faudra sans aucun doute réfléchir à vos rapports affectifs parents-enfant.

L’éventualité d’un conflit manifeste au sein de la famille étant écartée, l’on se découvrira dans le rôle d’un paratonnerre canalisant le surcroît d’agressivité d’un fils ou d’une fille en ébullition, sans qu’il faille voir là un rejet affectif de la part de l’enfant à l’égard du parent agressé.

« Je t’agresse parce que tu es le seul qui m’aime assez pour supporter mes côtés détestables.»

L’adulte lui-même, de retour du bureau, se révèle comme un râleur en quête de « paratonnerre ».

N’importe quelle raison sera bonne au père ou à la mère pour rouspéter, gronder, se plaindre alors qu’il serait tellement plus simple de laisser tout cela au travail.

Les enfants, la famille deviennent à leur tour des cibles innocentes et expiatrices d’une journée trop chargée en soucis et contraintes.

Docteur Henri PULL.

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